Notre ami Léon Bloy s'ennuie outre-tombe. Il mérite un coup de pelle afin qu'on le rappelle à la postérité. Nous l'avons évoqué de-ci de-là, mais je sollicite une pleine page pour saluer son talent. Cette discussion lui est dédiée.
Je ne suis moi-même pas un grand connaisseur puisque je n'en ai lu que le journal, et attends avec impatience vos suggestions et avis quant à son oeuvre romanesque ou pamphlétaire.
Léon Bloy est un vrai maudit. Et je crains malheureusement qu'il reste maudit (enfin, disons plutôt malheureusement boudé, plus par les lecteurs que par les éditeurs) pendant encore longtemps…
Je n'en ai jamais lu une ligne. Par où commencer?
L'exégèse des lieux communs ! Succulent ! Les vitupérations contre les bourgeois sont succulentes.
L'oubli dans lequel il est plongé n'est pas surprenant. Le contraire le serait davantage.
Je me souviens d'un petit livre très sympathique où l'auteur (Desterac) avait compilé les ruminations des frères Goncourt, suivant la chronologie de leur rédaction, et après une palanquée de paroles insultantes où ils manifestaient l'envie de cracher sur tout ce qui bouge, cela se terminait par : "Vraiment, j'ai beau cherché, je ne puis m'expliquer l'intention particulière de la haine contre nous."
C'est très comique. Quand on pense à la conspiration du silence autour de Bloy, qui procède des mêmes causes, on verserait presque une larme… Mais c'est un grand styliste, je le concède volontiers.
Merci à vous deux. Je vais le rajouter à ma to-do list.…
Oh, personnellement, je ne conseillais rien. Mais il est bon de se faire une idée par soi-même.
Dans "sueur de sang", Léon Bloy fait référence à un mot maudit, magique, prostitué puis conceptualisé qu'il se refuse à écrire.
Quel est ce "mot"?
un mot religieux je pense