Racine, Andromaque, acte V, scène 3

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Scène III
Oreste, Hermione, Cléone

Oreste

Madame, c'en est fait, et vous êtes servie :

Pyrrhus rend à l'autel son infidèle vie.

Hermione

Il est mort ?

Oreste

Il expire ; et nos Grecs irrités
Ont lavé dans son sang ses infidélités.

Je vous l'avais promis ; et quoique mon courage

Se fît de ce complot une funeste image,

J'ai couru vers le temple, où nos Grecs dispersés

Se sont jusqu'à l'autel dans la foule glissés.

Pyrrhus m'a reconnu, mais sans changer de face :

Il semblait que ma vue excitât son audace,

Que tous les Grecs, bravés en leur ambassadeur,

Dussent de son hymen relever la splendeur.

Enfin, avec transport prenant son diadème,

Sur le front d'Andromaque il l'a posé lui-même :

" Je vous donne, a-t-il dit, ma couronne et ma foi !

Andromaque, régnez sur l'Epire et sur moi,

Je voue à votre fils une amitié de père ;

J'en atteste les dieux, je le jure à sa mère :

Pour tous mes ennemis je déclare les siens,

Et je le reconnais pour le roi des Troyens."

A ces mots, qui du peuple attiraient le suffrage,

Nos Grecs n'ont répondu que par un cri de rage ;

L'infidèle s'est vu partout envelopper,

Et je n'ai pu trouver de place pour frapper.

Chacun se disputait la gloire de l'abattre,

Je l'ai vu dans leurs mains quelque temps se débattre,

Tout sanglant à leurs coups vouloir se dérober,

Mais enfin à l'autel il est allé tomber.

Du peuple épouvanté j'ai traversé la presse

Pour venir de ces lieux enlever ma princesse,

Et regagner le port, où bientôt nos amis

Viendront couverts du sang que je vous ai promis.

Hermione

Qu'ont-ils fait !

Oreste

Pardonnez à leur impatience :
Ils ont, je le vois bien, trahi votre vengeance.

Vous vouliez que ma main portât les premiers coups,

Qu'il sentît en mourant qu'il expirait pour vous ;

Mais c'est moi dont l'ardeur leur a servi d'exemple :

Je les ai pour vous seule entraînés dans le temple,

Madame, et vous pouvez justement vous flatter

D'une mort que leurs bras n'ont fait qu'exécuter.

Vous seule avez poussé les coups…

Hermione

Tais-toi, perfide,
Et n'impute qu'à toi ton lâche parricide.

Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur,

Va ; je la désavoue, et tu me fais horreur.

Barbare, qu'as-tu fait ? Avec quelle furie

As-tu tranché le cours d'une si belle vie ?

Avez-vous pu, cruels, l'immoler aujourd'hui,

Sans que tout votre sang se soulevât pour lui ?

Mais parle : de son sort qui t'a rendu l'arbitre ?

Pourquoi l'assassiner ? Qu'a-t-il fait ? A quel titre ?

Qui te l'a dit ?

Oreste

O dieux ! Quoi ? ne m'avez-vous pas
Vous-même, ici, tantôt, ordonné son trépas ?

Hermione

Ah ! fallait-il en croire une amante insensée ?

Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée ?

Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements,

Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments ?

Quand je l'aurais voulu, fallait-il y souscrire ?

N'as-tu pas dû cent fois te le faire redire ?

Toi-même avant le coup me venir consulter,

Y revenir encore, ou plutôt m'éviter ?

Que ne me laissais-tu le soin de ma vengeance ?

Qui t'amène en des lieux où l'on fuit ta présence ?

Voilà de ton amour le détestable fruit :

Tu l'apportais, cruel, le malheur qui te suit.

C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale,

L'a fait pour son malheur pencher vers ma rivale.

Nous le verrions encor nous partager ses soins ;

Il 'aimerait peut-être, il le feindrait du moins.

Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Epire :

Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,

A toute ma famille ; et c'est assez pour moi,

Traître, qu'elle ait produit un monstre comme toi.
Bonjour,

J'ai un commentaire composé à faire sur Andromaque, de Racine & comme il sagit de mon premier je ne sais pas trop comment m'y prendre.

Acte V, scène 3.

Je n'arrive pas à trouver le fil conducteur qui va me permettre d'établir mon plan.

Si vous pouvez m'aider.
Merci d'avance. 🙂
HERMIONE.
Ah ! Fallait-il en croire une amante insensée ?
Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée ?
Et ne voyais-tu pas dans mes emportements
Que mon coeur démentait ma bouche à tous moments ?
Quand je l'aurais voulu, fallait-il y souscrire ?
N'as-tu pas dû cent fois te le faire redire ?
Toi-même avant le coup me venir consulter,
Y revenir encore, ou plutôt m'éviter ?
Que ne me laissais-tu le soin de ma vengeance !
Qui t'amène en des lieux où l'on fuit ta présence ?
Voilà de ton amour le détestable fruit :
Tu m'apportais, cruel, le malheur qui te suit.
C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale,
L'a fait pour son malheur pencher vers ma rivale.
Nous le verrions encor nous partager ses soins ;
Il m'aimerait peut-être ; il le feindrait du moins.
Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Épire :
Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire,
A toute ma famille ; et c'est assez pour moi,
Traître, qu'elle ait produit un monstre comme toi.
je voulais juste reperer les divers figures de style et d'autres procedes pour rediger mon commentaire

axe:une princesse egoiste bonjour!
svp j'ai besoin d'aide.j'ai un examen de redaction de commentaire mais je ne sais pas rediger
c urgenttttt
merci d'avanceeee
Penche-toi sur les modalités émotives, les métonymies, les hyperboles, les rythmes de la phrase ( ternaires…), la musicalité de la langue , la versification ( rejet…), les champs lexicaux…
A toi de les retrouver dans l' extrait ; et demande-toi quels sont les effets produits par ses figures de style et le pourquoi de leur emploi.
ah ok merci beaucoup mais je confond dans les figures de style😞 Pouvez-vous Me Donner Un Exemple Svp ?🙂
Bonjour,

J'aimerais des indications sur le fonctionnement du quiproquo dans cette scène de la tragédie de Racine.
Hermione reproche à Oreste d'avoir tué Syrrhus alors que c'est elle qui lui a demandé de le faire. Est-ce parce qu' elle lui en veut d'avoir pris son ordre à la lettre alors qu'elle ne voulait pas vraiment la mort de son bienaimé ?
Merci d'avance pour vos réponses.
Bonjour Laura,

Hermione est plutôt de mauvaise foi.
Elle reproche à Oreste de n'avoir pas su la deviner.
A la vérité, Hermione était incapable de lire en elle-même, aveuglée par la passion.
Elle fuit donc ses propres responsabilités.
Le fonctionnement du quiproquo repose ici sur le manque de lucidité, aussi bien chez Hermione que chez Oreste, chacun voyant en l'autre une illusion de personnalité. La personne profonde est foncièrement différente de ce qu'elle veut paraître.
Oui, c'est bien cela. Hermione est partagée entre son amour pour Pyrrhus et sa volonté de vengeance car il en aime une autre. Elle a souhaité la mort de Pyrrhus mais ne l'accepte pas maintenant qu'elle est réelle. Dans sa souffrance elle s'en prend à Oreste qui n'a fait que lui obéir. Maintenant que Pyrrhus est mort, elle pense qu'il restait peut-être un espoir : "Il m'aimerait peut-être ; il le feindrait du moins".
En fait elle est désemparée à cause de la souffrance et ne sait pas elle même ce qu'elle veut vraiment car rien ne la soulage du manque d'amour de son bien-aimé : "Fallait-il en croire une amante insensée ?""
Je pense que de plus sa vengeance lui a échappée puisque Pyrrhus est mort sous les coups du peuple
pour les figure de style il y a une polyphonie avec le je dans le discours rapporté de Oreste sur les paroles de Pyrrhus
ainsi qu une hypotytose
Hypotypose, veux-tu dire ? 😉