Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - Des Cannibales

Entraide scolaire

120 réponses · Page 4 / 6

Lisez sa dédicace au lecteur :
C’Eſt icy vn liure de bonne foy, lecteur. Il t’aduertit dés l’entrée, que ie ne m’y ſuis proposé aucune fin, que domeſtique & priuée
On va gentiment traduire. 🙂
Au Lecteur

C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit, dès l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns (quelques) traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent, plus altière et plus vive, la connaissance qu'ils ont eue de moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l'a permis. Que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier, et tout nu. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc ; de Montaigne, ce premier de mars mil cinq cent quatre vingts.
Traduire Montaigne !

Nous somme tombés bien bas…
Je vous avais cité la question d'une élève de terminale l'année où Césaire était au programme de TL : "Est-ce qu'il existe une traduction en français moderne ?"
Je crois que c'était un autre problème pour Césaire, XXe siècle, que j'ai travaillé également avec deux classes de terminale.
Il s'agissait de mots propres à la terre et à la civilisation africaine, pas forcément connus de tous, et en plus dans une poésie prenante mais pas forcément évidente.
Montaigne est en plus d'un autre siècle, alors, oui, il faut traduire, plus ou moins. D'ailleurs, il me semble que cette année-là, Montaigne (des coches) était au programme en même temps que Césaire…
Oui, et certains élèves ne comprenaient rien à Montaigne non plus… J'avais soulevé leur cas lors d'un stage animé par A***, à présent inspectrice générale, et j'avais été édifié par sa réponse : c'était du genre "ils ne devraient pas être là". J'avais quitté la salle.
C'est le mot "traduction" qui nous fait réagir, bien que pour Montaigne, il s'agisse avant tout de modernisation de l'orthographe.
Oui, c'est cela. J'aurais dû parler de modernisation.
La lecture brute de Rabelais est de même fort déroutante.

Autre chose, puisqu'on parle lycée, en français par exemple, n'y a-t-il pas un fossé entre l'énoncé prétentieux (pour faire bien ? pour faire scientifique ?) des programmes, entre un jargon qu'on prétend nous imposer, que pour ma part je trouve déstabilisant, et les outils dont on a doté les enfants depuis l'école primaire ?
Tout serait plus simple, me semble-t-il, si on se contentait de parler et d'écrire en français. Je trouve que l'on complique à plaisir, même ce qui ne l'est pas forcément.
Enfin, je ne suis peut-être plus tout à fait dans le sujet.
Jargon, n'exagérons pas : on ne pratique plus guère le français "mafpen" dans lequel les parents étaient des "géniteurs d'apprenants" et le ballon un "référentiel bondissant". Mais les programmes s'adressent à des spécialistes (enfin normalement), et il faut de la précision quand on fait intervenir des notions grammaticales ou linguistiques, notamment dans l'analyse du discours. Par contre, ce vocabulaire n'est absolument pas à faire apprendre aux élèves…
on ne pratique plus guère le français "mafpen" dans lequel les parents étaient des "géniteurs d'apprenants" et le ballon un "référentiel bondissant".
Ah, ce référentiel bondissant ! pure légende urbaine. Un référentiel est une liste des points du programme à voir dans l'année.
J'en ai produit quelques-uns pour mon usage personnel et je puis certifier que ça ne bondit pas.
Le ballon est une sphère rebondissante, à en croire Alain Schifres dans son indispensable Les Hexagons au chapitre où il pourfend l' Éduc-nat.
Si l'on en est à appeler un ballon autre chose qu'un ballon, on est tombé bien bas. 😀
Bonjour à tous ! Je vous explique mon problème. Je dois faire une lecture analytique sur le texte "Des Cannibales" de Montaigne (de "Or je trouve pour revenir à mon propos" à "donne à ces créatures, les produisants au monde") en traitant trois questions : En quoi ce texte constitue-t-il un éloge du sauvage ? En quoi ce texte presente-t-il un réquisitoire contre le monde occidental ? Et enfin, Quelle réflexion sur l'homme se dégage de ce texte ?

Pour la première question, c'est fait, corrigé en cours ; pas de problème. Seulement, les deux autres questions ne le seront pas. Alors j'aurais vraiment besoin d'aide parce que j'ai beau me tourner la tete dans tous les sens et je n'avance pas vraiment… J'ai juste très peur de me tromper dans mon plan et donc d'être bloquée le jour de l'oral sur ce texte… Alors je vous donne déjà ce que nous avons faits pour la question de l'éloge, pour que vous voyiez un peu le genre de travail :

Montaigne fait l’éloge des peuples du nouveau monde que les occidentaux ont coutume de considérer comme barbares : CQFD.


a - Peuples qui vivent en harmonie avec la nature

- La nature leur donne une richesse inépuisable : « ils jouissent (plaisir dans le rapport avec la nature) encore de cette uberté naturelle, qui les fournit sans travail et sans peine, de toutes choses nécessaires, en telle abondance » l.21-22

- Ils ne veulent pas plus que ce que la nature leur offre : « Ils sont encore en cet heureux point, de ne désirer qu’autant que leurs nécessités naturelles leur ordonnent » l.23.24

- Hommes comparables aux fruits de la nature, délicieux et naturel : « Ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits. » l.6-7


b - Peuples qui ont su établir une harmonie dans leurs relations

- Les hommes sont égaux entre eux : « Ils s’entr’appellent généralement ceux de même âge, frères ; enfants, ceux qui sont au-dessous ; et les vieillards sont pères à tous les autres » l.25-26

- Les biens appartiennent à tous, pas de possession personnelle : « Ceux-ci laissent à leurs héritiers en commun, cette pleine possession de biens par indivis, sans autre titre que celui tout pur que nature donne à ses créatures, les produisant au monde » l.27-28

- Le respect et la convivialité règle leurs échanges : « Ils ne sont pas en débat de la conquête de nouvelles terres » l.20-21


c - Harmonie entre le corps et l’esprit

- Un corps vigoureux, sain à l’image des fruits sauvages : « En ceux- là sont vives et vigoureuses, les vraies et plus utiles et naturelles vertus et propriétés » l.9 (ENUMERATION)

- La vertu, la générosité, la noblesse d’âme : « Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir ; elle n’a autre fondement parmi eux, que la seule jalousie de la vertu » l.18-20

- Unité naturelle, équilibre : « sans autre titre que celui tout pur que nature donne à ses créatures, les produisant au monde. »


Mini ccl => Eloge d’une société utopique, qui reprend les principes philosophique chers à Montaigne, société utopique.


Et voila ce qu'il en advient pour la question du réquisitoire :

Montaigne remet en question le monde dit civilisé : le modèle culturel occidental


a - Critique de la rupture de l’homme avec la nature

Les inventions de l’homme ont étouffée la nature et les hommes l’ont donc oubliée : « Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l’avons du tout étouffée. Si est-ce que, partout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises. » l.14-16

La nature ne leur suffit pas : ils cherchent à agrandir leurs terres contrairement aux sauvages qui eux : « ne sont pas en débat de la conquête de nouvelles terres » l.21



b -

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c - Critique des relations entre les hommes

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Pourries-vous me dire si je suis sur la bonne voie et si mes parties répondent bien à la question posée ou si vous en mettriez d'autre à leurs place ?

Merci beaucoup.
Ne vous posez pas le problème du plan avant d'avoir bien analysé le texte, sans cela, vous risquez de forcer le sens, qu'il ne faut jamais perdre de vue.
Bonjour, je viens ici car j'aurais besoin d'aide, s'il vous plaît 🙂

Pour lundi, je dois faire une partie de commentaire sur un extrait des Essais de Montaigne, que voici :
"Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu'il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu'on m'en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage ; comme de vrai, il semble que nous n'avons autre mire de la vérité et de la raison que l'exemple et idée des opinions et usages du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses. Ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits : là où, à la vérité, ce sont ceux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l'ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux-là sont vives et vigoureuses les vraies et plus utiles et naturelles vertus et propriétés, lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, et les avons seulement accommodées au plaisir de notre goût corrompu. Et si pourtant, la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût excellente, à l'envi des nôtres, en divers fruits de ces contrées à sans culture. Ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur notre grande et puissante mère Nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions que nous l'avons du tout étouffée. Si est-ce que, partout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises."
Je dois faire une partie de commentaire pour mettre en valeur la rigueur de l'argumentation de Montaigne.

Pour le moment, j'ai trouvé quelques procédés et peut-être même une première sous-partie.

En première sous-partie, j'ai mis (pour abréger) que Montaigne utilisait le concept très simple de l'opposition et de la comparaison entre le monde sauvage et notre monde, soi-disant civilisé.

Le problème, c'est que je n'ai pas de seconde sous-partie et que je ne comprends pas grand chose à ce texte.

MErci d'avance pour votre aide.
Ici , je pense que la question fondamentale de Montaigne est " qu'est-ce que l'homme ?" . C'est le siècle de la Renaissance .Je crois qu'il remet en question de mission civilisatrice …
Il y'a beaucoup d'assonances et de répétition de mots . Entre parenthèses , c'est un texte argumentatif avec un vocabulaire assez ancien .

Quelle est la consigne du commentaire ?
MErci beaucoup pour ta réponse. 🙂

Je dois mettre en valeur la rigueur de l'argumentation de Montaigne.

J'ai un peu changé mon plan, car j'ai maintenant centré ma première sous partie sur le systèmes d'opposition. Mais toujours pas de seconde partie 😞

Je dois avouer que je n'ai pas pensé à regarder les assonances et je t'en remercie.

Merci beaucoup 🙂
Donc la consigne est "mettre en valeur la rigueur de l'argumentation de Montaigne" .

As-tu déjà trouvé la problématique ?

Je pense de mon coté soit à : Qu'est-ce que l'homme civilisé ? Ou Comment l'auteur dénonce la mission civilisatrice des occidentaux ?
En fait, nos ne devons pas faire un commentaire avec une problématique et tout, mais juste une partie, c'est pour cela que je n'en ai pas.
Ok! Me concernant , je cherche autre chose .

Que pensez-vous de mes deux problématiques précédentes ?
Je pense de mon coté soit à : Qu'est-ce que l'homme civilisé ? Ou Comment l'auteur dénonce la mission civilisatrice des occidentaux ?
Je rajoute deux autres possibilités :

Comment peut t-on dire que cet extrait constitue une éloge du sauvage ?

Doit t-on lire ce passage comme une critique du monde occidental ou comme une utopie d'une société idéale ?
Comment peut t-on dire que cet extrait constitue une éloge du sauvage ?
Comment ? comme ça : vous le dites.
Là, je fais du Pierre Dac… Le comment gâche tout. Peut-on dire etc suffit comme accroche, mais ce n'est pas une problématique.
Doit t-on lire ce passage comme une critique du monde occidental ou comme une utopie d'une société idéale ?
Bingo ! c'est une problématique, une vraie.
Waououwaouhwah ! 🙂
Attention ! On dit un éloge.