Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - Des Cannibales
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Bonsoir à tous,voila dans le livre "Les Essais" , il y a un passage "Les Cannibales" et pour mercredi je dois présenter le mode de vie des Indiens qui sont dans cet extrait mais malheureusement, le professeur a voulu corser les choses en nous imposants des règles,donc je dois écrire une présentation organisé avec :
-Trois parties équilibré
-Deux petites parties dans chacune des trois parties
J'ai bien entendu lu le passage plusieurs fois mais rien à faire j'ai beaucoup trop de mal à comprendre.
Merci d'avance et bonne soirée à tous
Sans l'extrait il est difficile de t'aider.
Cela se situe-t-il dans ce
chapitre car il s'intitule
Des Cannibales
Même si, ayant étudié un extrait en 1ère qui portait sur la vision des Indiens, qui s'intulait alors
Des coches.
Bonne nuit.
Ah excuser moi , merci à Bgn pour le lien, c'est bien sur ce texte la
Bonne soirée à tous
Ces nations me semblent donq ainsi barbares, pour avoir receu fort peu de façon de l’esprit humain, et estre encore fort voisines de leur naifveté originelle. Les loix naturelles leur commandent encores, fort peu abastardies par les nostres ; mais c’est en telle pureté, qu’il me prend quelque fois desplaisir dequoy la cognoissance n’en soit venue plus-tost, du temps qu’il y avoit des hommes qui en eussent sceu mieux juger que nous. Il me desplait que Licurgus et Platon ne l’ayent eue ; car il me semble que ce que nous voyons par experience en ces nations là, surpasse, non seulement toutes les peintures dequoy la poesie a embelly l’age doré, et toutes ses inventions à feindre une heureuse condition d’hommes, mais encore la conception et le desir mesme de la philosophie. Ils n’ont peu imaginer une nayfveté si pure et simple, comme nous la voyons par experience ; ny n’ont peu croire que nostre societé se peut maintenir avec si peu d’artifice et de soudeure humaine. C’est une nation, diroy je à Platon, en laquelle il n’y a aucune espece de trafique ; nulle cognoissance de lettres ; nulle science de nombres ; nul nom de magistrat, ny de superiorité politique ; [?page?]nul usage de service, de richesse ou de pauvreté ; nuls contrats ; nulles successions; nuls partages ; nulles occupations qu’oysives ; nul respect de parenté que commun ; nuls vestemens ; nulle agriculture ; nul metal ; nul usage de vin ou de bled. Les paroles mesmes qui signifient le mensonge, la trahison, la dissimulation, l’avarice, l’envie, la detraction, le pardon, inouies. Combien trouveroit il la republique qu’il a imaginée, esloignée de cette perfection :
Viri a diis recentes.
Hos natura modos primum dedit.
Au demeurant, ils vivent en une contrée de païs tres-plaisante et bien temperée ; de façon qu’à ce que m’ont dit mes tesmoings, il est rare d’y voir un homme malade ; et m’ont asseuré n’en y avoir veu aucun tremblant, chassieux, edenté, ou courbé de vieillesse. Ils sont assis le long de la mer, et fermez du costé de la terre de grandes et hautes montaignes, ayant, entre-deux, cent lieues ou environ d’estendue en large. Ils ont grande abondance de poisson et de chairs qui n’ont aucune ressemblance aux nostres, et les mangent sans autre artifice que de les cuire. Le premier qui y mena un cheval, quoy qu’il les eust pratiquez à plusieurs autres voyages, leur fit tant d’horreur en cette assiete, qu’ils le tuerent à coups de traict, avant que le pouvoir recognoistre. Leurs bastimens sont fort longs, et capables de deux ou trois cents ames, estoffez d’escorse de grands arbres, tenans à terre par un bout et se soustenans et appuyans l’un contre l’autre par le feste, à la mode d’aucunes de noz granges, desquelles la couverture pend jusques à terre, et sert de flanq. Ils ont du bois si dur qu’ils en coupent, et en font leurs espées et des grils à cuire leur viande. Leurs lits sont d’un tissu de coton, suspenduz contre le toict, comme ceux de nos navires, à chacun le sien : car les femmes couchent à part des maris. Ils se levent avec le soleil, et mangent soudain apres [?page?]s’estre levez, pour toute la journée ; car ils ne font autre repas que celuy là. Ils ne boyvent pas lors, comme Suidas dict de quelques autres peuples d’Orient, qui beuvoient hors du manger ; ils boivent à plusieurs fois sur jour, et d’autant. Leur breuvage est faict de quelque racine, et est de la couleur de nos vins clairets. Ils ne le boyvent que tiede : ce breuvage ne se conserve que deux ou trois jours ; il a le goust un peu piquant, nullement fumeux, salutaire à l’estomac, et laxatif à ceux qui ne l’ont accoustumé : c'est une boisson tres-agreable à qui y est duit. Au lieu du pain, ils usent d’une certaine matiere blanche, comme du coriandre confit. J’en ay tasté : le goust en est doux et un peu fade. Toute la journée se passe à dancer. Les plus jeunes vont à la chasse des bestes à tout des arcs. Une partie des femmes s’amusent cependant à chauffer leur breuvage, qui est leur principal office. Il y a quelqu’un des vieillars qui, le matin, avant qu’ils se mettent à manger, presche en commun toute la grangée, en se promenant d’un bout à l’autre, et redisant une mesme clause à plusieurs fois, jusques à ce qu’il ayt achevé le tour (car ce sont bastimens qui ont bien cent pas de longueur). Il ne leur recommande que deux choses : la vaillance contre les ennemis et l’amitié à leurs femmes. Et ne faillent jamais de remerquer cette obligation, pour leur refrein, que ce sont elles qui leur maintiennent leur boisson tiede et assaisonnée. Il se void en plusieurs lieux, et entre autres chez moy, la forme de leurs lits, de leurs cordons, de leurs espées et brasselets de bois dequoy ils couvrent leurs poignets aux combats, et des grandes cannes, ouvertes par un bout, par le son desquelles ils soustiennent la cadance en leur dancer. Ils sont ras par tout, et se font le poil beaucoup plus nettement que nous, sans autre rasouer que de bois ou de pierre. Ils croyent les ames eternelles, et celles qui ont bien merité des dieux, estre logées à l’endroit du ciel où [?page?]le soleil se leve ; les maudites, du costé de l’Occident. Ils ont je ne sçay quels prestres et prophetes, qui se presentent bien rarement au peuple, ayant leur demeure aux montaignes. À leur arrivée il se faict une grande feste et assemblée solennelle de plusieurs vilages (chaque grange, comme je l’ay descrite, faict un vilage, et sont environ à une lieue Françoise l’une de l’autre). Ce prophete parle à eux en public, les exhortant à la vertu et à leur devoir ; mais toute leur science ethique ne contient que ces deux articles, de la resolution à la guerre et affection à leurs femmes. Cettuy-cy leur prognostique les choses à venir et les evenemens qu’ils doivent esperer de leurs entreprinses, les achemine ou destourne de la guerre ; mais c’est par tel si que, où il faut à bien deviner, et s’il leur advient autrement qunil ne leur a predit, il est haché en mille pieces s’ils l'attrapent, et condamné pour faux prophete. À cette cause, celuy qui s’est une fois mesconté, on ne le void plus. C’est don de Dieu que la divination : voylà pourquoy ce devroit estre une imposture punissable, d’en abuser. Entre les Scythes, quand les devins avoient failli de rencontre, on les couchoit, enforgez de pieds et de mains, sur des charriotes pleines de bruyere, tirées par des boeufs, en quoy on les faisoit brusler. Ceux qui manient les choses subjettes à la conduitte de l’humaine suffisance, sont excusables d’y faire ce qu’ils peuvent. Mais ces autres, qui nous viennent pipant des asseurances d’une faculté extraordinaire qui est hors de nostre cognoissance, faut-il pas les punir de ce qu’ils ne maintiennent l’effect de leur promesse, et de la temerité de leur imposture ? Ils ont leurs guerres contre les nations qui sont au delà de leurs montaignes, plus avant en la terre ferme, ausquelles ils vont tous nuds, n’ayant autres armes que des arcs ou des espées de bois, apointées par un bout, à la mode des langues de noz espieuz. C’est chose esmerveillable que de la fermeté de leurs combats, qui ne finissent jamais que par meurtre et effusion de sang ; car, de routes et d’effroy, ils ne sçavent que c’est. Chacun raporte pour son trophée la teste de l’ennemy qu'il a tué, et l’attache à l'entrée de son logis. Apres avoir long temps bien traité leurs prisonniers, et de toutes les commoditez dont ils se peuvent aviser, celuy qui en est le maistre, faict une grande assemblée de ses cognoissans : il attache une corde à l’un des bras du prisonnier, par le bout de laquelle il le tient, esloigné de quelques pas, de peur d’en estre offencé, et donne au plus cher de ses amis l’autre bras à tenir de mesme ; et eux deux, en presence de toute l’assemblée, l’assomment à coups d’espée. Cela faict, ils le rostissent et en mangent en commun et en envoient des lopins à ceux de leurs amis [?page?]qui sont absens. Ce n’est pas, comme on pense, pour s’en nourrir, ainsi que faisoient anciennement les Scythes : c’est pour representer une extreme vengeance. Et qu’il soit ainsi, ayant apperçeu que les Portuguois, qui s’estoient r’alliez à leurs adversaires, usoient d’une autre sorte de mort contre eux, quand ils les prenoient, qui estoit de les enterrer jusques à la ceinture, et tirer au demeurant du corps force coups de traict, et les pendre apres : ils penserent que ces gens icy de l’autre monde, comme ceux qui avoyent semé la connoissance de beaucoup de vices parmy leur voisinage, et qui estoient beaucoup plus grands maistres qu’eux en toute sorte de malice, ne prenoient pas sans occasion cette sorte de vengeance, et qu’elle devoit estre plus aigre que la leur, commencerent de quitter leur façon ancienne pour suivre cette-cy.
Et, hors les passages en latin, qu'est-ce que tu ne comprends pas?
Comment vivent-ils, ces indiens?
Vont-ils à l'église? Portenet-ils de pantalons? Parlent-ils le français?
Non non ce texte n'est pas compliqué à comprendre,je vais préciser, ce que je ne comprend pas, c'est comment faire pour trouver des parties, je ne suis pas fier mais il vaut mieux le dire, je ne suis pas doué pour la rédaction,l'analyse,ma meilleur moyenne de français fut un petit 11/20
Voila et si d'autre questions subsistes, je vous en pris
Suis meilleur en idées qu'en plan.
Proposition:
Faut-il être surpris par le mode de vie de l'indien?
1. Peut-on le juger avec nos propres critères?
- L'homme sauvage ("barbare") = homme de nature (naturel), créé par Dieu.
- Nous avons acquis plus que de vêtements. Que valent nos accoutrements?
2. l'indien, n'excerce-t-il pas le seul pouvoir donné à l'homme: celui de tuer?
- Pour quelles raisons le fait-il? Ne sont-elles pas nobles?
- Ne faisons-nous pas pareil, mais pour des raisons plus basses?
3. L'utopie
- Sa simplicité naturelle
- Notre modernité (perfectionnée!) complexe.
Merci beaucoup pour ta proposition JSC, je pense que je vais m'en servir mais avant sa, j'ai tout compris sauf la première partie, petite partie 2 :Nous avons acquis plus que de vêtements. Que valent nos accoutrements?
Si tu pouvais m'expliquer un peu ce que tu a voulu dire
Merci
aucune espece de trafique ; nulle cognoissance de lettres ; nulle science de nombres ; nul nom de magistrat, ny de superiorité politique ; nul usage de service, de richesse ou de pauvreté ; nuls contrats ; nulles successions; nuls partages ; nulles occupations qu’oysives ; nul respect de parenté que commun ; nuls vestemens ; nulle agriculture ; nul metal ; nul usage de vin ou de bled. Les paroles mesmes qui signifient le mensonge, la trahison, la dissimulation, l’avarice, l’envie, la detraction, le pardon, inouies
Mais nous, nous les avons, bel et bien. Ce sont pas forcément des avantages ou des qualités, hein?
Bonjour,
Je dois répondre à certaines questions portant sur le texte "des Cannibales" de Montaigne :
"Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu'il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu'on m'en a rapporté : sinon que chacun appelle barbarie, ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai nous n'avons autre mire de la vérité, et de la raison, que l'exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses. Ils sont sauvages de mêmes, que nous appelons sauvages les fruits, que nature de soi et de son progrés ordinaire a produits : là où à la vérité ce sont ceux que nous avons altéré par notre artifice, et détourné de l'ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux là sont vives et vigoureuses, les vraies, et plus utiles et naturelles, vertus et propriétés ; lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, les accommodant au plaisir de notre goût corrompu. Et si pourtant la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût même excellente à l'envie des nôtres, en divers fruits de ces contrées là, sans culture : ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur notre grande et puissante mère nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l'avons du tout étouffée. Si est-ce que par tout où sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises.
Et veniunt hederæ sponte sua melius,
Surgit et in solis formosior arbutus antris,
Et volucres nulla dulcius arte canunt.
Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du moindre oiselet, sa contexture, sa beauté, et l'utilité de son usage : non pas la tissure de la chétive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont produites ou par la nature, ou par la fortune, ou par l'art. Les plus grandes et plus belles par l'une ou l'autre des deux premières : les moindres et imparfaites par la dernière."
J'avais quatre questions :
1. Quelles sont les deux idées principales du passage ?
2.En quoi sont-elles étranges pour l'époque ?
3.Par quels procédés stylistiques, Montaigne souligne-t-il son propos ?
4. Quels sont le ton et le genre du texte ?
La première et la deuxième ne m'ont pas posé de problème, la troisième c'est une catastrophe, et la quatrième je n'ai qu'un début de réponse :
le genre est argumentatif, le ton plutôt ironique, je pense.
Bref, si quelqu'un peut me mettre sur la voie pour la troisième question, je lui en serait très reconnaissant.
Merci d'avance.
Je ne vois pas d'ironie dans ce texte et je pense qu'y voir de l'ironie serait faire un grave contre sens. Montaigne pense ce qu'il dit, mais il s'attend à ce que son lecteur soit surpris. Il a un ton très posé, très prudent, choisit des petits exemples, faciles à admettre, attentif à aller contre les préjugés de son lecteur mais sans le heurter. Il n'argumente pas mais répète, cite, se couvre de Platon.
Il n'y a pas d'ironie dans tout cela, mais de la prudence, de la précaution, la recherche de tourner les choses de la manière la plus recevable.
Bonjour !
J'ai des question a repondre tres rapidement mais je n'arrive pas pouvez-vous m'aider s'il vous plait !
Voici le texte:
Trois d'entre eux, ignorant combien coûtera un jour à leur repos et à leur bonheur la connaissance des corruptions de deçà, et que de ce commerce naîtra leur ruine, comme je présuppose qu'elle soit déjà avancée, bien misérables de s'être laissé piper au désir de la nouvelleté, et avoir quitté la douceur de leur ciel pour venir voir le nôtre, furent à Rouen, du temps que leur feu roi Charles neuvième y était. Le Roi parla à eux longtemps ; on leur fit voir notre façon, notre pompe, la forme d'une belle ville. Après cela, quelqu'un en demanda à leur avis, et voulut savoir d'eux ce qu'ils y avaient trouvé de plus admirable ; ils répondirent trois choses, d'où j'ai perdu la troisième, et en suis bien marri ; mais j'en ai encore deux en mémoire. Ils dirent qu'ils trouvaient en premier lieu fort étrange que tant de grands hommes, portant barbe, forts et armés, qui étaient autour du Roi (il est vraisemblable qu'ils parlaient des Suisses de sa garde), se soumissent à obéir à un enfant, et qu'on ne choisisse plutôt quelqu'un d'entre eux pour commander ; secondement (ils ont une façon de leur langage telle, qu'ils nomment les hommes moitié les uns des autres) qu'ils avaient aperçu qu'il y avait parmi nous des hommes pleins gorgés de toutes sortes de commodités, et que leurs moitiés étaient mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté ; et trouvaient étrange comme ces moitiés ici nécessiteuses pouvaient souffrir une telle injustice, qu'ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons.
Je parlai à l'un deux fort longtemps ; mais j'avais un truchement qui me suivait si mal et qui était si empêché à recevoir mes imaginations par sa bêtise, que je n'en pus tirer guère de plaisir. Sur ce que je lui demandai quel fruit il recevait de la supériorité qu'il avait parmi les siens (car c'était un capitaine, et nos matelots le nommaient roi), il me dit que c'était marcher le premier à la guerre ; de combien d'hommes il était suivi, il me montra un espace de lieu, pour signifier que c'était autant qu'il en pourrait en un tel espace, ce pouvait être quatre ou cinq mille hommes ; si, hors la guerre, toute son autorité était expirée, il dit qu'il lui en restait cela que, quand il visitait les villages qui dépendaient de lui, on lui dressait des sentiers au travers des haies de leurs bois, par où il pût passer bien à l'aise.
Tout cela ne va pas trop mal : mais quoi, ils ne portent point de hauts-de-chausses !
A partir de ce texte ecrit par Montaigne , je dois répondre a des questions pouvez-vous m'aider j'ai quelques piste mais tres vague voici les questions :
-Quelles sont les caracteristiques des us et coutumes des "cannibales"?
-A quoi sert la reflexion sur le mythe de l'Atlantide puis sur la colonie de Carthage, au debut du texte ?
Bonjour, Je suis en 2nde et j'ai un devoir maison de français a faire pour le 27/09/10 mais le petit souci c'est que le français & moi ca fait, MINIMUM 10 !! :/ alors quelqu'un peut me secourir la? ! 🙂
le texte :
DES CANIBALES, de montaigne, ESSAIS I, 31 (1588)
Trois d'entre eux, ignorant combien coûtera un jour à leur repos et à leur bonheur la connaissance des corruptions de deçà, et que de ce commerce naîtra leur ruine, comme je présuppose qu'elle soit déjà avancée, bien misérables de s'être laissé piper au désir de la nouvelleté, et avoir quitté la douceur de leur ciel pour venir voir le nôtre, furent à Rouen, du temps que leur feu roi Charles neuvième y était. Le Roi parla à eux longtemps ; on leur fit voir notre façon, notre pompe, la forme d'une belle ville. Après cela, quelqu'un en demanda à leur avis, et voulut savoir d'eux ce qu'ils y avaient trouvé de plus admirable ; ils répondirent trois choses, d'où j'ai perdu la troisième, et en suis bien marri ; mais j'en ai encore deux en mémoire. Ils dirent qu'ils trouvaient en premier lieu fort étrange que tant de grands hommes, portant barbe, forts et armés, qui étaient autour du Roi (il est vraisemblable qu'ils parlaient des Suisses de sa garde), se soumissent à obéir à un enfant, et qu'on ne choisisse plutôt quelqu'un d'entre eux pour commander ; secondement (ils ont une façon de leur langage telle, qu'ils nomment les hommes moitié les uns des autres) qu'ils avaient aperçu qu'il y avait parmi nous des hommes pleins gorgés de toutes sortes de commodités, et que leurs moitiés étaient mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté ; et trouvaient étrange comme ces moitiés ici nécessiteuses pouvaient souffrir une telle injustice, qu'ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons.
Je parlai à l'un deux fort longtemps ; mais j'avais un truchement qui me suivait si mal et qui était si empêché à recevoir mes imaginations par sa bêtise, que je n'en pus tirer guère de plaisir. Sur ce que je lui demandai quel fruit il recevait de la supériorité qu'il avait parmi les siens (car c'était un capitaine, et nos matelots le nommaient roi), il me dit que c'était marcher le premier à la guerre ; de combien d'hommes il était suivi, il me montra un espace de lieu, pour signifier que c'était autant qu'il en pourrait en un tel espace, ce pouvait être quatre ou cinq mille hommes ; si, hors la guerre, toute son autorité était expirée, il dit qu'il lui en restait cela que, quand il visitait les villages qui dépendaient de lui, on lui dressait des sentiers au travers des haies de leurs bois, par où il pût passer bien à l'aise.
Tout cela ne va pas trop mal : mais quoi, ils ne portent point de hauts-de-chausses !
(on va commencer par le premier texte )
questions : 1°) Formulez la thèse du texte de montaigne.
2°) Relevez les marques de l'ironie dans les textes de Montaigne et expliquez qui en est la cible.
voila les deux question que j'ai avec ce texte..
Alors, quelqu'un a le courage de m'aider ?
Je compte sur vous 🙂 Hi !
Franchement, si tu prends le temps de lire ton texte patiemment, je pense que tu pourras comprendre ce que Montaigne veut nous faire comprendre! Je ne puis te donner que quelques recommandations :
- Tiens compte du contexte : des chefs de tribus du Nouveau Monde; des "Sauvages" ou des "Cannibales", comme on les appelait, amenés à Rouen en présence de Charles IX en 1562.
- Observe :
+ Leur étonnement naïf - et c'est là que tu percevras l'ironie - : comment se fait-il que des gens âgés, sensés (comme sont réputés tous les vieillards), puissent obéir à un roi enfant (en 1562, date de la venue de ces "sauvages", le roi n'a que 12 ans)?
+ Leur stupéfaction - là encore ironie, parce que présentation faussement naïve des choses - devant l'effrayante inégalité entre les citoyens et leurs "moitiés"…
+ La façon dont eux, conçoivent la puissance royale.
+ L'ironie de la phrase finale, dont se souviendra peut-être Montesquieu : "Tout cela est bon"… mais ce ne sont pas des Européens (le haut-de-chausse est le symbole du costume "occidental"), donc, on ne peut dire qu'ils aient raison (même s'ils nous ont convaincus!!!!).
Considère à présent ce qu'on te demande, relis le texte, et tu verras que les choses sont plus claires!
Merci beaucoup pour tes conseils, je vais essayer de m'en sortir.. mais j'ai relu, mais je ne sais pas comment formuler ma thèse, enfaite je n'aip as vraiment compris ce qu'était une thése, je cherche sur internet mais on m'explique que ce qu'est une thése, mais une grosse these, du genre des livres que des personnes écrivent, est-ce ca ou pas du tout?
..
Mais merci encore.
Ne complique pas les choses…
Formuler la thèse du texte de Montaigne, c'est simplement résumer l'opinion qu'il veut exprimer et défendre. "Ce que Montaigne veut nous faire comprendre", comme te l'a déjà dit Jean-Luc.
Jehan a écrit : comme te l'a déjà dit Jean-Luc.
Je n'ai pas l'honneur de m'appeler Jean-Luc!
Bonjour, j'ai des questions sur Montaigne les essais "des cannibales" I.31 (1595) que je ne comprend pas , les voici:
-"quels opposition y est également développé?"
-"quand déduit-on du point de vue adoptés par Montaigne?"
-"a quoi voit-on qu'il est inimaginable que les indiens puissent ne pas admirer la ville de Rouen?".
merci de me répondre très vite c'est URGENT.
Bonjour tout le monde 😀 je suis nouveau ici, et je ne suis pas sur que ça soit le bon forum pour poser cette question mais bon. Alors, je suis en première S, au Collège Protestant a Beirut (Liban). J'ai déjà passé les épreuves écrites (Histoire + français) et il me reste l'oral, que je passe le mardi. Notre prof nous a donné des textes a commenter en guise de révision. Alors le premier texte est un extrait des Cannibales de Michel de Montaigne. J'ai fait tout le plan avec l'intro et la conclusion, la seule chose qui me manque est l'ouverture a la fin de la conclusion. Pourriez vous m'aider? Voici l'extrait :
"Or je trouve, pour revenir a mon propos, qu'il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, a ce qu'on m'en a rapporte, sinon que chacun appelle barbarie, ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai nous n'avons autre mire de la vérité, et de la raison, que l'exemple et idée des opinions et usances du pays ou nous sommes. La est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses. Ils sont sauvages de meme que vous appelons sauvages les fruits, que nature de soi et de son progrès ordinaire a produits : la ou a la verite ce sont ceux que nous avons altères par notre artifice et détournées de l'ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux la sont vives et vigoureuses, les vraies, et plus utiles et naturelles, vertus et propriétés ; lesquelles nous avons abâtardies en ceux ci, les accommodant au plaisir de notre gout corrompu. Et si pourtant la saveur meme et délicatesse se trouve a notre gout excellente a l'envi des nôtres, en divers fruits de ces contrées-la, sans culture : ce n'est pas raison que l'art gagne le point d'honneur sur notre grande et puissante mère nature. Nous avons tant recharge la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l'avons du tout étouffée. Si est-ce que partout ou sa pureté reluit, elle fait une merveilleuse honte a nos vaines et frivoles entreprises. Et veniunt ederae ponte sua melius, Surgit et in solis formosior arbutus antris, et volucres nulla dulcius arts canunt"
[Le lierre croit mieux spontanément, l'arbousier pousse plus beau dans les antres solitaires, et sans art, les oiseaux ont un chant plus mélodieux.]
[…] Toutes choses, dit Platon, sont produites ou par la nature ou par la fortune ou par l'art : les plus grandes et plus belles par l'une ou l'autre des deux premières: les moindres et imparfaites par la dernière. Ces nations me semblent donc ainsi barbares, pour avoir reçu fort peu de façon de l'esprit humain, et être encore fort voisines de leur naïveté originelle. Les lois naturelles leur commandent encore, fort peu abâtardies par les nôtres: Mais c'est en telle pureté, qu'il me prend parfois déplaisir, de quoi la connaissance n'en soit venue plus tôt, du temps qu'il y avait des hommes qui en eussent mieux su juger que nous. Il me déplaît que Lycurgus et Platon ne l'aient eue car il me semble que ce que nous voyons par expérience en ces nations-la, surpasse non seulement toutes les peintures de quoi la poésie a embelli l'âge dore, et toutes ses inventions a feindre une heureuse condition d'hommes: mais encore la conception et le désir même de philosophie. Ils n'ont pu imaginer une naïveté si pure et si simple, comme nous la voyons par expérience; ni n'ont pu croire que notre société se put maintenir avec si peu d'artifice, et de soudure humaine. C'est une nation, dirais-je a Platon, en laquelle il n'y a aucune espèce de trafic nulle connaissance de lettres; nulle science de nombres […] Combien trouverait-il la république qu'il a imaginée, éloignée de cette perfection?"
Des accents manquent mais bof.
Alors voici mon intro : Le texte propose est un extrait des Essais de Montaigne, oeuvre rédigée en 1580, en plein milieu des guerres de religion et de l'expansion de l'Europe vers le monde. Montaigne appartient au mouvement humaniste aux cotés d'Erasme, Rabelais et Garnier, mouvement dont le but est de développer le sens critique et de débarrasser l'homme de ses préjugés. Le thème principal de ce texte est la violence, c.a.d la guerre, les meurtres etc. Ce texte oppose principalement le nouveau monde a l'ancien monde. Problematique + annonce de plans
Voila le plan :
I- Un texte humaniste
A- Une reflexion savante
1. Un point de vue personnel : les marques de l'énonciation.
2. Le souci de définir les termes "sauvagerie" et "barbarie"
3. Les références philosophiques et littéraires a l'antiquité
B- Une conception nostalgique de l'homme
1. La célébration du passé
2. La médiocrité du présent
II- Une reflexion audacieuse sur la "sauvagerie" et la "barbarie"
A- La critique de la civilisation
1. Imperfection des oeuvres humaines
2. Perversion du monde naturel par la culture
3. Perversion de la nature par la civilisation
B- Apologie du bon sauvage
1. Perfection de l'ordre naturel
2. Pureté et l'innocence des "sauvages"
3. Une société idéale.
Enfin, ma conclusion :
Ainsi, le texte proposé est une oeuvre humaniste dans laquelle Montaigne s'attarde pour parler de l'histoire de l'homme. De plus, Montaigne oppose deux mondes différents : les amérindiens qu'il juge bons, honnêtes et les européens qu'il accuse de corruption. [OUVERTURE]
Toute aide est bien appréciée!
Jean
Je n'ai guère le temps d'approfondir, mais je te fais une simple remarque : regarde le titre de ton premier axe et le début de ta conclusion : si le thème de ta conclusion reprend tes prémices, à quoi a servi ta recherche ?
Une piste intéressante pour l'étude de ce texte : la dialectique entre le "nous" (peuples européens), le "ils" (les "cannibales") et le je (le moi observant et pensant). Regarde aussi ce qui a précédé dans ce fil.
Bonjour a tous,
Je suis en première S et passe mon oral de français dans quelque jours. J'ai bien étudié les différents extraits que nous avons fait en lecture analytique cette année, et cela ne m'a pas posé de problème particulier de compréhension, j'arrive a tenir une explication en me basant sur un plan "général", que je pense pouvoir facilement adapté a une problématique, le voici :
I - La remise en cause de l'ethnocentrisme
=> Les européens qui se croient au centre du monde, supérieur aux autres peuples.
II - L'éloge d'une Nature au dessus de l'Art
=> Ce que fais la Nature, ce qu'elle crée, est plus beau et plus pure que ce que peu créer l'Homme
III - Le mythe du bon sauvage
=> Référence a l'Age d'Or, l'Eden ect, retour au sens premier de 'sauvage' (latin salva=forêt; habitant de la forêt), nature riche pure, Hommes qui vivent avec sans la corrompre.
Cependant, je rencontre un problème car dans notre descriptif, nous avons également en lecture analytique "étude du titre du chapitre" … Seulement j'ai bien regardé dans mon classeur et dans mes cours, je ne trouve pas vraiment quoi dire dessus et surtout comment tenir 10 minutes avec juste deux mot "Des Cannibales" … Auriez vous des pistes, des idées, des explications ou des conseils pour m'aider ?
Merci d'avance !
PS : C'est assez urgent… :S