Colette, La Fin de Chéri - À maintes reprises, pendant la guerre, en sortant d’un…

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je dois rendre un commentaire composé sur ce texte et la note sera trés importante alors j'aimerais savoir ce que vous en pensez.
" A maintes reprises, pendant la guerre, en sortant d'un long sommeil sans rêves ou d'un repos à chaque minute rompu, il lui était arrivé de s'éveiller hors du présent, dépouillé de son passé le plus récent, rendu à l'enfance,- rendu à Léa. Edmée surgissait un peu après, nette, bien construite, et la résurrection de son image, non moins que son abolition momentanée, mettait Chéri de bonne humeur. "Ca m'en fait deux", constatait-il. Rien ne lui venait de Léa, il ne lui écrivait pas. Mais il recevait des cartes postales que signaient les doigts déformés de la mère Aldonza, des cigares choisis par la baronne de La Berche. Il rêva quelque temps sur une longue écharpe de laine douce, à cause de sa couleur bleue comme un regard et du très vague parfum qui se levait d'elle aux heures de chaleur et de sommeil. ll aima cette écharpe, se serra contre elle dans l'ombre, puis elle perdit son parfum, sa fraîche nuance de prunelles bleues, et il n'y pensa plus.
Il ne s’inquiéta pas de Léa pendant quatre ans. De vieilles vigies, le cas échéant, eussent enregistré et transmis des événements qu’il n’imaginait guère. Qu’y avait-il de commun entre Léa et la maladie, Léa et le changement ?
En 1918, les mots « le nouvel appartement de Léa », échappés à la baronne de La Berche, le frappèrent d’incrédulité.
« Elle à déménagé ?
- D’où sors-tu ? répliqua la baronne. Tout le monde le sait. Une belle opération, fichtre, la vente de son hôtel à des Américains ! J’ai vu son nouvel appartement. C’est petit, mais c’est douillet. Quand on s’assoit, on ne peut plus se lever, là-dedans. »
Chéri s’accrocha à ces deux mots : « petit, mais douillet ». A court d’invention, il bâtit péniblement un décor rose, y jeta la vasque nef d’or et d’acier, le grand lit frété de dentelles, et il suspendit à quelque nuée volante le Chaplin au téton de nacre.
Desmond cherchait un commanditaire pour son dancing, Chéri eut un mouvement d’inquiétude et de vigilance : « Le bougre il va taper Léa, l’embringuer dans cette affaire… Je vais la prévenir par téléphone. » Il n’en fit rien cependant. Car il est plus aventuré de téléphoner à une amie délaissée que de tendre la main, dans la rue, à un ennemie intimidé qui quête votre regard. »
Bonjour,

Quelques aspects que tu ne sembles pas avoir perçus :
- les velléités de Chéri,
- son endormissement, sa léthargie,
- le souvenir qui s'estompe et s'affadit.

Chéri qui reste éloigné de Léa se complaît dans un sensualisme facile, mais n'agit pas de manière concrète pour entretenir sa relation. Il est vrai qu'il se lasse d'elle et veut se libérer inconsciemment de sa réalité, alors qu'il est prisonnier d'un souvenir idéalisé et fondateur de son être affectif. Entre désillusion et idéalisation, Chéri s'enfonce hors du temps.
Merci beaucoup pour ces remarques, ça m'aide vraiment à avancer car il est vrai qu'il y a certaines choses que je n'avais pas saisie. La fin de l'extrait me paraît plus difficile à comprendre.
Que pensez-vous de cette problématique: Comment le prénom de Léa construit-il pour ce soldat une rêverie, et quelle est cette rêverie, comment est-elle organisé?

Le probleme que j'ai également est de trouver les deux grandes parties du plan qui me permettront d'englober toutes nos remarques.
Je crois que la problématique ou parcours de lecture est : Chéri entre rêve et réalité.

La fin renvoie sans doute au contexte de la guerre, mais tiré vers son acception amoureuse.

Tu pourrais choisir comme axes :
Une réalité blessante qui s'estompe ou le déni de la réalité
Une rêverie dissolvante
Je trouve que les axes sont vraiment bien trouvés!
Une réalité blessante qui s'estompe "grâce à" une rêverie dissolvante.
Pour moi c'est parfait et ça me permet d'avancer.
En tout cas, je vous remercie sincèrement de m'avoir consacré une partie de votre temps.
Je m'excuse de vous déranger encore Jean-Luc, mais pensez-vous que ces sous-parties sont intéressantes et en harmonie avec le reste?

Merci d'avance.
Je m'intéresserais aussi à la position du narrateur. Chez Colette, cette position est très caractéristique, et je pense qu'il faudrait le signaler. Elle ne s'engage pas, elle joue toujours. La distance élastique est manipulée comme par un joueur qui entre dans un jeu pour jouer une partie, puis s'en retire, et elle parle des gens comme de ses chats.
Oui ça pourrait faire une troisième partie mais je ne vois pas comment analyser le rôle du narrateur dans cet extrait. J'ai remarqué que l'écriture était particulière et peu courante.
Bonjour,

La focalisation est omnisciente. Rien de bien original, sinon que dans cette omniscience, c'est quand même l'intériorité de Chéri qui est privilégiée.

Les réveils de Chéri sont à placer dans la première partie.
Le mal-être est moins lié à la guerre qu'à l'irrésolution de Chéri et à l'ambiguïté de son amour partagé entre domination (désir séducteur) et soumission (infantilisation, confort d'un amour maternel).
En y regardant de plus prés, je remarque une certaine forme de dualité dans l'extrait. Pensez-vous que je dois l'intégrer dans mon plan dans la partie concernant le narrateur?
C'est un peu mince pour en faire une partie. En revanche c'est intéressant à relever pour souligner le rêve éveillé de Chéri. Note quand même, ce qui est plus important, cet invraisemblable déni de la guerre. De là à voir se superposer à la conscience de Chéri une marque féminine…
Oui je suis daccord avec Jean-Luc pour la partie sur le déni de la guerre. Je pense également que vous pouvez travailler (beaucoup de matière) sur le rêve de Chéri comme voyage intérieur dans ses souvenirs.
Qu'en pensez-vous? Et que proposez-vous Jean-Luc et Bellas comme autres sous-parties?