J’aurais voulu savoir s’il est / était / serait possible…

Langue française

20 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
J 'ai un problème : quelle conjugaison utiliser dans la phrase suivante :
"J'aurais voulu savoir s'il serait possible" ou
"J'aurais voulu savoir s'il est possible" ou
"J'aurais voulu savoir s'il était possible"
merci de votre aide
J'aurais voulu savoir s'il était possible"


(les "si…" n'aiment pas les -rais/t comme on m'a tjrs dit… ! )
Bonsoir Kealla,

Attention, il s'agit d'une interrogative indirecte : voir cette discussion.

Muriel
fredfoc
Tout le monde s'est déjà posé la même question. Chez nous, nous disons : «Les SI mangent les -rais», ceci pour rappeler qu'il faut éviter d'utiliser le conditionnel après cette conjonction de subordination SAUF s'il y a élection (une alternative) : je me demande s'il viendrait (oui ou non). On a ici normalement affaire à des phrases à deux membres complets en corrélation. Avec une hypothèse potentielle ou irréelle, la conclusion au conditionnel présent appelle un imparfait indicatif après SI. Les propositions en corrélation peuvent aussi bien comporter deux présents de l'indicatif, par exemple, ou un présent et un futur dans la conclusion et les règles de concordances des temps s'appliquent. Vos hésitations, justement, relèvent surtout de ces règles.
«J'aurais voulu savoir s'il serait…» est conforme à la réserve d'élection précitée, puisque on pourra répondre par oui ou par non, mais le conditionnel passé de la principale part de bien loin, d'autant qu'il introduit un infinitif. À noter qu'un présent (s'il est possible) serait plus simple.
Pour la dernière option (j'aurais voulu savoir s'il était…), on ne parle plus de la même chose, car les deux membres de phrase ne sont plus en corrélation. Je comprends que vous demandez si, dans tel contexte ou à telle époque, il était possible de…
J'espère avoir su vous être utile.
Et cette phrase :

"Un film sur l'amitié et l'amour - les deux sont d'ailleurs fusionnels à un point tel qu'il est à se demander si, comme Marivaux le notait, l'amitié ne serait pas "dangereuse".

Si l'amitié n'était pas dangereuse ou ne serait pas ?
Le conditionnel s'impose pour moi au premier abord. Au second abord, il s'impose aussi, il suffit de tourner au style direct : "l'amitié ne serait-elle pas dangereuse?". On aurait pu dire aussi "l'amitié n'est-elle pas dangereuse?", mais on aurait perdu la nuance de doute, qui est importante ici. Par ailleurs, le verbe qui introduit le style indirect étant au présent (il est à se demander si), on peut exclure la solution de l'imparfait.
Merci, bien aimable Lucretius !

Bonjour à tous,J’ai besoin d’un éclairage sur les structures grammaticales employant le conditionnel de politesse.J’aimerais savoir quel temps est accepté avec les formulations de type "je voudrais savoir si vous (avoir) la monnaie sur 10 €". La situation d’énonciation est donc une demande polie dans le présent.Quelques exemples :J’aurais voulu savoir si vous pouviez me conseiller, je ne sais pas quelle paire de lunettes choisir.J’aurais aimé savoir ce qu’il y a dans le menu du jour.J’aurais aimé savoir si vous aviez du shampoing adapté à mes cheveux ?J’aurais voulu savoir s’il était possible de prendre rendez-vous, j’ai une ordonnance de mon médecin.Oui allô bonjour, je voudrais savoir si vous faisiez des dépannages d’urgence, j’ai une fuite dans ma salle de bain.J’aurais voulu savoir si vous pensiez terminer ce projet dans les temps.Je voudrais savoir si tu pourrais travailler samedi soir ?Je préférerais si on laisse la fenêtre ouverte.Intuitivement, je suis quasi systématiquement tenté par l’imparfait. J’ai l’impression que c’est un usage courant à l’oral ? Mais est-ce correct grammaticalement ? Ou quels autres temps peut-on / doit-on respecter dans ces structures ?En vous remerciant de votre aide,Korax

La question est simple, mais la réponse est techniquement compliquée car cela dépend du fait d’être en discours direct ou en discours indirect (et n’a pas vraiment de rapport avec la politesse).Si on est en discours direct, l’imparfait s’impose généralement (ou du moins le mode indicatif) et pas le conditionnel.Tous les exemples donnés sont des indirectes… et là, c’est plus flou dans la pratique orale. Personnellement, je recommanderais également l’indicatif (présent, imparfait…), mais bon… je ne peux pas non plus complètement exclure le conditionnel.NB. Je préférerais si on laisse la fenêtre ouverte ---> Je préférerais qu’on laisse la fenêtre ouverte.

Salut Korax

Je n’hésite pas à employer les deux formulations suivantes :

Je voudrais savoir si vous avez la monnaie sur 10 €. C’est factuel, correct, poli. Cela dit j’emploierais plus facilement dans ce contexte : auriez-vous la monnaie sur 10 € ? ou même : à tout hasard, est-ce que vous auriez la monnaie sur 10 € ?Je voudrais savoir si vous auriez la monnaie sur 10 €. Celle-ci me paraît plus polie, peut-être plus maniérée, mais je n’hésite pas à l’employer.

Plus direct encore : avez-vous la monnaie sur 10 € ? Et même, cas courant et usité : vous avez la monnaie sur 10 € ? Tant qu’à être direct…

Bonjour à vous deux et merci de vos réponses éclairantes.

@freddy.lombard : comme c’est dans le cadre d’un cours sur le conditionnel de politesse (j’aurais du le préciser), je dois garder l’emploi du conditionnel. Et donc, pour toi, l’imparfait de l’indicatif est proscrit ?

Je voudrais savoir si vous aviez la monnaie sur 10 €

Effectivement, l’indicatif présent, le conditionnel et l’imparfait sont tous les trois corrects ici.Je voudrais savoir si vous avez…Je voudrais savoir si vous aviez…Je voudrais savoir si vous auriez...L’emploi du conditionnel ou de l’imparfait est ici un procédé d’atténuation polie.Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’indicatif présent soit incorrect.

Merci à vous trois !

C’est toujours un plaisir de passer (trop occasionnellement) ici pour poser des questions pointues et obtenir des réponses claires et détaillées.

Depuis 10 ans, je n’ai jamais été déçu. Merci et bravo.

Bonjour, je sais que ce n’est pas l’objet de la demande, mais moi ce qui me gêne c’est la tournure "j’aurais voulu savoir "….. pourquoi ne pas dire "je voudrais savoir"?

En effet, "j’aurais voulu" signifie souvent qu’on voulait quelque chose dans le passé, et qu’on n’a pas pu l’obtenir. Comme dans la chanson "j’aurais voulu être un artiste" il est clair que la personne le voulait mais ne l’est pas, un peu comme un rêve d’enfant.

Entrer dans un commerce ou une administration et dire "j’aurais voulu savoir si je peux/pouvais …" c’est se mettre en position d’infériorité, et préparer son interlocuteur à refuser.

De même un "j’aurais voulu acheter …." provoque chez moi une réaction du genre "et qu’est-ce qui t’empêche de le faire ?"

C’est une réminiscence "de politesse" ponctuelle qui laisse entendre que la réponse pourrait être négative. Si vous allez dans un commerce ou une administration, vous êtes techniquement en "infériorité" car pas en position de prendre la décision.

Bonjour.

Le conditionnel passé j’aurais voulu, ici, n’est pas à prendre au sens strict d’ "irréel du passé".

Dans cet emploi , c’est une manière d’atténuation polie de la demande, encore plus polie et atténuée que le conditionnel présent je voudrais, qui a déjà lui aussi valeur d’atténuation polie par rapport à un plus exigeant et plus abrupt je veux.

Salut,

Sait-on pourquoi j’aurais voulu est moins brusque que je voudrais ?

Sait-on pourquoi je voudrais est moins brusque que je veux ?

Y avait-il quelque chose de ce genre en latin ?

Sait-on pourquoi je voudrais est moins brusque que je veux ?Avec je veux, ma volonté de demander est inconditionnelle. Avec le conditionnel je voudrais, je fais mine de demander la permission de vouloir. Ce sera seulement à condition que l’autre accepte d’entendre ma requête. La brusquerie de la demande est poliment atténuée.Sait-on pourquoi j’aurais voulu est moins brusque que je voudrais ?Ni l’un ni l’autre ne sont brusques. Les deux sont atténués, et j’aurais voulu l’est encore plus en niant quasiment ma volonté, en la présentant fictivement comme non réalisée dans le passé.Y avait-il quelque chose de ce genre en latin ?Je l’ignore… Qu’en disent les latinistes du forum ?

Merci, J.

Je doute que le latin s’embarrasse de telles circonvolutions ;-) La langue est plutôt "directe" et pour dire "j’aurais voulu savoir si"… on dira simplement "je veux savoir si" : indicatif présent.

Bon, cependant, il est possible de nuancer, mais le latin n’ayant pas de mode conditionnel, il faudra un subjonctif, soit présent soit parfait. "J’aurais voulu savoir" se traduirait littéralement par un subjonctif plus-que-parfait qui n’aurait guère de sens car je ne vois pas ce qu’il pourrait traduire d’autre qu’un irréel du passé. On préférera un subjonctif présent (exemple : "ut ita dicam") ou un subjonctif parfait ("non affirmaverim"), subjonctifs de "concession" avec le sens "oserais-je dire"/"je n’affirmerais pas que".

Je parle sous la relecture à faire par des spécialistes.