Laforgue, La cigarette

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, Je suis en premiere L et je dois faire le commentaire de ce texte :
Oui, ce monde est bien plat; quant à l'autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes.
Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord
Me plonge en une extase infinie et m'endort
Comme aux parfums mourants de mille cassolettes.

Et j'entre au paradis, fleuri de rêves clairs
Où l'on voit se mêler en valses fantastiques
Des éléphants en rut à des choeurs de moustiques.

Et puis, quand je m'éveille en songeant à mes vers,
Je contemple, le coeur plein d'une douce joie,
Mon cher pouce rôti comme une cuisse d'oie.
Jules Laforgue, Le sanglot de la terre, 1880

J'ai fais une problématique et un plan.
Voici ma problématique : En quoi peut-on dire que ce poème est un sonnet du XIX ème siècle et un poème critique envers le monde des morts ?

Voici mon plan :

I°) Ce poème est un sonnet
1°) Définition du sonnet
2°) Le rythme du sonnet classique
3°) Référence à l'antiquité : Memento mori et Carpe diem

II°) Ce poème est un sonnet du XIX ème siècle en rupture avec le classicisme.
1°) Un lexique moderne en rupture avec celui du classicisme.
2°) Thème en rupture avec les thèmes habituels du classicisme.
3°) Présence de la fatalité dans ce poème, la fatalité étant un des thèmes principaux des textes du XIX ème siècle.

III°) Critique de l'autre monde, du monde des morts
1°) Ce poème montre que les humains veulent oublier qu'ils vont mourrir.
2°) Ce poème a un lexique provocants envers l'autre monde.
3°) Le XIX ème siècle est un siècle où il y a une remise en cause de la religion.

Pouvez-vous me dire si ma problématique et mon plan sont bon ou non et pouvez-vous me donner des conseils ?
Bonjour,

Est-il vraiment nécessaire de faire une partie entière sur le sonnet ?
Et peut-être ne parles-tu pas assez de la vision de l'auteur , qui à l'aide de la première personne , veut se faire inscrire dans l'esprit du lecteur.
Le reste est bon, je garderais.
Quant à ta problématique je ne crois pas qu'il soit nécessaire et important de parler de la critique du monde des morts mais plutôt sur le monde des morts vu par les vivants, destinés à mourir, non ?

Sur ce,
Merci de votre réponse,
J'ai réformuler ma problématique :
En quoi peut-on dire que ce poème est un sonnet du XIX ème siècle et une critique du monde des morts vu par les vivants ?

Ma nouvelle problematique est-elle bonne ?
Je dirais oui , c'est mieux.

Personnellement j'aurais mis :

En quoi Jules Laforgue, en mêlant fatalité et images critiques violentes ,tout en contrastant monde des vivants destinés à mourir et monde des morts ( à trouver ), va t-il critiquer la vision des vivants sur la mort et inculquer aux lecteurs une vision plus qu'étrange pour un auteur du 19 ème ?

Elle est peut-être un peu lourde certes. Mais à retravailler.

Bonne chance pour la suite, =)
Bonjour.

C'est bien d'avoir fait l'effort de construire un plan.
Mais ton projet est trop général: les considérations sur le sonnet, l'opposition 19e / classicisme, tout cela est vu de trop haut (ou de trop loin).

Ton analyse est aussi beaucoup trop sérieuse. Il faut toujours penser au ton, c'est l'erreur numéro 1 des jeunes d'oublier le ton. La fatalité n'a rien à faire ici. La mort est présenté comme inévitable, mais sur un ton humoristique et provocant. Il n'y a nulle dimension critique non plus: Laforgue se moque de donner des leçons ou de corriger des erreurs.

Enfin, tu as ici de la fantaisie, une esthétique de bric-à-brac et un détournement d'images poétiques traditionnelles (méandre bleu) qui sont des marques de l'art de Laforgue.

Mon conseil: devant un texte, ne te demande jamais quelles généralités tu vas pouvoir recycler, mais demande-toi ce que le texte a de spécifique: ce qui fait qu'il est lui et pas un autre.
Bonjour,

Pour commencer, je trouve que toute ta première partie est hors-sujet: tu peux parler (très rapidement) de la forme du sonnet (définition, à la limite histoire) dans ton introduction, mais tu ne peux en aucun cas consacrer toute une partie à quelque chose de théorique sans rapport direct avec le texte précis que tu dois commenter.


Pour la deuxième partie, je suis d'accord avec tout ce qui concerne la rupture avec les conventions poétiques, mais attention à l'usage que tu fais du mot "classicisme": le classicisme c'est le mouvement littéraire du 17e siècle, on est bien d'accord? Ici c'est plutôt le romantisme que Laforgue tourne en dérision. Jules Laforgue, comme Rimbaud, fait partie d'une génération de poètes qui ont été gavés jusqu'aux yeux de romantisme, qui n'en peuvent plus, et qui finissent par le rejeter violemment ou le parodier/détourner de façon irrévérencieuse. Laforgue s'amuse a prendre à rebrousse-poil les attentes du lecteur, à mêler thèmes romantiques (les dieux, le paradis, la mort, l'extase, le rêve) et réalités triviales (cigarettes, cassolettes, rut, moustiques, cuisses d'oie). D'autre part, je ne trouve pas que le thème de la fatalité soit si présent que cela.


Enfin, et j'aurais peut-être du commencer par là: Ou vois-tu une "critique du monde des morts"? Tu l'as dit, Laforgue remet en cause la religion, mais du coup, pour lui, il n'y a pas de monde des morts (que des "sornettes"), il ne peut donc pas le critiquer. Si critique il y a, c'est une critique des vivants et de la façon dont ils conçoivent l'au-delà et la religion… mais es-tu certain que ce soit le sens du poème? Relis les vers 6 à 11:
Jules Laforgue a écrit :Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord
Me plonge en une extase infinie et m'endort
Comme aux parfums mourants de mille cassolettes.

Et j'entre au paradis, fleuri de rêves clairs
Où l'on voit se mêler en valses fantastiques
Des éléphants en rut à des choeurs de moustiques.
De quoi parle-t-il?



EDIT: J'ai été devancée par Jean-Luc, qui comme toujours a fort bien parlé. Je souscris à ses sages paroles. 😀
J'ai refait ma problematique et mon plan :

En quoi peut-on dire que ce poème est un sonnet du XIX ème siècle où l'auteur montre à la fois ses états d'âme et critique le romantisme d'un ton ironique ?

I°) Ce poème est un sonnet du XIX ème siècle mais il respecte les fondamentaux du sonnet classique.
1°) Lexique moderne du XIX ème siècle
2°) Rythme du sonnet classique
3°) Référence à l'antiquité : Memento mori et Carpe diem

II°) Les états d'âme de l'auteur
1°) Le désespoir (champ lexical de la mort)
2°) L'érrance (le rêve)
3°) Lors du réveil, après avoir révé, l'auteur veut retourner à l'écriture, c'est la fumée qui l'inspire pour écrire.

III°) Critique du romantisme
1°) Pour l'auteur le monde des morts n'existe pas contrairement aux romaniques
2°) Lexique de la provocation
3°) Critique du romatisme sur un ton ironique

Cette problematique et ce plan sont-ils correctes ?