Tout d'abord, bonjour à tous 😉.
Je poste ici, un sujet écrit de l'EAF qui a eu lieu ce mois-ci (en Novembre 2009) dans quelques lycées de Savoie et de Haute-Savoie.
Voilà, ça pourra vous servir comme révision =D.
Après, j'ai plusieurs choses qui me turlupine. Au niveau de la question, est-ce que le terme "chacun" indique qu'il faut traiter chaque texte séparément?
Sur un des annales que j'ai emprunté dans mon CDI, il était écrit qu'il fallait systématiquement traiter chaque texte séparément lorsque le terme "chacun" apparaissait dans la question. Néanmoins, ici, je voyais beaucoup de points communs entre les textes et la question était tellement vague … .
Ensuite, j'ai pris le commentaire. Est-ce qu'on peut formuler une problématique restreignant certaines interprétations de l'œuvre?
Je vous présente mon plan (Qu'en pensez vous?):
I. Un sentiment de désolation
1. Souffrance de Tarrou
2. Souffrance de Rieux
II. Une bataille tragique
1. Une bataille
2. Le silence comme témoin de la défaite
3. L'impuissance du médecin face à des forces supérieures
Je poste ici, un sujet écrit de l'EAF qui a eu lieu ce mois-ci (en Novembre 2009) dans quelques lycées de Savoie et de Haute-Savoie.
Objet d'étude:Le roman et ses personnages
Corpus:
Texte A – Albert CAMUS, La peste, 1947
Une épidémie de peste sévit à Oran, en Algérie, dans les années quarante. Lorsque le fléau disparaît enfin, il fait une dernière victime en la personne de Tarrou, l'ami du médecin Rieux, le héros du roman.
A midi, la fièvre était à son sommet. Une sorte de toux viscérale secouait le corps du malade qui commença seulement à cracher du sang. Les ganglions avaient cessé d'enfler. Ils étaient toujours là, durs comme des écrous,vissés dans le creux des articulations, et Rieux jugeai mpossible de les ouvrir. Dans les intervalles de la fièvre et de la toux, Tarrou de loin en loin regardait encore ses amis. Mais, bientôt, ses yeux s'ouvrirent de moins en moins souvent, et la lumière qui venait alors éclairer sa face dévastée se fit plus pâle à chaque fois. L'orage qui secouait ce corps de soubresauts convulsifs l'illuminait d'éclairs de plus en plus rares et Tarrou dérivait lentement au fond de cette tempête. Rieux n'avait plus devant lui qu'un masque désormais inerte, où le sourire avait disparu. Cette forme humaine qui lui avait été si proche, percée maintenant de coups d'épieu, brûlée par un mal surhumain, tordue par tous les vents haineux du ciel, s'immergeait à ses yeux dans les eaux de la peste et il ne pouvait rien contre ce naufrage. Il devait rester sur le rivage, les mains vides et le cœur tordu, sans armes et sans recours, une fois de plus, contre ce désastre. Et à la fin, ce furent bien les larmes de l'impuissance qui empêchèrent Rieux de voir Tarrou se tourner brusquement contre le mur, et expirer dans une plainte creuse, comme si, quelque part en lui, une corde essentielle s'était rompue. La nuit qui suivit ne fut pas celle de la lutte, mais celle du silence. Dans cette chambre retranchée du monde, au-dessus de ce corps mort maintenant habillé, Rieux sentit planer le calme surprenant qui, bien des nuits auparavant,sur les terrasses au-dessus de la peste, avait suivi l'attaque des portes. Déjà, à cette époque, il avait pensé à ce silence qui s'élevait des lits où il avait laissé mourir des hommes. C'était partout la même pause, le même intervalle solennel, toujours le même apaisement qui suivait les combats,c'était le silence de la défaite. Mais pour celui qui enveloppait maintenant son ami, il était si compact, il s'accordait si étroitement au silence des rues et de la ville libérée de la peste, que Rieux sentait bien qu'il s'agissait cette fois de la défaite définitive, celle qui termine les guerres et fait de la paix elle-même une souffrance sans guérison. Le docteur ne savait pas si, pour finir, Tarrou avait retrouvé la paix,mais, dans ce moment tout au moins, il croyait savoir qu'il n'y aurait jamais plus de paix possible pour lui-même, pas plus qu'il n'y a d'armistice pour la mère amputée de son fils ou pour l'homme qui ensevelit son ami.
Texte B – Romain Gary, La Promesse de l'aube, 1960
Romain, alors qu'il est lycéen, découvre un jour sa mère en proie à un malaise et apprend ainsi qu'elle est diabétique.
Je sentis qu'il fallait me dépêcher, qu'il me fallait en toute hâte écrire le chef-d'oeuvre immortel, lequel, en faisant de moi le plus jeune Tolstoï de tous les temps, me permettrait d'apporter immédiatement à ma mère la récompense de ses peines et le couronnement de sa vie.
Je m'attelai d'arrache-pied à la besogne.
Avec l'accord de ma mère, j'abandonnai provisoirement le lycée et m'enfermant une fois de plus dans ma chambre, me ruai à l'assaut. Je plaçai devant moi trois mille feuilles de papier blanc, ce qui était, d'après mes calculs, l'équivalent de Guerre et Paix, et ma mère m'offrit une robe chambre très ample, modelée sur celle qui avait fait déjà la réputation de Balzac. Cinq fois par jour, elle entrouvrait la porte, déposait sur la table un plateau de victuailles et ressortait sur la pointe des pieds. J'écrivais alors sous le pseudonyme de François Mermont. Cependant comme mes oeuvres m'étaient régulièrement renvoyées par les éditeurs, nous décidâmes que le pseudonyme était mauvais, et j'écrivis le volume suivant sous le nom de Lucien Brûlard. Ce pseudonyme ne me paraissait pas non plus satisfaire les éditeurs. Je me souviens qu'un de ces superbes qui sévissait alors à la N. R. F, à un moment où je crevais de faim à Paris, me retourna un manuscrit avec ces mots ; « prenez une maîtresse et revenez dans dix ans ». Lorsque je revins, en effet dix ans plus tard, en 1945, il n'était malheureusement plus là ; on l'avait déjà fusillé.
Le monde s'était rétréci pour moi jusqu'à devenir une feuille de papier contre laquelle je me jetais de tout le lyrisme exaspéré de l'adolescence. Et cependant, en dépit de ces naïvetés, ce fut à cette époque que je m'éveillai entièrement à la gravité de l'enjeu et à sa nature profonde. Je fus étreint par un besoin de justice pour l'homme tout entier, qu'elles que fussent ses incarnations méprisables ou criminelles qui me jeta enfin et pour la première fois au pied de mon oeuvre future, et s'il est vrai que cette aspiration avait, dans ma tendresse de fils, sa racine douloureuse, tout mon être fut enserré peu à peu dans ses prolongements, jusqu'à ce que la création littéraire devînt pour moi ce qu'elle est toujours à ses grands moments d'authenticité, une feinte pour tenter d'échapper à l'intolérable, une façon de rendre l'âme pour demeurer vivant.
Texte C – Philippe CLAUDEL, La Petite Fille de Monsieur Linh, 2005
Monsieur Linh fuit son pays d'Asie en huerre et s'exile en Occident avec sa petite fille, Sang diû.
C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui.
Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.
Le voyage dure longtemps. Des jours et des jours. Et tout ce temps, le vieil homme le passe à l'arrière du bateau, les yeux dans le sillage blanc qui finit par s'unir au ciel, à fouiller le lointain pour y chercher encore les rivages anéantis. Quand on veut le faire entrer dans sa cabine, il se laisse guider sans rien dire, mais on le retrouve un peu plus tard, sur le pont arrière, une main tenant le bastingage, l'autre serrant l'enfant, la petite valise de cuir bouilli posée à ses pieds.
Une sangle entoure la valise afin qu'elle ne puisse pas s'ouvrir, comme si à l'intérieur se trouvaient des biens précieux. En vérité, elle ne contient que des vêtements usagés, une photographie que la lumière du soleil a presque entièrement effacée, et un sac de toile dans lequel le vieil homme a glissé une poignée de terre. C'est là tout ce qu'il a pu emporter. Et l'enfant bien sûr.
L'enfant est sage. C'est une fille. Elle avait six semaines lorsque Monsieur Linh est monté à bord avec un nombre infini d'autres gens semblables à lui, des hommes et des femmes qui ont tout perdu, que l'on a regroupés à la hâte et qui se sont laissé faire.
Six semaines. C'est le temps que dure le voyage. Si bien que lorsque le bateau arrive à destination, la petite fille a déjà doublé le temps de sa vie. Quant au vieil homme, il a l'impression d'avoir vieilli d'un siècle.
Question: Quelle image du héros de roman chacun de ces textes propose-t-il?
Commentaire: Vous ferez le commentaire du texte d'Albert CAMUS (Texte A).
Dissertation: Le roman est-il "une feinte pour tenter d'échapper à l'intolérable", comme l'affirme Romain Gary ? Vous répondez à cette question en vous appuyant sur les textes du corpus, les oeuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles.
Écriture d'invention: Vous écrirez le monologue de Monsieur Linh sur le bateau de réfugiés.
Voilà, ça pourra vous servir comme révision =D.
Après, j'ai plusieurs choses qui me turlupine. Au niveau de la question, est-ce que le terme "chacun" indique qu'il faut traiter chaque texte séparément?
Sur un des annales que j'ai emprunté dans mon CDI, il était écrit qu'il fallait systématiquement traiter chaque texte séparément lorsque le terme "chacun" apparaissait dans la question. Néanmoins, ici, je voyais beaucoup de points communs entre les textes et la question était tellement vague … .
Ensuite, j'ai pris le commentaire. Est-ce qu'on peut formuler une problématique restreignant certaines interprétations de l'œuvre?
Je vous présente mon plan (Qu'en pensez vous?):
I. Un sentiment de désolation
1. Souffrance de Tarrou
2. Souffrance de Rieux
II. Une bataille tragique
1. Une bataille
2. Le silence comme témoin de la défaite
3. L'impuissance du médecin face à des forces supérieures



