Incipit - Quelles sont vos entrées en matière préférées ?

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Quelles sont vos entrées en matière préférées ?
(Modérateur : peut-on inclure la littérature étrangère?)
Deux parmi cent:

"La bêtise n'est pas mon fort" (Valéry, La soirée avec M. Teste).

et

"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, etc." (Flaubert, Salammbô).
Sans aucune hésitation :

Je hais les voyages et les explorateurs

Levi-Strauss, Tristes Tropiques
de Paul Nizan :

"J'ai eu vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie." (Aden Arabie)
Sans aucune hésitation :

Je hais les voyages et les explorateurs
Je ne l'ai toujours pas lu, mais c'est pourtant ma préférée !

Je donne donc ma deuxième : "longtemps, je me suis couché de bonne heure." (Proust)
Ce début de Nizan est très excitant (mais dans mon souvenir, le 1er verbe était à l'imparfait?). Malheureusement, c'est tout ce que j'en ai lu. Honte à moi!

Quant au Proust, il est mythique, mais je ne l'ai jamais trouvé très stimulant. On pourrait même dire malicieusement qu'il donne le ton - un peu léthargique - des premières pages de la Recherche.
De plus, la sonorité de cette phrase est un tantinet nasale et bouchée. ("longtemps, je me suis mouché…"? Bon, d'accord, je sors…).
Vos souvenirs ne vous mentent pas Jean-Luc, c'était en effet : "j'avais vingt ans….". Il est vrai que cet incipit est connu et même prometteur pour la suite du livre… pourtant beaucoup ont été déçu… ils pensaient rêver, ils en souffert. Le style de Nizan est abominable, lourd mais enfin c'est la souffrance qu'il faut éprouver pour découvrir le monde de ce communiste déchu. Je vous suggère d'ouvrir à nouveau ce livre pour enfin le consommer. (=
Quant au Proust, il est mythique, mais je ne l'ai jamais trouvé très stimulant.
Moi non plus, mais je n'ai pas ce critère pour apprécier une bonne ouverture. Je pense que si elle plaît, c'est en regard de l'œuvre immense à laquelle elle introduit. Prise indépendamment, elle n'a pas la vigueur que conserve celle de Lévi-Strauss.
Donald a écrit :de Paul Nizan :

"J'ai eu vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie." (Aden Arabie)
Je ne savais pas que c'était un incipit, j'en avais juste entendu parler par l'intermédiaire de Simone de Beauvoir, effectivement cette phrase est remarquable.

Concernant Levi-Strauss, ce n'est pas seulement pour l'art de la formule, c'est aussi pour la signification de cette phrase au regard de toute l'oeuvre de l'auteur : toute une conception de l'ethnologie cristallisée autour de quelques mots, le ton de toute une vie donné en une phrase liminaire. La marque d'un grand style.
Lysdanslavallee a écrit :toute une conception de l'ethnologie cristallisée autour de quelques mots, le ton de toute une vie donné en une phrase liminaire. La marque d'un grand style.
… et celle d'un anthropologue paradoxal qui n'a jamais compris l'essence des mythes que Girard expliquent très bien. Mais un homme qui m'intéresse ! 🙂
Doukipudonctan Jean-Luc Picard a écrit:
Quant au Proust, il est mythique, mais je ne l'ai jamais trouvé très stimulant. On pourrait même dire malicieusement qu'il donne le ton - un peu léthargique - des premières pages de la Recherche.
De plus, la sonorité de cette phrase est un tantinet nasale et bouchée. ("longtemps, je me suis mouché…"? Bon, d'accord, je sors…).
Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec l'incipit des Falaises de marbre qui lance apparemment le même thème, mais avec une musique d'une autre ampleur et un long temps qui se fait sentir d'autant plus qu'il n'est pas soudé, emballé et expédié:
"Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s'empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour; quelque chose de plus impitoyable que l'espace nous tient éloignés d'eux. Et les images de la vie, en ce lointain qu'elles nous laissent, se font plus attirantes encore."
J'ai toujours pensé que l'idée de corriger l'incipit de Proust était passée par la tête de Junger-Thomas.
Parmi tant d'autres…

"Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon." Tolstoy, Anna Karenine

"It was a bright cold day in April and the clocks were striking 13." - George Orwell, 1984

"Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça s'est passé." - Jonathan Littell, Les Bienveillantes (mélange de Céline et de Villon).

"It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife." - Jane Austen, Pride and Prejudice

"Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas". Camus, L'étranger
"La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide." Aragon
Je n'ai pas pu m'arrêter de lire après ça 🙂
"Nous nous étions convenus de dîner au restaurant pour nous quitter"
De qui? Ca ressemble à du Régis Jauffret.
Cela vaut quoi du Régis Jauffret ?
"La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide." Aragon
Je n'ai pas pu m'arrêter de lire après ça
Un roman extraordinaire. Une révélation. Première phrase génialissime !
L'incipit de Lunar Park, de Bret Easton Ellis, aussi excitant que le roman lui-même :

" "Tu fais vraiment très bonne impression."
C'est la première phrase de Lunar Park et dans sa brièveté et sa simplicité, elle était censée être un retour à la forme, un écho, de la première ligne du roman de mes débuts, Moins que zéro […]."
Cela vaut quoi du Régis Jauffret ?
C'est percutant et ça met mal à l'aise.
Bon alors, c'est de qui cette intro au restaurant?
L'incipit de Lunar Park, de Bret Easton Ellis, aussi excitant que le roman lui-même :

" "Tu fais vraiment très bonne impression."
C'est la première phrase de Lunar Park et dans sa brièveté et sa simplicité, elle était censée être un retour à la forme, un écho, de la première ligne du roman de mes débuts, Moins que zéro […]."
Un excellent roman et l' un de mes auteurs fétiches. American Psycho est un pur chef d' oeuvre ! Lunar Park est aussi très intelligemment construit avec une bose dose de suspense, de sexe et de scènes trash si chères à Brett