Citation de Camus

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Depuis la main de Henry et le projet sarkozyien de panthéonisation circule une citation d'Albert Camus : "Tout ce que je sais de la morale des hommes, je le dois au football".

Quelle est la source dans l'oeuvre ou la correspondance ?

Faut-il prendre cette pensée comme une valorisation du foot, ou une dévalorisation de la morale ?
Hum, la citation n'est pas évidente à trouver. D'après Google books, on peut la trouver à la page 256 de ce livre : Œuvres complètes, t. I, éd. Roger Grenier, Club de l'hnnête homme, 1983.
Le volume regroupe L'Etranger, Le Mythe de Sisyphe, Caligula et Le Malentendu, mais cela ne signifie pas nécessairement que la citation est tirée d'un de ces ouvrages : l'éditeur scientifique peut très bien citer, par exemple, en note, d'autres ouvrages.

La citation exacte est : "Vraiment, le peu de morale que je sais, je l'ai appris sur les terrains de
football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités."
Comment "le peu de morale" devient "tout ce que je sais de la morale", grâce au sens des nuances des commentateurs…

Camus ne dévalorise sûrement pas la morale, et il ne valorise pas complètement le football : je crois surtout qu'il évoque avec humour et humilité sa propre formation morale, en soulignant qu'elle vient davantage d'une expérience pratique de la vie (le jeu, le sport) que d'un enseignement intellectuel universitaire.
"Pour moi, je n'ai connu que dans le sport d'équipe au temps de ma jeunesse cette sensation puissante d'espoir et de solidarité qui accompagne les longues journées d'entraînement jusqu'au jour du match victorieux ou perdu. Vraiment, le peu de morale que je sais, je l'ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre, qui resteront mes vraies universités", déclare-t-il à la télévision en 1959.
(R. Grenier, Album Camus, La Pléiade, p. 25)
On progresse :

"Les communautés de bâtisseurs, les ateliers collectifs de peinture à la Renaissance ont dû connaître la même exaltation qu’éprouvent ceux qui travaillent à un grand spectacle. Encore faut-il ajouter que les monuments demeurent, tandis que le spectacle passe et qu’il est dès lors d’autant plus aimé de ses ouvriers qu’il doit mourir un jour. Pour moi je n’ai connu que le sport d’équipe au temps de ma jeunesse, cette sensation puissante d’espoir et de solidarité qui accompagnent les longues journées d’entraînement jusqu’au jour du match victorieux ou perdu. Vraiment, le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités."

« Pourquoi je fais du théâtre » (1959), in Théâtre, récits, nouvelles, Paris: Gallimard, 1985, collection Pléiade, 1985, pages 1727 et suivantes.
"Les Secrets Douloureux Que Nous Cachent Les Dieux" Jean-Paul Taddeï, page 77
Voilà.
Il suffit de s'interroger et de…chercher.
Bonne réception