Imparfait ou passé composé ?

Langue française

105 réponses · Page 2 / 6

Bonjour et bienvenue.

S'il s'agit de choisir entre imparfait et passé composé :

Il y avait beaucoup de monde. J'ai dû attendre une heure, puis je suis parti. Je n'étais pas content !

Explications.

avait : imparfait. La situation durait, n'était pas achevée.
ai dû attendre : passé composé. L'attente s'est achevée au bout d'une heure.
suis parti : passé composé. Le départ a succédé à l'attente.
étais : imparfait. Valeur de description… Un état durable.
J'avais mal lu! Je n'avais pas vu le verbe " devoir". Désolée.
abdelamrawi a écrit :Veuillez m'aider SVP à trouver le bon temps.

Il y (avoir) beaucoup de monde.Je (devoir) attendre une heure,puis je (partir). Je ne pas (être) content!

SVP justifiez vos choix, c'est très utile pour moi , par ce que je trouve des difficultés atroces afin de choisir le temps pertinent.
Il y avait beaucoup de monde. J'ai dû attendre une heure, puis je suis parti. Je n'étais pas content !
avait : imparfait : arrière-plan sur lequel un événement se détache (décor).
ai dû, suis parti : passé composé : action terminée dans le passé
étais : imparfait : action passée qui présente l'action en train de se dérouler, dans sa durée
Bonjour,

Voici 2 phrases :
1) J`étais dans un bois. Je me promenais car je voulais prendre des photos.
Mon explication : le cadre de la situation (donc utilisation de l`imparfait)

2) J`étais dans un bois. Je me suis promené car je voulais prendre des photos.
J`avoue humblement ne pas avoir d`explication cohérente, même si je sens intuitivement que cette phrase est bonne.
Pour quelle raison utiliser le passe compose ici ?

Merci d`avance !

Manu
1) J`étais dans un bois, je me promenais, je voulais prendre des photos appartiennent toutes au décor, à l'arrière-plan. Après cela, je m'attends à apprendre les événements qui se sont passés pendant la promenade, ou qui l'ont interrompue.

2) J`étais dans un bois, je voulais prendre des photos peignent le décor. Je me suis promené identifie l'action, ou la première des actions. Je m'attendrai à apprendre ce qui s'est passé après la fin de la promenade.
Oui, avec le passé composé, l'action est mise en valeur. Pour un texte littéraire, on s'attendrait à du passé simple;

Exemple :

Le Petit Chaperon rouge cueillait des fraises. Soudain le loup surgit du bois et la dévora = … a surgi… l'a dévoré(e).
Bonjour à tous,


je suis allemand et plus ou moins toujours en train de chercher à mieux comprendre le français… J'étais très ici de trouver plusieurs membres énoncer ici l'opinion qu'on puisse nettement faire la décision s'il faut mettre un verbe au passé composé ou à l'imparfait, dans un texte quelconque, sans connaître l'intention précise de l'auteur. Alors, je suis arrivé à croire que le français est très flou à l'égard du choix entre le passé simple (ou composé) et l'imparfait.

Voilà une longue explication pourquoi…

si jamais vous trouvez que ma théorie ne soit pas juste, répondez, s'il vous plaît! Moi, en tant que je donne des cours particuliers en français, j'aimerais beaucoup mieux qu'on pourrait faire une décision précise… ce serait beaucoup plus facile d'enseigner, et, en plus, en accord avec la vue simpliste de la langue française qu'on trouve dans les cahiers de grammaire qu'on utilise aux écoles ici! Mais j'expliquerai ça aussi plus bas… voilà, commençons..

Le message suivant, je l'avais déjà mis sur un autre forum, il y a quelque temps, mais le forum était mal adapté aux questions de grammaire donc je n'ai guère reçu de réponse, pourtant le problème ne me semble pas sans importance, particulièrement pour les apprentis du français.

2. passe composé/passe simple – imparfait

L'éternelle question du choix entre les deux.

Pour cette question, j'aimerais traiter le passé composé et le passé simple sous le même aspect ou le même usage fonctionnel. Selon le Grevisse, si on emploie le passé simple, on le fait sans considération si le fait exprimé est en contact avec le présent ou non; contrairement à cela, en utilisation le passé composé, ce contact avec le présent est généralement sous-entendu. Pourtant, Grevisse ajoute: « Le passé composé peut avoir … la valeur qu'a le passé simple dans la langue écrite… Cela est même habituel dans la langue parlée, puisqu'elle ignore le passé simple. » Donc, dans la question ici posée, je m'abstiens de faire une différence entre le passé simple et le passé composé et je les mets sur le même plan temporel.

En ce qui concerne la différence générale entre le passé simple et l'imparfait, Grevisse explique:
« On parle souvent d'une action-point à propos du passé simple (que l'on oppose à l'action-ligne exprimée par l'imparfait). Cela ne veut pas dire que le fait est dépourvu de durée, mais c'est durée n'est pas prise en considération. »
Alors, je ne veux pas répéter l'usage général de l'imparfait ici, après tout ceci n'est pas une leçon grammaticale, mais soit dit qu'à la valeur générale de l'imparfait s'ajoute, selon Grevisse, l'imparfait narratif ou historique, qui, « au contraire de la valeur fondamentale, marque un fait qui a eu lieu à un moment précis du passé » … C'est-à-dire, on se peut servir de l'imparfait précisément quand ce serait le passé simple/le passé composé qui serait convenu. Grevisse cite Brunetière, qui voit ici un procédé artistique qui sert à la prolongation artificielle d'une action. « L'imparfait… l'immobilise en quelque sorte sous les yeux du lecteur. »

Et, à vrai dire, après la lecture d'un tas des oeuvres littéraires en français, c'est le seul commentaire sensé sur le choix entre l'usage du passé simple ou du passé composé que j'ai jamais rencontré. On pourrait le dire bien plus nettement encore: Si tu te sers du passé simple ou de l'imparfait, ça dépend de ce que tu veux décrire, subjectivement, et de rien d'autre. -
Pourtant, je me rappelle qu'à l'école nous avions fait des exercices qui demandaient qu'on fait le choix, catégoriquement, entre le passé composé et l'imparfait et notre professeur avait toujours une solution pour chaque cas douteux contre lequel nous nous heurtions. Maintenant, je me trouve dans une situation pareille. Je donne des leçons privées en français et, en suivant les demandes des cours de mes élèves, je fais aussi des exercices de différenciation entre passé composé et imparfait avec eux. Et bien, moi aussi je dois suivre le carnet de solutions qui est attaché aux exercices; moi aussi je donne des réponses catégoriques, même si je sais que pour chaque cas du passé composé ou de l'imparfait que le carnet de solutions atteste, j'ai déjà rencontré un cas similaire dans la littérature où l'auteur s'est précisément servi de l'autre temps du passé que de celui demandé par le carnet de solutions. Ah! C'est une situation insupportable. J'aimerais pourtant de dire à mes élèves: « Faites le choix à votre gré. Remplissez les blancs selon vos désirs. D'ailleurs, en lisant un texte, si vous remarquez que l'auteur utilise le passé simple, il le fait pour désigner une action ponctuelle; s'il utilise l'imparfait, soit qu'il le fait pour décrire l'arrière-fond sur lequel l'action se déroule, soit qu'il le fait pour exprimer des actions plus perdurant, soit qu'il le fait pour sous-rayer l'importance d'une action ponctuelle – l'auteur est un peintre, et l'emploi des temps du passé qu'il fait vous sert à suivre les traces de l'image qu'il voulait esquisser. Et si vous écrivez vous-même un texte, l'utilisation que vous fassiez du passé composé et de l'imparfait ne dépend de ce que vous vouliez exprimer, cela ne dépend que de l'image que vous ayez en tête et que vous vouliez partager avec votre lecteur. » Mais, bien sûr, je ne dirais jamais ça. Cela ne faisait que confondre mes élèves et cela irait à l'encontre de la logique des solutions claires et simples que le système de notation dans l'école demande. Pourtant, si j'étais honnête, que pourrais-je dire d'autre?

Je voulais vous montrer un passage exemplaire tiré du livre « Belphégor » par Arthur Bernède.
Voici l'extrait d'une conversation entre deux personnages du roman:
De Simone ? s’exclamait le reporter au comble de la stu-péfaction… Chantecoq reprenait : – J’en conclus qu’il aura été dérobé à cette malheureuse par quelqu’un de son entourage. – Le fait est, affirmait Bellegarde, qu’elle recevait chez elle des individus assez interlopes. – Parmi eux… questionnait le détective, n’en est-il pas un que vous soupçonnez être Belphégor ? Le jeune homme s’absorba un instant dans ses pensées, puis il reprit :– Je suis incapable de préciser. Chantecoq interrogeait de nouveau : – Que pensez-vous de la demoiselle de compagnie ?

Ici, je dois l'avouer, ça reste assez mystérieux pour moi pourquoi l'auteur a si souvent recouru à l'imparfait en désignant, pourtant, des paroles bien limités – et pourquoi il a soudain abandonné ce schème en recourant à „s'absorba“ et à „il reprit“ au lieu de „s'absorbait“ et „il reprenait“. Je peux seulement penser à ce que l'auteur voulait ainsi faire entendre que dans une conversation plutôt spacieuse, plutôt réfléchie, avec des pauses de réflexion qui ne sont pas expressément décrites, la réponse du jeune homme après son moment d'absorption était plus vigoureuse, plus vive, plus pointue que l'écoulement général de la conversation; je sais que c'est une explication un peu tiré par les cheveux, mais aucune autre me vient à la tête. D'ailleurs, ce n'est pas un usage idiosyncrasique qui fait l'auteur en mettant les commentaires entre les citations des personnages généralement à l'imparfait. Il décrit aussi des conversations dans lesquelles l'usage du passé simple est majoritaire.

Alors, est-ce que c'est vrai, ce que j'aimerais dire à mes élèves, ou est-ce que je m'abuse, est-ce qu'il y a une explication bien plus nette et précise et en accord avec les exigences du système scolaire?
Bonjour,

Pour ce qui est de l'auteur que tu cites, il fut très prolixe (hat viel geschrieben/schrieb viel 😂 ) et je suppose que c'est de l'inattention de sa part. Il faut du passé simple partout.

Non, le français n'est pas flou en ce qui concerne la différence entre le passé simple et l'imparfait, pas plus que l'allemand avec le temps de l'accompli et de l'inaccompli. Et c'est aussi difficile pour nos élèves français que pour les tiens.

Pour faire très simple :

1/ On utilise l'imparfait pour les descriptions, l'arrière-plan, une action qui se répète ou qui dure.

2/ On utilise le passé simple pour mettre en valeur l'action, le premier plan, une action unique.

Tschüss !
Bonjour ValserLesLunes,

Pourrais-je suggérer une autre interprétation ? Il me semble que l'auteur a bien distingué entre les processus et les événements ponctuels. Je ferai des extraits de la fin https://en.www.affinibook.com/ebook/read?book_id=13702&chapter_id=29 du chapitre, en ajoutant des commentaires:
Chantecoq … revêtit un complet veston et … passa dans son studio.
[deux événements qui se succèdent]
Quelques instants après, Jacques … le rejoignit. Tout de suite il attaqua :
[deux événements qui se succèdent]

Le grand détective … répliquait :
[répliquait: processus commence]

Très intrigué, le journaliste écoutait le limier, qui continuait :
[écoutait: processus contemporain à répliquait ]
[continuait: processus contemporain à écoutait ]

– De Simone ? s’exclamait le reporter au comble de la stupéfaction…
[exclamait: processus contemporain à continuait ]
Chantecoq reprenait :
[reprenait: processus, la continuation de celui de continuait ]

Le fait est, affirmait Bellegarde, qu’elle recevait chez elle des individus assez interlopes.
[affirmait: processus qui commence avec "le fait" et qui dure jusqu'à "interlopes"]
– Parmi eux… questionnait le détective, n’en est-il pas un que vous soupçonnez être Belphégor ?
[questionnait: processus qui commence avec "parmi eux" et qui dure jusqu'à "Belphégor" ou peut-être même jusqu'à ce que la réponse soit finie]
Le jeune homme s’absorba un instant dans ses pensées, puis il reprit :
[deux événements qui se succèdent]

Chantecoq interrogeait de nouveau :
[interrogeait: processus, la continuation de questionnait ]

– Non, répliquait nettement Chantecoq… car autant que j’ai pu en juger… …Je vous disais tout à l’heure que je vous apportais deux nouvelles sensationnelles.
[répliquait: processus qui commence avec "non" et qui dure jusqu'à "sensationnelles"]
– Je connais la première, qui me semble aussi bonne qu’inattendue, déclarait le journaliste ; et maintenant, j’ai hâte d’apprendre la seconde.
[déclarait: processus, qui commence avec "Je" et qui dure jusqu'à "seconde"]

– Le corps de… murmura Bellegarde en pâlissant.
Et il ajouta :
– Et dans quel dessein cet odieux bandit aurait-il accompli ce monstrueux attentat ?
[deux événements qui se succèdent]

– Pour augmenter encore les charges qui pèsent sur moi, martelait Jacques.
[martelait: processus, il martèle tous les groupes de la phrase]

Et Chantecoq développa :
– Notre Belphégor est en train de s’enterrer… Rappelez-vous ce que je vous ai déjà prédit : c’est par ses complices que nous l’atteindrons.
[événement]

Chantecoq eut … Puis … il fit :
[deux événements qui se succèdent]

– Je vous accompagne ? interrogeait le journaliste.
[interrogeait: processus, son attitude interrogative continue jusqu'à la réponse]

Et saisissant le bras du faux Cantarelli, le grand détective s’écria :
[événement]
Quant à d'autres imparfaits, peut-être que vous trouverez utile cet article-ci, https://lalic.paris-sorbonne.fr/PUBLICATIONS/descles/ImparfaitCracovie.pdfImparfait narratif et imparfait de nouvel état en français.
Bonjour BllM,


merci pour votre explication quant à l'usage des temps dans les passages de Bernède d'en-dessus. Je trouve votre interprétation beaucoup plus judicieuse que la mienne.

Bien sûr, à part de la question d'interprétation, ça souligne très nettement ce que je venais de dire. Au moins je crois qu'on est d'accord que l'emploi du passé simple/de l'imparfait dépend de l'intention de l'auteur, de ce qu'il veut exprimer ?

Regardons, par exemple, ce passage :
Très intrigué, le journaliste écoutait le limier, qui continuait :
[écoutait: processus contemporain à répliquait]
[continuait: processus contemporain à écoutait]

– De Simone ? s’exclamait le reporter au comble de la stupéfaction…
[exclamait: processus contemporain à continuait]
Chantecoq reprenait :
[reprenait: processus, la continuation de celui de continuait]


Alors, que Bernède ait mis « exclamer » à l'imparfait désigne, comme vous le relevez, que l'exclamation du reporter 's'inscrite' dans le discours de Chantecoq et n'interrompe pas le fil de son discours ou l'état de locuteur qu'il revêt, même si, pour la durée de l'exclamation, il s'arrête effectivement de parler (ce qu'il fait, en fait, sinon, il n'aurait pas nécessité qu'il reprende son discours) – comme un orateur devant une foule agitée, on peut toujours dire qu'il continue de livrer son discours, même s'il y a des exclamations qui l'interrompent et qui le font taire par moments (alors, l'exemple ne s'applique pas à la scène du roman que nous traitons, mais je voulais juste essayer de rendre plus explicite ma pensée). Mais Bernède aurait aussi pu mettre « exclamer » au passé simple. Et il aurait pu continuer : « Chantecoq reprit » au lieu de « Chantecoq reprenait ». Dans ce cas, il aurait fait signifier qu'il n'ait plus continuation dans le discours (ou l'état de parler) de Chantecoq, que l'exclamation du reporter fût un événement nouveau au lieu de s'inscrire, pour ainsi dire, dans le discours de Chantecoq, au lieu d'être contemporain avec le processus du récit continuel de Chantecoq. Comme ça, il aurait, dans ce case, me semble-t-il, mis l'exclamation du reporter plus en relief, interrompant le processus, constituant un événement en-soi… au lequel faut succéder un nouveau événement : « Chantecoq reprit.. »

Ou voyons cette phrase-ci :

Le fait est, affirmait Bellegarde, qu’elle recevait chez elle des individus assez interlopes.
[affirmait: processus qui commence avec "le fait" et qui dure jusqu'à "interlopes"]


Également, Bernède aurait pu écrire : « Le fait est » affirma Bellegarde « etc… » Pour une part, ainsi faisons maintes auteurs. Inutiles, il me semble, de chercher des exemples. Mais, même en nous tenant à l'interprétation que Bernède distingue ici très nettement entre processus et événement (interprétation que je trouve, comme je l'ai dit, à la fois ingénieuse et juste), il aurait pu employer le passé simple. « Le fait est » affirma Bellegarde  « etc. » Dans ce cas, Bernède aurait fait ressortir qu'il y eût affirmation (dans le sens d'emphase) de Bellegarde sur les mots « Le fait est » tandis qu'il aurait dit le reste de sa phrase avec moins d'emphase, contenant la proposition qu'il voulait relever, mais, dans ce cas, revêtant un peu moins d'importance que sa manière même d'introduire cette proposition, ou l'appui particulier qu'il mettait sur le fait de la véracité de telle proposition.

Encore un autre passage :
– Le corps de… murmura Bellegarde en pâlissant.
Et il ajouta :
– Et dans quel dessein cet odieux bandit aurait-il accompli ce monstrueux attentat ?
[deux événements qui se succèdent]


En mettant "ajouter" à l'imparfait, Bernède aurait pu faire de « ajouter » également un processus contemporain au pâlissement du reporter : tout en ajoutant, il pâlissait encore, ou retenait sa pâleur.

Et un dernier passage :

– Pour augmenter encore les charges qui pèsent sur moi, martelait Jacques.
[martelait: processus, il martèle tous les groupes de la phrase]

Et Chantecoq développa :
– Notre Belphégor est en train de s’enterrer… Rappelez-vous ce que je vous ai déjà prédit : c’est par ses complices que nous l’atteindrons.
[événement]

C'est un rapprochement bienheureux, parce que ça me permet de demander : Tout comme il martelait tous les groupes de la phrase, n'aurait pas Bernède pu mettre également que Chantecoq développât toute la phrase, ou pour mieux dire, que sa réponse se développât du premier mot jusqu'au dernier (« développer » comportant, en plus, déjà l'idée d'un processus) ? Pareil que dans :
Le fait est, affirmait Bellegarde, qu’elle recevait chez elle des individus assez interlopes.
[affirmait: processus qui commence avec "le fait" et qui dure jusqu'à "interlopes"]


Etc. Etc…

Bien sûr, le problème n'est point que Bernède fût juste un peu prolixe et n'eût pas trop réfléchi en écrivant. Comme je l'ai décrit dans mon message, le passage dans le Grévisse, qui met l'accent sur l'intentionnalité de l'auteur dans l'emploi du passé simple / de l'imparfait, est la seule explication sensible que j'ai trouvé après la lecture d'une grande quantité de livres des auteurs d'ailleurs assez
scrupuleux dans leur emploi de la langue. Juste hier soir, j'ai lu une nouvelle de Balzac et j'ai trouvé d'autres exemples où on pourrait, objectivement, échanger le passé simple et l'imparfait à son gré.

Alors, peut-être dans mon message je ne m'ai pas fait tout à fait compréhensible. Je ne veux pas dire que cela ne change pas le sens du récit si l'auteur met le passé simple au lieu de l'imparfait (et l'inverse opération) – loin de ça. Ce que je veux dire c'est que je trouve insupportable ce qu'on fait dans l'apprentissage du français dans les écoles allemandes maintenant : soit on suggère, soit on dit ouvertement dans les cahiers de grammaire qu'il ait une différence objective entre le passé composé(simple) et l'imparfait, indépendant de l'intention de l'auteur. Et on distribue des exercices et on donne des notes pour ces exercices, qui montrent un texte quelconque avec des verbes non-conjugués et demandent aux élèves : « Mettez les verbes au passé composé ou à l'imparfait. » Et, tout comme je l'ai dit dans mon message, pour chacun de ces phrases, qui toutefois devraient être censées de commander objectivement un temps, je peux trouver une phrase pareille ou exacte dans la littérature, dans un contexte pareil ou presque exact, où l'auteur a mis le verbe dans un autre temps que celui que le cahier de solutions désigne comme le seul vrai pour cet exercice.
(D'ailleurs, je ne doute pas du cas hypothétique que si des passages presque identiques à ceux de Bernède avaient fait partie d'un exercice, le cahier de solutions aurait prescrit une solution assez simpliste, à la manière : il faut tout mettre au passé simple. Si, en suite, on avait faire parvenir aux éditeurs du tel cahier les passages actuels de Bernède, ils auraient répondu sans le moindre embarras : « Ah, voilà un auteur français trop prolixe pour faire attention au grammaire. »)

Alors, je n'ai jamais fait des études du français, je l'ai appris partiellement à l'école, partiellement en séjournant dans la Suisse romande, partiellement en qualité d'autodidacte. Donc ma hésitation. Est-ce que je peux dire ce que j'aurais envie de dire à mes élèves des cours particuliers (cf. mon premier message) ?

(Du reste, merci, BillM, pour le lien… j'ai lui l'article avec beaucoup d'intérêt.. peut-être je vais encore y faire référence dans un message ultérieur..)
Ce que j'ai remarqué, ce n'était pas seulement le choix de l'imparfait, mais sa position dans la phrase.

Le fait est, affirmait Bellegarde, qu’elle recevait chez elle des individus assez interlopes.

Bellegarde est en train de dire « Le fait est … interlopes », et nous, nous écoutons ses paroles, quand l'auteur s'insère pour nour dire que Bellegarde affirmait. La position de l'imparfait renforce le ses d'un processus qui déroule. Les passés simples, il les a mis au début ou à la fin de la phrase.

Certes quelques imparfaits demandent une autre explication. Par exemple, martelait, où je vois Jacques donner plusieurs coups d'emphase. Et interrogeait vers la fin du chapitre, où l'interrogation n'est pas finie avec les paroles de Jacques.

Quant à l'apprentissage, je vois le français comme un oignon dont on pèle les couches une à une. Il faut maîtriser les règles de base pour pouvoir apprécier les auteurs qui les brisent. L'article dont j'ai donné le lien, en discutant l'imparfait de rupture, a cité beaucoup d'imparfaits que j'aurais trouvés difficiles à expliquer.
Bellegarde est en train de dire « Le fait est … interlopes », et nous, nous écoutons ses paroles, quand l'auteur s'insère pour nour dire que Bellegarde affirmait. La position de l'imparfait renforce le ses d'un processus qui déroule.
Franchement, à mon avis, ce serait pousser l'ingéniosité de ton explication trop loin. Bien sûr, c'est l'utilisation de l'imparfait, mais pas la position de l'imparfait dans une phrase qui décide du contenu sémantique. (Et c'est une question sémantique : si des faits successifs sont relatés ou si une continuation temporelle est exprimé.) Que la position de l'imparfait puisse renforcer le sens sémantique, c'est un moyen stylistique possible (qui serait plutôt à trouver dans la poésie que dans la prose), mais la position d'un verbe dans une phrase ne change pas la sémantique, elle ne peut que renforcer ou affaiblir une sémantique déjà présente par l'utilisation du verbe (y inclus sa conjugaison, ainsi son sens temporel…).
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Alors, passons à autre chose. Pour soutenir un peu ma déclaration qu'un trouve des cas du choix douteux entre passé simple/imparfait partout, j'aimerais apporter un peu d'exemples. Je ne les ai pas cherchés. Mais je viens de finir la lecture du deuxième tome de Les Misérables (« Cosette ») et de la nouvelle « Sarrasin » de Balzac. En les lisant, je me suis arrêté quand l'envie m'est venue, j'ai regardé la page de plus près, voilà que déjà des exemples me sont sautés aux yeux, voilà que je les ai notés ainsi que je puisse les rapporter ici…


Les Misérables de Hugo


—Eh bien? fit Jean Valjean.

Le point d'interrogation qui accentuait cet: eh bien, signifiait: il me semble qu'on peut y demeurer caché. C'est à ce point d'interrogation que Fauchelevent répondit:

—Il y a les petites.


Hugo aurait également pu mettre les mots soulignés au passé simple.


—Quelles petites? demanda Jean Valjean.

Comme Fauchelevent ouvrait la bouche pour expliquer le mot qu'il venait de prononcer, une cloche sonna un coup.

—La religieuse est morte, dit-il. Voici le glas.

Il aurait pu mettre les mots soulignés au passé simple.


Moins de dix minutes après, le père Fauchelevent, dont le grelot mettait sur son passage les religieuses en déroute, frappait un petit coup à une porte, et une voix douce répondait: À jamais. À jamais, c'est-à-dire: Entrez.


Il aurait pu mettre les mots soulignés au passé simple.


Jean Valjean songeait de plus en plus profondément.

—Ce couvent nous sauverait, murmurait-il. Puis il éleva la voix:

—Oui, le difficile, c'est de rester.

Il aurait pu mettre le mot souligné au passé simple. Tant qu'il est, à l'imparfait, le murmure faisait partie des réflexions profondes de Valjean et y revenait, pour ainsi dire, comme un thème principal. Murmurer au passé composé, ici, ça aurait signifié que le murmure aurait mis fin à ses réflexions et aurait été comme une décision, qui vînt après les réfléxions. Le „Puis“ n'est pas à l'encontre de cette possibilité parce que il y aurait eu deux actions se succédant: le murmure, après, l'élévation de la voix.


À cet instant la foule applaudit; il y eut de vieux argousins de chiourme qui pleurèrent, les femmes s'embrassaient sur le quai, et l'on entendit toutes les voix crier avec une sorte de fureur attendrie: «La grâce de cet homme!»

Il aurait pu mettre s'embrasser au passé simple; à vrai dire, c'est plutôt à expliquer qu'il ne l'ait pas fait, parce qu'on s'y serait attendu. À cet instant: applaudit, pleurèrent, entendit… mais, entre eux, embrassaient au lieu de embrassèrent. Peut-être Hugo voulait signifier que les femmes prissent plus de temps pour s'embrasser que ne fissent les argousins pour pleurer, la foule pour applaudir et les gens pour réclamer la grâce. Bien sûr, des autres explications sont possibles.


Les Thénardier seuls, par convenance et par curiosité, étaient restés dans la salle.—Est-ce qu'il va passer la nuit comme ça? grommelait la Thénardier. Comme deux heures du matin sonnaient, elle se déclara vaincue et dit à son mari:—Je vais me coucher.

Je sais que ici l'imparfait semble indiqué (comme dans le cas pareil plus haut) pour signifier que le son de la cloche et ce que dit la Thénardier se passaient au même temps. Toutefois, Hugo aurait pu mettre „sonner“ au passé simple, dans ce cas plutôt signifiant une succession d'événements: Deux heures sonnèrent et elle se déclara vaincue et elle dit à son mari… (c. f. aussi plus bas le premier extrait de Balzac pour des autres explications)

Cosette traversa ainsi le labyrinthe de rues tortueuses et désertes qui termine du côté de Chelles le village de Montfermeil. Tant qu'elle eut des maisons et même seulement des murs des deux côtés de son chemin, elle alla assez hardiment. De temps en temps, elle voyait le rayonnement d'une chandelle à travers la fente d'un volet, c'était de la lumière et de la vie, il y avait là des gens, cela la rassurait. Cependant, à mesure qu'elle avançait, sa marche se ralentissait comme machinalement.

Il aurait pu mettre les mots soulignés à l'imparfait et c'est plutôt à expliquer qu'il ne l'ait pas fait parce que le champ temporel désigné par „tant qu'il y avait encore des murs autour d'elle" englobe, sur un plan temporel, les rayonnements de chandelles qu'elle voyait de temps en temps. Je crois que Hugo voulait exprimer ici: Qu'elle traversa les rues, qu'elle était hardie tant qu'il eut des maisons autour d'elle, c'est ici relaté comme un fait, tandis que, avec l'emploi de l'imparfait dans le passage (surtout visible avec „à mesure qu'elle avançait“) il n'y ait plus un fait à relater, mais le déroulement des événements.


Quand ils eurent laissé l'église derrière eux, l'homme, voyant toutes ces boutiques en plein vent, demanda à Cosette:

—C'est donc la foire ici?

—Non, monsieur, c'est Noël.

Comme ils approchaient de l'auberge, Cosette lui toucha le bras timidement.

Quand ils eurent laissé l'église… alors, l'accent est mis sur le fait qu'ils eurent déjà passé l'église. Dans la phrase „comme ils approchaient de l'auberge“ ils n'approchèrent de l'auberge, c'est-à-dire, ils ne furent pas en train de mettre le pied sur le seuil. Mais c'était en cheminant vers l'auberge, en l'approchant, même s'ils ne la voyaient pas encore, que Cosette lui toucha le bras.



Sarrasine de Balzac


Au moment où il
franchissait la porte du palais, il fut adroitement saisi par des hommes qui le bâillonnèrent avec un
mouchoir et le mirent dans la voiture louée par Sarrasine. Glacé d’horreur, Zambinella resta dans un
coin sans oser faire un mouvement. Il voyait devant lui la figure terrible de l’artiste qui gardait un
silence de mort.


Il aurait pu écrire: „restait dans un coin“, d'autant plus qu'il a employé l'imparfait dans la phrase suivante. Et, encore une fois, Balzac aurait pu écrire: „Au moment où il franchit la porte…“ La phrase comme elle l'est, avec franchir à l'imparfait, met l'accent sur la simultanéité de ce qui s'est passé : il fut saisi tandis qu'il franchissait la porte. Mais si, avec la phrase entière, Balzac avait voulu exprimer un fait complet, limité, un fait entier, « il-franchit-la-porte-il-fut-saisi-il-fut-bâilloné » il aurait mis franchir au passé simple et aurait probablement continué avec l'imparfait, pour reprendre le déroulement des événements : « Glacé d'horreur, Z. restait dans un coin… Il voyait devant lui… »
Une autre idée qui me vienne. « Au moment où il eut franchi la porte, il fut saisi » est incontestable. Mais il me semble que j'ai déjà vu des écrivains omettre l'indication du plus-que-parfait, mais transmettant le sens du plus-que-parfait rien qu'en se servant du passé simple au lieu d'un imparfait attendu. Alors, pour confirmer cette supposition, ce serait trop fatigant d'aller chercher des exemples, mais peut-être je vais prochainement tomber là-dessus et pourrais encore les rajouter.


Quand le souper devint une orgie, les convives se mirent à chanter,
inspirés par le peralta et le pedro ximenès. Ce furent des duos ravissants, des airs de la Calabre, des
seguidilles espagnoles, des canzonettes napolitaines. L’ivresse était dans tous les yeux, dans la
musique, dans les coeurs et dans les voix.


Il aurait pu faire une constatation, la relation d'un fait (comme dans les deux phrases avant): L'ivresse fut dans tous les yeux…

Il déborda tout à coup une vivacité enchanteresse, un
abandon cordial, une bonhomie italienne dont rien ne peut donner l’idée à ceux qui ne connaissent
que les assemblées de Paris, les raouts de Londres ou les cercles de Vienne. Les plaisanteries et les
mots d’amour se croisaient comme des balles dans une bataille, à travers les rires, les impiétés, les
invocations de la sainte Vierge ou al Bambino. On se coucha sur un sofa, et se mit à dormir. Une
jeune fille écoutait une déclaration sans savoir qu’elle répandait du vin le Xérès sur la nappe. Au
milieu de ce désordre, la Zambinella, comme frappée de terreur, resta pensive.


Les plaisainteries se croisaient mais on se coucha et se mit à dormir même si la jeune fille écoutait une déclaration sans savoir qu'elle répandait du vin. Alors, c'est difficile à croire que la jeune fille mit plus de temps à verser du vin que les gens (on) mirent à se coucher sur les sofas et à s'endormir. Alors, je dirais que Balzac fait usage ici du fameux „imparfait de narration“ ou „imparfait de perspective“ ou n'importe sous quel nom on veut le faire figurer.

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Voici un thread oú Hywel montre jusqu'à quel point Modiano a poussé l'imparfait de perspective :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/26654-limparfait-narratif-et-passe-simple.html

D'ailleurs, rien n'empêche qu'un élève, dans les exercices desquels je vous ai parlés, mette tous les verbes à l'imparfait et justifie sa choix ainsi au prof: „Mais monsieur, ce n'est pas faux – c'est l'imparfait de perspective!“ Assez hardi, mais point injuste. Il a tous les grandeurs de la littérature française derrière lui.
Pour la plupart de ces cas, je ne trouve pas douteux le choix du temps.

Permets-moi de attirer ton attention sur les deux sens de la conjonction comme. Le premier, c'est d'une cause: Comme elle arrive demain, il faut préparer une chambre. Le second, c'est la simultanéité dans le temps: Nous sommes arrivés comme il partait. Ce sens-ci exige l'imparfait, ou un autre temps qui lui équivaut, ce qu'explique le TLF:
Se construit avec l'imp., le prés. hist. ou le plus-que-parfait, et except. avec le futur, leur équivalent de discours. Il exprime la simultanéité du procès subordonné et du procès principal. L'alliance obligée avec l'imparfait, le prés. ou le plus-que-parfait s'explique par le fait que comme temporel est une transpos. de comme comparatif. Dans l'ordre de la compar., la similitude ne se confond pas avec l'identité; transposée dans l'ordre du temps, l'idée de similitude cède la place à celle de simultanéité approchée : comme ne s'inscrit donc pas dans un espace temporel nettement délimité et n'est compatible qu'avec les temps ci-dessus employés dans leur valeur imperfective.

—Eh bien? fit Jean Valjean.
Le point d'interrogation qui accentuait cet: eh bien, signifiait: il me semble qu'on peut y demeurer caché. C'est à ce point d'interrogation que Fauchelevent répondit:
—Il y a les petites.
Dans cette phrase, le passé simple ne marcherait pas. Hugo ne raconte pas deux événements en succession, les deux verbes décrivent comment Valjean s'est exprimé, un fait déjà raconté au passé simple.
—Quelles petites? demanda Jean Valjean.
Comme Fauchelevent ouvrait la bouche pour expliquer le mot qu'il venait de prononcer, une cloche sonna un coup.
—La religieuse est morte, dit-il. Voici le glas.
Comme exige l'imparfait pour décrire le processus qui déroule au moment où l'événement (une cloche sonna) arrive. Venait, dans la subordonnée relative, décrit mot, ce qu'il avait prononcé quelques moments plus tôt. Ce n'est pas un événement.
Moins de dix minutes après, le père Fauchelevent, dont le grelot mettait sur son passage les religieuses en déroute, frappait un petit coup à une porte, et une voix douce répondait: À jamais. À jamais, c'est-à-dire: Entrez.
Ici, c'est vrai, l'auteur aurait pu utiliser le passé simple pour présenter comme événements il frappa et elle répondit. Dans la subordonnée, le plus-que-parfait aurait été nécessaire, avait mis, pour situer ce processus par rapport à l'événement, il frappa. C'est un bel exemple de l'imparfait de nouvel état décrit par Desclés dans l'article auquel j'ai donné un lien. Dans le contexte, cela présente la nouvelle situation, dans laquelle un nouvel événement se passera, il entra.
Jean Valjean songeait de plus en plus profondément.
—Ce couvent nous sauverait, murmurait-il. Puis il éleva la voix:
—Oui, le difficile, c'est de rester.
Tout comme tu l'as bien décortiqué, murmurait indique que cela fait partie de ses pensées. Avec le passé simple, murmura, cela aurait interrompu ses pensées, ce qui aurait manqué de sens.
À cet instant la foule applaudit; il y eut de vieux argousins de chiourme qui pleurèrent, les femmes s'embrassaient sur le quai, et l'on entendit toutes les voix crier avec une sorte de fureur attendrie: «La grâce de cet homme!»
S'embrassèrent décrirait trois événements en succession. Ils pleurèrent, elles s'embrassèrent, et puis l'on entendit. Dans l'histoire comme Hugo l'a racontée, on entendit les voix pendant que les femmes s'embrassaient. L'imparfait peut aussi décrire un événement répété, ce que j'y vois, les femmes s'embrassaient, deux par deux. Ce n'était pas une seule action.
Les Thénardier seuls, par convenance et par curiosité, étaient restés dans la salle.—Est-ce qu'il va passer la nuit comme ça? grommelait la Thénardier. Comme deux heures du matin sonnaient, elle se déclara vaincue et dit à son mari:—Je vais me coucher.
Comme exige l'imparfait, pour exprimer la simultanéité. (Grommelait peut indiquer une répétition, que Thénardier s'est demandé cela plusieurs fois.)
Cosette traversa ainsi le labyrinthe de rues tortueuses et désertes qui termine du côté de Chelles le village de Montfermeil. Tant qu'elle eut des maisons et même seulement des murs des deux côtés de son chemin, elle alla assez hardiment. De temps en temps, elle voyait le rayonnement d'une chandelle à travers la fente d'un volet, c'était de la lumière et de la vie, il y avait là des gens, cela la rassurait. Cependant, à mesure qu'elle avançait, sa marche se ralentissait comme machinalement.
Nous sommes d'accord. Les événements, ce sont Cosette traversa et elle alla assez hardiment tant queElle voyait décrit ce qui se passe au même temps, une action répétée. Le passé simple, traversa, situe cette action par rapport à celle qui suit: Quand elle eut passé l'angle de la dernière maison, Cosette s'arrêta.
Quand ils eurent laissé l'église derrière eux, l'homme, voyant toutes ces boutiques en plein vent, demanda à Cosette:
—C'est donc la foire ici?
—Non, monsieur, c'est Noël.
Comme ils approchaient de l'auberge, Cosette lui toucha le bras timidement.
Le passé antérieur a un sens particulier, d'indiquer qu'un événement s'est passé peu avant un autre. Comme exige l'imparfait pour décrire la simultanéitié.
Au moment où il franchissait la porte du palais, il fut adroitement saisi par des hommes qui le bâillonnèrent avec un mouchoir et le mirent dans la voiture louée par Sarrasine. Glacé d’horreur, Zambinella resta dans un coin sans oser faire un mouvement. Il voyait devant lui la figure terrible de l’artiste qui gardait un silence de mort.
Tout comme comme, au moment où présente un processus qui est en train de dérouler, donc, un imparfait. Le passé simple aurait exigé une autre conjonction, Dès qu'il eut franchi la porte. Comme tu l'as dit, cela serait une autre histoire.
Resta y décrit un événement, qu'il n'a pas réagi après être mis dans la voiture. Restait aurait décrit son état quand « il voyait la figure terrible ».
Quand le souper devint une orgie, les convives se mirent à chanter, inspirés par le peralta et le pedro ximenès. Ce furent des duos ravissants, des airs de la Calabre, des seguidilles espagnoles, des canzonettes napolitaines. L’ivresse était dans tous les yeux, dans la musique, dans les coeurs et dans les voix.
L'imparfait y décrit un état. Le passé simple exprimerait un événement vite passé, comme sa colère étincela dans ses yeux, et aurait pu situer cet événement après toutes ces chansons.
Il déborda tout à coup une vivacité enchanteresse, un abandon cordial, une bonhomie italienne dont rien ne peut donner l’idée à ceux qui ne connaissent que les assemblées de Paris, les raouts de Londres ou les cercles de Vienne. Les plaisanteries et les mots d’amour se croisaient comme des balles dans une bataille, à travers les rires, les impiétés, les invocations de la sainte Vierge ou al Bambino. On se coucha sur un sofa, et se mit à dormir. Une jeune fille écoutait une déclaration sans savoir qu’elle répandait du vin le Xérès sur la nappe. Au milieu de ce désordre, la Zambinella, comme frappée de terreur, resta pensive.
Se croisaient, c'est une action répétée ou d'une longue durée, qui fait partie du décor, de l'arrière-plan. Se coucha et se mit racontent deux actions en succession, par quelqu'un ou quelques-uns. Contrairement, écoutait et répandait communiquent la simultanéité, entre ces deux activités et aussi avec l'action, Zambinella resta pensive, qui s'est passée devant ce décor.

À vrai dire, parmi toutes ces citations, je ne vois qu'une qui utilise l'imparfait de narration, celle où Fauchelevent frappait à la porte.

Cordialement,
Bill
BillM a écrit :À vrai dire, parmi toutes ces citations, je ne vois qu'une qui utilise l'imparfait de narration, celle où Fauchelevent frappait à la porte.
Oui, tout à fait, et moi, je n'y vois que deux. Le cas sur lequel on est au désaccord, ce serait inutile de le reprendre (la phrase de Balzac commençant avec: "Une jeune fille écoutait"). J'ai expliqué pourquoi je le désignerais comme un imparfait de narration/perspective (en le mettant en relation avec le passé simple de la phrase précédente), mais je peux également suivre l'explication différente de ce imparfait que tu as fourni. Soit. Appelons-le comme nous voudrions.

Ce qui est important, ce qu'il aurait également pu être remplacé par le passé simple.
Que ça suffise ici que je souligne que ce n'est pas mon but de chercher des imparfaits de narration/perspective. C'est vrai que j'ai dit qu'un élève puisse toujours se tirer de l'affaire en réclamant l'imparfait de narration - c'est, pour ainsi dire, la dernière et toujours infaillible carte qu'il puisse jouer. Mais cela n'équivaut pas à une recherche d'imparfaits de narration que j'eusse entreprise.

D'ailleurs, tes commentaires renforcent pas mal ce que j'ai affirmé jusqu'à ici. Peut-être on s'est mal compris. Pourtant, je crois que j'ai fait mon intention très claire. Voici ce que j'ai écrit dans un message antérieur:
ValserLesLunes a écrit :Alors, peut-être dans mon message je ne m'ai pas fait tout à fait compréhensible. Je ne veux pas dire que cela ne change pas le sens du récit si l'auteur met le passé simple au lieu de l'imparfait (et l'inverse opération) – loin de ça.
Apparemment, tu penses néanmoins que c'est précisément cela ce que je suis en train d'affirmer. Sinon, tu n'écrirais pas:
BillM a écrit :Pour la plupart de ces cas, je ne trouve pas douteux le choix du temps.
…tout en démontrant toi-même que le choix qu'un élève allemand serait appelé de faire, pour les passages discutés, pourrait aller en deux sens: passé simple autant bien que l'imparfait…
(Je parle toujours de l'élève allemand parce que j'ai aucune expérience comment on se prend à l'apprentissage du français dans d'autres pays.)

Alors, parfois tu dis exactement la même chose que moi (apparemment, en supposant que j'aurais soutenu quelque chose d'autre) - c'est-à-dire, tu dis que c'est un cas douteux, ou tu l'impliques -> (1).
Parfois, tu ne le dis pas (mais pourtant c'est évident et je crois que tu serais d'accord…) -> (2).
Parfois, tu me contredis -> (3).
Je fais suivre des exemples pour chaque cas, pour (1), (2) et (3).


(1)
“BillM“ a écrit :
À cet instant la foule applaudit; il y eut de vieux argousins de chiourme qui pleurèrent, les femmes s'embrassaient sur le quai, et l'on entendit toutes les voix crier avec une sorte de fureur attendrie: «La grâce de cet homme!»
S'embrassèrent décrirait trois événements en succession. Ils pleurèrent, elles s'embrassèrent, et puis l'on entendit. Dans l'histoire comme Hugo l'a racontée, on entendit les voix pendant que les femmes s'embrassaient. L'imparfait peut aussi décrire un événement répété, ce que j'y vois, les femmes s'embrassaient, deux par deux. Ce n'était pas une seule action.


Je suis tout à fait d'accord avec ton explication. Comme tu l'as dit, en mettant tous les trois verbes au passé simple, Hugo aurait décrit trois événements en succession. Mais, étant donné que Hugo a mis "s'embrasser" à l'imparfait, il a voulu exprimer qu'on entendît les voix pendant que les femmes s'embrassaient. Voilà le choix douteux du temps: l'un autant que l'autre sont possibles. Hugo aurait également pu utiliser le passé simple (pas en exprimant la même chose, bien sûr…..). Mais voici le malheureux élève allemand, comme je le connais, comme je l'étais moi-même - ah, les traumatismes de l'enfance 😉 -, il se trouve en face d'un tas de cas douteux, où il pourrait mettre l'un autant que l'autre - mais le cahier de solutions est impardonnable, et si, dans ce jeu de hasard, il fait le mauvais choix, voilà qu'il perd un point, voilà que sa note se rabaisse. …. Mais je ne vais pas revenir sur ça.
BillM a écrit :
Glacé d’horreur, Zambinella resta dans un coin sans oser faire un mouvement. Il voyait devant lui la figure terrible de l’artiste qui gardait un silence de mort.
Resta y décrit un événement, qu'il n'a pas réagi après être mis dans la voiture. Restait aurait décrit son état quand « il voyait la figure terrible ».
Oui…. et voilà pourquoi Balzac aurait pu écrire "restait" s'il aurait voulu décrire l'état de Sarrazine quand il voyait la figure terrible…
BillM a écrit :
Quand le souper devint une orgie, les convives se mirent à chanter, inspirés par le peralta et le pedro ximenès. Ce furent des duos ravissants, des airs de la Calabre, des seguidilles espagnoles, des canzonettes napolitaines. L’ivresse était dans tous les yeux, dans la musique, dans les coeurs et dans les voix.
L'imparfait y décrit un état. Le passé simple exprimerait un événement vite passé, comme sa colère étincela dans ses yeux, et aurait pu situer cet événement après toutes ces chansons.
Donc, tu admets que Balzac aurait pu mettre le passé simple? Parfait. Pourtant, je trouve ta explication, que dans ce cas cela aurait dû être un événement vite passé, malencontreuse.
Est-ce que les duos, les airs, les seguidilles, les canzonettes étaient vite passé? Non, évidemment pas, d'autant plus qu'une description d'état s'ajoute à cette phrase: „L'ivresse était dans la musique, dans les voix.“
D'ailleurs, si Balzac aurait écrit „c'étaient des duos ravissants etc.“ il aurait aussi fait une description d'état qu'il n'aurait que poursuivi dans la phrase suivante: „L'ivresse était dans… la musique ..“ - décrivant quel état? Le chant des convives.
Mettant ce passage hypothétique(avec 'étaient' au lieu de 'furent') en comparaison avec un autre duquel nous discuterons encore plus bas…
Il déborda tout à coup une vivacité enchanteresse … [nouvelle action], Les plaisanteries et les mots d’amour se croisaient
Quand le souper devint une orgie [nouvelle action], les convives se mirent à chanter, …. C'étaient des duos ravissants, des airs de la Calabre, des seguidilles espagnoles, des canzonettes napolitaines. L’ivresse était dans tous les yeux, dans la musique, dans les coeurs et dans les voix.

(2)
BillM a écrit :
Il déborda tout à coup une vivacité enchanteresse, un abandon cordial, une bonhomie italienne dont rien ne peut donner l’idée à ceux qui ne connaissent que les assemblées de Paris, les raouts de Londres ou les cercles de Vienne. Les plaisanteries et les mots d’amour se croisaient comme des balles dans une bataille, à travers les rires, les impiétés, les invocations de la sainte Vierge ou al Bambino. On se coucha sur un sofa, et se mit à dormir. Une jeune fille écoutait une déclaration sans savoir qu’elle répandait du vin le Xérès sur la nappe. Au milieu de ce désordre, la Zambinella, comme frappée de terreur, resta pensive.
Se croisaient, c'est une action répétée ou d'une longue durée, qui fait partie du décor, de l'arrière-plan. Se coucha et se mit racontent deux actions en succession, par quelqu'un ou quelques-uns. Contrairement, écoutait et répandait communiquent la simultanéité, entre ces deux activités et aussi avec l'action, Zambinella resta pensive, qui s'est passée devant ce décor.
---- C'est devient quand même un peu répétitif… alors, je me limite à seule une phrase de ceux-dessus: Hugo aurait pu écrire "On se couchait sur un sofa et se mettait à dormir", exprimant ainsi une action répétée ou d'une longue durée qui aurait fait partie de l'arrière-plan (tout comme „les plaisanteries se croisaient“) et „couchait“ et „mettait“ aurait communiqué la simultanéité entre ces deux activités (parce que une partie de „on“ aurait été en train de se coucher et l'autre partie de „on“ se serait déjà mis à dormir, ou Balzac aurait envisagé effectivement la simultanéité de deux activités, même en étant fait par les mêmes personnes, parce que se coucher et s'endormir, surtout quand on est ivre, on peut le décrire comme simultané) ….
BillM a écrit :
Cosette traversa ainsi le labyrinthe de rues tortueuses et désertes qui termine du côté de Chelles le village de Montfermeil. Tant qu'elle eut des maisons et même seulement des murs des deux côtés de son chemin, elle alla assez hardiment. De temps en temps, elle voyait le rayonnement d'une chandelle à travers la fente d'un volet, c'était de la lumière et de la vie, il y avait là des gens, cela la rassurait. Cependant, à mesure qu'elle avançait, sa marche se ralentissait comme machinalement.
Nous sommes d'accord. Les événements, ce sont Cosette traversa et elle alla assez hardiment tant queElle voyait décrit ce qui se passe au même temps, une action répétée. Le passé simple, traversa, situe cette action par rapport à celle qui suit: Quand elle eut passé l'angle de la dernière maison, Cosette s'arrêta.

Alors, imagine-toi maintenant, tout comme je l'ai supposé, que Hugo aurait mis "traversa" et "eut" à l'imparfait. Aurais-tu trouvé une explication pour cela, qui aurait justifié la justesse grammaticale de ce choix, ou aurais-tu trouver qu'Hugo aurait commis une faute grammaticale? Non, évidemment, c'est facile de trouver une explication, si Hugo avait mis les deux verbes soulignés à l'imparfait. Voilà tout ce que j'ai jamais soutenu. Voilà pourquoi je ne comprends pas pourquoi tu fais ton commentaire sur ce passage… commentaire assez beau, d'ailleurs, qui a son valeur à soi, mais qui se trouve tout à fait en dehors de cette discussion. Il y a d'autres exemples de la même espèce - … je m'arrête.


(3)
BillM a écrit :
Jean Valjean songeait de plus en plus profondément.
—Ce couvent nous sauverait, murmurait-il. Puis il éleva la voix:
—Oui, le difficile, c'est de rester.
Tout comme tu l'as bien décortiqué, murmurait indique que cela fait partie de ses pensées. Avec le passé simple, murmura, cela aurait interrompu ses pensées, ce qui aurait manqué de sens.
Un des cas sur lequel on est au désaccord… Alors, tu dis avec le passé simple ici, murmura, cela aurait manqué de sens, parce que cela aurait interrompu les pensées de Valjean. Moi, je soutiens que cela n'aurais pas manqué de sens. Dans quel cas? Dans le cas que Hugo aurait voulu exprimer que les pensées de Valjean fussent interrompues. Pour quelle raison? J'ai allégué une raison possible (je suis sûr qu'on ne serait pas gêné de trouver d'autres):
ValerLesLunes a écrit :Murmurer au passé composé[sic! passé simple], ici, ça aurait signifié que le murmure aurait mis fin à ses réflexions et aurait été comme une décision, qui vînt après les réfléxions. Le „Puis“ n'est pas à l'encontre de cette possibilité parce que il y aurait eu deux actions se succédant: le murmure, après, l'élévation de la voix.


Ajoutons que, parfois, je trouve tes commentaires difficile à suivre. Par exemple, tu écris que „Au moment“ exige l'imparfait, comme dans la phrase: „Au moment où il franchissait la porte…“ et donc que le passé simple n'est pas possible:
“BillM“ a écrit :Tout comme comme, au moment où présente un processus qui est en train de dérouler, donc, un imparfait. Le passé simple aurait exigé une autre conjonction
“BillM“ a écrit :Comme exige l'imparfait, pour exprimer la simultanéité.
Mais, au contraire, tu le trouves parfaitement acceptable que Balzac écrit: „Quand le souper devint une orgie, les convives se mirent à chanter“ - pourtant c'est clair ici qu'il y a également simultanéité de temps, et pas une succession d'événements. En retenant le même sens (de simultanéité), Balzac aurait pu écrire: „Au moment où le souper devint une orgie“ ou „Comme le souper devint une orgie“ - pourtant, il y aurait été une tournure un peu différente dans la communication du sens de simultanéité en utilisant le passé simple au lieu de l'imparfait… comme je l'ai expliqué - c'est tout là dans mon message… ce serait superflu de revenir là-dessus…
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En fin de compte, peut-être il n'y avait qu'un malentendu à la base, sinon je ne peux guère m'expliquer le gros de tes commentaires. Ce malentendu écarté, reste-il encore quelque chose à discuter?

D'ailleurs… l'article pour lequel tu as donné le lien, je le trouve intéressant. Et je le trouve aussi mal avisé, s'il pense pouvoir résumer tous les imparfaits de narration/perspective en tant qu'introduisant une nouvelle situation (ce qu'il, apparemment, prétend de faire). À mon avis, cette interprétation ne cadre que très difficilement avec beaucoup d'exemples d'usage que les écrivains font de l'imparfait de narration (et également avec l'exemple dans „Cosette“ sur lequel on est d'accord, que c'est un imparfait de narration). Cela suffit de regarder ces citations de Modiano pour s'en avérer: https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/26654-limparfait-narratif-et-passe-simple.html …. Mais soit.
Les phrases où on peut remplacer l'imparfait avec un passé simple sans d'autres modifications et sans changer le sens sont assez intéressantes. Surtout pour nous étrangers, elles soulèvent des questions. Quelle interprétation doit-on leur donner ? Dans quelles conditions pourrions-nous écrire une telle phrase ?

Dans la plupart de tes examples, ce n'était pas le cas.
Mais, au contraire, tu le trouves parfaitement acceptable que Balzac écrit: „Quand le souper devint une orgie, les convives se mirent à chanter“ - pourtant c'est clair ici qu'il y a également simultanéité de temps, et pas une succession d'événements. En retenant le même sens (de simultanéité), Balzac aurait pu écrire: „Au moment où le souper devint une orgie“ ou „Comme le souper devint une orgie“ - pourtant, il y aurait été une tournure un peu différente dans la communication du sens de simultanéité en utilisant le passé simple au lieu de l'imparfait… comme je l'ai expliqué - c'est tout là dans mon message… ce serait superflu de revenir là-dessus…
J'ai déjà cité les remarques du TLF sur les temps utilisables après comme avec un sens temporelle. À la fin de ses exemples, il ajoute :
L'alliance de comme avec le passé simple n'est pratiquement pas attestée. Les 2 ex. cités par Sandf. t. 2 1965, § 161 ne semblent pas convaincants, l'un à cause de l'homophonie de la forme d'imp. et de la forme de passé simple, l'autre à cause de la rencontre avec le sens causal en constr. initiale de phrase.
Utiliser un passé simple après comme avec un sens temporel serait donc une faute. En remplaçant l'imparfait après comme avec un passé simple, on change radicalement le sens. Le lecteur chercherait une ressemblance entre les deux activités, ou un rapport de cause à conséquence, sans quoi la phrase deviendrait incompréhensible.

Les phrases exemples du TLF sur au moment où, toutes avec l'imparfait, suggèrent que cette locution conjonctive suit la même règle que comme.

Quand est une autre conjonction, avec ses propres règles. Voici ce que dit le TLF :
a) [Le verbe de la sub. marque un intervalle clos (au passé simple, au fut., au prés. hist., à un temps comp. signifiant l'antériorité temp.) ou s'y réfère] Quand il entra dans la chambre conjugale, M[sup]me[/sup] Bombard n'y était pas (Maupassant).

c) [Le verbe de la sub., empl. à l'imp., marque la période passée où se situe l'action de la princ.] Quand j'étais enfant, j'étais extrêmement froussard.
d) [Le verbe de la sub. (au prés. ou à l'imp.) marque un fait habituel ou possède une valeur gnomique] … Quand un homme ressortait, elle se levait, le questionnait des yeux (Zola).
Dans cette phrase de Balzac, Quand le souper devint une orgie, après quand l'utilisation du passé simple devient inéluctable. L'imparfait aurait indiqué une activité répétée, qui ne conviendrait pas dans ce contexte.

Telle conjonction avec tel sens accepte des temps propres à elle. Dans plusieurs de tes exemples, donc, remplacer l'imparfait avec le passé simple exigerait qu'on change de conjonction et que l'on réécrire les subordonnées relatives comme proposition principale.

Il me semble que de tels exemples illustrent mal la question que tu as soulevée avec l'extrait de Belphégor : Qu'est-ce qu'on doit enseigner sur ces imparfaits inattendus dans une phrase principale, là où on s'attend à voir un passé simple ?

Cordialement,
BillM a écrit :Les phrases où on peut remplacer l'imparfait avec un passé simple sans d'autres modifications et sans changer le sens sont assez intéressantes.
Peut-être. Moi, ils ne m'intéressent pas du tout. Dans tous les exemples que j'ai donné, le sens serait toujours changé. C'est précisément pourquoi il est si malheureux, notre pauvre élève allemand, ne sachant pas quelle intention l'auteur avait eu, quel sens il voulait transmettre.

Merci, du reste, pour tes citations du TLF sur "comme", qui sont assez intéressantes!
BillM a écrit :Les phrases exemples du TLF sur au moment où, toutes avec l'imparfait, suggèrent que cette locution conjonctive suit la même règle que comme.

Ce qui, toutefois, reste à prouver. Parce que dans la phrase: "Quand le souper devint une orgie, les convives se mirent à chanter" il n'y a pas un sens causal, mais l'expression d'une simultanéité de temps, expression qu'on aurait également pu transmettre avec "Comme le souper devenait une orgie…". Donc, sémantiquement, il n'y a aucune différence et je n'y vois qu'une explication purement formaliste: "Après 'quand', le passé simple, c'est possible; après 'comme', jamais". Donc il faudrait savoir la règle purement formaliste pour "au moment où".
BillM a écrit :Dans cette phrase de Balzac, Quand le souper devint une orgie, après quand l'utilisation du passé simple devient inéluctable. L'imparfait aurait indiqué une activité répétée, qui ne conviendrait pas dans ce contexte.
Non. Ici, l'utilisation du passé simple n'est point inéluctable. N'oublions pas que l'imparfait, en dehors d'une action répétée, peut également comporter une description d'état - en plus, en exprimant la simultanéité de temps: "Quand le souper devenait une orgie, les convives se mettaient à chanter." Phrase parfaitement correcte, et ne comportant l'idée d'une action répétée quant au commencement de l'orgie.
BillM a écrit :Telle conjonction avec tel sens accepte des temps propres à elle. Dans plusieurs de tes exemples, donc, remplacer l'imparfait avec le passé simple exigerait qu'on change de conjonction et que l'on réécrire les subordonnées relatives comme proposition principale.
Vraiment? Plusieurs? Y avait-il d'autres, sauf "comme" (et, l'admettant en supposition, "au moment où")?
BillM a écrit :Il me semble que de tels exemples illustrent mal la question que tu as soulevée avec l'extrait de Belphégor : Qu'est-ce qu'on doit enseigner sur ces imparfaits inattendus dans une phrase principale, là où on s'attend à voir un passé simple ?
?? Désolé, je ne me suis pas posé une telle question. Si tu veux t'en assurer, relis, s'il te plaît, encore une fois le message auquel tu fais référence.


J'aimerais ajouter que „comme“ n'est pas un ami de notre pauvre élève allemand non plus. Mais c'est pour une raison autre que laquelle j'avais cru. La raison se dégage effectivement du double sens que 'comme' peut revêtir, temporel ou causal. BillM a déjà tirer l'attention sur cette différence.

Selon le TLF (https://www.atilf.fr//tlfi.htm), que nous citons ici, 'comme' au sens temporel est suivi de l'imparfait - et 'comme' au sens causal suivi du passé simple.
B.− Comme + passé simple.Pierre regardait son père et sa mère, mais comme on parla d'autre chose, il se remit à boire (Maupassant, Pierre et Jean,1888, p. 115 ds Sandf. t. 2 1965, § 196):
77. Entre les branches plus espacées, quand le vent agitait les arbres, on voyait flotter sur l'allée la forme insaisissable des brumes; et, comme au milieu de la nuit la rosée ruissela des feuilles, des parfums s'étant élevés la forêt devint amoureuse. Gide, La Tentative amoureuse,1893, p. 72.
Le TFL, c'est intéressant, nous donne lui-même un cas douteux, où c'est difficile à dire si un sens temporel ou causal est visé:
Les 2 ex. cités par Sandf. t. 2 1965, § 161 ne semblent pas convaincants, l'un …. l'autre à cause de la rencontre avec le sens causal en constr. initiale de phrase :
73. Comme il vit venir à lui Rouletabille, il se précipita sur une portière et sauta dans le train. G. Leroux, Le Mystère de la chambre jaune,1907, p. 31 ds Sandf. t. 2 1965, § 161.
Comme je l'ai dit, ici, encore une fois, l'élève, ne connaissant pas l'intention de l'auteur, peut faire deux choix – deux choix dont l'un est autant juste que l'autre. Soit, en mettant, „voir“ à l'imparfait, il conçoit un sens temporel pour 'comme', soit, en le mettant au passé simple, il conçoit un sens causal, comme Leroux l'a apparemment fait dans la phrase ci-dessus. L'un peut être autant vrai que l'autre. Pauvre élève allemand, qui n'est pas pauvre qu'en raison de l'esprit d'étroitesse des éditeurs des cahiers de solutions!

Du reste, il y a des phrases où vraiment, en tant qu'à „comme“, il n'y pas le doute du choix:
—Quelles petites? demanda Jean Valjean.
Comme Fauchelevent ouvrait la bouche pour expliquer le mot qu'il venait de prononcer, une cloche sonna un coup.
—La religieuse est morte, dit-il. Voici le glas.
'Comme' avec le passé simple, au sens causal, serait faux ici, parce que ça dirait que la cloche a sonné parce que Fauchelevent a ouvert la bouche. Alors, en supposant que, justement, Hugo ne voulait pas attribuer des forces surhumaines à Fauchelevent, ce serait clairement faux si notre élève allemand mettait ici le passé simple au lieu de l'imparfait. (Selon, bien sûr, le TLF).

Mais voyons d'autres phrases; par exemple:
Comme ils approchaient de l'auberge, Cosette lui toucha le bras timidement.
Ici, 'comme' suivi du passé simple serait défendable, en mettant la phrase dans le contexte:
Comme ils approchaient de l'auberge, Cosette lui toucha le bras timidement.
- Monsieur?
- Quoi, mon enfant?
- Nous voilà tout près de la maison.
- Eh bien?
- Voulez-vous me laisser reprendre le seau à présent?
- Pourquoi?
- C'est que, si madame voit qu'on me l'a porté, elle me battra.
Parce que Cosette sait qu'on va la battre si la dame de l'auberge ne la voit pas porter le seau, elle touche Valjean au bras pour lui demander qu'il lui donne le seau. Explication défendable, donc, notre élève pourrait faire le choix du passé simple.
Bonjour je suis etudiante etrangere, j'ai 19ans et je viens de decouvrire ce forum qui est tres interressant et qui pourra m'aider a perfectionner mon francais.
Voila j'ai une question sur un sujet qui me pertube depuis un moment.
Sur un axe chronologique( du temps) entre le passé composé et l'imparfait lequel est le plus proche du present?
Est ce :
1.imparfait passé composé present
ou
2.passé composé imparfait present

Merci d'avance pour vos reponces, ils me reconforteront dans ma progression.
Bonjour et bienvenue.

L'imparfait marque une action passée prolongée, sans début ni fin précise.
L'action n'a donc pas lieu à un seul instant précis.
Il ne peut donc pas se placer en un seul point sur l'axe du temps.
Tout ce qu'on peut dire, puisque c'est un temps passé, c'est qu'il est antérieur au présent.

J'ai regardé par la fenêtre. Il pleuvait.
La pluie tombait au moment précis où j'ai regardé.
Mais avant et après ce moment, il pleuvait aussi, sans que l'on puisse indiquer les limites temporelles.
Bonsoir jehan, merci pour ta réponse ça me fait plaisir que quelqu'un ait pu répondre. Le fait que le passée composé soit construite avec un auxiliaire au présent, je pensais que l'action était plus mis en valeur que l'imparfait.
exemple:
a-t-il mangé? oui il a mangé ( l'action pour moi vient de se passer juste a quelque minute quelques heures avant la question)

a-t-il mangé? oui il avait mangé (l'action s'est passé longtemps avant la question)

je ne sais pas si tu me comprend en tout cas je pensais que l'imparfait était plus utilisé pour des action lointain dans le passé et que le passée composé plus utilisé pour des action proche du présent.

bonne soirée
Le passé composé peut s'employer pour n'importe quel moment du passé : passé proche ou passé lointain.

Le passé composé exprime une action complètement terminée au moment où l'on parle.
Elle peut être terminée depuis peu :
Hier, il a mangé au restaurant.
Mais elle peut être terminée depuis longtemps :
Neil Armstrong a marché sur la Lune en 1969.

La forme "il avait mangé" se nomme plus-que-parfait.
Elle exprime une action passée déjà terminée avant une autre action passée :
Quand je suis arrivé, il avait mangé. (repas terminé)