Balzac, La Cousine Bette - En un moment donc, la cousine Bette devint le Mohican…

Littérature

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je ne sais pas si c'est l'endroit pour poser ce genre de question, mais je tente comme même!
Je suis en train de lire La cousine Bette de Balzac et je rencontre un passage qui, intéressant à mon sens, m'est totalement obscur et dont je n'arrive pas à déduire du personnage éponyme une dimension supplémentaire.
En un moment donc la cousine Bette devint le Mohican dont les pièges sont inévitables, dont la dissimulation est impénétrable, dont la décision rapide est fondée sur la perfection inouïe des organes. Elle fut la Haine et la Vengeance sans transaction, comme elles sont en Italie, en Espagne et en Orient. Ces deux sentiments, qui sont doublés de l'Amitié et de l'Amour poussés jusqu'à l'absolu, ne sont connus que dans les pays baignés de soleil. Mais Lisbeth fut surtout fille de la Lorraine, c'est-à-dire résolue à tromper
Et peu avant ce passage :
La Virginité, comme toutes les monstruosités, a des richesses spéciales, des grandeurs absorbantes.

Ce n'est aucunement un devoir à rendre ou quoi que ce soit appartenant au domaine scolaire, simple curiosité.
Je m'excuse d'avance si ce sujet est inapproprié au forum, et j'en remercie davantage tous ceux qui voudront bien m'aider à y voir plus clair.
Merci
Bonsoir Donald,

L'évocation du Mohican exprime la sauvagerie de Lisbeth. Elle est une méchanceté à l'état pur. Il n'y a rien de civilisé en elle à ce moment-là. C'est la même sauvagerie qui existe dans les populations du Sud de l'Europe. Balzac utilise des poncifs de son époque.

Quant à la virginité, elle est monstrueuse selon Balzac parce qu'elle conduit à des comportements destructeurs. Il ne peut cependant la condamner d'une seule pièce dans la mesure où il existe le célibat religieux qui représente aux yeux de certains un véritable idéal. Dans la personne de la cousine Bette, l'aigreur et la jalousie sont nées de sa situation de vieille fille.
Mais cette virginité n'est-elle pas désincarnée dans le sens où elle fait naître un véritable état d'esprit qui ébranle le personnage principal et le met en ruine. Je veux dire, cette virginité n'est elle pas l'état même qui permet à lui seul de faire de la Cousine Bette un personnage exclu?

Et pour cette référence au Mohican, n'y a-t-il pas là une allusion à la résistance de la cousine ? En ce sens on pourrait dire que la cousine n'est pas la sauvage telle qu'on aurait à croire mais une simple réaction au monde qui l'entoure.
Et pourquoi Balzac a-t-il choisi une personne laide si ce n'est pour renforcer son caractère repoussant?
Corrigez-moi si je m'égare !
Bonjour Donald,

La virginité de Bette n'étant pas choisie ni assumée est forcément destructrice. Bien d'accord.

Pour la sauvagerie, je ne rejoins pas ton analyse. Remarque que l'image du Mohican est complétée par celle des peuples du Sud et des orientaux.

Quant à la laideur de Bette, il ne faut pas oublier que Balzac est physiognomoniste. Le physique est le révélateur du moral, ou autre manière de s'exprimer, le physique est en correspondance avec l'âme qui le modèle.
C'est vrai que ca devient tout d'un coup beaucoup plus intéressant, je n'avais pas pensé au rapport que Balzac établissait entre le corps et l'esprit ou la manière d'être.
Merci de m'avoir éclairé sur ce sujet !
J'ai lu ce roman cette année dans le cadre de mes études en hypokhâgne. C'était pour un contrôle de lecture et cela s'inscrivait dans le cadre d'une séquence intitulée "le roman comme radiographie sociale". J'ai eu un peu de mal à entrer dans le roman à cause des nombreuses descriptions de Balzac qui ont leur importance évidemment mais dont on ne voit pas toujours l'intérêt. Cependant, j'ai bien apprécié ce roman qui est le premier que je lisais de ce grand écrivain, en particulier à cause des personnages et de l'écriture de Balzac qui est vraiment remarquable même si je préfère le style de Zola. La deuxième partie du roman est géniale car le rythme s'accélère. La fin est vraiment "tragique" et en tout cas ne laisse aucun espoir. C'est une peinture remarquable des relations époux/épouses, hommes/femmes et des relations en général dans le cercle familial. Mon personnage préféré est celui de Valérie Marneffe même si c'est une garce. Elle est fascinante, notamment par son aplomb incroyable. Son sort final ne m'a évidemment pas touché. Elle est beaucoup plus intéressante que le personnage de Bette à mon avis. J'aime beaucoup le personnage du baron même si c'est un coureur de jupons invétéré et surtout celui d'Adeline qui est très touchant par son courage énorme et sa bonté. Sa souffrance est émouvante. Le personnage de Madame Nourrisson alias Madame de Saint Estève et de son vrai nom Jacqueline Colin est fascinant, c'est l'incarnation du diable et je regrette qu'elle ne soit pas plus présente dans ce roman. Je sais qu'en lisant d'autres romans, je pourrai la retrouver. Le personnage du Brésilien est pittoresque par la couleur exotique qu'il donne au roman. C'est un roman qui permet de bien entrer dans l'univers balzacien à mon avis.