…de l'expression "qu'ois-je", c'est peut-être idiot, mais je ne la comprends pas. C'est, en fait, le verbe ouïr ? Du même genre que "qu'entends-je ?" Donc aussi : qu'ouïs-je ?
Bon, je sais, ce n'est pas très clair.
Oui, c'est le verbe ouïr. J'ois, tu ois, il oit…
Merci. "qu'ouïs-je" et "qu'ois-je", c'est donc pareil ?
Ouïs est la forme du passé simple.
Bonjour.
Si je puis me permettre : l'infinitif du verbe me semble mal saisi dans la page proposée par Jean-Luc Picard.
Voici la véritable conjugaison :
ici.
Noter qu'au futur, on rencontrait aussi la forme
J'orrai.
J'ois, présent de l'indicatif.
J'ouïs, passé simple.
Mais en pratique ce verbe aujourd'hui n'est quasiment plus conjugué.
Il ne subsiste que dans des formules figées affectant l'archaïsme, souvent sur un ton plaisant.
Et dans ces cas-là, au présent, il semble se conjuguer aussi sur le modèle de "finir".
Exemple de Romain ROLLAND :
"Trop de musique, trop de boisson, trop de mangeaille ! ? écrivait Christophe. ? On mange, on boit, on ouït, sans faim, sans soif, sans besoin, par habitude de goinfrerie."
Je ne peux résister au plaisir de citer ci-dessous un fameux texte du regretté Raymond Devos, finement intitulé
Ouï-dire par son auteur :
Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement. Par exemple, le verbe "OUÏR".
Le verbe ouïr, au présent, ça fait : J'ois… j'ois…
Si au lieu de dire " j'entends ", je dis " j'ois ", les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux…
Alors que ce que j'entends peut être particulièrement triste.
Il faudrait préciser : " Dieu, que ce que j'ois est triste ! "
J'ois… Tu ois… Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ? Il oit…
Oyons-nous ? Vous oyez… Ils oient. C'est bête !
L'oie oit. Elle oit, l'oie ! Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle ?
Si au lieu de dire " l'oreille " on dit " l'ouïe ", alors : l'ouïe de l'oie a ouï.
Pour peu que l'oie appartienne à Louis : " L'ouïe de l'oie de Louis a ouï. "
" Ah oui ? Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis ? "
" Elle a ouï ce que toute oie oit… "
" Et qu'oit toute oie ? "
" Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit : ouah ! ouah ! Qu'elle oit, l'oie !… "
Au passé, ça fait : J'ouïs… J'ouïs ! Il n'y a vraiment pas de quoi !
Magnifique ! Je jouis d'une parfaite explication. 😉