Bonjour,
j´ai trouvé la phrase suivante dans un exercice tiré d´un manuel de français. Mais je ne comprends pas pourquoi il y a un "s" à la fin du mot "assurés" car seul le COI est placé avant le verbe ici. Il ne devrait donc pas y avoir d´accord.
"Le médecin nous a assurés que l´état du malade s´améliorerait."
Merci de me confirmer si j´ai raison ou pas 🙂
Cordialement,
David
Bonjour.
Normalement, on dit "assurer à quelqu'un que…"
Donc, ici, effectivement, nous étant COI, l'accord ne devrait pas se faire :
"Le médecin nous a assuré que l´état du malade s´améliorerait."
"Assurer quelqu'un que…" a bien existé, mais c'est une tournure vieillie :
"Le vulgaire aussi se figure que la rosée tombe du ciel et croit à peine le savant qui l'assure qu'elle sort des plantes. (RENAN, 1890)"
Faire l'accord comme dans ce manuel serait donc une affectation d'archaïsme…
Mais peut-être est-ce tout bonnement une simple étourderie ? 😉
Une étourderie, ou une confusion avec l'emploi transitif d'assurer (assurer une maison).
Très bien. Merci beaucoup pour vos réponses 🙂
Bonjour,
Je pense qu'il est possible de considérer que l'accord est correct sans qu'il soit pour autant d'un archaïsme affecté.
Voyez cette remarque du TLF :
[…]
Rem. À cause de la règle d'accord du part. passé (faut-il écrire : Il nous a assurés ou assuré qu'il viendrait?) certains grammairiens ont cherché à distinguer les deux constr. par le sens. Dans la 1re constr., où nous est obj. dir. (cf. il les a assurés que…), le sens serait « il nous a engagés à croire que… »; dans la seconde, où nous est obj. indir. (cf. il leur a assuré), le sens serait « il nous a affirmé que… » (cf. Thomas 1956). La situation réelle semble être la suiv. : 1) Dans l'usage vivant, assurer qqc. est de plus en plus un simple intensif de dire que, dont il emprunte de ce fait la constr. (dire à qqn que). 2) Cet emploi est princ. un fait de discours dir. de la lang. parlée, dans lequel les pers. qui l'emportent sont les deux 1res du sing. et du plur. (il m'a, t'a, nous a, vous a assuré), lesquelles, à la différence de la 3e (le, lui; les, leur) ne distinguent pas les formes de l'obj. dir. et de l'obj. indir. 3) Cette circonstance a pu favoriser dans la lang. parlée l'effacement relatif de la 1re constr. (assurer qqn que…) au profit de la seconde (assurer à qqn que…). 4) D'où dans la lang. écrite la tendance à l'invariabilité du part. passé (cf. Ibid.), bien que l'accord soit toujours considéré comme possible si la forme du compl. d'obj. permet de l'interpréter comme un obj. dir. 5) La lang. des écrivains semble continuer à jouer de la nuance de sens signalée supra, comme l'attestent ces deux phrases rencontrées chez le même auteur (dans l'ex. 36, il s'agit de dissiper un souci, dans l'ex. 35 il s'agit d'une simple communication) :
35. J'avais qu'à exciter Robinson sur le midi en lui assurant qu'il n'y avait pas climat meilleur pour les blessures de ses yeux, qu'il serait là-bas on ne peut mieux et qu'en somme il avait bien de la veine de s'en tirer à si bon compte.
Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932, p. 423.
36. Robinson n'osait pas me demander s'il était cher ce café que j'avais choisi mais je lui épargnai tout de suite ce souci en l'assurant que tous les prix étaient affichés et tous fort raisonnables.Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932 p. 491.
[…]
TLFi : assurer
La phrase soumise par David pourrait être traduite de deux façons :
-
Le médecin nous a assurés que l'état du malade s'améliorerait = Le médecin
nous a engagés à croire que l'état du malade s'améliorerait → Il
les en a assuré
s.
-
Le médecin nous a assuré que l'état du malade s'améliorerait = Le médecin
nous a affirmé que l'état du malade s'améliorerait → Il le
leur a assuré.
Muriel
Bonjour,
Qu'en est-il de "le garçon nous a servi les hors d'œuvres" ?
En fait, au premier abord, je me suis dit que l'accord devait se faire avec "nous". Or le complément qui suit ("les hors d'œuvres") me pose problème, car ici ce n'est pas "servir quelqu'un", mais "servir quelque chose à quelqu'un", et donc "nous" serait un COI et pas un COD …
Merci d'avance ! 😉
Bonjour.
Très bonne analyse.
Le garçon nous a servis.
(servir quelqu'un, lui donner à manger)
Le nous est COD, on accorde le participe.
Le garçon nous a servi les hors-d'œuvre.
(servir quelque chose à quelqu'un, mettre cette chose à sa disposition)
Le nous est COS : on n'accorde pas.