Soit ou soient ?

Langue française

51 réponses · Page 1 / 3

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, dans la phrase :
"Pour tous travaux d’électricité plomberie ou chauffage, que ce soient installations ou dépannages, je vous propose de vous adresser à l’entreprise PREVOST à Oger qui a accepté de prendre la suite de mon entreprise",
le mot soient est-il bien accordé avec travaux ou doit-il s'orthographier au singulier ?
Merci
Annette
Bonjour Annette,

La langue française recèle des trésors de complexité.
C'est ou ce sont (ici dans leurs variantes au subjonctif) en font partie.
Pour simplifier le débat avant d'épousseter les ailes des colombes, disons que les deux formules devant un nom pluriel sont admises. Le registre de langue familier préfèrera le présentatif c'est, alors que la langue écrite et soutenue choisira ce sont.

Maintenant voilà le reste du corpus de recommandations ou de normes.

· Devant nous ou vous, on emploie c'est. C'est vous qui avez raison.
· Devant eux ou elles, on emploie ce sont dans les phrases affirmatives, mais c'est est admis dans les phrases négatives et interrogatives. Toutefois dans la langue orale relâchée, c'est eux et c'est elles sont très fréquents.
· Devant une indication de quantité, on emploie habituellement c'est : c'est cinq règles d'exposées. Toutefois ce sont ne serait pas incorrect et mettrait l'accent sur le nombre : ce sont pas moins de cinq règles qu'il va falloir exposer.
· Dans l'expression soignée, on accorde le verbe au pluriel et l'on dit : Ce sont des finesses. Dans la langue orale relâchée, c'est est souvent employé devant un nom au pluriel : c'est des finesses, tout ça !
· Le verbe être peut être employé au singulier ou au pluriel lorsque le premier terme de l'énumération qui suit est au singulier et que tous les termes de l'énumération sont sujets d'un autre verbe. C'est (ou ce sont) le genre, le nombre qui déterminent l'accord de l'adjectif avec le nom auquel il se rapporte.
En revanche devant une énumération sans verbe, expliquant ou développant un mot qui précède, on emploie ce sont. L'adjectif qualificatif présente trois fonctions : ce sont l'épithète, l'attribut et l'apposition.
Bonjour,
Dans « Pour tous travaux d’électricité plomberie ou chauffage, que ce soient installations ou dépannages, je vous propose […] », à quelle classe la proposition soulignée appartient-elle ?
Merci.
Qu'est-ce que vous entendez par classe?
Merci de votre aide
Annette
Il semble que ce soit une "proposition subordonnée circonstancielle concessive alternative"… ouf ! Et ce après bien des recherches, puisque la Riegel-Pellat-Rioul ne la mentionne pas, et que c'est en farfouillant dans la Sancier que j'ai découvert ça. Merci pour ce petit moment d'énervement grammatical, qui m'a rappelé les affres du concours…
Merci beaucoup !
Moi aussi, j'ai cherché longtemps, mais sans trouver.
On pourra mettre ça dans le prochain quiz grammatical =D
Chers amis, bonjour !

J'ai longtemps hésité avant de jouer le vilain petit canard dans la mare grammaticale.
Mais au nom du bon sens, j'ai envie d'en découdre.

Voilà mes arguments :
Si "que ce soient…" était une proposition subordonnée circonstancielle concessive alternative, alors je devrais pouvoir la remplacer par "bien que ou quoique ce soient…"
Et là, flop ! Le sens n'est pas respecté.
En revanche si je la remplace par une simple apposition, je ne transforme aucunement l'énoncé.
"Pour tous travaux d’électricité plomberie ou chauffage, installations ou dépannages, je vous propose de vous adresser à l’entreprise PREVOST à Oger qui a accepté de prendre la suite de mon entreprise".
J'en déduis donc que ce QUE n'est pas une reprise de la locution conjonctive BIEN QUE ou QUOIQUE.
Ce "que" en revanche introduit une alternative, un choix.
Je dirais donc plutôt qu'il s'agit d'un équivalent de la subordonnée conditionnelle avec un "s'il s'agit" ou un "soit que… soit que…".
On pourrait alors écrire par ex. "Pour tous travaux d’électricité plomberie ou chauffage, s'il s'agit d'installations ou qu'il s'agisse de dépannages, je vous propose de vous adresser à l’entreprise PREVOST à Oger qui a accepté de prendre la suite de mon entreprise".

Il en va en grammaire comme avec les trains, une innocente question peut en cacher une autre.
Hummm… se perdre dans le labyrinthe de la grammaire française… de quoi ne pas dormir de la nuit
Me voilà bien ennuyée, d'autant que je n'ai aucune grammaire à disposition aujourd'hui ! Il semble cependant que les deux analyses soient plausibles. En effet, dans les concessives, on peut distinguer les concessives pures - pour lesquelles effectivement la locution conjonctive doit avoir le sens de "bien que" ou "quoique" - et les concessives autres - adversatives, alternatives, etc. Le tout étant que pour qu'il s'agisse d'une concessive, il doit y avoir une inefficacité des procès de la subordonnée. Et, comme vous en faites vous-même la remarque, le "que" ici a bien une valeur alternative. Donc quand je dis "Pour tous les travaux, que ce soit d'installation ou de plomberie, adressez vous…", je nie bien la valeur du procès de la subordonnée puisqu'il n'influe pas sur le fait que je m'adresse quand même à cette entreprise. c'est le même principe que "par tous temps, qu'il vente ou qu'il pleuve, je sortirai".
Et pourtant… votre analyse comme une conditionnelle tronquée de type "soit que… soit que…" est beaucoup plus simple et logique !
Ca devient complexe, tout ça… au point que je vais vite en parler à un de mes amis fou de grammaire, qu'on puisse avoir une vraie réponse !
Bonne soirée à tous !
A mon avis, il ne s'agit pas d'une subordonnée d'opposition (concessive ou adversative), mais d'une subordonnée conditionnelle alternative ELLIPTIQUE (ou tronquée) :
→ soit que… soit que…
→ que ce soit… ou…

Vous remarquerez que j'ai une préférence pour "ce soit", par analogie avec "fût-ce".
Dans la phrase suivante, comment doit s'écrire soit/soient …


Ce dernier comporte 4 volets, soit/soient : affaire, technologique, données et traitement.


merci!
Serge
Sergevlem a écrit :Dans la phrase suivante, comment doit s'écrire soit/soient …


Ce dernier comporte 4 volets, soit/soient : affaire, technologique, données et traitement.


merci!
Serge
(Petit Robert) SOIT : subjonctif lexicalisé présentant une hypothèse ou une supposition.
= étant donné(s), à savoir ou c'est-à-dire.

L'exemple cité "Des signes qui tombent sous les sens, soit bruit, son, image (PAUKHAN) corréspond au tien.

{SOIENT n'existe pas indépendemment de sa fonction verbale (à mon sens): ils/elles soient.}
La valeur verbale de être a ici complètement disparu.
J'écrirais soit
Bonsoir !

Dans le Grevisse (n°1045) : Soit (classé parmi les introducteurs) introduit un syntagme nominal pour exprimer une hypothèse ou un exemple dans une argumentation.
* Soit les propositions : Il a de l'argent, il peut tout. (Brunot)
Soit est souvent invariable, comme dans l'exemple ci-dessus.
Pourtant, bien des mathématiciens continuent à écrire :
* Soient deux triangles…

Sous le n°901, il précise que la valeur verbale est assez estompée pour qu'on le laisse invariable. Plus d'un auteur, surtout parmi les mathématiciens, continue cependant à le traiter comme un verbe.
Parmi les non mathématiciiens :
* Soient les collèges d'enseignement du XVIIIe siècle. (Foucault)

Personnellement, je le laisse invariable, à l'image de vive et des prépositions excepté et sauf.
Edy a écrit :Parmi les non mathématiciiens :
* Soient les collèges d'enseignement du XVIIIe siècle. (Foucault)

Personnellement, je le laisse invariable, à l'image de vive et des prépositions excepté et sauf.
Bonjour, Edy.
Depuis quand les mathématiciens font-ils la pluie et le beau temps lexicaux?
L FOUCAULT, physicien XIXè ou M Foucault, Philosophe XXè?

Quid:
(que) vive le roi!
(que) vive/vivent les États-Unis!!
(que) vivent les mariés!!!
(que) vivent les habitants de notre village!!!!
? 🙂
Bonjour JSC,

Voir cette discussion : Vive ou vivent ?.

Muriel
Merci et bonjour, Muriel.
Edy a écrit :Ce n'est certes pas une faute : vous aurez la caution de l'Académie et celle d'écrivains prestigieux comme Renan, Laforgue, Barrès, Camus, Malraux…

L'invariabilité gagne cependant du terrain.
Est-ce donc on devrait suivre la foule et aller à l'encontre de l'Académie?

Par quelle mesure scientifique l'invariabilité gagnerait-elle le terrain?
Par quelle mesure scientifique l'invariabilité gagnerait-elle le terrain?
Par celle-là même (si tant est qu'il s'agisse d'une mesure scientifique) qui fait que vous dites sans doute aujourd'hui en vous adressant à vos élèves "Voilà vos notes" et non "Voyez là vos notes".
Je ne sais pas si l'on peut ranger la démotivation au rang des mesures scientifiques ; toujours est-il qu'elle est un facteur d'invariabilité :
des vinaigres (et non des vinsaigres)
sauf erreur de ma part (et non sauve erreur de ma part)
Bonsoir à vous !

Merci à Muriel d'avoir rappelé que le problème de VIVE a déjà été traité. Je n'y reviens donc pas.

Je suis d'accord avec Loupyestu.
Lorsque les usagers ne sentent plus l'origine verbale d'une expression telle que VIVE, VOICI, VOILÀ ou SOIT, on parle de DÉMOTIVATION ; ces expressions changent alors de classe grammaticale (ou de catégorie) ; en l’espèce, elles sont rangées parmi les introducteurs.
(Le mot démotivation est employé en dehors de la terminologie de Saussure.)
Ce sont les lexicographes et les grammairiens qui CONSTATENT, principalement au travers des livres et des médias, que telle expression est en train de virer son affectation. Dans son « Bon usage », le Grevisse ne fait pas autre chose : relever suffisamment d’occurrences, sous la forme de citations, et indiquer éventuellement leur niveau de langage.
Lorsque j’étais jeune (la mer Morte n’était encore que malade), VIVENT était la forme normale devant un pluriel ; au fil des années, j’ai constaté, surtout dans les manifs et dans les médias - qui n’étaient encore que des gazettes -, que VIVE se multipliait ; depuis lors, cet usage a été entériné. Le Petit Robert, par exemple, sous l’entrée « vivre » consacre deux lignes à « VIVE » : interjection qui s’emploie MÊME avec un nom pluriel : « Vive les vacances ».

Bonsoir, JSC !
La référence aux mathématiciens avait pour but unique de montrer qu'ils résistent au changement. Michel Foucault a opté pour l'invariabilité, mais j'aurais pu y ajouter huit autres attestations.
Je n’ai pas encore vérifié si l’Académie s’était prononcée sur l’invariabilité de SOIT.
Je ne pense pas que la langue doive suivre la foule, comme vous dites, sans quoi il faudrait suivre aussi l’orthographe et la syntaxe des millions et milliards de SMS qui s’échangent en « français » ; cette orthographe est phonétique et fantaisiste, en dehors de toute norme.
Pour la SYNTAXE, les grammairiens veillent au grain ; lorsqu’ils admettent une forme populaire ou argotique, ils en précisent le niveau de langue.
Les LEXICOGRAPHES n’hésitent pas, lorsque tel mot est devenu courant (par exemple, des anglicismes) ou se rencontre dans l’usage familier courant (par exemple, certains mots d’argot), à en donner une attestation sous une nouvelle entrée. Nous en avons parlé à propos de la réforme de l’orthographe.
Les linguistes, lexicographes et grammairiens ne peuvent pas attendre le bon vouloir de L’ACADÉMIE. Ils risqueraient d’attendre longtemps, au rythme où vont les choses. En cela, je vise aussi bien le lexique que la grammaire.
La RÉFORME DE 1990 est le fruit des travaux du Conseil supérieur de la langue française. Ce Conseil avait désigné comme experts : Catach (CNRS), Cerquiglini (Université de Paris), Collignon (le Monde), Goosse (Université de Louvain ; successeur de Grevisse quant au Bon Usage), Kannas (Larousse), Martinet (Sorbonne), Müller (Université de Strasbourg), Jean Rey (Le Robert). Tous de grandes pointures. Le Conseil lui-même comptait dans ses rangs d’autres éminents linguistes : Chevalier, Encrevé, Goosse, Gross, Hagège et Quemada.
Il A ÉTÉ TENU COMPTE des observations du Conseil supérieur de la langue française du QUÉBEC et de celles du Conseil supérieur de la langue française de BELGIQUE. Les conclusions du Conseil ont été APPROUVÉES À L’UNANIMITÉ PAR L’ACADÉMIE FRANÇAISE et ont été publiées au Journal officiel de la République française.
Cette réforme, bien modeste, précise que les anciennes graphies resteront admises jusqu’à ce que les nouvelles SOIENT ENTRÉES DANS L’USAGE.
Edy.
Superbe explication!
Je reste ébahi qu'en même temps on a les experts que tu nommes qui essaient (facultativement) de nous imposer des nouveautés auxquelles il y aura bcp de résistance, mais d'autres autorités qui font preuve d'un "laisser aller" envers par exemple VIVE!

Vive la diversité!
Vivent l'unilateralisme, la bipolarité et la confusion!!
Vive la France. 🙂
Bonjour, je ne suis pas sûre si dans la phrase suivante le (soit/soient) s'accorde :L’opposition de ces deux idées, soit élever la voix et un souffle sourd souligne à quel point même lorsqu’elle est en colère elle parle doucement.

Merci de me répondre!!!
Jo