Y a-t-il une écriture homosexuelle ?

Littérature

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Pendant l'Antiquité greco-romaine, l'homosexualité faisait partie des moeurs, c'est ensuite, avec le développement des religions monothéistes que les homosexuels ont été condamnés dans de nombreuses sociétés.
L'homosexualité était bien sûr pratiquée, à Versailles comme au mont Athos. Mais il y a relativement peu de temps que cette forme de sexualité a été légalisée, et les mentalités n'ont pas forcément évolué dans toutes les couches de la société, si ce phénomène est bien vécu dans les hautes classes, les moyennes et basses classes en font encore largement un tabou, ou la persécutent, parfois.
A tes trois questions Ursus. =)
Je suggère qu'on revienne à la question de départ, et qu'on évite les comparaisons avec les Juifs, sinon j'ai grand peur que cette discussion atteigne assez vite le point Godwin.
Pendant l'Antiquité greco-romaine, l'homosexualité faisait partie des moeurs, c'est ensuite, avec le développement des religions monothéistes que les homosexuels ont été condamnés dans de nombreuses sociétés.
C'est une idée très répandue, mais les choses sont plus compliquées. L'homosexualité des Grecs était surtout une pédérastie : un homme adulte, l'éraste, faisait l'éducation sexuelle d'un adolescent, l'éromène. Mais les individus se limitant aux seules pratiques homosexuelles n'étaient pas toujours bien vu.
Voici un article intéressant donnant un bon aperçu de la problématique : https://www.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Histoire/Passecompose/homosexualitegrece.htm L'homosexualité était-elle autorisée dans la Grèce antique ?

A Rome, selon le "que sais-je" sur l'homophobie, les pratiques homosexuelles étaient pleinement tolérées à partir du moment où le citoyen avait une femme et des enfants.

L'homosexualité était bien sûr pratiquée, à Versailles
Peut-être… J'avoue que je suis assez ignorant à ce sujet. Je sais seulement que Lully a été soupçonné d'homosexualité, et que cela n'a pas été sans nuire à sa carrière.
A tes trois questions Ursus.
Pour la première, il me semble que c'est évident.
Pour la seconde, je n'ai strictement rien à apporter…
Pour la troisième, il faudrait argumenter un peu, car il existe peut-être des sociétés dont l'homosexuel n'est pas victime, mais je n'en connais pas.
Bonsoir,

Comme l’a suggéré justement Jean-Luc Picard, il faudrait revenir maintenant à la question initiale qui était :
Jérémy a écrit :Y a-t-il une écriture homosexuelle ?
Le débat est dans ma question.
Je m'interroge.
Suite à un débat sur Genet dont vous trouverez les extraits de dailymotion ici :
https://www.dailymotion.com/video/x3yu4n_jean-genet-une-ecriture-homosexuell_events
Cette discussion me trouble, surtout quand un intervenant ajoute "toute écriture est homosexuelle"
J'en suis choqué. Votre avis ?
Merci, et bonne fin de soirée.
Si nous n'en revenons pas facilement au sujet initial c'est parce que la réaction de Jérémy est en elle-même plus intéressante que la question, voire plus surprenante que les vidéos. Nous ne pouvons pas faire les frais d'une discussion sur la victimisation et le communautarisme puisqu'il reproche à ces intervenants de faire bande à part. Or, toute défense de cette posture peut s'ancrer dans une logique de victimisation. Il était couru d'avance qu'on en arrive là.
La vraie question n'est donc pas "y a-t-il une écriture homosexuelle?" mais "peut-on se prévaloir d'une orientation sexuelle clairement affichée pour statuer sur la question?"
Et je le répète, que des gens partageant les même mœurs se retranchent pour développer leur propre système de pensée entre eux, je ne vois là rien d'anormal, mais le fait observé le plus quotidiennement. On ne le combat de façon occasionnelle que lorsqu'on courre un danger. Or, je veux qu'on me montre le danger qui justifierait le sentiment de persécution moral dénoté par des termes comme "insupportable", "répugnant", "intolérable"… La position de ces intervenants en plus n'est pas hégémonique et ne peut pas l'être.
En amont, on peut encore se demander s'il y a bien une idéologie qui s'exprime dans ces vidéos. Je commence à me demander s'il ne faut pas être idéologue pour voir de l'idéologie partout.
Parce que la littérature doit dépasser, c'est mon avis, les convictions personnelles et parce que ce côté "communautaire", "entre nous" est une sorte de ghettoisation à l'américaine qui, leur histoire le montre et la nôtre bien avant eux, entraîne des rivalités et je vois d'ici des taxinomies déjà farfelues… Littérature gay contre littérature hétéro, puis ensuite on aura la littérature des nains, la littérature des aveugles, c'est du n'importe quoi.
Vraiment.
Je pense qu'on est loin de ce communautarisme dans les vidéos concernées. On parle d'une lecture de l'oeuvre de Genet, non d'une définition exclusive de ses textes (en tout cas, c'est comme ça qu'on peut le prendre si on n'est pas d'emblée d'accord avec les intervenants), et ajouter un angle de vue à la critique ne peut être que positif. Après tout, cela revient au même que de parler de littérature engagée, ou d'écrivains de gauche, etc etc : c'est tout autant communautaire, c'est une lecture, plus ou moins téléguidée par les auteurs eux-mêmes, mais ce n'est pas la seule possible.

Quant au communautarisme en matière de critique… il n'y a presque que ça, la littérature "dépasse" peut-être, mais pas ceux qui la pensent. Les critiques se répartissent en écoles, en courant de pensée, en sensibilités diverses et souvent imperméables les unes aux autres. Il y a des traditions psychocritiques, positivistes, formalistes, herméneutiques… ce sont autant de parti-pris, et pourtant on ne s'en émeut guère. Chacun choisit l'angle qui lui paraît le plus pertinent, tout en tentant de rester ouvert aux autres. Il en va de même pour les intervenants auxquels nous avons à faire : ils ont choisi un biais particulier, ça ne veut pas dire qu'ils sont incapables de lire autrement l'oeuvre de Genet.
Je discute le point de vue, je ne discute pas leur sincérité critique qui, d'ailleurs, ne doit pas nous intéresser.
L'appareil critique doit TOUT prendre. Mais la question mérite débat.
L'amour homosexuel dans Les sept piliers de la sagesse fait penser à l'amour courtois des romans de chevalerie, la poésie de Sapho fait penser à celle de Louise Labé et Proust n'avait pas trop de mal à présenter Albertine comme un personnage féminin. On pourrait multiplier les exemples littéraires où le caractère homosexuel ou hétérosexuel de l'inspiration modifient moins l'écriture que d'autres différences dans la manière de traiter l'amour.

Cependant le lecteur n'a pas en général la même virtuosité dans la manipulation des fantasmes que l'auteur, et je serais porté à penser que c'est précisément parce qu'il est moins artiste, et qu'il lit sous l'empire ou sous le joug d'une idéologie qu'il ne peut pas lire Les faux monnayeurs comme il lit Belle du seigneur.
mmebovary2 a écrit :Introspection, plutôt. Certaines théories psychanalytiques interprêtent l'homosexualité comme un amour du même (en l'occurrence, même sexe), comme une recherche du moi dans l'autre

excusez moi…pour ma culture personel…qui est l humoriste qui a accouche de cette theorie?
Vous avez le mythe de l'androgyne dans le Banquet de Platon. Comme "humoriste", je pense toutefois qu'on doit pouvoir trouver mieux 🙂