Le débat est dans ma question.
Je m'interroge.
Suite à un débat sur Genet dont vous trouverez les extraits de dailymotion ici :
https://www.dailymotion.com/video/x3yu4n_jean-genet-une-ecriture-homosexuell_events
Cette discussion me trouble, surtout quand un intervenant ajoute "toute écriture est homosexuelle"
J'en suis choqué. Votre avis ?
peut etre a voulu t il dire ce mot dans un sens plus large du terme….que pourrait bien dire l homosexualite?dans un sens plus haut?et non dans un sens litteral?refus des conventions?rebus d une certaine societe?etre soi.avec ses mots?…peut etre.dans ce sens la je peut comprendre cet adjectif alloue a l ecrivain.
Peut-être entendait-il "rétrospection"… Mais ce qui me gêne par dessus tout est le communautarisme qui semble régner. C'est insupportable.
Il y a une sorte d'autocomplaisance dégoutante, dans ces vidéos.
Je pense que ces personnalités sont sans doute les mieux placées pour évoquer Genet.
Je ne saisis pas bien la signification d'auto-complaisance dégoûtante…
Qu'est-ce qui vous choque tant ?
Jérémy a écrit :Peut-être entendait-il "rétrospection"… Mais ce qui me gêne par dessus tout est le communautarisme qui semble régner. C'est insupportable.
Il y a une sorte d'autocomplaisance dégoutante, dans ces vidéos.
Introspection, plutôt. Certaines théories psychanalytiques interprêtent l'homosexualité comme un amour du même (en l'occurrence, même sexe), comme une recherche du moi dans l'autre, etc. A ce moment là, on pourrait entendre par écriture homosexuelle la recherche du moi au sens large (compte tenu de son précédent célèbre : Proust).
Cela dit, cela demande de cautionner des discours sur l'homosexualité dont on peut remettre en cause la pertinence par ailleurs, étant donné qu'il n'y a aucun consensus sur les origines de cette préférence sexuelle.
Dans ce document vidéo, je suis plutôt surprise par le parti-pris d'un des intervenants, d'annoncer la couleur, si je puis dire, en précisant tout de suite, si j'ai bien compris, qu'il est homosexuel, comme d'autres de ses collègues. Pas de meilleure façon de biaiser le débat !
Si vous allez à la vidéo 4 ou 5, vous entendrez un intervenant dire clairement que toute écriture est homosexuelle par définition.
C'est cela qui m'interloquait, mais merci de dissiper cela…
Mais je pense qu'admettre l'homosexualité comme la recherche du double est… faire fausse route… Non ?
Qu'est-ce qui est insupportable, le communautarisme, l'allégation farfelue selon laquelle toutes les écritures sont homosexuelles ou l'homosexualité elle-même? voire les trois ?
Personnellement, je n'ai vu dans ces vidéos qu'une communauté inoffensive. Et il y a tant de communautés (de la lutte des classes aux minorités religieuses, en passant par les regroupements idéologiques, les familles socio-culturelles - hippie, punk, bobo -, les particularismes comportementaux - nerd, junkie-, on a même, je crois, une communauté des nains) que je me demande s'il existe quelque chose hors des communautés… L'habitude de vivre dans un monde intellectuellement éclaté peut-être.
Jérémy a écrit :Mais je pense qu'admettre l'homosexualité comme la recherche du double est… faire fausse route… Non ?
Du point de vue humain, je le pense aussi, mais si c'est une juste une lecture littéraire de la question, ça reste inoffensif.
Pour prendre un exemple qui t'est familier, les critiques ont parfois lu la Nana de Zola comme une lesbienne plus ou moins refoulée (amoureuse de son propre sexe, cf Nana au Miroir, recherchant le même, cf Nana et Satin…). On peut trouver cela pertinent, ou non, tant que ça reste une hypothèse et non un jugement de valeur.
"Toute écriture est homosexuelle" me semble une phrase moins choquante qu'idiote. Avant même de s'interroger sur la pertinence de cette définition au sens large de l'homosexualité par "amour du même", il faudrait s'interroger sur la possibilité même d'une définition au sens large de toute sexualité. Penser que toute opération intellectuelle procède d'une préférence sexuelle me semble franchement réducteur. Et avec ce principe, on peut aller loin : y a-t-il une écriture homosexuelle active et une écriture homosexuelle passive? y a-t-il une écriture bisexuelle? etc.
On ne peut réduire une personnalité à un facteur unique qui la contiendrait entièrement. L'écriture est toute aussi complexe.
Les anglo-saxons parlent de gender studies mais ce n'est qu'un classement parmi d'autres.
Alph a écrit :Qu'est-ce qui est insupportable, le communautarisme, l'allégation farfelue selon laquelle toutes les écritures sont homosexuelles ou l'homosexualité elle-même? voire les trois ?
Personnellement, je n'ai vu dans ces vidéos qu'une communauté inoffensive. Et il y a tant de communautés (de la lutte des classes aux minorités religieuses, en passant par les regroupements idéologiques, les familles socio-culturelles - hippie, punk, bobo -, les particularismes comportementaux - nerd, junkie-, on a même, je crois, une communauté des nains) que je me demande s'il existe quelque chose hors des communautés… L'habitude de vivre dans un monde intellectuellement éclaté peut-être.
Alph, ce n'est pas parce que ces intervenants nous sont sympathiques que leurs idées doivent l'être.
De même, ils ne représentent pas une "communauté". L'appartenance sexuelle les regarde, c'est la sphère privée et je ne vois pas au nom de quoi elle devrait s'exposer publiquement au nom d'une idéologie qui, elle, mérite discussion :
L'écriture homosexuelle. Ainsi, Genet aurait une écriture homosexuelle car il serait homosexuel. Il en va de même pour Wilde, Pasolini, etc…
Pourtant, entre Pasolini et Wilde, il y a un fossé.
C'est pourquoi, selon moi, les intervenants n'ont pas voulu relégué l'écriture homosexuelle à la seule appartenance sexuelle.
Là où on a franchi le pas, c'est quand on dit "toute écriture est homosexuelle" en badinant, bien entendu. Sauf que cela cache une vraie idéologie. Une idéologie que je trouve dangereuse, parce qu'elle impose un systématisme.
Et un regard sur l'homosexualité qui serait donc "rétrospection".
Ainsi, les hétéros sont incapables de rétrospection mais Zweig a une écriture homosexuelle ou Dostoïevski !
Il faut éclaircir ces données, car on risque les plus absurdes élucubrations…
C'est du n'importe quoi ; cela me fait penser à ces débats dans les années 60/70 où le Christ était montré comme le premier Hippie.
C'est du délire pur.
Introspection, plutôt. Certaines théories psychanalytiques interprêtent l'homosexualité comme un amour du même (en l'occurrence, même sexe), comme une recherche du moi dans l'autre
excusez moi…pour ma culture personel…qui est l humoriste qui a accouche de cette theorie?
Je ne voudrais pas proposer une explication systématique qui prétendrait s'appliquer à tous les cas, mais l'acte d'écrire peut consister dans certains cas à faire exister sur le papier ce qui ne peut pas exister dans ce qu'on appelle la réalité. Après avoir pris acte de ce qu'un fantasme ou un désir ou une volonté qu'on ressent profondément sont irréalisables, on peut avoir envie de leur donner une existence fictive mais suffisante pour qu'on puisse en parler comme on parle d'une éventualité.
Cela ne suffit pas à épuiser les mobiles de l'écriture, mais entre en composition avec d'autres mobiles dans un très grand nombre de cas.
C'est pourquoi en lisant que toute écriture est homosexuelle, je n'ai pas l'impression d'un propos à prendre au pied de la lettre, mais de me trouver en présence d'un mode appuyé sur une illustration pour dire que si tout allait pour le mieux dans le meilleur des modes possibles, on n'aurait pas de motif d'écrire.
C'est assez proche de l'idée qu'on entendait hurler ne Mai 68: "Nous sommes tous des juifs et des allemands", et signifie - à mon avis - tout simplement que pour faire appel à "tous", on part d'un exemple, avec l'espoir de faire comprendre que nous avons tous en commun le besoin de formuler des réclamations.
Putakli, je trouve ton intervention très sensée, et il me semble qu'elle peut proposer une conclusion efficace à ce débat dont on ne sait plus toujours sur quoi il porte vraiment…
Intolérable.
Cela suppose une victimisation de l'homosexuel, une victimisation transhistorique.
Et cela est faux.
Cela suppose une victimisation de l'homosexuel, une victimisation transhistorique.
Je ne suis pas sûr de saisir ce que tu entends par là.
Cela veut dire que de tout temps, les homosexuels se sont posés en victimes. Je ne le crois pas…
Et les juifs ont été en tout temps des victimes ? Je ne crois pas…
Les homosexuels ont eu aussi leurs persécutions, voire en vivent encore…
Les juifs n'ont pas toujours été persécuté, eux non plus !
Nous sommes tous des juifs ET des allemands, par métonymie, à la fois des victimes et des persécuteurs, par nos origines.
Je ne comprends pas. Jérémy passe de "victimisation" à "s'être posé en victime", CyrilDuret parle maintenant d'avoir été des victimes. Trois choses très différentes.
Dites-vous :
-Que les homosexuels ne se sont pas toujours victimisés ?
-Que les homosexuels n'ont pas toujours été victimisés ?
-Que les homosexuels n'ont pas toujours été des victimes ?