Aragon, Prose du bonheur et d’Elsa

Entraide scolaire

26 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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SALUT À TOUS, il me faudrait de l’aide pour mon commentaire sur un extrait du poème « Prose du bonheur et d’Elsa » qui appartient au recueil : Le roman inachevé (1956).
En fait, c’est mon premier commentaire et je ne sais pas trop ce que je dois écrire. J’ai déjà une idée sur les parties de mon commentaire et j’ai aussi analysé la 1re strophe. Je l’écrirai après le texte.
Voici une fois le texte à partir duquel je dois faire ce commentaire :
J’étais celui qui sait seulement être contre
Celui qui sur le noir parie à tout moment
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant (5)
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

Un bonhomme hagard* qui ferme sa fenêtre
Le vieux cabot* qui parle des anciennes tournées
L’escamoteur* qu’on fait à son tour disparaître
Je vois parfois celui que je n’eus manqué d’être (10)
Si tu n’étais venue changer ma destinée
Et n’avais relevé le cheval couronné*

Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière
Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait
Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre (15)
Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre
Le fidèle miroir où tu te reconnais
Je ne suis que ton ombre et ta menue monnaie

J’ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j’ai vu désormais le monde à ta façon (20)
J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J’ai tout appris de toi jusqu’au sens de frisson

J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne (25)
Qu’il fait jour à midi qu’un ciel peut être bleu
Que le bonheur n’est pas un quinquet* de taverne
Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux
Tu m’as pris par la main comme un amant heureux (30)
Pour le vocabulaire :
Hagard : qui a une expression égarée et farouche
Cabot : comédien sans talent, mauvais acteur
Escamoteur : illusionniste, prestidigitateur
Cheval couronné : cheval qui est tombé et s’est blessé au genou
Quinquet : ancienne lampe à huile

Voilà pour le texte et voici mes premières analyses :
Vers 3,5,6 : Que serais-je sans toi : anaphore qui insiste sur le rôle d’Elsa à jouer sur le sujet poétique
Vers 2 : sur le noir parie : métaphore qui souligne le pessimisme du sujet poétique
Vers 3,5,6 : césure après toi : valorisation du pronom qui représente Elsa
Vers 5 : un cœur au bois dormant : métaphore
Poème écrit en alexandrins : sert à magnifier la relation du sujet poétique et d’Elsa
Vers 6 : sans toi que ce balbutiement : métaphore qui montre que c’est Elsa qui a relevé le sujet poétique à lui-même et lui a permis de devenir un homme vivant
Vers 1 : celui qui sait seulement être contre : refus de la vie et de tout ce qui fait son prix
Vers 3 : 3-3//2-4 : vers accentué sur « toi qui vins » : initiative de la relation

Voilà pour les analyses sur la strophe 1. Voici aussi les différentes parties :
1) la métamorphose du sujet poétique
2) le pouvoir d’Elsa
3) la célébration d’Elsa
Elles sont définitives, je l’ai montré à la prof et elle l’a marqué dans son bloc-notes.


En fait, je voudrais que vous m’aidiez à :
- m’analyser les autres strophes car je suis un peu perdu pour celles-ci
- me montrer ce qu’il faudrait écrire dans ce commentaire
- commencer mon commentaire et me donner des instructions pour la suite

ou bien me faire mon commentaire en entier LOL

PS : Je dois le rendre le 16 mars donc svp postez avant cette date
Merci d’avance
Bonsoir Sydcool,

Ton plan me paraît bon car il respecte le mouvement du poème, à savoir la naissance du poète à la vraie vie sous le charme d'Elsa. En quelque sorte, il s'agit d'une version inversée de la belle au bois dormant où le prince charmant venait réveiller ou ramener à la vie sa princesse endormie. Ici en fait c'est l'homme fruste et seul qui est éveillé à la vie sous l'influence civilisatrice de la femme aimante. Le poète reconnaît son inspiratrice, sa muse, et lui rend un vibrant hommage.
Le poème est bâti sur une antithèse qui confronte l'inhumanité du poète avant sa rencontre avec Elsa, et le surplus d'humanité civilisatrice de la femme aimée. Là encore on peut deviner une image inversée de la Genèse où l'on voyait Dieu créer la femme à partir de l'homme. Ici c'est la femme qui crée l'homme, qui lui révèle sa puissance d'empathie. Aragon écrira d'ailleurs dans le « Fou d'Elsa » :
« L'avenir de l'homme est la femme.
Elle est la couleur de son âme ».
Comment nourrir alors ce commentaire ?
J'examinerais la puissance évocatrice des images, leur accumulation qui peu à peu, par touches successives, dessine un portrait.
J'examinerais le système des temps qui détermine un passé, un avenir, et au confluent des deux un présent débordant. En particulier examine comment ce système exprime les virtualités.
Étudie aussi la versification et regarde ce qui relève du classicisme et de la modernité.
Recherche aussi du côté des rythmes, c'est une bonne porte d'entrée dans les textes. Le rythme binaire exprime l'affectivité, une émotion qui ne peut être contenue. Le rythme ternaire évoque immanquablement l'équilibre, il est plus intellectuel, on le trouve souvent à soutenir les effets oratoires. Le rythme cumulatif rend compte de la richesse de la vie de ses accumulations. Par exemple dans la cinquième strophe, je relève un nouvel équilibre avec la triade des « comme ». Dans la sixième strophe, c'est « tu m'as pris par la main » qui joue ce rôle. Dans la première strophe, je relève un rythme ternaire avec « que serais-je sans toi » qui exprime l'équilibre (en creux) du figement, de la pétrification du poète avant la rencontre d'Elsa. L'accumulation des « J'ai tout appris de toi » marque la richesse du cadeau reçu, de la révélation d'un monde merveilleux…
Enfin la musicalité est très significative : Par exemple dans « Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines » relève l'allitération des « l » et essaye de justifier l'emploi de cette consonne liquide.

Enfin, il ma paraît important de signaler que ce poème a permis au chanteur Jean Ferrat d'obtenir un grand succès à la fin des années 60.
Merci beaucoup pour ton aide.
Tu ne pourrais pas m'écrire un petit exemple de paragraphe sur le commentaire pour que je voie à quoi ça ressemble ?
C'est mon premier commentaire, je n'ai fait que des rédactions jusqu'ici et, à ce qui paraît, le commentaire est totalement différent.
Il me faudrait de l’aide pour 2 questions sur un texte d’Aragon.
Voici le texte :
J’étais celui qui sait seulement être contre
Celui qui sur le noir parie à tout moment
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant (5)
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

Un bonhomme hagard* qui ferme sa fenêtre
Le vieux cabot* qui parle des anciennes tournées
L’escamoteur* qu’on fait à son tour disparaître
Je vois parfois celui que je n’eus manqué d’être (10)
Si tu n’étais venue changer ma destinée
Et n’avais relevé le cheval couronné*

Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière
Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait
Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre (15)
Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre
Le fidèle miroir où tu te reconnais
Je ne suis que ton ombre et ta menue monnaie

J’ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j’ai vu désormais le monde à ta façon (20)
J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J’ai tout appris de toi jusqu’au sens de frisson

J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne (25)
Qu’il fait jour à midi qu’un ciel peut être bleu
Que le bonheur n’est pas un quinquet* de taverne
Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux
Tu m’as pris par la main comme un amant heureux (30)
Pour le vocabulaire :
Hagard : qui a une expression égarée et farouche
Cabot : comédien sans talent, mauvais acteur
Escamoteur : illusionniste, prestidigitateur
Cheval couronné : cheval qui est tombé et s’est blessé au genou
Quinquet : ancienne lampe à huile

Et voici les 2 questions :
1) Dans quel(s) registre(s) s’inscrit ce poème ? N’oubliez pas de donner plusieurs justifications, assorties d’un relevé précis
2) Quelles sont les deux figures de style principales sur lesquelles repose ce poème ? Vous relèverez deux exemples de chacune. Vous direz quel effet produit chacun de ces deux types de figure de style.
Bonsoir,

Le registre est bien sûr le lyrisme, l'expression des sentiments. Tu devrais pouvoir justifier cette affirmation par les champs lexicaux, l'usage des pronoms, la profusion des images à forte valeur affective…

Quant aux figures de style, tu en avais apparemment identifié une dans un précédent message. La seconde est bien entendu tout ce qui tourne autour de l'image : comparaison, métaphore, symbole…
ok merci
Bonjour

Après une semaine intensive de travail sur ce poème, j'arrive gentiment à la fin.. sauf sur un point: les champs lexicaux! A ma grande honte, je suis incapable d'en trouver un. Tout les mots me semblent dépareillés, sans sujets communs.
J'aurai vraiment besoin de votre aide, et pour cause: je passe demain!
Merci de votre aide qu'elle arrive à tant ou pas!
Être et paraître,
Jour et nuit,
Sommeil et activité,
Minéral et vitalité,
Froid et chaleur,
Temps et durée…

Tout le poème est construit sur une antithèse.
Oui je l'avais compris. Au caractère d'Aragon s'oppose celui d'Elsa, ce qui en font des être complémentaires.
Mais.. les champs lexicaux me manque toujours… à moins que je n'aie pas compris la réponse?
bonjour qui c'est qui pourrais me donner une introduction potable a ce poéme pour un commentaire de texte s'il vous-plait ?
merci
Bonjour à tous, j'ai un exercice de français à faire et voici la consigne : Commentez la strope ci-dessous en réfléchissant aux connotations des mots poussière, chant, pierre, lierre, miroir, ombre. Quelles relations sont établies entre le poète et sa muse?
Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière
Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait
Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre
Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre
Le fidèle miroir où tu te reconnais
Je ne suis que ton ombre et ta menue monnaie
J'ai déja pensé a quelques connotations par exemple poussière évoque avoir une poussière dans l'oeil, restes mortels, cendres, ce qui est en nombre infini

Mais bon c'est mon premier commentaire et j'aurais besoin d'aides pour savoir comment on le construit et pour répondre a ces questions. Merci en avance.
"poussière évoque avoir une poussière dans l'oeil, restes mortels, cendres, ce qui est en nombre infini"

Oui mais bon tu dois quand même tenir compte du contexte et de ce que le poète exprime. C'est un poème d'amour. le sens global est qu'il n'était rien sans sa femme, elle l'inspire, elle l'a fait renaître, il lui doit tout.

Donc "poussière" c'est pour se dévaloriser en quelque sorte par rapport à elle, associé à la tournure "je ne suis rien que" (même chose avec "ombre" à la fin)
le chant c'est la création poétique, c'est aussi la musique, la joie, l'expression des sentiments, etc.

Lierre et pierre sont indissociables : ils s'opposent. "Pierre" est associé au passé (imparfait) et "lierre" au futur. je te laisse voir pour leurs connotations, c'est assez simple.
Pour le "miroir", avec le verbe "se reconnaître", pense aux expressions comme "âmes soeurs", ce qui est vraiment le cas pour Aragon et Elsa.

Etudie aussi l'alternance des pronoms "je" et "tu". et les temps verbaux
Merci de ton aide, je ne suis pas très forte pour ce genre d'exercices =/ donc en fait la relation entre eux c'est que l'homme n'est rien sans la femme dans ce contexte la, et ça a l'air d'etre un amour passionnel c'est sa ?
Renseigne toi sur Aragon et Elsa, leur histoire est très connue et il lui a consacré de nombreux recueils de poèmes. Elle est ce qu'on appelle sa "muse". D'ailleurs tu dois connaitre les poèmes d'Aragon mis en musique par Ferrat comme "Que serais-je sans toi" ou "Aimer à perdre la raison". Le premier en particulier dit un peu la même chose que ta strophe, c'est à dire que sa vie a pris tout son sens quand il l'a rencontrée : elle est à la fois sa femme, sa complice, son inspiratrice, ils partagent les même engagements politique, la même profession… Bref un amour fusionnel jusqu'à leur mort.
Bonjours,
J'ai un devoir maison de français (à rendre pour le jeudi 6 Janvier 2011) qui porte sur les connotations. Notre professeur nous la pas encore fait étudier donc j'ai beaucoup de mal a comprendre. Voici le texte sur lequel je doit étudier, suivi des questions qui correspondent:
Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière
Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait
Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre
Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre
Le fidèle miroir où tu te reconnais
Je ne suis que ton ombre et ta menue monnaie
Aragon, "Prose du bonheur et d'Elsa", Le Roman inachevé.

La consigne: Commentez la strophe ci-dessus en réfléchissant aux connotations des mots: poussière, chant, pierre, lierre, miroir, ombre. Quelles relations sont établies entre le poète et sa muse ?

Merci d'avance pour votre aide 🙂
Bonjour Margaux,

La connotation est à rechercher du côté des évocations, du réseau sémantique de l'ensemble des mots indiqués :
tu peux y percevoir les notions d'illusion, d'insignifiance, de parasitisme, de mort…
La femme aimée est tout, le poète n'est rien ; il n'existe que par elle…
Bonjours Jean-Luc,

Tout d'abord merci de m'avoir répondu 🙂 ,

Ensuite, je suis peu être idiote mais je n'est toujours pas vraiment compris. Une connotation c'est se a quoi nous fait penser le un mot ?

Et je n'ai pas compris la consigne de mon exercice (noter), surtout que nous n'avons pas du tous étudier cella pour le jusqu'à présent :S !
Bonsoir Margaux,

Quand on ne connaît pas une notion, il faut en chercher la définition.
Pour le vocabulaire, il faut maîtriser les notions de connotation et dénotation. Regarde https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9notation_et_connotation

La consigne te demande d'interpréter la strophe au moyen des connotations qui découlent des mots cités pour arriver à conclure sur les relations qui s'établissent entre le poète et sa muse.

Les indications que je t'ai fournies devraient te permettre de rédiger ta réponse.
Bonsoirs Jean-Luc,

Merci pour tes précision qui m'ont aider ! Peut être que j'en demande trop, mais pourrait tu (pour que j'ai un exemple sur lequel m'appuyer) les connotations de "crépuscule" par exemple ? Sa serait super simpas, s'il te plait ! Bonjours Alison,

j'ai exactement la même consigne que toi, avec le même extrait et tout ! Si tu la déjà rendu et était noter aurait-tu des conseils a me donner, s'il te plait ?
Bonsoir Margaux,

Je pense que tu veux parler d'ombre.

Que connote l'ombre ? C'est le contraire de la lumière, mais c'est aussi (en raison surtout du voisinage de menue monnaie, du restrictif ne… que, et du possessif "ton") une réalité dévaluée, une forme insignifiante… Le poète devrait être fils d'Apollon, dieu solaire ("gloire et grandeur"), et pourtant il est seulement la projection inconsistante de la femme aimée, de la muse. Les rôles s'inversent : l'objet devient plus important que l'artiste ou, dit autrement, le poète s'efface en se dévalorisant.
Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière
Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait
Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre
Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre
Le fidèle miroir où tu te reconnais
Je ne suis que ton ombre et ta menue monnaie