Bonjour,
hier j'ai demandé à mon professeur de francais pourquoi le Clergé n'aimait pas le théâtre, et mon professeur m'a répondu que c'était parce que le théâtre ne correspondait pas à ses impératifs moraux.
Je ne comprend pas cette réponse. Pourriez-vous m'aider ?
je voudrais une réponse simple à la q° :
pourquoi, autrefois, le clergé n'aimait pas le théâtre ?
À un moment de l'histoire, le théâtre a été effectivement condamné par l'Église. Souviens-toi qu'elle avait le monopole. Quant au théâtre, il ne célébrait pas ce en quoi l'Église croyait. Il cherchait à la discréditer. C'est un point qui n'arrangeait pas le pouvoir religieux d'où la condamnation.
Bonsoir.
Pour simplifier, les acteurs étaient accusés par le clergé d'avoir une vie dissolue, et le théâtre était considéré par le clergé comme une pratique mettant en scène le mensonge, puisque l'acteur "faisait semblant"… La page de Wikipedia que je donne en lien ci-dessous parle à ce propos de "situation feinte".
Beaucoup de détails historiques dans
cet article.
Il peut être bon aussi de regarder du côté du Québec, où l'Église a exercé, jusqu'au milieu du XXe siècle, une censure bien plus forte qu'en France : il n'y a quasiment aucun théâtre franco-canadien avant cette période.
Un événement déterminant est l'affaire Tartuffe. En 1694, un militaire en Nouvelle-France, Frontenac, se met en tête de monter le Tartuffe de Molière. A priori, pas de problèmes : la pièce est autorisée depuis plusieurs années en métropole, pourquoi pas en colonie ? Mais le clergé local s'en mêle, refuse, et gagne. Monseigneur de Saint-Vallier en profite pour publier un mandement dénonçant l'immoralité du théâtre français : le texte fera office de loi pendant… deux siècles.
Le paradoxe, c'est que c'est aussi l'Eglise qui, au XXe siècle, va favoriser l'émergence d'un théâtre québécois. Les données du problème ont changé : face au succès du burlesque américain et du cinéma naissant, elle choisit de desserrer son étau vis-à-vis du théâtre et de s'en faire un allié, mais un allié qu'elle puisse contrôler. L'un des premiers bâtisseurs du théâtre québécois sera ainsi le père Emile Legault, qui commencera par mettre en scène des pièces religieuses, puis des classiques français.