Bonsoir tout le monde,j'ai toujours aimé la langue française et j'ai rêvé de faire sa littérature comme choix dans mes études univ, et c'est fait..toutefois je me sens si diséspérée en étudiant surtout les poèmes.quelle est leur utilité à votre avis?quelqu'un qui était désespéré ou voulait passer un message d'après ces rimes ou je ne sais pas quoi ,pourquoi le codifier ainsi, et nous subissons toujours le mal de le décoder ,etudier les rimes les strophes,les figures de style essayez de comprendre faire des hypothèses (surtout les poèmes de paul valery ,car je suis entrain de les étudier)
qu'est ce qu ont va apporter de nouveau en lisant quelques rimes et passant des heures et des heures à lles déchiffrer ?
vous allez me rappelez que parfois ces quelques rimes sont témoins d'une periode ancestrale..on peut le faire en étudiant un poème pour chaque période censée ..
mon Dieu ,je suis complétement désespérée et je suis sans zèle.quelqu'un peut me convaincre de l utilité de cette maudite matière?
Tu n’es tout de même pas sans savoir qu’une œuvre d’art n’a pas toujours pour vocation d’être « utile », et qu’il y en a même pour dire qu’elle perdrait son statut à vouloir l’être. Quoi qu’il en soit, l’utilité est une notion problématique en art, et je ne pense pas que la chercher dans la poésie soit une bonne posture pour s’initier à ses plaisirs.
La clé de ton problème est peut-être un a priori : tu dis que le poète, en quelque sorte, dissimule son message sous une forme archicodée, et que le lecteur de poésie est un herméneute, quelqu’un qui essaye de défaire ce nœud compliqué pour récupérer l’idée qui s’y dissimule.
Une autre posture peut-être de penser que tout fait corps avec le message, que le message n’existe pas sans les rimes, sans les vers, sans le moindre des mots et des accents qui le constitue. Tu ne diras pas mieux en prose ce que Valéry dit en alexandrins, avec des rimes, des images particulières, un propos peut-être ésotérique et une logique qui, du moins, ne saille pas.
Par contre, tu peux écouter ce que tu ressens, et tisser des associations (« qui se ressemble s’assemble », pense à ça pour les rimes), dérouler des réseaux (sémantiques, prosodiques…), repérer des contradictions, des allusions, considérer l’œuvre dans ses rapports avec d'autres œuvres, un contexte littéraire, historique, etc., qui vont progressivement constituer la matière à partir de laquelle tu vas pouvoir réfléchir et bâtir ton commentaire.
Quant aux rimes, puisque tu en parle : elles participent du rythme, elles font résonner des mots qui précèdent, et leur organisation peut influer sur l’harmonie ou la disharmonie de l’ensemble du poème.
Garde aussi à l’esprit que ce que les accointances sonores ont tendance à rapprocher les mots sémantiquement. Les rimes peuvent tisser des réseaux de sens, des idées contradictoires. Quand Baudelaire fait rimer « femme » et « infâme », ce n’est pas innocent, surtout si on parle de beauté qui va se transformer en charogne. Quand on voit que les classiques évitent au contraire ce genre de rapprochements, ce n'est pas non plus anodin. Et pour en revenir à l’utile, vois comment la publicité utilise la rime…
Tu as déjà une piste quand tu parle de "période ancestrale" : à une époque où la littérature française voit l'essor du vers libre, Paul Valéry choisit d'écrire en vers métriques, avec des rimes… A bien des égards, sa poésie peut alors apparaître comme un néo-classicisme, en même temps qu'elle n'est pas sans liens avec le Symbolisme, qui est alors en déclin, et qu'on ne peut pas non plus lui ôter toute modernité.
Je trouve bien ton message Eglantine. Bien évidemment on risque de te répondre des banalités ou généralités sur le rôle de la poésie, ou autre. A mon avis le problème est ailleurs, est-ce qu'on n'a pas et continue pas d'accorder trop de place à certains auteurs. Le problème en est justement de savoir comment s'écrit la littérature, ou plutôt les manuels, à savoir un auteur entre parce qu'il est connu, c'est très bête, mais c'est ça (Eugène Sue et Lamartine, très influents et/ou vendeurs à leur époque occupaient beaucoup de place, alors que rien pour Rimbaud, qui avait pourtant publié, mais sans presque aucun réseau dans le milieu littéraire).
Ensuite, le problème de l'enseignement est de croire que les manuels sont des bibles, et qu'il faut enseigner ce qu'est la Littérature. Or, il faut remettre en cause certains écrivains surfaits ou certains mouvements inutiles, pour permettre à ceux qui sont intéressants (Kafka, Gogol, Rimbaud, Shakespeare, Cervantès… pour ne citer que les plus connus) de ne pas cohabiter avec eux, mais aussi pour permettre aux sous-estimés de réapparaître : par exemple, Lautréamont qui n'a été réhabilité non par l'enseignement, mais par les surréalistes, environ 50 ans après sa mort !!!
Bref, je doute (mais on dira que "c'est personnel") que Valéry soit si intéressant que cela.
Quand au fait de cacher des sens dans le poème, c'est encore un problème de l'enseignement, qui fait croire qu'il faut traduire un texte littéraire. Or, les auteurs n'écrivent pas pour qu'on les traduise, ils écrivent pour qu'on les lise. Certains sont plus dur à lire parce que le public est trop jeune pour le comprendre, ou n'a pas assez d'expérience (Mallarmé par exemple).
J'arrête-là parce que c'est une longue réponse…
Mais, merci pour ton message, ça fait plaisir à lire !
Bref, je doute (mais on dira que "c'est personnel") que Valéry soit si intéressant que cela.
Tout à fait d'accord pour dire que Valéry n'est pas le meilleur poète pour s'initier à la poésie. Mais pas du tout pour dire que sa place est abusive, d'autant qu'il n'est pas si enseigné que ça.
Certains sont plus dur à lire parce que le public est trop jeune pour le comprendre, ou n'a pas assez d'expérience (Mallarmé par exemple).
Ou encore parce que certains poèmes sont réservés à une élite savante : voir à ce sujet le passionnant article de Jacques Rivière, "le roman d'aventure", où il décrit le poème symboliste comme un dialogue entre deux personnes très cultivées. 🆒
Quand au fait de cacher des sens dans le poème, c'est encore un problème de l'enseignement, qui fait croire qu'il faut traduire un texte littéraire.
Ah ? Je dirais plutôt que c'est une erreur de débutant… Je n'ai jamais eu de professeur pour me faire croire que le commentaire doit être une traduction.