Comprendre le sens d’un mot

Langue française

87 réponses · Page 2 / 5

En effet, Anne a raison. On devrait plutôt dire "rebattre" dans ce sens.

Cela dit, "rabattre" est assez courant, avec une connotation familière. 😉
En tout cas, le Robert, pourtant prompt à consigner les acceptions familières, ne mentionne rien de tel à l'article rabattu.

En revanche, à l'article rebattu :
■ Qu'on a répété, dont on a parlé inlassablement.► banal, éculé. Sujet rebattu, ressassé. « ils s'en tenaient aux lieux communs les plus rebattus » (Flaubert).
On écrira donc ici archirebattu ou archi-rebattu.
Jehan a écrit :En tout cas, le Robert, pourtant prompt à consigner les acceptions familières, ne mentionne rien de tel à l'article rabattu.

En revanche, à l'article rebattu :
■ Qu'on a répété, dont on a parlé inlassablement.► banal, éculé. Sujet rebattu, ressassé. « ils s'en tenaient aux lieux communs les plus rebattus » (Flaubert).
On écrira donc ici archirebattu ou archi-rebattu.
Le Larousse mentionne "rabattre" avec le sens en question. Celui-ci serait d'un usage courant et possèderait une connotation familière.

Mais de toute façon, le Larousse recommande plutôt "rebattre". 😉
Plus précisément, à l'article rebattre, le Larousse signale carrément
que rebattre les oreilles est familier et fautif.

Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, c'est le participe passé employé comme adjectif rebattu, au sens spécifique de "souvent répété, sans originalité"… Et à cet article-là, chez Larousse, pas de mention d'un quelconque rabattu, fût-il familier.

Petit complément pour Hwang : en français, on ne dira pas "explications claires comme un miroir", mais plutôt "claires comme de l'eau de roche"… 😉
Jehan a écrit :Plus précisément, à l'article rebattre, le Larousse signale carrément
que rebattre les oreilles est familier et fautif.
Ce n'est pas rebattre les oreilles (répéter à satiété) qui est signalé familier et fautif, mais rabattre les oreilles. À part cela, on est d'accord ! 🙂
Au temps pour moi, merci… Oui, c'est bien sûr rabattre les oreilles que le Larousse signale comme familier et fautif. 😜
Bonsoir,
Je veux savoir le sens de 'recouvrant'.
Est-ce le participe présent de recouvrer ou de recouvrir ?
– Puis-je rester après avoir été frappé par vous ? demanda Linton.
Catherine garda le silence.
– Vous m’avez donné peur et honte de vous, continua-t-il. Je ne reviendrai plus ici !
Les yeux de Catherine commençaient à devenir brillants et ses paupières à battre.
– Et vous avez fait un mensonge de propos délibéré ! ajouta-t-il.
– Ce n’est pas vrai, cria-t-elle, recouvrant la parole. Je n’ai rien fait de propos délibéré. Eh bien ! allez, si cela vous plaît, partez ! Et maintenant, je vais pleurer… je vais pleurer à m’en rendre malade !
Merci, toujours !
La forme du participe présent est la même pour les deux verbes, effectivement.
Ici, c'est le participe présent du verbe recouvrer, qui signifie "retrouver".
Ce verbe a la même origine que le verbe "récupérer", il vient du latin recuperare.

recouvrant la parole = retrouvant la parole, recommençant à parler après avoir fait silence.
Jehan a écrit :La forme du participe présent est la même pour les deux verbes, effectivement.
Ici, c'est le participe présent du verbe recouvrer, qui signifie "retrouver".
Ce verbe a la même origine que le verbe "récupérer", il vient du latin recuperare.

recouvrant la parole = retrouvant la parole, recommençant à parler après avoir fait silence.
Merci, Jehan !
Ton explication est toujours facile à comprendre.
En passant, je voudrais te demander une autre question : le sens de l'adjectif 'salutaire'.
Il entra en proférant des jurons effrayants, et me surprit au moment que je cachais son fils dans le buffet de la cuisine. Que Hareton eût à subir la tendresse de bête fauve de son père ou sa rage de fou furieux, il en éprouvait toujours une terreur salutaire ; car dans un cas il courait le risque d’être étouffé sous ses embrassements, dans l’autre celui d’être jeté dans le feu ou lancé contre le mur.
Il me semble qu'il y a quelque discordance entre le modifiant(salutaire) et le modifié(terreur).
Comment une terreur peut-elle être salutaire ou bonne pour la santé, par exemple ?
Quel est le sens exact de 'salutaire' ici ?

Merci, d'avance.
Par extension, salutaire signifie aussi Qui est bénéfique, profitable, utile à la conduite, au comportement de quelqu'un.

Une terreur peut être salutaire si elle provoque le comportement qui va sauver, celui de fuir par exemple !
Bonjour !

Ma question concerne le verbe pronominal 'se soucier de'.
D'abord, voici le contexte (le Comte de Monte-Cristo) :
— Chut ! dit l’inconnu, j’entends du bruit.
— Ce sont des voyageurs qui visitent le Colisée aux flambeaux.
— Il est inutile qu’ils nous trouvent ensemble. Ces mouchards de guides pourraient vous reconnaître ; et, si honorable que soit votre amitié, mon cher ami, si on nous savait liés comme nous le sommes, cette liaison, j’en ai bien peur, me ferait perdre quelque peu de mon crédit.
— Ainsi, si vous avez le sursis ?…
— La fenêtre du milieu tendue en damas avec une croix rouge.
— Si vous ne l’avez pas ?…
— Trois tentures jaunes.
— Et alors ?…
— Alors, mon cher ami, jouez du poignard tout à votre aise, je vous le permets, et je serai là pour vous voir faire.
— Adieu, Excellence ; je compte sur vous, comptez sur moi.
À ces mots le Transtévère disparut par l’escalier, tandis que l’inconnu, se couvrant plus que jamais le visage de son manteau, passa à deux pas de Franz et descendit dans l’arène par les gradins extérieurs.
Une seconde après, Franz entendit son nom retentir sous les voûtes : c’était Albert qui l’appelait.
Il attendit pour répondre que les deux hommes fussent éloignes, ne se souciant pas de leur apprendre qu’ils avaient eu un témoin qui, s’il n’avait pas vu leur visage, n’avait pas perdu un mot de leur entretien.
Dix minutes après, Franz roulait vers l’hôtel d’Espagne, écoutant avec une distraction fort impertinente la savante dissertation qu’Albert faisait, d’après Pline et Calpurnius, sur les filets garnis de pointes de fer qui empêchaient les animaux féroces de s’élancer sur les spectateurs.
J'ai du mal à comprendre pourquoi, dans la phrase soulignée, le participe présent est mis au négaitif au lieu de 'se souciant'.
Il(Franz) a gardé le silence pendant quelque temps de peur de leur apprendre qu’ils avaient eu un témoin, n'est-ce pas ?

Éclairez moi ; je meurs d'envie de savoir…
Merci, d'avance.
"Ne pas se soucier de…" a parfois le sens de "n'avoir pas envie de…".
C'est le cas ici.

Voir le Trésor de la Langue française :
Ne pas se soucier de + inf. Ne pas se préoccuper de, n'avoir pas envie de. Sachant qu'il existe au monde une femme accomplie, je ne me soucie pas d'épouser Mlle Danglars (Dumas père).On ne s'était pas soucié de les attendre (Pourrat).
Exactement : il ne voulait pas leur apprendre qu'ils avaient eu un témoin, il ne se souciait pas de le leur apprendre.
Jehan a écrit :"Ne pas se soucier de…" a parfois le sens de "n'avoir pas envie de…".
C'est le cas ici.
Ah, je ne le savais pas.
Une question de plus s'il te plaît…
Dans la même phrase, si l'on remplace 'ne se souciant pas' par 'se souciant', cela ne va pas ?
Est-ce que le sens de la phrase reste le même ou se change complètemen ?
"se soucier de leur apprendre" ne signifie pas "craindre de leur apprendre, ne pas vouloir leur apprendre"… mais "vouloir leur apprendre".
"se soucier de + infinitif" signifie "être inquiet ou préoccupé à propos d'une action que l'on voudrait faire", et non pas être inquiet à propos d'une action qu'on voudrait éviter de faire.
Jehan a écrit :"se soucier de + infinitif" signifie "être inquiet ou préoccupé à propos d'une action que l'on voudrait faire", et non pas être inquiet à propos d'une action qu'on voudrait éviter de faire.
Voilà ce qui est clair (ou.. Voilà qui est clair ?) !
Maintenant j'ai compris ; merci mille fois Jehan !
C'est "Voilà qui est clair" qui convient ici… 😉
Bonjour~!

S'il vous plait, le sens du mot 'filière' dans :
Y a-t-il eu tromperie ou négligence sur ces lasagnes qui ont régalé des familles entières et qui mettent sur les dents tout un continent, ainsi qu'une filière ?
Merci, d'avance.
Comme une grosse partie du vocabulaire, filière est polysémique. Ici, si on regarde les définitions données par Larousse, il faut retenir deux sens qui peuvent convenir, et sont très actuels mais de sens un peu différent:
Suite de personnes qui interviennent les unes après les autres dans le cadre d'une activité : Remonter la filière de la drogue.
Ensemble des phases d'un processus de production qui permettent de passer de la matière première au produit fini vendu sur le marché. (Elle englobe toutes les étapes de transformation depuis l'amont jusqu'à l'aval pour obtenir une famille de produits. Par exemple, la filière bois ou textile.)
Le premier sens est généralement utilisé pour qualifier des activités nuisibles à la société ou à l'économie. La filière désignera l'ensemble des intervenants qui ont permis à des trafiquants d'introduire de la viande de cheval dans des produits cuisinés censés ne contenir que de la viande de bœuf.
Le second sens est généralement utilisé pour qualifier des activités économiques. La filière désignera l'ensemble des intervenants économiques qui entrent en jeu dans la préparation des plats cuisinés, depuis les marchands de viande jusqu’aux vendeurs de surgelés en passant par les transformateurs intermédiaires.
Dans les deux cas, l'idée commune est celle d'une chaîne d'intervenants.
Dans la phrase que tu donnes, même si je la replace dans le contexte de l'émission [Lien invalide.] dont elle est tirée, je n'arrive pas à vraiment discerner si l'on veut dire que :
1) la filière un peu louche de production de la viande au travers de multiples intermédiaires est sur les dents (est exténuée, est harassée, est accablée)
2) la filière économique du plat cuisiné surgelé est sur les dents.
Pour moi, la phrase n'a pas vraiment un sens très clair.
Il me semble quand même qu'on veut plutôt dire que c'est la filière économique qui, comme le continent, est accablée (sur les dents) par les récents événements.
Dans un passage un peu plus loin, on dit :
Car ces produits ont valsé dans les mains d'intermédiaires européens : d'abord Comigel, basé à Metz, puis Spanghero, qui lui fournit la viande, ensuite un producteur roumain, qui travaille avec des intermédiaires chypriotes et néerlandais. Une filière à rallonge qui pose la question de la traçabilité. En Roumanie, on affirme jouer la transparence.
Cette fois-ci, c'est plutôt la filière précise de fourniture de la viande qui est visée.
Bonjour,
Une question s'il vous plait.
Une demi-heure après, tout Fontainebleau savait que mademoiselle de La Vallière avait eu sous le chêne royal une conversation avec Montalais et Tonnay-Charente, et que dans cette conversation elle avait avoué son amour pour le roi.
En lisant 'Le Vicomte de Bragelonne, Chapitre CXVII le secret du roi', je rencontre souvent le chêne royal.
Entraîné par la curiosité, j'ai cherché sur l'Internet et trouvé 'le chêne royal du Roi Charles II de l'Angleterre' et 'les chênes de Louis XIV(dans le parc de chasse du château de Versailles)'.
Mais ce ne sont pas le chêne royal de ce roman.

Est-ce qu'il y a quelque légende ou anecdote liée à ce chêne du bois de Fontainebleau ?
Ou l'adjectif 'royal' est-il une simple épithète ?
Je suis curieux de savoir.

Merci, d'avance.