Conseils de lecture pour préparer la classe de première

Entraide scolaire

98 réponses · Page 3 / 5

Tiens ! Une anthologie je n'y avait pas pensé ! Très bonne idée, ça me permettra peut-être de repéré les auteurs et les styles qui me plaisent en poésie. Merci erialc 😀 !
Bonjour à tous ! Je passe en première L à la rentrée 2013 et je me questionnais sur quelques choix de lecture pour mes vacances. Je me demandais notamment si j'avais le niveau pour aborder des œuvres telles que :

-La Divine Comédie de Dante : je dispose de la traduction versifiée de Jacqueline Risset. Ce qui m'inquiète surtout pour cette oeuvre c'est la large symbolique déployée par le poète ainsi que les connaissances sur la religion et le contexte requises.
-Canzoniere de Pétrarque
-Les Misérables d'Hugo, et seulement les première parties. Etant donné que ce roman est très long, je voudrais que sa lecture me soit pleinement profitable, ou du moins autant qu'il est possible à 16 ans.
-début des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand
-Essais de Montaigne, livre 1er.
-La Mandragore et Le Prince de Machiavel. Pour ce dernier ouvrage, prévenu de la possibilité de le mal interpréter, j'ai choisi une édition qui propose de larges extraits des "discours sur la décade de tite-live".
-La Poétique d'Aristote.

Je cherche surtout à tirer profit de mes lectures en vue de la première, et ne veut pas mal interpréter une oeuvre ou ne la pas comprendre et tout simplement perdre mon temps.
Merci d'avance de vos réponses !
Votre liste comporte un grand nombre d'auteurs étrangers traduits, et seulement trois auteurs français, dont l'un, Montaigne, est d'un abord assez difficile et les deux autres ne sont proposés que partiellement.
Il n'est pas question de mépriser la littérature européenne, mais dans le cours de français il est judicieux de donner la priorité aux auteurs français, si possible dans des textes intégraux.
Voyez du côté de Balzac (la duchesse de Langeais, histoire d'amour très romantique et roman bref), de Zola, de Maupassant (ses nouvelles sont des petits bijoux).
Après, seulement après, vous vous attaquerez à Dante et Aristote.
Oui, en effet. Cependant j'ai déjà abordé ces auteurs et d'autres encore, qui sont ceux susceptibles d'être étudiés en 1ère. Néanmoins, merci de vos conseils : je m'intéresserai de plus près à Maupassant. Quant aux autres œuvres que je pense aborder "par bouts", c'est la liste de lecture du lycée qui le propose ainsi, sans doute à cause de leur longueur.

Si je m’intéresse à un peu de littérature étrangère, c'est parce que mes "connaissances" se résument à Goethe et Homère. Mais c'est plus par curiosité que Dante ou Machiavel m'intriguent, et je pense qu'il pourrait être plus judicieux de relire quelques romans par lesquels j'avais débuté. Et peut-être pourrais-je mieux apprécier leurs écrits après avoir fortifier mes bases et acquis un meilleur niveau et une plus large culture grâce aux cours de première…

Donc en fin de compte je suivrai vos conseils, dont je vous remercie à nouveau. Quant à Montaigne, j'ai vu que les Essais étaient au programme, donc je pensais qu'ils seraient peut-être plus faciles d'accès que je ne le pensais, et puis mon professeur de grec nous en a parlé beaucoup, beaucoup, d'où ma curiosité… mais j'ai un "lagarde et michard" assez complet à ce sujet, donc je me lancerai dans cette lecture en dépit de la difficulté !
Si vous êtes hellénistes, vous vous trouverez en pays de connaissance avec Montaigne.


Tout est bien, donc.
Dante et Machiavel ne sont pas particulièrement faciles d'accès, sauf à en lire des extraits. En niveau de difficulté j'aurais tendance à les comparer à Cervantes ou Goethe.
En littérature étrangère tu mentionnes justement Goethe, mais il s'agit d'ouvrages assez savants, et pour les romans, ce sont de gros "pavés" (certes très gratifiants, mais assez longs à lire).

Les Essais de Montaigne c'est un grand œuvre : une vie ne suffit pas à en comprendre les subtilités. Là aussi, des extraits choisis et surtout une translation en français contemporain permettront d'en aborder les grandes lignes.

Pourquoi ne pas aborder des auteurs classiques dont une partie de l'œuvre est courte et assez facile d'accès ?
- L'étranger de Camus est un bon exemple,
- mais aussi Armance de Stendhal,
- une pièce de Molière, une de Racine et une de Corneille,
- Les caractères de La Bruyère (très accessible, court et écrit dans une langue d'une pureté exceptionnelle),
- un roman de Chrétien de Troyes (Lancelot ou le chevalier à la charrette est le plus courant, mais Cligès ou Érec et Énide le valent aussi bien).
- et pourquoi pas La princesse de Clèves de Madame de La Fayette, un peu la base du roman français moderne…
Pour Cervantes on peut en effet parler de "pavés". Mais les oeuvres de Goethe que j'ai lue (à savoir Les Souffrances du jeune Werther; Faust I et Les Affinités électives) sont toutes courtes, et seule Faust m'a parue difficile, tandis que j'ai adoré Werther. Quant à Montaigne j'ai veillé à prendre une version traduite.
Concernant les livres que vous me citez, je les ai tous dans ma petite bibliothèque à l'exception du roman de Stendhal ou des oeuvres de Chrétien de Troyes, et j'ai déjà lu La Princesse de Clèves (j'hésite à la relire d'ailleurs), bcp de Molière, les principales tragédies de Racine et deux de Corneilles. En fait, mieux vaut vous présenter mon "programme" de lecture pour que vous puissiez me conseiller.
Après Goethe j'ai abordé le préromantisme, ou plutôt l'oeuvre littéraire de Rousseau :
La Nouvelle Héloïse en entier bien sûr et j'ai trouvé ce roman très beau;
puis les Confessions livre I à VI et en ce moment je lis les Rêveries.
Là nous entrons dans le projet réel :
-Les lettres portugaises que je voulais lire après LLD mais dont je ne disposais pas
-Atala; René et le début des Mémoires d'outre tombe de Chateaubriand
- Méditations poétiques de Lamartine
- Hernani; Ruy Blas et peut être les premières parties des Misérables
- quelques pièces de Musset et un peu de Nerval ( dans Les filles du feu).

Tout ça pour avoir des connaissances sur le romantisme français. Je prendrais sans doute beaucoup de plaisir à ces lectures, ayant apprécié Goethe et surtout Rousseau.

Ensuite je voudrais enchaîner sur Balzac (j'ai La peau de chagrin; le lys dans la vallée; eugénie grandet; le père goriot et le chef d'oeuvre inconnu qui sont tous courts et donc rapide à lire) puis Stendhal (j'ai lu Henry Brulard et je compte lire Le rouge et le noir puis la Chartreuse de Parme).

Comme vous le voyez, je préfère procéder par époque, mais peut être n'est-ce pas la bonne méthode ?

Je pensais ensuite faire un détour par le XVI e siècle dont je n'ai aucune connaissance, et là, lire Montaigne, Rabelais, Du Bellay et peut être Ronsard. J'aurais bien aimé pouvoir ajouter les oeuvres que je mentionnais dans mon premier message, surtout par curiosité.
Vous dites également que Les Caractères sont courts, mais le livre correspondant que j'ai vu au CDI de mon lycée était, pour le coup, un vrai pavé. Mais les extraits que j'en ai lu me paraissaient clairs. Quant au XX e siècle je comptais l'aborder en début de 1ère (cela implique donc de lire bcp durant ces vacances !)

Tout cela est un peu long et confus… étant donné que mes connaissances sont limitées, peut être ai-je ommis des incontournables ?
Quant à Montaigne j'ai veillé à prendre une version traduite.
Vous devriez avoir honte.
Comment, vous faites du latin et du grec, et vous n'osez pas aborder Montaigne tel quel ? Dans une édition annotée qui élucide les principales difficultés, bien entendu, mais sans tripatouillage.
Montaigne traduit, c'est de la bouillie pour les chats, ni plus ni moins. Ce n'est pas ce qui donnera une culture.
J'ai essayé de lire Rabelais tel quel et ce n'était pas simple. La seule différence pour les œuvres de cette époque est la modernisation de la graphie : tous les mots, au reste, demeurent les mêmes et gardent chacun leur place. Je ne pense donc pas, à quelques effets sonores prêt, que le texte perde d'un point de vue stylistique : c'est comme quand on lit Molière, les terminaisons ne sont plus en "-ois"; mais pour les auteurs du XVIe s la graphie est trop archaïque. Mais je conçois que tout ouvrage perd à être traduit; je lirai la suite des essais en "vo" parce que je pense que le seul vraiment ardue à comprendre dans ce cas est Rabelais (par exemple Du Bellay est très clair).

Et malheureusement je ne fais pas de latin, mais seulement du grec. Mon lycée a placé ces cours sur les mêmes créneaux horaires.
Graphie modernisée, tant que vous voudrez. Mais PAS de traduction ! Il faut aller au texte, et non tirer le texte à soi.
En effet il y a sans doute eu quiproquo… Par "traduction" je parlais de la modernisation graphique qui est lourde pour ce siècle. D'ailleurs, étant donné qu'il est question de Montaigne, il se plaignait lui-même de la perpétuelle évolution du français. Mais la structure des phrases elle reste intelligible pour nous.
like a virgin a écrit :Pour Cervantes on peut en effet parler de "pavés". Mais les oeuvres de Goethe que j'ai lue (à savoir Les Souffrances du jeune Werther; Faust I et Les Affinités électives) sont toutes courtes, et seule Faust m'a parue difficile, tandis que j'ai adoré Werther.
Werther est une œuvre de jeunesse et Les affinités électives étaient à l'origine un chapitre de Wilhelm Meister auquel je pensais et qui tourne autour de 1600 pages suivant les éditions. 😉
Quand je disais "pavé" ce n'était pas méchant, juste un clin d'œil et une allusion à l'effort à fournir (mais ô combien récompensé).

Pour ce qui est de Montaigne, je me suis mal exprimé, je pensais également à la graphie modernisée évoquée par Delia.
Cela dit, et en toute courtoisie, il me semble préférable qu'un jeune lecteur aborde Montaigne au travers d'une traduction en français contemporain plutôt que de l'ignorer toute sa vie. Je sais que cela fait débat et je connais la faiblesse des dernières traductions. Mais à tout prendre… :/
Cette discussion par rapport à la "traduction" ou la "modernisation graphique" des Essais m'a poussé à lire quelques bout du premier livre et, avec une simple modernisation, le texte reste clair, tandis que les expressions archaïques sont éclairées par des notes. Donc tout va bien quant à ce texte.
Concernant Goethe, je ne savais pas que Les Affinités électives faisait d'abord partie du Wilhelm Meister qui tient en effet sur plusieurs gros volumes. Mais pavé ne signifie pas forcément effort, si l'on accroche à l'oeuvre tout au long, la lecture reste très agréable, et souvent, la fin d'un roman me laisse nostalgique. 🙂
Je conseillerais à des futurs première L, les livres suivants, pardonnez si je fais dans la redite!
Poesie: Appolinnaire, poème à Lou, pour leur diversité. Et le condamné à Mort de Genet. Attention élèves prudes s'abstenir mais depuis que ma prof de 1L me l'a fait découvrir, je suis amoureuse du style et de la plume de cet homme.
Theatre: Ionesco, sans hésitation. La cantatrice chauve, la leçon, ou Le sublime Rhinocéros? Mais aussi une pièce plus classique. Phedre?
Humanisme: GARGANTUA! Sans hésitation! Il existe de supers éditions avec une page en vieux François une page en français modernes, annotées, et regroupant Gargantua et Pentagruel d'ailleurs. ( de Rabelais)
Le roman: Bovary la magnifique! De Flaubert.
Il me manque des séquences, mais lesquelles…..
Ah si! Pour les réécritures: Lisez les fables de la fontaine! Elles sont pour bons nombres d'entre elles des réécriture ( voir pour certaines comme la Laitière et le pot au lait, des réécritures que Lafontaine fait de lui meme!)
Apollinaire, un « p », deux « l », on ne le répétera jamais assez 😂
Je faisais aussi la faute pour Apollinaire !
Sinon j'ai déjà lu Flaubert, La Fontaine, Phèdre de Racine. L'humanisme ce sera mon affaire du mois d'août. 🙂
Par contre je ne connaissais pas Genet, je me renseignerai…

Edit : ah et il me semble que pour la 1ère L le thème "autobiographie" a été supprimé, ce qui nous laisse le roman le théâtre, la poésie, l'argumentation, et spécialement pour nous le roman épistolaire et la réécriture.
Je pensais lire pour la réecriture au cours de l'année Fénelon (j'ai adoré Homère), ou peut-être aussi Scarron… Bref sinon cette année j'ai étudié le "Dom Juan aux Enfers" de Baudelaire.
Et pensez-vous qu'il est possible d'étudier "La Nouvelle Héloïse" pour le roman épistolaire ?
Pour le roman épistolaire, La Nouvelle Héloïse et Les Liaisons dangereuses sont incontournables.
En effet, cependant je pense que vu la longueur de ce roman le professeur préférera nous faire travailler seulement sur les trois premières parties…
Et comme le nom du thème l'indique, je suppose que les correspondances réelles en sont exclues (je pense notamment à Mme de Sévigné ou Diderot) ? En tout cas je pense qu'il faut maîtriser les Lettres Portugaises, étant donné qu'elles sont le modèle du roman épistolaire moderne.
euhh … je me permets d'intervenir : pour les 1ère L, il n'y a pas d'OE sur l'Epistolaire ! Les deux qui sont rajoutés sont les Réécritures et la Renaissance/Humanisme
Exact, pas de roman épistolaire.
Pour les réécritures, je vous conseille l'Electre de Giraudoux et Les Mouches de Sartre (réécritures de l'oeuvre de Sophocle).