Le master enseignement
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mistereko a écrit :L'autre constat est qu'avec ce master enseignement, les petites facultés (d'ailleurs les grandes aussi) vont devoir mutualiser un maximum de cours pour regrouper les cours de Master enseignement et de Master recherche. A court terme, les filières recherches disparaîtront de certaines régions. Je suppose que le plan "Campus" est une belle anticipation.
Quand on sait que même dans certaines universités, les cours de M1 et M2 sont déjà mutualisés, cela réduit l'envergure du Master Recherche à pas grand chose. Ajoutons à cela l'attrait des bourses destinées aux étudiants de master enseignement (qui n'ont plus d'équivalent en master recherche depuis deux ans déjà), et on peut être sur que le master recherche va disparaître en quelques années à peine.
On rira moins quand les étudiants post master recherche (notamment les agrégés) voudront s'engager en doctorat, et qu'ils se retrouveront face à des étudiants véritablement rompus à la recherche et à l'écriture. Il va se poser des questions d'évaluation, on risque aussi de voir se développer une fracture entre ces deux types d'étudiants, les uns regardant les autres comme illégitimes ou que sais-je encore.
Par ailleurs, et sans vouloir jouer les hérauts de malheur, j'invite tous ceux qui vont faire leur stage en septembre 2010 à vous renseigner auprès des syndicats sur le nombre de postes de stagiaires vacants dans votre académie… Les chiffres ont fondu comme neige au soleil dans mon académie, il risque malheureusement d'y avoir de grosses surprises et de grandes déconvenues. Le stage passant à 18h, on va nous attribuer de véritables postes à plein temps, et on sait bien que dans beaucoup d'académies attractives, les postes à plein-temps sont très chers. Autrement dit, il risque d'y avoir un mouvement massif de stagiaires vers des académies limitrophes ou difficiles.
Lysdanslavallee a écrit :Quand on sait que même dans certaines universités, les cours de M1 et M2 sont déjà mutualisés, cela réduit l'envergure du Master Recherche à pas grand chose.
Peux-tu apporter des précisions supplémentaires, merci
lisa29 a écrit :Les stages ne sont pas obligatoires puisque on peut s'inscrire au capes avec un master peu importe lequel.Les stages sont réservés au master métier de l'enseignement.
dans la limite des stocks disponibles… 😉
Lysdanslavallee a écrit :On rira moins quand les étudiants post master recherche (notamment les agrégés) voudront s'engager en doctorat, et qu'ils se retrouveront face à des étudiants véritablement rompus à la recherche et à l'écriture. Il va se poser des questions d'évaluation, on risque aussi de voir se développer une fracture entre ces deux types d'étudiants, les uns regardant les autres comme illégitimes ou que sais-je encore.
C'est ce que nous ont laissé entendre nos professeurs … Les étudiants en master recherche auront un contenu d'études bien plus développés (car moins "professionnalisant") que ceux qui auront fait le master d'enseignement, c'est évident. La vraie distinction, selon eux, se fera quand ces étudiants voudront passer l'agrég (où aucune pédagogie n'est de mise) ou s'ils décident à poursuivre en doctorat.
Ceci dit, j'ai plus de mal que toi à voir les masters de recherche disparaître. Si ces masters fournissent un meilleur enseignement - tout du moins, plus complet - ils ne disparaîtront pas, mais une fracture se fera entre les "bons masters" (ceux de qualité, les master de recherche) et les master "low budget" (les masters d'enseignement).
Soit dit en passant, je sais par expérience que c'est d'ores et déjà ce qui se passe …
lisa29 a écrit :Lysdanslavallee a écrit :Quand on sait que même dans certaines universités, les cours de M1 et M2 sont déjà mutualisés, cela réduit l'envergure du Master Recherche à pas grand chose.
Peux-tu apporter des précisions supplémentaires, merci
Dans ma fac, les cours de M1 et M2 sont communs (sauf quelques uns bien sur, pour éviter que les étudiants suivent deux années de suite le même enseignement). Autrement dit, et ce n'était pas le cas avant, il y a un choix relativement limité de cours spécifiques au M2. Je ne voudrais pas que cela s'aggrave avec l'arrivée du master enseignement, étant donné qu'il y aura sans doute moins d'étudiants en Master recherche, et donc, moins de cours à pourvoir.
La seule discipline qui ne soit pas en déficit d'étudiants à Toulouse est le domaine des études théâtrales ; en lettres modernes et classiques, on ferme des cours, et il y a presque trop d'enseignants par rapport aux étudiants. Du coup, certains allocataires de recherche censés donner des cours se retrouvent à animer des ateliers (informatique, aide à la recherche documentaire, colles, etc) pour remplir leur quotat d'heures.
Lysdanslavallee a écrit :Par ailleurs, et sans vouloir jouer les hérauts de malheur, j'invite tous ceux qui vont faire leur stage en septembre 2010 à vous renseigner auprès des syndicats sur le nombre de postes de stagiaires vacants dans votre académie… Les chiffres ont fondu comme neige au soleil dans mon académie, il risque malheureusement d'y avoir de grosses surprises et de grandes déconvenues. Le stage passant à 18h, on va nous attribuer de véritables postes à plein temps, et on sait bien que dans beaucoup d'académies attractives, les postes à plein-temps sont très chers. Autrement dit, il risque d'y avoir un mouvement massif de stagiaires vers des académies limitrophes ou difficiles.
Je suis concernée… Je ne veux pas trop sortir du sujet, mais, rapidement, où peut-on avoir de tels renseignements ? Et, une fois que l'on a des informations sur les postes à pourvoir dans notre académie, quelle est la stratégie ? Est-ce vraiment inutile de demander sa propre académie en premier voeu ?…
lapetitemu a écrit :Lysdanslavallee a écrit :Par ailleurs, et sans vouloir jouer les hérauts de malheur, j'invite tous ceux qui vont faire leur stage en septembre 2010 à vous renseigner auprès des syndicats sur le nombre de postes de stagiaires vacants dans votre académie… Les chiffres ont fondu comme neige au soleil dans mon académie, il risque malheureusement d'y avoir de grosses surprises et de grandes déconvenues. Le stage passant à 18h, on va nous attribuer de véritables postes à plein temps, et on sait bien que dans beaucoup d'académies attractives, les postes à plein-temps sont très chers. Autrement dit, il risque d'y avoir un mouvement massif de stagiaires vers des académies limitrophes ou difficiles.
Je suis concernée… Je ne veux pas trop sortir du sujet, mais, rapidement, où peut-on avoir de tels renseignements ? Et, une fois que l'on a des informations sur les postes à pourvoir dans notre académie, quelle est la stratégie ? Est-ce vraiment inutile de demander sa propre académie en premier voeu ?…
Ces informations circulent par le biais des syndicats. Le meilleur moyen est de demander à un stagiaire ou titulaire que tu connaîs de te les transmettre (comme c'est actuellement la période des voeux pour les futurs néo-titulaires, il y a pas mal de choses qui transitent). Par la suite, je ne pense pas, hélas, qu'il y ait de stratégie particulière à adopter. Les critères retenus pour les stages sont le rang au concours, le fait d'être agrégé ou certifié, le fait d'être pacsé, marié ou célibataire… Pour les voeux, je me renseignerai, étant donné que je vais devoir les formuler moi aussi. Si j'oublie, envoie-moi un message privé 😉 Je ne suis pas très au fait de toutes ces tactiques, j'apprends peu à peu, et ça ne me plaît guère.
Lysdanslavallee a écrit :Quand on sait que même dans certaines universités, les cours de M1 et M2 sont déjà mutualisés, cela réduit l'envergure du Master Recherche à pas grand chose.
Je ne vois pas vraiment le problème, ni en quoi c'est une menace pour la diversité des enseignements. Tous les établissements autres que les universités (ENS, EPHE, EHESS…) proposent des séminaires de recherche communs (M1, M2, doctorat). Et cela est relativement accessible pour un débutant qui travaille un peu par lui-même, en plus d'être très stimulant. Et puis, il faut être réaliste, c'est le moyen le plus efficace d'empêcher un professeur de faire deux fois de suite le même cours, ce qui se produit trop souvent et qui est assez scandaleux…
Cela ne pose en effet pas de problème du point de vue intellectuel, c'est juste le signe qu'il y a tellement peu d'étudiants en M2 (dans chaque spécialité), qu'il faut faire des séminaires communs avec le M1 pour avoir des classes dignes de ce nom. C'est en tout cas ce qui passe dans ma faculté, où le choix de cours s'est réduit. J'ai beau être en littérature française, j'ai intérêt à choisir des UE en lettres classiques ou en stylistique, si je ne veux pas être vouée à suivre un cours qui ne m'intéresse pas dans ma propre spécialité.
Quant au fait de faire deux fois de suite le même cours… C'est à peu près le cas de tous les profs du secondaire, dont les programmes ne changent pas du tout au tout chaque année. Les enseignants-chercheurs ayant des activités de recherche annexes, je ne vois pas trop d'inconvénient à ce qu'ils agissent ainsi, puisque ce n'est pas au détriment des étudiants. Travaillant dans une bibliothèque universitaire à temps partiel, je peux dire que ces cours reconduits d'une année à l'autre permettent avec le temps de constituer d'excellents fonds documentaires pour les étudiants, certains enseignants complètent leur cours au fil du temps, et ça ne me semble préjudiciable à personne. Ce qui me déplaît davantage en Master, ce sont les ateliers, les cours de méthodo, les pseudo-TD aux programmes très libres, où on sent bien que les enseignants viennent en pantoufles, puisque justement ils ne sont contraints à rien
Arthur a écrit :Lysdanslavallee a écrit :Quand on sait que même dans certaines universités, les cours de M1 et M2 sont déjà mutualisés, cela réduit l'envergure du Master Recherche à pas grand chose.
Je ne vois pas vraiment le problème, ni en quoi c'est une menace pour la diversité des enseignements. Tous les établissements autres que les universités (ENS, EPHE, EHESS…) proposent des séminaires de recherche communs (M1, M2, doctorat). Et cela est relativement accessible pour un débutant qui travaille un peu par lui-même, en plus d'être très stimulant. Et puis, il faut être réaliste, c'est le moyen le plus efficace d'empêcher un professeur de faire deux fois de suite le même cours, ce qui se produit trop souvent et qui est assez scandaleux…
La mutualisation M1-M2-D ne me pose aucun problème, au contraire de la mutualisation d'une filière recherche, avec une filière enseignement. Beaucoup de capétitifs n'aspirent pas le moins du monde à la recherche. Cette mutualisation se fera largement au détriment de la filière recherche.
CocoRissa a écrit :En gros, comme j'ai à choisir pour l'an prochain, sachant que je n'ai pas encore décidé si j'allais me tourner vers la recherche ou pas (il y a aussi je côté financier à envisager : le nouveau master semble être la voie plus rapide pour obtenir le capes et permet d'avoir des bourses et d'être rémunéré pendant les stages à responsabilité…), j'aimerais avoir des arguments concrets selon lesquels le master enseignement ne donnera pas un niveau suffisant pour les concours/ pour enseigner.
(c'est ce que j'ai cru comprendre du discours de la plupart à ce sujet, mais j'ai peut-être mal compris, éclairez-moi!)
Je trouve qu'on laisse de côté l'aspect financier; des bourses sur critères sociaux et mérite sont spécifiques au master enseignement, plus le stage en responsabilité rémunéré.Cela veut dire que le master recherche sera réservé aux étudiants venant de milieux favorisés ! Moi aussi, j'ai compris sur ce forum que le master recherche aura une valeur supérieure au master enseignement et j'attends aussi des arguments concrets.
Personnellement, je ne pense pas que ce master préparera mal ou moins bien au concours : je dis juste que les textes officiels nous le vendent comme une garantie de réussite, alors qu'on sait bien que ce n'est pas vrai. Certains inscrits à l'IUFM échouaient au concours, il en sera de même pour les étudiants du master enseignement. A l'inverse, des master recherche seront reçus eux aussi. Le choix doit d'abord se faire en fonction des affinités personnelles : si vous avez envie de faire de la recherche, si vous aimez écrire, vous documenter, travailler à fond sur un thème ou un problème… Ne vous forcez pas à aller en master enseignement parce que vos amis iront. Si vous comptez faire une thèse, ou si vous êtes très brillants, et que vous pouvez vous préparer seuls au concours, profitez-en pour aller en recherche. La recherche comme l'enseignement sont des questions de profil, tout le monde n'est pas fait pour faire l'un ou l'autre indistinctement, il faut y réfléchir et définir sa voie personnelle, pas seulement ses chances de réussite.
Je plussoie. C'est exactement ce que nous ont dit nos enseignants.
C'est ce que je disais quand je parlais d'une séléction faite en S6, par certains enseignants. En effet, des enseignants n'hésitent pas à aller voir des étudiants pour leur dire de se diriger vers la rercherche, etc. Ca crée, déjà, une fracture entre un master pour les "bon" (master recherche) et un master pour les "moins bons" (master enseignement). En tout cas, c'est comme ça que ça se passe actuellement dans mon université, avec certains profs de TDs.
C'est bien ce qui me semblait, le master recherche devient une affaire d'élite…
Si le master recherche s'adresse aux élites, ceux-ci devraient plutôt s'orienter vers l'agrégation et le doctorat plutôt que vers le CAPES qui serait donc un concours pour les moins bons étudiants !!
Le master enseignement prépare aussi à l'agrégation.
Pour ma part je ne le vois pas comme quelque chose de très élitiste (il y a vraiment des milliers de filières plus élitistes qu'un M2 recherche :roll🙂, mais comme un choix qui comportera un risque : aller en recherche et rater l'agrégation ensuite, c'est peut-être se condamner à être titulaire d'un diplome peu reconnu car non-professionnalisant, comparé au master enseignement et à tous les master pro en train de se développer, qui à mon sens seront plus valorisés sur le marché du travail.
Concernant le côté financier en Master
La bourse de mérite pour Master recherche (sur dossier, alloué par l'université) : montant 1800 euros par an
La bourse d'aide aux futurs enseignants (dans la limite des bourses disponibles dans l'académie) : montant de 700 à 2500 euros sur l'année de M2 (possible pour boursiers et non boursiers, possible pour boursier au mérite)
Les stages rémunérés : 108h (facultatifs, pas pour tous les étudiants)
Pfff….Moi je suis perdue là. On est bientôt en mai, et sur le site de l'IUFM de Paris, toujours aucune information sur le master enseignement pour le 2nd degré. Sur le site de ma fac, non plus… Je n'ai aucune envie de suivre ce master là tout de suite, mais d'un autre côté, je ne me vois pas faire un M1 de recherche pour ensuite intégrer le M2 enseignement (si tant est qu'une passerelle soit possible! On ne le sait toujours pas…), où les épreuves écrites du CAPES auront lieu en novembre … Après il y'a la solution de commencer le master d'enseignement à zéro après avoir fait un peu de recherche, mais voilà vive le rallongement des études dans ce cas… En plus je voudrais passer l'agrégation après…Encore une donnée qui complique les choses dans cette nouvelle configuration ! A tous ceux qui sont en L3, où en êtes-vous?
Moi j'attends toujours la réunion sur les masters (retardée) de ma fac, et comme je veux rejoindre l'académie de Paris l'an prochain j'ai contacté iufm et facs pour me renseigner :
- aux secrétariats de la fac c'est terrible, on me dit qu'il n'y a rien de prévu, que pour devenir enseignant il faut faire un master recherche, de contacter le ministère de l'éducation nationales etc… Et quand je pose mes questions plus précisément par mails personne ne me répond.
- à l'iufm j'ai réussi à obtenir une réponse, mais qui ne concernait que les master pour devenir professeur des écoles, puis on m'a dit que les master enseignement pour capes ou autres se passaient à la fac et qu'il fallait donc contacter les universités.
Voilà donc pour moi c'est un peu mission impossible pour avoir des infos.
Donc je ne sais toujours pas si l'an prochain je vais en recherche ou non.
Premièrement, allez sur le site de Sauvons l'université (SLU), vous y trouverez la liste des universités (essentiellement parisiennes) qui ont décidé de ne pas préparer le capes l'an prochain.
Ensuite, vous pouvez consulter la rubrique actualité de Fabula (plus spécifique aux lettres que SLU).
Pour les masters, il est pour ainsi dire impossible d'avoir une idée précise des allures des maquettes dans la mesure où les départements doivent les faire voter (ce qui est très complexe) pour ensuite les soumettre au Conseil d'Administration et/ou CEVU de l'Université et les renvoyer à l'AERES. Le gouvernement a imposé des délais impossibles, surtout avec un concours en novembre.
Les informations ne devraient pas venir des IUFM qui ont été exclus des Master enseignement dans beaucoup d'universités et par les lettres de cadrage.