Dissertation 1re L sur les réécritures - Il y a une étonnante mesquinerie à rapetisser ainsi…
19 réponses
Bonjour,
Je suis un élève de 1re L et j'aurais besoin d'aide pour mon sujet de dissertation que je ne comprends pas.
Voici mon sujet => Seriez-vous aussi sévère qu'un critique affirmant, à propos de la reprise des mythes antiques par les dramaturges modernes : "Il y a une étonnante mesquinerie à rapetisser ainsi ces grandes figures qui, sur la route de l'humanité, incarnent nos éternelles passions."
Je n'arrive pas à comprendre :/ la partie "ces grandes figures qui, sur la route de l'humanité, incarnent nos éternelles passions." C'est quoi nos eternelles passion ?
voilà j'espère que vous pourrez m'aider…
Joyeuse nouvelle annee !!! 😉
Bonjour Matt et bonne année studieuse ! 🆒
Ces figures mythiques sont Oedipe, Antigone, Narcisse…
Elles nous apprennent un peu du mystère de notre humanité :
Oedipe sur l'amour incestueux ou sur l'homme aveuglé par les dieux,
Antigone sur le conflit entre la loi écrite et la loi intérieure morale,
Narcisse sur les dangers de la complaisance à l'égard de soi-même…
De fait l'époque moderne dans ses réécritures s'est lancée plutôt dans une entreprise de démythification en évacuant le caractère sacré de l'interdit…
Merci beaucoup pour cette aide precieuse, je vais enfin pouvoir etablir mon plan,
Je voudrais faire une partie sur ce que la reprise d'un mythe permet => elle assure la perenité de celui-ci
Mais neanmoins, la reecriture d'un mythe peut faire perdre l'essence premiere de celui-ci (d'ou la critique)
Je posterai mon plan final des que j'aurai suffisamment d'exemple pour le soutenir.
En vous remerciant!!! 2006!!!!! joyeuse nouvelle annee!!! 🆒
Voici mon sujet => Seriez-vous aussi sévère qu'un critique affirmant, à propos de la reprise des mythes antiques par les dramaturges modernes : "Il y a une étonnante mesquinerie à rapetisser ainsi ces grandes figures qui, sur la route de l'humanité, incarnent nos éternelles passions."
Alors mon plan:
I. En reprenant un mythe antique, les auteurs modernes permettent la perenisation des mythes
a) Le Mythe d'orphee =>
-Les metamorphoses d'ovide
-Orphee de Cocteau (film)
-Orphee et Appolinaire dans "Le bestiaire ou cortege d'orphee" (1911)
b) Le mythe d'Electre =>
-Electre de Sophocle
-Electre de Giraudoux
-Les Mouches de Sartre
c) Le mythe d'Antigone =>
-Antigone de Sophocle
-Antigone d'Annouilh
II. Mais neanmoins, la reprise d'un mythe antique fait courir le risque de la perte de l'essence du mythe originel.
a) Desacralisation du mythe:
-Epopee d'homere => La Belle helene d'Offenbach
b) Derision du Mythe
-Eneide, d'Homere => Le Virgile Travesti de Paul Scarron
c) En allant plus loins que seulement les mythes antiques, Le mythe du chevalier errant datant du moyen age
-Le chevalier de la charrette, de Chretien de Troie
-Le Don Quichotte, de Cervantes qui met fin au mythe du chevalier errant
III. A quelles conditions la reecriture d'un mythe doit-elle se soumettre afin d'eviter le perte du sens premier du mythe, tout en le mettant au gout du jours?
Avec le mythe du Don Juan, j'expliquerai a travers quelle moyens les auteurs on transformé le mythe du Don juan pour le faire parvenir jusqu'a nous
-El Burlador de Sevilla y convidado de piedra, de Tirso de Molina
-Le Don Juan de Moliere (il utilise la comedie pour reprendre ce mythe)
-Don Juan aux enfers, des Fleurs du mal de Baudelaire (il transpose le mythe de Don Juan Baroque au Romantisme)
qu'en pensez vous ? :/
Dans:
b) Derision du Mythe
-Eneide, d'Homere => Le Virgile Travesti de Paul Scarron
je rajouterai :
- Phèdre (de Racine) et le poème anonyme adressé au duc de Nevers,
(véritable pastiche, parodie, dérision de la pièce de Racine)
Dans un fauteuil doré, Phèdre tremblante et blême
Dit des vers où d'abord personne n'entend rien.
Sa nourrice lui fait un sermon fort chrétien
Contre l'affreux destin d'attenter sur soi-même.
Hippolyte la hait autant qu'elle l'aime :
Rien ne change son coeur, ni son chaste maintien.
La nourrice l'accuse : elle s'en punit bien.
Thésée a pour son fils une rigueur extrême.
Une grosse Aricie, au teint rouge, aux crins blonds,
N'est là que pour montrer deux énormes tétons,
Que, malgré sa froideur, Hippolyte idolâtre.
Il meurt enfin, traîné par des coursiers ingrats ;
Et Phèdre, après avoir pris de la mort aux rats,
Vient, en se confessant, mourir sur le théâtre.
Bonsoir Matt,
Ce plan est bon.
Attention à l'orthographe : Apollinaire, Chrétien de Troyes…
Ce plan ne met pas assez en valeur les raisons pour lesquelles le mythe est démythifié à l'époque moderne. En raccourci : dans les civilisations anciennes, le mythe est une forme d'explication du monde dans lequel nous vivons (explication religieuse, transmission de connaissances essentielles), mais notre époque positiviste et scientifique a évacué les formes de connaissance allégorique, symbolique et poétique. Regarde par exemple comment Voltaire au XVIIIe siècle a entraîné le mouvement en massacrant avec mauvaise foi les mythes bibliques…
Bonjour à tous!! Je dois également travailler sur Salomé de Laforgue (en entier) en reflechissant sur l'absence d'Hérodias. Je trouve ce sujet vraiment très limité et à par comparer avec la pièce de Wilde et la nouvelle de Flaubert, j'ai du mal à trouver des idées. Merci d'avance pour vos conseils!
Bonjour Tiloun,
A défaut du sujet exact, je comprends que tu dois analyser ces œuvres pour en tirer les spécificités de la réécriture du mythe par Laforgue.
Justement l'absence d'Hérodiade est très significative.
Dans le récit originel, elle est le personnage central qui mène subtilement sa vengeance contre le Baptiste.
Laforgue en recentrant le récit sur Salomé poursuit un projet très différent.
C'est ce que tu dois démontrer : qu'est devenu le récit oriental cruel et horrible chez Laforgue ? Pourquoi ?
Par ailleurs, la justification du titre général de l'œuvre "Moralités légendaires" peut aussi te donner des pistes.
Par l'ironie, les anachronismes, par l'immersion dans la banalité quotidienne, il démythifie ces légendes. Le pessimiste et désespéré Laforgue évacue ainsi subrepticement ses dernières velléités romantiques d'évasion.
Mon sujet exact est "l'absence d'Hérodias dans Salomé de Laforgue". J'avais l'intention de faire une partie sur la réecriture du mythe, comment Laforgue le dénaturalise par l'humour et la dérision. Cependant à part cet axe je ne vois rien d'autre. Je ne peut pas collé n'importe quoi il faut vraiment que ca se rapporte à l'absence même d'Hérodias. Pas facile….
HérodiAS ou HérodiaDE ? Flaubert l'orthographie Hérodias, et Mallarmé Hérodiade
herodias, la mére de salomé
Bonjour Tiloun,
Définis d'abord une problématique : L'absence d'Hérodiade dans la Salomé de Laforgue est-elle pertinente pour comprendre le projet de réécriture de ce mythe (ou les intentions de l'auteur, ou la personnalité profonde de Laforgue) ?
Il te faut alors regrouper dans un plan thématique les réponses à cette question, par ex. :
1 le refus de l'exotisme et du maniérisme décadent
2 le refus de la passion et de la tragédie
3 le caprice souverain comme philosophie de l'histoire
Donc pour vous l'absence d'Hérodias est seulement le point de départ de la réflexion?
Oui, à toi d'en tirer toutes les conséquences en prenant soin de revenir à chaque fois à ce que cette absence permet comme variations originales.
Donc j'axe mon sujet: L'absence d’Hérodias permet à Laforgue de réécrire le mythe de Salomé
je ne comprend pas ce que vous voulez dire par
" le refus de l'exotisme et du maniérisme décadent", moi je trouve qu'au contraire il ya des élément exotiques, comme les iles. quest-ce que le "manierisme décadent?"
"le refus de la passion et de la tragédie" ==> j'imagine que cela se traduit par l'ironie et la dérision, comme la mort de salomé
"le caprice souverain comme philosophie de l'histoire" =====> Qu'est-ce que ca veut dire?.?!
Comme Hérodias n'est pas la, c'est l'essence même du mythe qui disparait, puisque Salomé n'a pas de raison de tuer Iaokanan. Je pense que c'est la vraiment le coeur du sujet
merci pour votre aide et vos conseils
Je suis un peu perdue… Laforgue est décadent ou il parodie la décadence?
Bonjour Tiloun,
Laforgue est un clown triste, un funambule qui cache une nature pessimiste sous des pitreries. Ce n'est pas un décadent qui se gargarise d'un vocabulaire rare et de sensations raffinées à l'extrême, des jouissances de réalités artificielles et surannées. Il s'est moqué de ce byzantinisme fin de siècle.
ok merci!
Je ne sais pas encore comment formuler ma problématque sur l'absence d'hérodias mais
J'ai trouvé deux axes ( il m'en manque 1)
le langage ( manierisme , parole en perpetuel jaillissement, neologisme, langage décoratif etc…)
demythification (derision de l'héroine, anachronisme, desacralisation, immersion ds banalité quotidienne, parodie de flaubert)
Avez vous une idée pour le dernier?
Bonjour Tiloun,
Je t'avais proposé
3 le caprice souverain comme philosophie de l'histoire
En effet, Avec Hérodias, nous avions une philosophie de l'Histoire romantique fondée sur le mouvement des passions chez des personnages hors du commun, ce qui créait l'horreur tragique. Laforgue recherche plutôt la dérision et rattache la mort du Baptiste au caprice d'une enfant gâtée. L'Histoire est erratique, imprévisible, elle devient le lieu dérisoire de volontés dévoyées. C'est un point de vue pessimiste et désabusé. Exit la grandeur humaine.