Je ne fais pas de la littérature. Je fais une chose tout à fait différente ; je fais du théâtre.

Entraide scolaire

88 réponses · Page 4 / 5

salut à tous

J'ai un problème pour mon oral j'ai à travailler le roi se meurt de Ionesco
sur la didascalie initial plus précisément mais je ne sais vraiment comment m'y prendre je n'ai pas d'axes. Le prof nous a seulement donner un tableau avec qui , quoi , quand et comment
Je ne suis pas la seul de ma classe a avoir peur de ce texte.
Si quelqu'un pourrais nous aider ce serait avec grand plaisir

merci Didine
je n'ai pas d'axes. Le prof nous a seulement donner un tableau avec qui , quoi , quand et comment
Vous avez quatre axes : qui,quoi, quand et comment.
bonjour Delia
merci pour la réponse rapide mais le problème c'est qu'il y a pas grand chose a dire on va jamais tenir 10 minutes sur ce texte mais bon je vais comme même essayer je vous recontacte si cela ne vas pas
merci,Didine
Qu'est-ce que tu entends par didascalie initiale ? Celle décrivant le décor ?
bonsoir Jacques
c'est bien la didascalie décrivant le décor mais avec en plus les premières répliques jusqu'à "Marguerite :rire ou pleurer: c'est tout ce qu'elle sait faire. ( A Juliette.) Qu'elle vienne tout de suite.Allez me la chercher. Juste à ce moment, paraît la reine Marie, vêtue comme il est dit plus haut. Le garde, une seconde avant l'apparition de la reine Marie.:Vive la Reine !"
voilà c'est pas tout à fait que la didascalie c'est surtout la scène d'exposition je crois.
J'ai commencer mon plan comme la dit Delia Vous avez quatre axes : qui,quoi, quand et comment.
Mais j'y arrive pas trop j'ai commencée par:
I les personnages
a)le roi et les reines
b)le médecin, le garde et Juliette

II les lieux
a) la salle de trône
b) ???

III le moment et le noeud
a) quand la scène se passe
b) ce qui va s passer dans cette oeuvre

Voilà si vous pourriez me compléter ou m'améliorer mon plan je vous serais reconnaissante
merci Didine
Je n'ai pas le texte sous les yeux, je ne l'ai pas en mémoire.
Cependant, il me semble que la question qui s'impose est de montrer en quoi cette didascalie est programmatique : ce qu'elle annonce concernant la pièce.
merci Delia de la réponse rapide j'avance sur mon oral grâce a vous merci
Didine
Attention à ne pas laisser entendre que l'on se trouve devant un univers "réaliste" : Le royaume est imaginaire, l'époque indéfinie : on apprendra plus tard que le roi a en fait l'âge de l'humanité, que sa mort prévisible va coïncider avec la fin du monde, ou tout au moins la fin de son monde. Quant aux autres personnages, il ne faut pas les doter d'une psychologie de héros de roman ; ce sont des personnages purement fonctionnels. Le garde publie haut et fort les états successifs du roi (d'où le comique de ses annonces), les deux épouses représentent l'une la "passion", qui tire le roi mourant vers la vie, l'autre la "raison", etc… Ionesco ne délivre aucun message : il met en scène la cérémonie de la mort inévitable, de sa mort, de la nôtre. Pour moi, sa pièce est la mère des tragédies.
Bonsoir
Voilà j'ai refais mon plan mais maintenant que j'ai fini j'aimerais vous demander ce qu'il faut mettre pour l'ouverture.
voici mon plan
I une scène d'exposition entre le respect de dénonciation
a) la salle de trône
b) les personnages

II une opposition significative des deux reines
a) les épouses du roi
b) Leurs différents comportements

III la matérialisation de la mort
a) Froid et sombre
b) dysfonctionnement du royaume

Voilà, si quelqu'un pourrais me guidée pour une ouverture qui pourrait correspondre a un ou plusieurs axes de mon plan.
merci bye Didine
Je ne comprends pas ce que tu entends par "le respect de dénonciation"…

Le plan général peut être le suivant :
1° Les acteurs de la "cérémonie" : étude des lieux, de la disposition des portes, des entrées et des sorties des personnages présentés par le garde. Tu étudies ici principalement les didascalies et le discours du garde.
2° La fonction de ces acteurs :
- Le Roi dans sa majesté, apparemment le personnage sur qui va se focaliser l'attention.
- La reine Marguerite, qui semble prévoir les choses, donne des ordres à Juliette
- La reine Marie, occupée d'elle-même et sensible (les deux reines peuvent être des objectivisations de la raison pour la première, de la passion pour la seconde)
- Le médecin - bourreau (comique de cette association)
- Juliette qui ramène les dimensions du palais à une maison banale (living-room !)
- Le Garde qui présente et constate.
3° Le début d'une dégradation (il est prématuré de parler de mort)
- La dégradation du palais : plus de chauffage, la fissure, etc…
- La dégradation de l'univers : le soleil est en retard !

On n'est pas dans un univers réaliste, mais symbolique (bien qu'on y croie grâce à l'illusion théâtrale). L'absurde, propre aux premières pièces de Ionesco, ne semble pas ici requis.
La pièce va se dérouler manifestement dans une sorte de huis-clos avec une correspondance entre le microcosme et le macrocosme.
Bonjour
merci du plan détaillé
dans "le respect de dénonciation" j'entends par le respect des traditions dedans j'y est mis votre 1° "Les acteurs de la "cérémonie" : étude des lieux, de la disposition des portes, des entrées et des sorties des personnages présentés par le garde. "
dans mon commentaire pour l'oral j'ai détailler comme vous l'avez fait dans votre plan .

Pouvez vous m'expliquer la phrase "une correspondance entre le microcosme et le macrocosme." je ne vois pas ce que vous voulais dire 😞

Et vous auriez pas une ouverture a me conseiller car je n'en ai pas trouver ???
Merci Didine
La déchéance du roi (microcosme, ou monde individuel) correspond à la déchéance du royaume qui elle-même correspond à la déchéance de l'univers (macrocosme, ou universalité). Ces correspondances illustrent une phrase de Ionesco à propos de cette pièce : "L'homme est roi, le roi d'un univers. Chacun de nous est là comme au coeur du monde, et chaque fois qu'un homme meurt, il a le sentiment que le monde entier s'écroule, disparaît avec lui." (Journal le Monde, 19/12/1962)
merci de la réponse rapide et de l'explication je comprend mieux maintenant .
est- ce que vous pensez que si je met "fin de partie" de Samuel Becket comme ouverture cela irait???
GGGGGGGGGGGGGGGRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR !

Encore l'ouverture !
Il n'y a pas de rapport : Fin de Partie démontre l'absurdité de la vie en général, le Roi se meurt, l'angoisse de l'individu devant l'échéance.
« Quiconque meurt, meurt à douleur » écrivait déjà Villon.

Pourquoi ouvrir, puisque le roi est mort ?
didine, tu n'as que le début du Roi ?
oui j'ai que le début de la pièce
Il faut bien que je fasse une ouverture à la fin de mon oral, un texte échos ???
L'idée de comparer avec Fin de partie était bonne, mais ce rapprochement ne peut être fait qu'au terme de l'étude de toute la pièce (tu as du reste intérêt à la connaître un peu). Dans le Roi se meurt, c'est l'angoisse, puis l'apaisement et la résignation face à la mort inévitable, dans Fin de partie, c'est l'attente de la mort qui ne vient pas (et qui ne viendra pas)!
Ce qu'il y a d'amusant, c'est que dans les deux pièces, il y a un bourreau !
d'accord merci beaucoup 😀
j'ai dû travailler sur les deux pièces alors c'est bon je les connais assez bien pour passer à l'oral avec merci 😉
Il faut bien que je fasse une ouverture à la fin de mon oral, un texte échos ???
Mais non, il ne faut pas.
C'est un petit plus, c'est tout.

Fin de Partie, créé en 1957, ne fait pas écho au Roi se meurt, créé en 1962. Ce serait plutôt Ionesco qui répondrait à Beckett.
Donc, on peut dire que le thème est dans l'air du temps, mais il est dans l'air de tous les temps. On a dit que la littérature occidentale ne traitait en tout et pour tout que trois thèmes : la vie, l'amour et la mort.

Finalement, tout texte peut faire penser à un autre texte !
Pourquoi ne pas mentionner la Mort du Dauphin, dans les Lettres de mon Moulin ?
la mort du dauphin.
Le petit Dauphin est malade, le petit Dauphin va mourir… Dans toutes les églises du royaume, le Saint-Sacrement demeure exposé nuit et jour et de grands cierges brûlent pour la guérison de l’enfant royal. Les rues de la vieille résidence sont tristes et silencieuses, les cloches ne sonnent plus, les voitures vont au pas… Aux abords du palais, les bourgeois curieux regardent, à travers les grilles, des suisses à bedaines dorées qui causent dans les cours d’un air important.

Tout le château est en émoi… Des chambellans, des majordomes, montent et descendent en courant les escaliers de marbre… Les galeries sont pleines de pages et de courtisans en habits de soie qui vont d’un groupe à l’autre quêter des nouvelles à voix basse… Sur les larges perrons, les dames d’honneur éplorées se font de grandes révérences en essuyant leurs yeux avec de jolis mouchoirs brodés.

Dans l’Orangerie, il y a nombreuse assemblée de médecins en robe. On les voit, à travers les vitres, agiter leurs longues manches noires et incliner doctoralement leurs perruques à marteaux… Le gouverneur et l’écuyer du petit Dauphin se promènent devant la porte, attendant les décisions de la Faculté. Des marmitons passent à côté d’eux sans les saluer. M. l’écuyer jure comme un païen, M. le gouverneur récite des vers d’Horace… Et pendant ce temps-là, là-bas, du côté des écuries, on entend un long hennissement plaintif. C’est l’alezan du petit Dauphin que les palefreniers oublient et qui appelle tristement devant sa mangeoire vide.

Et le roi ? Où est monseigneur le roi ?… Le roi s’est enfermé tout seul dans une chambre, au bout du château… Les Majestés n’aiment pas qu’on les voie pleurer… Pour la reine, c’est autre chose… Assise au chevet du petit Dauphin, elle a son beau visage baigné de larmes, et sanglote bien haut devant tous, comme ferait une drapière.

Dans sa couchette de dentelles, le petit Dauphin, plus blanc que les coussins sur lesquels il est étendu, repose, les yeux fermés. On croit qu’il dort ; mais non ! Le petit Dauphin ne dort pas… Il se retourne vers sa mère, et, voyant qu’elle pleure, il lui dit :

— Madame la reine, pourquoi pleurez-vous ? Est-ce que vous croyez bonnement que je m’en vas mourir ?

La reine veut répondre. Les sanglots l’empêchent de parler.

— Ne pleurez donc pas, madame la reine ; vous oubliez que je suis le Dauphin, et que les Dauphins ne peuvent pas mourir ainsi…

La reine sanglote encore plus fort, et le petit Dauphin commence à s’effrayer.

— Holà, dit-il, je ne veux pas que la mort vienne me prendre, et je saurai bien l’empêcher d’arriver jusqu’ici… Qu’on fasse venir sur l’heure quarante lansquenets très forts pour monter la garde autour de notre lit !… Que cent gros canons veillent nuit et jour, mèche allumée, sous nos fenêtres ! Et malheur à la mort, si elle ose s’approcher de nous !…

Pour complaire à l’enfant royal, la reine fait un signe. Sur l’heure, on entend les gros canons qui roulent dans la cour ; et quarante grands lansquenets, la pertuisane au poing, viennent se ranger autour de la chambre. Ce sont de vieux soudards à moustaches grises. Le petit Dauphin bat des mains en les voyant. Il en reconnaît un et l’appelle :

— Lorrain ! Lorrain !

Le soudard fait un pas vers le lit :

— Je t’aime bien, mon vieux Lorrain… Fais voir un peu ton grand sabre… Si la mort veut me prendre, il faudra la tuer, n’est-ce pas ?

Lorrain répond :

— Oui, monseigneur…

Et il a deux grosses larmes qui coulent sur ses joues tannées.

À ce moment, l’aumônier s’approche du petit Dauphin et lui parle longtemps à voix basse en lui montrant un crucifix. Le petit Dauphin l’écoute d’un air fort étonné, puis tout à coup l’interrompant :

— Je comprends bien ce que vous me dites, monsieur l’abbé ; mais enfin est-ce que mon petit ami Beppo ne pourrait pas mourir à ma place, en lui donnant beaucoup d’argent ?…

L’aumônier continue à lui parler à voix basse, et le petit Dauphin a l’air de plus en plus étonné.

Quand l’aumônier a fini, le petit Dauphin reprend avec un gros soupir :

— Tout ce que vous me dites là est bien triste, monsieur l’abbé ; mais une chose me console, c’est que là-haut, dans le paradis des étoiles, je vais être encore le Dauphin… Je sais que le bon Dieu est mon cousin et ne peut pas manquer de me traiter selon mon rang.

Puis il ajoute, en se tournant vers sa mère :

— Qu’on m’apporte mes plus beaux habits, mon pourpoint d’hermine blanche et mes escarpins de velours ! Je veux me faire brave pour les anges et entrer au paradis en costume de Dauphin.

Une troisième fois, l’aumônier se penche vers le petit Dauphin et lui parle longuement à voix basse… Au milieu de son discours, l’enfant royal l’interrompt avec colère :

— Mais alors crie-t-il, d’être Dauphin, ce n’est rien du tout !

Et, sans vouloir plus rien entendre, le petit Dauphin se tourne vers la muraille, et il pleure amèrement.
Ce n'est pas si tiré par les cheveux que ça en a l'air.
N'oublie pas, en parlant de Ionesco, d'avoir présente à l'esprit la phrase que tu as mise en exergue.
Tu peux aussi faire un rapprochement avec "Oh les beaux jours" qui présente une réconciliation entre la destinée humaine, absurde, et le cosmos, figuré par la terre dans laquelle s'enlisent les personnages, ce qui fait que, comme Meursault, ils meurent "heureux" dans cette fusion suprême. Par contre, ne parle pas de cet absurde "philosophique" en ce qui concerne le Roi se meurt sous peine de fausser gravement le sens de la pièce, ce qui mécontenterait les mânes de son auteur !

Pas bête, ton rapprochement, Délia, mais il est un peu risqué…