Pascal, Pensées, fragment 13

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'aimerai avoir une explication de ce fragment :

"Persée, roi de Macédoine. Paul-Émile.
On reprochait à Persée de ce qu'il ne se tuait pas. "


Que tuait Persée? Et quel est le rapport avec Paul-Emile?

Je ne comprend pas du tout le sens de ce fragment. Qu'a voulu dire Pascal?

Merci de m'éclairer. Je précise que ce fragment n'est pas à étudier pour l'école mais je lis ce livre pour m'avancer dans l'année, et je désire vraiment savoir le but de Pascal.
En fait, Persée a été fait prisonnier par Paul-Emile. Pascal ne comprend pas pourquoi Persée ne s' est pas tué alors qu' il allait de toute façon mourir.
Pascal reproche à Persée sa vanité ; celui- ci voulait qu' on se souvienne de lui à sa mort et souhaitait, par sa résistance, montrer qu' il était un héros.
Le substantif vanité est à prendre dans ces deux sens : à la fois l' orgueil et le vide ( ce qu' a fait Persée est vain car sa mort était inéluctable ) .
Si on creuse plus encore le mot "vide", on a vacuus qui signifie "libéré" aussi.
Merci beaucoup pour vos réponses, elles m'ont vraiment éclairé. C'est fou comme en deux lignes Pascal arrive à écrire quelque chose d'aussi profond. Bonne journée à tous.
Je me permets de mettre largement en doute les explications de mes prédécesseurs.

Voici, à mon sens, l'explication de ce fragment du magnifique ouvrage qu'est Les Pensées de Blaise Pascal.
Tout d'abord, étant un ouvrage en construction, inachevé, il faut avoir conscience que cette écriture lapidaire se justifie ici par l'inachèvement. Il s'agit de notes de Pascal à son propre usage qui appelaient un développement futur.
Pascal effectue ici une comparaison entre deux personnages historiques. Persée d'abord, Roi de Macédoine (dernier roi de la dynastie antigonide postérieure à Alexandre le Grand) et ensuite Paul-Emile, consul romain entre 219 et 216 avant Jésus-Christ. Inutile de dire que les deux personnages ne se sont bien sûr pas connus.

Leur situation est bien différente. La condition de Persée, c'est-à-dire ce qui est constitutif de son être de par sa naissance, est d'être Roi. C'est sa raison d'être, ce qu'il devait être de son couronnement à sa mort. Or Persée perd son trône en 168 avant JC. Ayant été ainsi lésé, il ne serait pas étonnant qu'il se donne la mort. (c'est ce que dit Pascal)
Tandis que Paul-Emile, consul romain, ne l'est pas par essence. Le fait de devenir consul est perçu par les autres comme une chance car le peuple romain décide de lui faire confiance et de lui confier en partie les rennes de la République.
Attention aussi à la tournure verbale Anna, il s'agit d'un verbe pronominal. Pascal dit qu'on (c'est-à-dire la doxa; on est un impersonnel) s'étonnait que Persée ne SE tue pas. Il n'est pas question d'un homicide dont Persée serait l'auteur…

D'autre part, il me semble malaisé d'entrer dans une oeuvre aussi particulière que Les Pensées sans avoir au préalable étudié un minimum Pascal et la Genèse de l'oeuvre. Consulte des sites ou des ouvrages consacrés aux Pensées avant de te lancer réellement dans l'oeuvre. Ce livre est une merveille de la littérature; quant à Pascal, il est l'un des penseurs majeurs de toute la pensée occidentale. Ce n'est pas n'importe qui et on ne peut lire à profit en comprenant, à mon sens, sans être capable de mobiliser une grande culture littéraire, artistique, historique.
Whaou quelle réponse détaillée. Mais je persiste dans ce que j' ai déjà dit ; notre prof de littérature nous avait bien expliqué ceci : Pascal considère que Persée aurait dû mettre fin à ses jours car sa mort était inéluctable. Pascal a voulu montrer que cette attitude était vaine car inutile. Persée souhaitait à tout prix conserver son orgueil et sa dignité mais il savait bien qu' il mourrait de toute façon.
Après vérification, car l'idée que les deux puissent s'être rencontrés me chiffonnait, vous avez effectivement raison.
Cependant, ce n'est pas à mon sens le point essentiel que voulait mettre en avant Pascal. C'est plutôt la conception antithétique de la condition de l'un et de l'autre, alors que chacun est au pouvoir.

D'autre part, sauf si ma mémoire défaille, il me semble que le fragment 13 que tu nous donnes n'es pas complet. Je n'ai pas, hélas, dans ma chambre estudiantine mon édition des pensées.
Chacun son point de vue : je pense que Pascal a voulu insister sur le double sens de vanité. Mais ton interprétation est très solide et est tout autant recevable.
Le problème de l'interprétation, déjà difficile dans des œuvres complètes dont l'auteur est vivant, l'est a fortiori dans une œuvre telle que les Pensées. 😉
Oui, au début, j' étais un peu réticent, je ne comprenais rien et puis quand la prof nous a expliqué, j' ai commencé à y voir plus clair.
Cette oeuvre invite à la réflexion et je dois reconnaître que Les Pensées m' ont permis de " m' élever " un peu plus haut.
Et pour la philosophie, ça a été tout bénef !
En fait, Persée, roi de Macédoine, a été défait par Paul-Emile et, selon la tradition, il devait faire partie du triomphe de celui-ci à Rome. Persée a demandé à Paul-Emile de lui épargner une telle humiliation. La réponse de Paul-Emile a été que cela ne dépendait que de lui : si Persée ne veut pas faire partie du triomphe, libre à lui de mettre fin à ses jours.
(Si tu as l'édition de Michel Le Guern, tu peux aller voir la note sur ce fragment)