Elles nagent comme un poisson / des poissons

Langue française

26 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Mes yeux s'étonne de lire la phrase suivante dans un exercice de conjugaison reçu par ma fille à l'école:
"Elles nagent comme un poisson"

J'ai l'impression qu'on devrait y mettre "… comme des poissons".

Est-ce uniquement plus doux à l'oreille ou existe-t-il une règle de grammaire claire à ce sujet?

Merci de vos lumières !
Bonsoir.
Mes yeux s'étonne de lire la phrase suivante
Vos yeux s'étonnent
Ils ont raison, c'est bien bizarre.

Car plusieurs personnes ("Elles") devraient évidemment être comparées à plusieurs poissons :
Elles nagent comme un poisson des poissons.

Et une seule personne à un seul poisson :
Elle nage comme des poissons un poisson.

Mais quelle était la consigne de cet exercice de conjugaison ?
S'agissait-il de compléter par un verbe ? Par sujet + verbe ?
La phrase était-elle donnée déjà complète ?
Merci! le "évidemment" va exactement dans le sens de ma logique "sonore"… mais peut-on aller jusqu'à une notion de règle? ou de simple bon sens?

L'exercice consistait simplement à compléter la conjugaison du verbe, "elles nag___ comme un poisson"
C'est une question de simple bon sens…
Bonsoir,

Je comprends cet accord, qui ne me choque pas, comme « elles nagent comme un poisson le ferait (le = nager).

Muriel
Bonsoir, Muriel.

Et pourquoi pas "comme des poissons (le feraient)" ?
Verbe explicite au pluriel, verbe sous-entendu au pluriel.

D'ailleurs, on n'écrirait pas : "Elles s'amusent comme une folle (le ferait)"…
Mais bien : "Elles s'amusent comme des folles (le feraient)."
Bonsoir Jehan,

J'ai l'impression que c'est la même nuance qu'entre :
- Elles parlent comme des orateurs ( !) ;
- Elles parlent comme un orateur.

Traduction de la deuxième proposition : elles parlent comme un orateur parlerait, de la même façon qu'un orateur. Je n'éprouve pas la nécessité d'une comparaison au pluriel. C'est la façon dont est faite l'action qui est importante, je crois.

Muriel
Elles parlent comme un orateur (parlerait), à la manière d'un orateur.
Elles parlent comme des orateurs (parleraient), à la manière des orateurs.
J'ai beau lire et relire, je ne trouve pas la nuance de sens.
Cela ne tranche pas entre singulier et pluriel…

Et vous écririez vraiment sans sourciller, comme je l'ai suggéré, "Les filles s'amusaient comme une folle" ?
La règle est de ne pas faire d'accord et le pluriel est une tolérance.
Car elles sont belles comme le jour, courent comme le vent, sont sérieuses comme un pape, et celui qui dit le contraire est bête comme ses pieds.
Seulement il ne faut pas confondre la règle qui fait partie de ce qui marche et le règlement qui essaye dl'imposer. Si vous mettez le pluriel, on remarque que vous confondez l'article indéterminé avec le pronom numérique. mais on comprend quand même et n'en fait pas un drame.

Celui qui vous a répondu n'a pas compris et s'est entêté dans cette erreur sur une autre ligne. Ne perturbez pas votre fille, c'est son prof qui a raison, mais faites l'accord quand vous yeux s'étonnent.
Merci pour cette belle réponse dont le bon sens des exemples est flagrant!

Nulle crainte que je perturbe ma fille avec ceci, mais je rebondissais simplement sur la lecture de cette phrase pour clarifier un de ces doutes fréquents qui marque la limite entre l'usage, la grammaire et les erreurs admises.
Muriel a écrit :J'ai l'impression que c'est la même nuance qu'entre :
- Elles parlent comme des orateurs ( !) ;
- Elles parlent comme un orateur.

Traduction de la deuxième proposition : elles parlent comme un orateur parlerait, de la même façon qu'un orateur.
Sans compter le jour où on écrira :

"Elles parlent comme une oratrice."

Et même, ce qui serait autre chose:

"Elles nagent comme une poissonne."

U.M.
Dans la comparaison "nager comme un poisson" (ou "comme une naïade", à la rigueur ! =)) la comparaison n'est pas actualisée, et le singulier est évidemment le nombre par défaut.
Mais l'article indéfini un ne restreint pas à l'avance le nombre. Un = n'importe lequel.

Et dès lors que le reste de la phrase actualise la comparaison, la concordance du nombre me semble aller de soi :
Elles nagent comme des poissons, comme des naïades.

En revanche, on ne dit pas "beau comme un jour" ou "filer comme un vent".
mais "comme le jour" ou "comme le vent". Ces expressions comportent d'emblée un article défini et évoquent une entité perçue comme unique. Elles sont figées, lexicalisées, et sauraient difficilement varier en nombre. Cela aussi, c'est du "bon sens flagrant".

Cependant, rien n'empêcherait d'en faire accorder certaines autres, par jeu, pour le plaisir de la surprise : Elles étaient sérieuses comme des papesses…Cet unijambiste était bête comme son pied.. Oui, on comprendrait tout aussi bien, et l'on sourirait peut-être.

Au fait, c'est quoi, un pronom numérique ? C'est comme une photo ou comme la télé ? Encore une acception putaklienne à rajouter dans le TLF…
l'article indéfini un ne restreint pas à l'avance le nombre
Combien de jeunes lecteurs vont se mettre à écrire un chevaux ?


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En réalité, vous voudriez faire deviner, la différence entre "elles nagent comme un poisson (nage)", et "elles nagent comme (si elle étaient) des poissons". Il ne s'agit plus d'accord grammatical, mais d'identification. Utiliser le signe du pluriel pour cela est lui donner bien du pouvoir
Bonsoir,

Dans Grevisse (Le Bon Usage, 14e édition, § 218, c), 1°) j'ai trouvé :
[…]
Le verbe non exprimé peut, dans la meilleure langue, être à une autre personne, à un autre nombre, à un autre mode, à un autre temps que le verbe exprimé ; de même, les participes passés ou les adjectifs peuvent être à un autre nombre ou un autre genre que les participes ou les adjectifs exprimés.
[…]
Nous connaissons nos signaux mieux qu'un prêtre son bréviaire (CHAMSON, Superbe, p. 27).
[…]
Je pense qu'à partir de cet exemple dit correct, nous pourrions en dire autant de Nous connaissons nos signaux comme un prêtre son bréviaire ; et aboutir à un correct Elles nagent comme un poisson.

Muriel
Jehan a écrit : L'article indéfini un ne restreint pas à l'avance le nombre.
Putakli feint de s'inquiéter : Combien de jeunes lecteurs vont se mettre à écrire un chevaux ?
Ne pas reprocher à d'autres, dans ce cas, de citer une phrase en la sortant du contexte…
D'autre part, j'ai bien écrit "à l'avance".
Et vous avez très bien compris ce que je voulais dire.
Dans "Il est connu comme le loup blanc." (et non "comme un loup blanc"), l'emploi de l'article défini sous-entend le caractère unique de l'objet de référence , restreint d'entrée le nombre. Il n'y a pas d'autre loup blanc, même avec un sujet pluriel : "Ils sont connus comme le loup blanc." (et non "comme les loups blancs").
En revanche, dans "Il nage comme un poisson".l'article indéfini sous-entend un poisson parmi d'autres… C'est en cela qu'il ne restreint pas à l'avance le nombre d'objets de référence, et qu'avec un sujet pluriel, les objets de référence peuvent se multiplier :"Ils nagent comme des poissons."
En réalité, vous voudriez faire deviner la différence entre "elles nagent comme un poisson (nage)", et "elles nagent comme (si elles étaient) des poissons".
Je ne veux faire deviner aucune différence sémantique.
J'ai dit justement que je ne voyais pas de nuance de sens.
Seulement une discordance entre le "elles" et le "un".
D'autre part, voici ce que j'ai sous-entendu :
Elles nagent comme (ferait) un poisson.
Elles nagent comme ( feraient ) des poissons.
Bah et moi dans tout ça ? J'ai cité une référence ! Et même que ça m'a pris du temps à la trouver, ma référence !
Bonsoir, Muriel. =)

Rassurez-vous.
Je n'ai nullement l'intention de négliger votre réponse.
Mais je n'avais pas remarqué votre message quand j'ai répondu à Putakli.
Il me faut le temps de bien analyser cette référence, et aussi d'en chercher d'autres, bien sûr…
Car la phrase est tout de même plus complexe que "Elles nagent comme un poisson.", accordez-le moi.
Et de plus, je n'ai pas encore dîné. 😜
Je suis rentré tard, aujourd'hui…

Au fait, vous ne m'avez toujours pas dit si vous écririez :
"Les filles s'amusaient comme une folle."…
Non, je n'écrirais pas ça, évidemment, mais il doit y avoir une raison.

Un avis contradictoire à Grevisse, ici, pour les courageux ; ce qui prouve que je suis honnête dans mon argumentation… mais pas d'accord avec ce monsieur Gross.
Mais je n'ai jamais douté de l'honnêteté de votre argumentation… =)
Et c'est très "sport" de nous communiquer, en sus de celui de Grevisse, l'avis contraire de ce monsieur Gross avec lequel, vous vous en doutez, je suis de mon côté tout à fait d'accord.


Mais est-ce vraiment un avis contraire ? La citation tirée du Grevisse que vous rapportez, elle, est de structure nettement plus complexe et ne comporte pas de "comme", mais un "mieux que". Ce que dit Grevisse des genres, nombres, et modes dans de telles tournures elliptiques est-elle vraiment valable même dans le cas le plus simple, celui qui nous intéresse ? Il serait intéressant de trouver ce que dit Grevisse pour une phrase de structure simple (sujet + verbe + comme + GN ). Ce serait étrange qu'il soit totalement muet là-dessus.

Pour en revenir à Gross, et pour plus de commodité, je cite ci-dessous la page 243, qui traite précisément du point qui nous préoccupe.
Bien comprendre que les verbes sous-entendus sont entre < >, et que les phrases considérées non valables sont signalées par un *astérisque.
Je les ai écrites en rouge pour mieux les mettre en évidence.

CONSTRUCTIONS COMPARATIVES

Max suit Luc comme un mouton.
Les invités suivent Luc comme des moutons.
*Max suit Luc comme des moutons.
*Les invités suivent Luc comme un mouton


Dans cet exemple, la phrase-source en "comme" n'est pas immédiatement
claire (comme un mouton en suit un autre),
mais d'autres exemples mettent bien en évidence les positions syntaxiques en jeu.
C'est ainsi que la comparaison peut s'exercer :

- entre les sujets :
Max a ri comme un fou <rit>.
*Max a ri comme des fous <rient>.
Les invités ont ri comme des fous <rient>.


- entre les objets :
Max a chargé son ami comme <on charge> une mule.
Max a chargé ses amis comme <on charge> des mules.


Ces exemples subissent des variations obligatoires du nombre :
*Les invités ont ri comme un fou.
*Max a chargé ses amis comme une mule .


et l'on vérifie ici encore que ce sont les positions syntaxiquement
parallèles qui varient ensemble :
*Max a chargé son ami comme <on charge> des mules.
*Max a chargé ses amis comme <on charge> une mule.
Ce serait étrange qu'il soit totalement muet là-dessus.
Hélas, Grevisse et Goosse sont muets comme une carpe là-dessus ! 🆒