Racine, Britannicus, acte IV, scène 2

Entraide scolaire

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Le suis au Cégep, et j'aimerais que quelqu'un m'aide.

Nous allons avoir une analyse partielle, et puis je dois divisé le sujet en deux parties.

Le sujet est le suivant : Dans l'acte IV, scène II, montrez que le discours d'Agrippine correspond à une stratégie.

J'aimerais donc avec des idées pour pouvoir séparer ce sujet en deux paragraphe d'analyse.

Merci à l'avance
-Audrey-
Scène II
Néron, Agrippine

Agrippine, s'asseyant.

Approchez-vous, Néron, et prenez votre place.
On veut sur vos soupçons que je vous satisfasse.
J'ignore de quel crime on a pu me noircir:
De tous ceux que j'ai faits je vais vous éclaircir.
Vous régnez: vous savez combien votre naissance
Entre l'empire et vous avait mis de distance.
Les droits de mes aïeux, que Rome a consacrés,
Etaient même sans moi d'inutiles degrés.
Quand de Britannicus la mère condamnée
Laissa de Claudius disputer l'hyménée,
Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix,
Qui de ses affranchis mendièrent les voix,
Je souhaitai son lit, dans la seule pensée
De vous laisser au trône où je serais placée.
Je fléchis mon orgueil, j'allai prier Pallas.
Son maître, chaque jour caressé dans mes bras,
Prit insensiblement dans les yeux de sa nièce
L'amour où je voulais amener sa tendresse.
Mais ce lien du sang qui nous joignait tous deux
Ecartait Claudius d'un lit incestueux;
Il n'osait épouser la fille de son frère.
Le sénat fut séduit: une loi moins sévère
Mit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux.
C'était beaucoup pour moi, ce n'était rien pour vous.
Je vous fis sur mes pas entrer dans sa famille:
Je vous nommai son gendre, et vous donnai sa fille;
Silanus, qui l'aimait, s'en vit abandonné
Et marqua de son sang ce jour infortuné.
Ce n'était rien encore. Eussiez-vous pu prétendre
Qu'un jour Claude à son fils pût préférer son gendre?
De ce même Pallas j'implorai le secours:
Claude vous adopta, vaincu par ses discours,
Vous appela Néron, et du pouvoir suprême
Voulut, avant le temps, vous faire part lui-même.
C'est alors que chacun, rappelant le passé,
Découvrit mon dessein déjà trop avancé,
Que de Britannicus la disgrâce future
Des amis de son père excita le murmure.
Mes promesses aux uns éblouirent les yeux;
L'exil me délivra des plus séditieux;
Claude même, lassé de ma plainte éternelle,
Eloigna de son fils tous ceux de qui le zèle,
Engagé dès longtemps à suivre son destin,
Pouvait du trône encor lui rouvrir le chemin.
Je fis plus: je choisis moi-même dans ma suite
Ceux à qui je voulais qu'on livrât sa conduite;
J'eus soin de vous nommer, par un contraire choix,
Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix;
Je fus sourde à la brigue, et crus la renommée:
J'appelai de l'exil, je tirai de l'armée,
Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus,
Qui depuis… Rome alors estimait leurs vertus.
De Claude en même temps épuisant les richesses,
Ma main, sous votre nom, répandait ses largesses.
Les spectacles, les dons, invincibles appas,
Vous attiraient les cœurs du peuple et des soldats,
Qui d'ailleurs, réveillant leur tendresse première,
Favorisaient en vous Germanicus mon père.
Cependant Claudius penchait vers son déclin.
Ses yeux, longtemps fermés, s'ouvrirent à la fin:
Il connut son erreur. Occupé de sa crainte,
Il laissa pour son fils échapper quelque plainte,
Et voulut, mais trop tard, assembler ses amis.
Ses gardes, son palais, son lit m'étaient soumis.
Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse;
De ses derniers soupirs je me rendis maîtresse:
Mes soins, en apparence, épargnant ses douleurs,
De son fils, en mourant, lui cachèrent les pleurs.
Il mourut. Mille bruits en courent à ma honte.
J'arrêtai de sa mort la nouvelle trop prompte,
Et tandis que Burrhus allait secrètement
De l'armée en vos mains exiger le serment,
Que vous marchiez au camp, conduit sous mes auspices,
Dans Rome les autels fumaient de sacrifices:
Par mes ordres trompeurs tout le peuple excité
Du prince déjà mort demandait la santé.
Enfin des légions l'entière obéissance
Ayant de votre empire affermi la puissance,
On vit Claude, et le peuple, étonné de son sort,
Apprit en même temps votre règne et sa mort.
C'est le sincère aveu que je voulais vous faire.
Voilà tous mes forfaits. En voici le salaire.
Du fruit de tant de soins à peine jouissant
En avez-vous six mois paru reconnaissant,
Que lassé d'un respect qui vous gênait peut-être,
Vous avez affecté de ne me plus connaître.
J'ai vu Burrhus, Sénèque, aigrissant vos soupçons,
De l'infidélité vous tracer des leçons,
Ravis d'être vaincus dans leur propre science.
J'ai vu favorisés de votre confiance
Othon, Sénécion, jeunes voluptueux,
Et de tous vos plaisirs flatteurs respectueux;
Et lorsque vos mépris excitant mes murmures,
Je vous ai demandé raison de tant d'injures,
Seul recours d'un ingrat qui se voit confondu,
Par de nouveaux affronts vous m'avez répondu.
Aujourd'hui je promets Junie à votre frère,
Ils se flattent tous deux du choix de votre mère:
Que faites-vous? Junie, enlevée à la cour,
Devient en une nuit l'objet de votre amour;
Je vois de votre cœur Octavie effacée,
Prête à sortir du lit où je l'avais placée;
Je vois Pallas banni, votre frère arrêté;
Vous attentez enfin jusqu'à ma liberté:
Burrhus ose sur moi porter ses mains hardies.
Et lorsque, convaincu de tant de perfidies,
Vous deviez ne me voir que pour les expier,
C'est vous qui m'ordonnez de me justifier.


Néron

Je me souviens toujours que je vous dois l'empire,
Et sans vous fatiguer du soin de le redire,
Votre bonté, Madame, avec tranquillité
Pouvait se reposer sur ma fidélité.
Aussi bien ces soupçons, ces plaintes assidues,
Ont fait croire à tous ceux qui les ont entendues
Que jadis (j'ose ici vous le dire entre nous)
Vous n'aviez, sous mon nom, travaillé que pour vous.
"Tant d'honneurs, disaient-ils, et tant de déférences,
Sont-ce de ses bienfaits de faibles récompenses?
Quel crime a donc commis ce fils tant condamné?
Est-ce pour obéir qu'elle l'a couronné?
N'est-il de son pouvoir que le dépositaire?"
Non que, si jusque-là j'avais pu vous complaire,
Je n'eusse pris plaisir, Madame, à vous céder
Ce pouvoir que vos cris semblaient redemander;
Mais Rome veut un maître, et non une maîtresse.
Vous entendiez les bruits qu'excitait ma faiblesse.
Le sénat chaque jour et le peuple, irrités
De s'ouïr par ma voix dicter vos volontés,
Publiaient qu'en mourant Claude avec sa puissance
M'avait encor laissé sa simple obéissance.
Vous avez vu cent fois nos soldats en courroux
Porter en murmurant leurs aigles devant vous,
Honteux de rabaisser par cet indigne usage
Les héros dont encore elles portent l'image.
Toute autre se serait rendue à leurs discours,
Mais si vous ne régnez, vous vous plaignez toujours.
Avec Britannicus contre moi réunie,
Vous le fortifiez du parti de Junie,
Et la main de Pallas trame tous ces complots.
Et lorsque malgré moi j'assure mon repos,
On vous voit de colère et de haine animée.
Vous voulez présenter mon rival à l'armée:
Déjà jusques au camp le bruit en a couru.


Agrippine

Moi, le faire empereur? Ingrat! l'avez-vous cru?
Quel serait mon dessein? qu'aurais-je pu prétendre?
Quels honneurs dans sa cour, quel rang pourrais-je attendre?
Ah! si sous votre empire on ne m'épargne pas,
Si mes accusateurs observent tous mes pas,
Si de leur empereur ils poursuivent la mère,
Que ferais-je au milieu d'une cour étrangère?
Ils me reprocheraient, non des cris impuissants,
Des desseins étouffés aussitôt que naissants,
Mais des crimes pour vous commis à votre vue,
Et dont je ne serais que trop tôt convaincue.
Vous ne me trompez point, je vois tous vos détours:
Vous êtes un ingrat, vous le fûtes toujours.
Dès vos plus jeunes ans, mes soins et mes tendresses
N'ont arraché de vous que de feintes caresses.
Rien ne vous a pu vaincre, et votre dureté
Aurait dû dans son cours arrêter ma bonté.
Que je suis malheureuse! Et par quelle infortune
Faut-il que tous mes soins me rendent importune?
Je n'ai qu'un fils. O ciel, qui m'entends aujourd'hui,
T'ai-je fait quelques vœux qui ne fussent pour lui?
Remords, crainte, périls, rien ne m'a retenue;
J'ai vaincu ses mépris; j'ai détourné ma vue
Des malheurs qui dès lors me furent annoncés;
J'ai fait ce que j'ai pu: vous régnez, c'est assez.
Avec ma liberté que vous m'avez ravie,
Si vous le souhaitez prenez encor ma vie,
Pourvu que par ma mort tout le peuple irrité
Ne vous ravisse pas ce qui m'a tant coûté.


Néron

Eh bien donc! prononcez. Que voulez-vous qu'on fasse?


Agrippine

De mes accusateurs qu'on punisse l'audace;
Que de Britannicus on calme le courroux;
Que Junie à son choix puisse prendre un époux;
Qu'ils soient libres tous deux, et que Pallas demeure;
Que vous me permettiez de vous voir toute heure;
Que ce même Burrhus, qui nous vient écouter,
À votre porte enfin n'ose plus m'arrêter.


Néron

Oui, Madame, je veux que ma reconnaissance
Désormais dans les cœurs grave votre puissance,
Et je bénis déjà cette heureuse froideur,
Qui de notre amitié va rallumer l'ardeur.
Quoi que Pallas ait fait, il suffit, je l'oublie,
Avec Britannicus je me réconcilie,
Et quant à cet amour qui nous a séparés,
Je vous fais notre arbitre, et vous nous jugerez.
Allez donc, et portez cette joie à mon frère.
Gardes, qu'on obéisse aux ordres de ma mère.
Bonjour,

Le sujet est assez vaste, il faut d'abord que tu te poses un certain nombre de questions qui te feront aboutir à la formulation d'une problématique (interroge-toi sur le terme de "stratégie"=> quelles en sont ses modalités? sa forme? son but? quelle place la stratégie occupe-t-elle dans une tragédie?, ainsi que sur la place qu'occupe le personnage dans l'oeuvre)
Par contre, ce qu'il ne faut absolument pas faire, c'est séparer le fond de la forme qui constitueraient deux parties distinctes. A toi de jouer !

Bon courage
J'ai réussie à séparée mon texte en deux. Puisque dans l'acte IV, scène II, Agrippine à deux types de discours.. elle change de technique pour convaicre Néron d'avoir ce qu'elle veut.

Donc, merci beaucoup, je crois que j'ai réussie à faire ce dont j'avais besoin.

Sans vous, j'aurais probablement eue de la difficulté à trouver la source de mes erreurs.

Merci beaucoup
Dans l'acte IV, scene 2 de Britannicus. Transformez en passage romanesque la conversation Agrippine/Neron en tenant compte d'un avant et d'un après ( dune scene qui precede ce passage et d'une scene qui succede ce passage) qu'on ne trouve pas chez Racine. Retablir un cadre spatio -temporel dans le gout d'un peplum ( evoquer la Rome Antique etc..). Consignes: faire preuve d'une analyse psychologique plus romanciere que le fait Racine. Retablir un narrateur. Donner une vraie importance au cadre spatio temporel , couper le dialogue.

Je n'est pas très bien compris, si quelqu'un pourrait m'aider s'il vous plait. Je suis en 2nd général.
Bonjour, je n'arrive pas à trouver une problématique pour l'acte 4 scène 2 de Britanicus
pourriez-vous m'aider à la trouver. C'est pour un commentaire de texte
. J'ai déjà fait des recherches
Les tirades de cette scène sont longues, que ce soit celle d'Agrippine ou celle de Néron. Il est impossible que tu aies toute la scène à commenter.
Précise ta demande et donne des références exactes.
Précise aussi l'état de ta réflexion.
Bonjour, je suis en 1ère je suis en train de faire mes fiches des commentaires que l'on a fait, problème : on a pas fait en classe de commentaire de la scène 2 de l'acte 4 mais seulement une analyse linéaire, j'essaie d'élaborer un plan et n'ai absolument rien trouvé sur internet, est-ce que vous pourriez me dire ce que vous en pensez les choses à rajouter, enlever,modifier.
Merci d'avance!

Plan: et pour ktm 123 voici une problématique possible pour ce texte: Dans quelle mesure Aggripine (la mère) se révèle-t-elle ici cynique,hypocrite et maladroite.
I-Une mère prète à tout pour accèder au pouvoir.
1- ? 2-?
II- aggripine est outrée par l'ingratitude de son fils.
1-? 2- ?
Plan: et pour ktm 123 voici une problématique possible pour ce texte: Dans quelle mesure Aggripine (la mère) se révèle-t-elle ici cynique,hypocrite et maladroite.
Ce n'est pas une problématique possible, ce n'est pas une problématique du tout !
Demandez-vous s'il y a une part de maladresse dans l'adresse d'Agrippine ou une part d'adresse dans sa maladresse.
bonjour, j'ai besoin de votre aide afin de rédiger la conclusion de mon commentaire composé:
la problématique est la suivante: comment cette tirade soulève t elle le problème fondamental du role de la mere et plus généralement la place de la femme dans le theatre tragique racinien ?
axes d'etude: 1. une tirade proche d'une tension dramatique: agrippine montre deux visages opposes
2.une mere prete a se sacrifier
la problematique et les axes sont ceux que la prof nous a donne…
je ne sais pas comment repondre a la problematique je voudrais s'il vous plait quelques éclairages pour que je puisse la rédiger
merci de votre aide

Bonjour j’ai un problème, en ce moment je travaille sur Britannicus et je trouve ce livre très dur a comprendre je dois répondre à une questions et je n’ y arrive pas pourriez vous m’aider? Quelles indications de mise en scène donneriez-vous à la comédienne incarnant le personnage d’Agrippine pour accompagner sa réplique scène 2, Acte IV, vers 1115 à 1222 ( la fin )?Merci d’avanceCordialement Voici le lien vous trouverez le texte aux pages 47 et 48 merci https://www.theatre-classique.fr/pages/pdf/RACINE_BRITANNICUS.pdf

pour accompagner sa réplique scène 2, Acte IV, vers 1115 à 1222 ( la fin )C’est si long de recopier huit vers ?AgrippineQu’ils soient libres tous deux, et que Pallas demeure;Comment une comédienne qui prononce de tels vers peut-elle se comporter ?

Je n’est pas trop compris votre réponse car les vers que vous avaient cités ne paraissent pas dans le passage que je dois analyser…

Eh bien, mets-le donc à l’écran, le texte à étudier !

Fais un copier/coller du passage. Ce sera plus lisible

Approchez-vous, Néron, et prenez votre place.

On veut sur vos soupçons que je vous satisfasse.

J’ignore de quel crime on a pu me noircir.

De tous ceux que j’ai faits je vais vous éclaircir.

Vous régnez. Vous savez combien votre naissance

Entre l’empire et vous avait mis de distance.

Les droits de mes aïeux que Rome a consacrés

Étaient même sans moi d’inutiles degrés.

Quand de Britannicus la mère condamnée

Laissa de Claudius disputer l’hyménée,

Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix,

Qui de ses affranchis mendièrent les voix,

Je souhaitai son lit, dans la seule pensée

De vous laisser au trône, où je serais placée.

Je fléchis mon orgueil, j’allai prier Pallas.

Son maître chaque jour caressé dans mes bras

Prit insensiblement dans les yeux de sa nièce

L’amour, où je voulais amener sa tendresse,

Mais ce lien du sang qui nous joignait tous deux,

Écartait Claudius d’un lit incestueux.

Il n’osait épouser la fille de son frère.

Le Sénat fut séduit. Une loi moins sévère

Mit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux.

C’était beaucoup pour moi, ce n’était rien pour vous,

Je vous fis sur mes pas entrer dans sa famille.

Je vous nommai son gendre, et vous donnai sa fille.

Silanus, qui l’aimait, s’en vit abandonné,

Et marqua de son sang ce jour infortuné.

Ce n’était rien encor. Eussiez-vous pu prétendre

Qu’un jour Claude à son fils dût préférer son gendre ?

De ce même Pallas j’implorai le secours,

Claude vous adopta, vaincu par ses discours,

Vous appela Néron, et du pouvoir suprême

Voulut avant le temps vous faire part lui-même.

C’est alors que chacun rappelant le passé

Découvrit mon dessein, déjà trop avancé ;

Que de Britannicus la disgrâce future

Des amis de son père excita le murmure.

Mes promesses aux uns éblouirent les yeux,

L’exil me délivra des plus séditieux.

Claude même lassé de ma plainte éternelle

Éloigna de son fils tous ceux, de qui le zèle

Engagé dès longtemps à suivre son destin,

Pouvait du trône encor lui rouvrir le chemin.

Je fis plus : je choisis moi-même dans ma suite

Ceux à qui je voulais qu’on livrât sa conduite.

J’eus soin de vous nommer, par un contraire choix,

Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix.

Je fus sourde à la brigue, et crus la renommée.

J’appelai de l’exil, je tirai de l’armée.

Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus,

Qui depuis… Rome alors estimait leurs vertus.

De Claude en même temps épuisant les richesses

Ma main, sous votre nom, répandait ses largesses.

Les spectacles, les dons, invincibles appas

Vous attiraient les coeurs du peuple, et des soldats,

Qui d’ailleurs réveillant leur tendresse première

Favorisaient en vous Germanicus mon père.

Cependant Claudius penchait vers son déclin.

Ses yeux longtemps fermés s’ouvrirent à la fin.

Il connut son erreur. Occupé de sa crainte

Il laissa pour son fils échapper quelque plainte,

Et voulut, mais trop tard, assembler ses amis.

Ses gardes, son palais, son lit m’étaient soumis.

Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse,

De ses derniers soupirs je me rendis maîtresse,

Mes soins, en apparence épargnant ses douleurs,

De son fils, en mourant, lui cachèrent les pleurs.

Il mourut. Mille bruits en courent à ma honte.

J’arrêtai de sa mort la nouvelle trop prompte :

Et tandis que Burrhus allait secrètement

De l’armée en vos mains exiger le serment,

Que vous marchiez au camp, conduit sous mes auspices,

Dans Rome les autels fumaient de sacrifices,

Par mes ordres trompeurs tout le peuple excité

Du prince déjà mort demandait la santé.

Enfin des légions l’entière obéissance

Ayant de votre empire affermi la puissance,

On vit Claude, et le peuple étonné de son sort,

Apprit en même temps votre règne, et sa mort.

C’est le sincère aveu que je voulais vous faire.

Voilà tous mes forfaits. En voici le salaire.

Du fruit de tant de soins à peine jouissant

En avez-vous six mois paru reconnaissant,

Que lassé d’un respect, qui vous gênait peut-être,

Vous avez affecté de ne me plus connaître.

J’ai vu Burrhus, Sénèque, aigrissant vos soupçons,

De l’infidélité vous tracer des leçons,

Ravis d’être vaincus dans leur propre science.

J’ai vu favorisés de votre confiance

Othon, Sénécion, jeunes voluptueux,

Et de tous vos plaisirs flatteurs respectueux.

Et lorsque vos mépris excitant mes murmures,

Je vous ai demandé raison de tant d’injures,

(Seul recours d’un ingrat qui se voit confondu)

Par de nouveaux affronts vous m’avez répondu.

Aujourd’hui je promets Junie à votre frère,

Ils se flattent tous deux du choix de votre mère,

Que faites-vous ? Junie enlevée à la cour

Devient en une nuit l’objet de votre amour.

Je vois de votre coeur Octavie effacée

Prête à sortir du lit, où je l’avais placée.

Je vois Pallas banni, votre frère arrêté,

Vous attentez enfin jusqu’à ma liberté,

Burrhus ose sur moi porter ses mains hardies.

Et lorsque convaincu de tant de perfidies

Vous deviez ne me voir que pour les expier,

C’est vous, qui m’ordonnez de me justifier.  

Merci.Il s’agit effectivement d’une longue tirade et pour éviter que le spectateur se lasse, il faut éviter l’immobilisme et un ton monocorde.Tu pourrais peut-être diviser cette tirade en différentes parties et voir comment, selon ce qui est dit, on peut donner différents consignes à la comédienne.On note ainsi une progression dans le rappel historique de tout ce qu’Aggripine dit avoir fait pour son fils.

D’accord merci je vais essayer de voir ce que je peux faire

Bonjour j’ai un problème, en ce moment je travaille sur Britannicus et je trouve ce livre très dur a comprendre je dois répondre à une questions et je n’ y arrive pas c’est beaucoup trop long… Pourriez vous m’aider? Quelles indications de mise en scène donneriez-vous à la comédienne incarnant le personnage d’Agrippine pour accompagner sa réplique scène 2, Acte IV, vers 1 à la fin ?Merci d’avanceCordialement Approchez-vous, Néron, et prenez votre place.On veut sur vos soupçons que je vous satisfasse.J’ignore de quel crime on a pu me noircir.De tous ceux que j’ai faits je vais vous éclaircir.Vous régnez. Vous savez combien votre naissanceEntre l’empire et vous avait mis de distance.Les droits de mes aïeux que Rome a consacrésÉtaient même sans moi d’inutiles degrés.Quand de Britannicus la mère condamnéeLaissa de Claudius disputer l’hyménée,Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix,Qui de ses affranchis mendièrent les voix,Je souhaitai son lit, dans la seule penséeDe vous laisser au trône, où je serais placée.Je fléchis mon orgueil, j’allai prier Pallas.Son maître chaque jour caressé dans mes brasPrit insensiblement dans les yeux de sa nièceL’amour, où je voulais amener sa tendresse,Mais ce lien du sang qui nous joignait tous deux,Écartait Claudius d’un lit incestueux.Il n’osait épouser la fille de son frère.Le Sénat fut séduit. Une loi moins sévèreMit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux.C’était beaucoup pour moi, ce n’était rien pour vous,Je vous fis sur mes pas entrer dans sa famille.Je vous nommai son gendre, et vous donnai sa fille.Silanus, qui l’aimait, s’en vit abandonné,Et marqua de son sang ce jour infortuné.Ce n’était rien encor. Eussiez-vous pu prétendreQu’un jour Claude à son fils dût préférer son gendre ?De ce même Pallas j’implorai le secours,Claude vous adopta, vaincu par ses discours,Vous appela Néron, et du pouvoir suprêmeVoulut avant le temps vous faire part lui-même.C’est alors que chacun rappelant le passéDécouvrit mon dessein, déjà trop avancé ;Que de Britannicus la disgrâce futureDes amis de son père excita le murmure.Mes promesses aux uns éblouirent les yeux,L’exil me délivra des plus séditieux.Claude même lassé de ma plainte éternelleÉloigna de son fils tous ceux, de qui le zèleEngagé dès longtemps à suivre son destin,Pouvait du trône encor lui rouvrir le chemin.Je fis plus : je choisis moi-même dans ma suiteCeux à qui je voulais qu’on livrât sa conduite.J’eus soin de vous nommer, par un contraire choix,Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix.Je fus sourde à la brigue, et crus la renommée.J’appelai de l’exil, je tirai de l’armée.Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus,Qui depuis… Rome alors estimait leurs vertus.De Claude en même temps épuisant les richessesMa main, sous votre nom, répandait ses largesses.Les spectacles, les dons, invincibles appasVous attiraient les coeurs du peuple, et des soldats,Qui d’ailleurs réveillant leur tendresse premièreFavorisaient en vous Germanicus mon père.Cependant Claudius penchait vers son déclin.Ses yeux longtemps fermés s’ouvrirent à la fin.Il connut son erreur. Occupé de sa crainteIl laissa pour son fils échapper quelque plainte,Et voulut, mais trop tard, assembler ses amis.Ses gardes, son palais, son lit m’étaient soumis.Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse,De ses derniers soupirs je me rendis maîtresse,Mes soins, en apparence épargnant ses douleurs,De son fils, en mourant, lui cachèrent les pleurs.Il mourut. Mille bruits en courent à ma honte.J’arrêtai de sa mort la nouvelle trop prompte :Et tandis que Burrhus allait secrètementDe l’armée en vos mains exiger le serment,Que vous marchiez au camp, conduit sous mes auspices,Dans Rome les autels fumaient de sacrifices,Par mes ordres trompeurs tout le peuple excitéDu prince déjà mort demandait la santé.Enfin des légions l’entière obéissanceAyant de votre empire affermi la puissance,On vit Claude, et le peuple étonné de son sort,Apprit en même temps votre règne, et sa mort.C’est le sincère aveu que je voulais vous faire.Voilà tous mes forfaits. En voici le salaire.Du fruit de tant de soins à peine jouissantEn avez-vous six mois paru reconnaissant,Que lassé d’un respect, qui vous gênait peut-être,Vous avez affecté de ne me plus connaître.J’ai vu Burrhus, Sénèque, aigrissant vos soupçons,De l’infidélité vous tracer des leçons,Ravis d’être vaincus dans leur propre science.J’ai vu favorisés de votre confianceOthon, Sénécion, jeunes voluptueux,Et de tous vos plaisirs flatteurs respectueux.Et lorsque vos mépris excitant mes murmures,Je vous ai demandé raison de tant d’injures,(Seul recours d’un ingrat qui se voit confondu)Par de nouveaux affronts vous m’avez répondu.Aujourd’hui je promets Junie à votre frère,Ils se flattent tous deux du choix de votre mère,Que faites-vous ? Junie enlevée à la courDevient en une nuit l’objet de votre amour.Je vois de votre coeur Octavie effacéePrête à sortir du lit, où je l’avais placée.Je vois Pallas banni, votre frère arrêté,Vous attentez enfin jusqu’à ma liberté,Burrhus ose sur moi porter ses mains hardies.Et lorsque convaincu de tant de perfidiesVous deviez ne me voir que pour les expier,C’est vous, qui m’ordonnez de me justifier.  

Bonjour, je suis en seconde et j’ai des questions sur l’acte IV scène 2 de Britannicus de Racine,

Comment interprétez-vous la dernière phrase de l’extrait ?

Pourquoi est-ce une scène clef de la tragédie?

voici le texte : https://fr.wikisource.org/wiki/Britannicus_(%C3%A9ditions_Didot,_1854)

AGRIPPINE., s’asseyant.

Approchez-vous, Néron, et prenez votre place.

On veut sur vos soupçons que je vous satisfasse.

J’ignore de quel crime on a pu me noircir ;

De tous ceux que j’ai faits je vais vous éclaircir.

Vous régnez ; vous savez combien votre naissance

Entre l’empire et vous avait mis de distance.

[…]

NÉRON.

Oui, madame, je veux que ma reconnaissance

Désormais dans les cœurs grave votre puissance ;

Et je bénis déjà cette heureuse froideur,

Qui de notre amitié va rallumer l’ardeur.

Quoi que Pallas ait fait, il suffit, je l’oublie ;

Avec Britannicus je me réconcilie ;

Et quant à cet amour qui nous a séparés,

Je vous fais notre arbitre, et vous nous jugerez.

Allez donc, et portez cette joie à mon frère.

Gardes, qu’on obéisse aux ordres de ma mère.

Merci🤗

La réponse se trouve dans la tirade d’Agrippine qui précède la dernière de Néron : elle énumère tout ce qu’elle souhaite en commençant toujours par "que". Néron ordonne aux gardes d’obéir à Agrippine.

L’autre réponse se trouve au début de la scène suivante : il annonce à Burrhus qu’il est lassé des "fureurs" d’Agrippine, qu’elle l’a "fatigué" du nom de Britannicus, et qu’il a joué la comédie pour mieux faire assassiner son demi-frère.