Les liaisons en français

Langue française

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Cher JehanMerci de votre réponse.En fait, comme je l’avais déjà indiqué dans un message qui a dû disparaître lorsque j’en ai ajouté d’autres, ou que j’ai cru à tort avoir déjà envoyé, il n’y a pas de différences quant aux liaisons derrière un imparfait ou un passé simple, et je savais déjà tout ce que vous mentionnez. Le problème est plutôt avec les personnes autres que la troisième et la sixième.Il faut simplement beaucoup de patience pour trouver toujours les citations adéquates.Amicalement et bien respectueusement..

BonjourVoici quelques passages des Mémoires de Louis-Philippe. J’y ai indiqué quelques liaisons phoniques, mais je les trouve inélégantes. Qu’en pensez-vous? Sont-elles souhaitables ou proscrites? Pierre Fouché, plus que sommaire sur ce point, se contente de dire "qu’il y a une liaison entre une forme du verbe "être" ou du verbe "avoir" avec un participe passé.Merci d’avance pour votre réponse, et bien respectueusement « Je ne doute pas qu’ils n’eussent été délivrés si M. de Bouillé avait été averti à temps. »« Jusqu’alors leur puissance avait eu pour base leur situation intermédiaire entre le Roi et le peuple. »« Il y eut quelques députés du côté gauche qui n’ayant été d’aucun club ne se présentèrent pas aux Jacobins» « Il est probable que si un gouvernement républicain avait été établi en France à l’époque du départ du Roi en 1791, la place de commandant général de la Garde nationale parisienne que M. de La Fayette occupait alors, et l’influence qu’il exerçait sur les ministres, et sur une partie de l’Assemblée, lui auraient donné de grandes chances de devenir le centre du pouvoir en suivant cette marche. »« Il a dit que M. de La Fayette avait eu le plan de faire une république »« Le nom de Feuillants fut donné à leurs membres comme celui de Jacobins l’avait été à ceux de l’ancien club. Le club des Feuillants n’eut qu’une existence éphémère, quoique celle du parti qui s’y forma ait été beaucoup plus longue. »« Il les tenait en échec par la force de son éloquence et de ses talents, et ne leur laissait d’autre moyen de jouer un rôle qu’en se faisant Tribunes du peuple ; ce qu’ils ont été tant qu’il a vécu » « Tout me porte à croire que les réviseurs désiraient aller plus loin qu’ils n’ont été »« La captivité si longue, si injuste et si impolitique que l’on fit subir depuis à M. de La Fayette, et exclusivement à ceux de ses compagnons d’infortune qui avaient été membres de l’Assemblée constituante, ne prouve que trop la vérité de mon assertion. »« Ce système aurait immédiatement triomphé, si l’Assemblée avait été disposée à s’en prévaloir, comme l’ont affirmé tant de gens égarés par leurs passions et aveuglés par l’esprit de parti, et même il est probable qu’elle aurait été entraînée par le torrent si elle ne s’y était pas opposée avec autant de force et de persévérance. Il s’en fallait beaucoup que le Roi eût alors pour s’y opposer autant de moyens qu’il en a eus depuis en 1792 ; car ces moyens lui avaient été fournis par cette même Constitution de 91 »

Est-ce l’homonymie avec "tété" qui vous gêne dans ces liaisons. Pour ma part, ces liaisons me paraissent naturelles en discours soutenu.

Bonsoir LamaneurJe vous remercie pour votre commentaire. Veuillez agréer l’expression de ma bien respectueuse considération.

Bonjour.Pensez-vous que les liaisons ou non-liaisons suivantes soient correctes, dans les phrases ci-après des Mémoires de Louis-Philippe ? Plus exactement, le contraire de la solution que je propose est-il envisageable, voire meilleur ?Mon père revint à Paris en avril ou en mai 1788Mais n’anticipons pas sur ce dont je n’aurai que trop à parler plus tard, et disons seulement qu’à la fin de septembre, mon père se flattait encore que ce procès n’aurait pas lieu, et qu’on se bornerait à garder le Roi en otage, jusqu’à la paix.Mais est-ce que vous croyez que les gens de la Montagne peuvent vraiment / être des amis pour vous ?Mais en effet, et si vous le permettiez, je vous en ferais la question. — Je le veux bien, quoiqu’il y ait dans ce cas-ci des nuances délicates et difficiles / à saisir, puisqu’elles tiennent à la différence de l’état des chosesQuant aux égards, ou aux déférences, il ne peut plus en être question, et même on ne se contente plus / aujourd’hui de nous avoir fait descendre au niveau commun, nous devons expier notre ancienne élévation, en étant placés plus bas et mis / à la queue de tout le monde. Malheureusement, il ne peut pas en être de même dans la Convention nationale dont la composition et l’esprit sont bien différents. Dégoûté de tout, abandonné de tous, je tombe, surtout quand je ne vous ai pas / auprès de moi, mes chers enfants, dans un état de mélancolie que j’aurais cru incompatible avec mon caractère, et mes dispositions naturelles.Pourrait-on lire « difficiles à saisir » et « mis à la queue »? Ce que ne semble pas envisager Pierre FouchéPage 474 de son livre, P. Fouché écrit : « On fait la liaison entre une deuxième personne (au singulier ou au pluriel) ou une première personne plurielle de l’impératif et les pronoms adverbiaux en, y non suivis d’un infinitif ». Dois-je en conclure que les liaisons « Voyons encore ce qui se passerait dans ce cas ; voyons aussi en quoi nous serions concernés » seraient incorrectes ? Merci d’avance pour votre réponse. Bien respectueusement.

A mon avis, il est un point qui manque dans cette discussion : l’évolution de la prononciation/articulation du français. Très claire depuis le début du XXe (il suffit d’écouter les reportages radio/TV). Et j’imagine que l’on ne prononce plus exactement de la même manière que sous Louis-Philippe. J’imagine aussi qu’un texte écrit qui n’est pas destiné à être déclamé ne s’inquiète pas trop des liaisons. C’est plutôt la poésie ou le théatre (versifié) contemporain d’un texte en prose qui va en fournir l’usage. Non ?

J’imagine aussi qu’un texte écrit qui n’est pas destiné à être déclamé ne s’inquiète pas trop des liaisons.

Je suis bien d’accord… Mais Michel a toujours eu soif de règles précises et de consignes nettes. Or, de très nombreuses liaisons, comme je le lui ai déjà dit, sont facultatives et dépendent fortement de la subjectivité de chacun, et de la situation d’énonciation.

Et encore ai-je oublié de mentionner l’aspect "régionalisme". On ne fait guère les mêmes liaisons en Anjou qu’en Alsace ;-) Et je pense qu’on ne fait pas toutes les mêmes dans toute la francophonie.Au risque d’être un peu provocateur, j’aurais tendance à dire, comme règle générale que, en cas de doute, il vaut mieux en faire moins qu’en faire (de) trop.

BonjourD’après le paragraphe 16 page 473 du livre de Pierre Fouché (Traité de prononciation française) , il y a une liaison phonique entre le pronom indéfini tout, sujet, et un verbe à un mode personnel, un adverbe ou une préposition.Mais qu’en est-il quand le pronom tout est remplacé par toutes comme dans les citations suivantes, particulièrement dans celle de Marceline Desbordes-Valmore ? « Ainsi parle l’Éternel : le ciel est mon trône, et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, et quel lieu me donneriez-vous pour demeure ? Toutes ces choses, ma main les a faites, et toutes ont reçu l’existence, dit l’Éternel » (La Bible, livre d’Isaïe, chap. 66, traduction par Louis Segond) ;« Toutes les nations voisines se sont mêlées, toutes ont été en guerre et ont changé de limites » (Voltaire, Essai sur les mœurs, chap. 12) ;« Aucune des anciennes soi-disant républiques n’a connu ce système, et toutes ont dû nécessairement aboutir au despotisme, qui est encore le moins insupportable, quand il est celui d’un seul » (Kant, Métaphysique des mœurs, traduction par Jules Barni) « On rit beaucoup tout le lendemain de cette aventure nocturne et le duc prétendit que si malheureusement dans un tel cas, il eût fait sauter un pucelage, il n’aurait pas été dans le cas de l’amende, parce qu’il était saoul. On l’assura qu’il se trompait, et qu’il l’aurait très bien payée. On déjeuna chez les sultanes à l’ordinaire, et toutes avouèrent qu’ils avaient eu une furieuse peur » (Sade, Les 120 journées de Sodome ou l’École du libertinage, vingtième journée)« Prévan est réellement aimable ; il l’est plus que vous ne le croyez ; il a surtout le talent très utile d’occuper beaucoup de son amour, par l’adresse qu’il a d’en parler dans le cercle, et devant tout le monde, en se servant de la première conversation qu’il trouve. Il est peu de femmes qui se sauvent alors du piège d’y répondre, parce que toutes ayant des prétentions à la finesse, aucune ne veut perdre l’occasion d’en montrer » (Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 76) ;« Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées // Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées » (Marceline Desbordes-Valmore, Les Roses de Saâdi) ;« Il serait difficile de dire lesquelles de ces filles-là étaient les plus belles ; toutes avaient le cou et la gorge d’une blancheur mate incomparable, un incarnat de rose, une allure de paon déployant ses grâces, et les cheveux en tresses descendant mollement de la nuque à la ceinture » (Gogol, Les Âmes mortes, chap. 12, traduction par Ernest Charrière)« Parmi les publications illustrées à la gloire de la Belgique, le grand album intitulé L’Héroïque Belgique est assurément le plus saisissant par son texte, dû aux meilleurs écrivains, par les nombreuses images dont il est semé. On y voit ce qu’était la Belgique avant la guerre. On y voit ce qu’ils ont fait de cette belle province européenne, que tant de personnes connaissaient, que toutes aimaient et admiraient dans son art, dans son histoire, dans la légende » (Rémy de Gourmont, Pendant l’orage) ;  Et lorsque les faciles amantes de ce gracieux temps partirent pour la prison, en attendant l’échafaud, presque toutes emportèrent les Vies des pères du désert, où elles puisaient le courage et la résignation à la volonté divine (André Maurel, dans la Revue bleue, à propos de « Thaïs » d’Anatole France). Avec tous, le problème semble plus simple, car il n’y a visiblement pas d’accord :« Tous ensemble, en quelque degré de sa confiance qu’il vous ait reçus, environnez ce tombeau ; versez des larmes avec des prières ; et, admirant dans un si grand prince une amitié si commode et un commerce si doux, conservez le souvenir d’un héros dont la bonté avait égalé le courage » (Bossuet, Oraison du prince de Condé) ;« Tous avouent que le sentiment ne peut se connaître que par expérience » (Vauvenargues, Introduction à la connaissance de l’esprit humain, livre I, Du goût) ; Merci d’avance pour votre réponse. Bien respectueusement.

BonsoirJe vois que que Jean-Michel Kalmbach répond à ma question dans son article sur les liaisons. "La liaison est facultative (et relativement fréquente dans le code écrit parlé) quand toutes est sujet du verbe. Mais la liaison est interdite quand toutes est repris après le verbe. Elles ont toutes // accepté." Bien respectueusement

Bonjour Michel.

En ce qui concerne le pronom indéfini pluriel toutes, dans vos citations, qui sont en langue soutenue, la liaison me semble possible partout. Elle me paraît même obligatoire dans les vers de Marceline Desbordes-Valmore, sinon l’alexandrin n’aurait pas le bon compte de syllabes.

Avec tous, le problème semble plus simple, car il n’y a visiblement pas d’accord.

Votre interrogation porte sur une éventuelle liaison… Quel rapport avec un accord ou un non-accord ? Un accord entre quoi et quoi ?

Le pronom indéfini pluriel tous se prononce aujourd’hui "touss" dans tous les cas de figure, que ce soit avant voyelle (Tous obéissent) avant consonne (Tous viendront) ou en fin de phrase (Ils y vont tous). Cela dit, en fin de XIXe siècle, Littré trouvait encore cela incorrect, et préconisait la liaison "touz" avant voyelle, le s demeurant muet dans tous les autres cas.

Bonjour JehanJe vous remercie pour votre réponse. Dans son « Guide de grammaire française pour apprenants finnophones », Jean-Michel Kalmbach écrit que « La liaison est interdite quand toutes est repris après le verbe : Elles ont toutes / accepté ».Comme je n’étais pas certain que cette position fût exacte, j’ai fait quelques recherches électroniques supplémentaires, d’autant que Pierre Fouché donne les liaisons suivantes : « Il nous a toutes aimées », « Les journées se passèrent toutes ainsi », « Elles sont toutes en bas ».J’ai trouvé les citations suivantes, dans lesquelles il y a bien, je suppose une liaison : « Et cependant qu’il ordonnoit toutes ces choses, la belle Daphnide et toutes ces estrangeres, et honnestes bergeres, finirent de s’habiller, et incontinent apres se mirent toutes ensemble en chemin, pour s’en aller au petit pas au lieu où le sacrifice devoit estre faict. Alexis entre toutes / estoit la plus interdicte » (Honoré d’Urfé, L’Astrée, III, 7) ;« Ces décrétales, dans toutes les citations des passages de l’Écriture, emploient la version appelée Vulgate, faite ou du moins revue et corrigée par saint Jérôme ; donc elles sont plus récentes que saint Jérôme. Enfin elles sont toutes écrites d’un même style, qui est très barbare, et en cela très- conforme à l’ignorance du VIIIe siècle : or il n’est pas vraisemblable que tous les différents papes dont elles portent le nom aient affecté cette uniformité de style. On peut en conclure avec assurance que toutes ces décrétales sont d’une même main » (Voltaire, Dictionnaire philosophique, Décrétales) ; « Ils sortirent du caveau, dont Pierrot avait la clef dans sa poche, et, — sans suivre les rues des morts, glissant entre les monuments funéraires, heurtant les croix, effleurant les herbes, — ils s’en allèrent, bras dessus, bras dessous, voir s’il existait encore des viveurs parisiens de mi-carême. Pierrot avait aimé des femmes innombrables, ou, s’il ne les avait pas toutes aimées, il avait fait avec elles ce qu’on fait quand on est aimé » (Félicien Champsaur, Pierrot et sa conscience, chap. 2, 1896). Sans être exactement le modèle proposé par Jean-Michel Kalmbach, cela y ressemble un peu. Amicalement et bien respectueusement