La connaissance est la seule morale du roman

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour!

J'ai une dissert à faire ayant pour sujet: "Découvrir ce que seul un roman puisse découvrir,c'est la seule raison d'être d'un roman. Le roman qui ne découvre pas une portion jusque là inconnue de l'existence est immoral. La connaissance est la seule morale du roman." (Milan Kundera)
Vous apprécierez,etc.

En fait,je ne demande pas d'aide à propos d'un plan à trouver,mais à propos de la définition même de la "morale" ici. J'ai du mal à établir un lien entre exploration de la vie humaine et moralité.
Faut-il y voir un lien avec son affirmation "Roman=poésie antilyrique", c'est-à-dire qu'on ne doit pas y retrouver les sentiments personnels de l'auteur,pas de lyrisme,pas de romantisme,pas de kitsch? Simplement de la connaissance…?
Faut-il comprendre que l'auteur doit rester soumis au vraisemblable? Pourtant,en lisant L'insoutenable légèreté de l'être,la vraisemblance ne me paraissait pas être de mise continuellement…
Mmh,je suis un peu perdue.

Et si vous avez des conseils de lecture à propos du roman et de ses enjeux,je suis preneuse! =D
Je pense que je vais me replonger dans l'Art du roman d'ailleurs.

Merci d'avance,et bonne soirée à tous! =)
"Le livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous."
Franz Kafka, lettre à Oskar Pollak, 1904.

Bonjour,

je pense que vous pourrez trouver ici :

https://www.ledevoir.com/culture/livres/83335/milan-kundera-le-roman-comme-art

matière à élaborer votre travail. Bon courage.
Bonjour MelleY,

Il faudrait définir préalablement ce que Kundera nomme morale.
Ce n'est sans doute pas la notion du Bien et du Mal, mais plutôt une ouverture sur les moeurs, la manière dont le Siècle classique et ses moralistes ont étudié les ressorts du comportement humain. Kundera pencherait donc vers le roman psychologique, le roman d'investigation, le roman d'apprentissage… mettant en avant non le récit, mais plutôt les personnages.
Il est possible aussi que Kundera joue sur le double sens moral (axiologique/sociologique) et que la citation s'inscrive dans un contexte où il protesterait contre l'accusation d'immoralité portée contre le roman (accusation presque aussi vieille que le roman lui-même : voir Pierre-Daniel Huet, Traité de l’origine des romans, 1670 : « ce que l’on appelle prorement roman sont des fictions d’aventures amoureuses, écrites en prose avec art, pour le plaisir et l’instruction des lecteurs). Kundera récuserait que la morale soit un critère d'évaluation du roman, et proposerait de remplacer ce critère par un autre, la connaissance qu'il apporte. Il y aurait donc, comme critère pour juger un roman, le remplacement d'une morale au sens axiologique (bien/mal) par une morale au sens sociologique (les mœurs). Le présupposé sous-jacent à ce remplacement, c'est que la connaissance exige un dépassement de la morale : là encore, c'est une idée traditionnelle, qui gouverne le projet du roman réaliste (voir Zola, mais aussi Balzac, dans Le Père Goriot : "Mais Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n'en connaîtrez jamais la profondeur. Parcourez-le, décrivez-le ! quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire ; quelque nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s'y rencontrera toujours un lieu vierge, un antre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d'inouï, oublié par les plongeurs littéraires." Le romancier est ce "plongeur littéraire" dont la mission est de mettre au jour les profondeurs de la société, qu'on y trouve des "perles" ou des "monstres").
Merci pour vos réponses rapides et précises!
Trialph a écrit :Kundera récuserait que la morale soit un critère d'évaluation du roman, et proposerait de remplacer ce critère par un autre, la connaissance qu'il apporte. Il y aurait donc, comme critère pour juger un roman, le remplacement d'une morale au sens axiologique (bien/mal) par une morale au sens sociologique (les mœurs). Le présupposé sous-jacent à ce remplacement, c'est que la connaissance exige un dépassement de la morale : là encore, c'est une idée traditionnelle, qui gouverne le projet du roman réaliste
Je comprends mieux, maintenant, pourquoi Kundera disait que le livre devient "pleinement et radicalement roman" quand il invente "un territoire où le jugement moral est interdit".

Super,je comprends mon sujet de dissert et un semblant de plan s'esquisse!
Encore merci,et bonne journée. Bonjour,
Je sais que les double messages sont à éviter mais j'ai encore quelques questions et je ne savais pas si les messages édités apparaissaient comme nouveaux messages. Désolée''

Je cherche maintenant à opposer la vision du roman de Kundera à d'autres. Seulement,tout ce que je lis ne fait qu'appuyer cette thèse.

Puisque "roman=poésie antilyrique",je pensais parler des romantiques. Mais chez eux aussi, le roman est un moyen d'atteindre la connaissance,non?

Je pensais aussi parler de la vision très "classique" du roman: prôner la vertu, dénoncer le vice. Mais le but visé était une fois encore la connaissance,l'instruction.
A moins que je fasse l'amalgame entre connaissance/instruction.

Le nouveau roman,par contre,ne pose pas de problèmes. Il ne vise pas la connaissance,plutôt un changement radical des procédés narratifs. Il n'est pas basé sur la psychologie du personnage.

N'hésitez pas à me reprendre surtout =)

Bonne journée,bon week end!
(hypokhâgne) Bonjour,

Je suis bloquée depuis une semaine sur ce sujet et je voudrais bien de l'aide:
" Découvrir ce que seul un roman peut découvrir, c'est la seule raison d'être d'un roman. Le roman qui ne découvre pas une portion jusqu'alors inconnue de l'existence est immoral. La connaissance est la seule morale du roman." Kundera, L'art du roman

Vous commenterez cette affirmation à l'aide d'exemples précis

Voici ce que j'ai fait
la problématique pourrait être: le roman a-t-il pour seul objectif de révéler un nouvel aspect de l'existence humaine au lecteur ou peut-on attendre de lui qu'il apporte une autre forme de morale ?

Le plan dialectique avec d'abord la thèse de Kundera selon laquelle le roman doit délivrer une connaissance inédite qui risque peut-etre de gêner les bonnes consciences pour être moral (le roman doit tout révéler même si ce sont des choses qui ne sont pas morales) (sur quels genre de roman puis-je m'appuyer ?) ,
puis en limite à son argument je dis que le roman peut aussi éduquer le lecteur. Il edifie le lecteur à bien se comporter en créant un récit moral même si en réalité tout le monde ne respecte pas les codes (je parle de romans d'apprentissage?)
Mais je ne sais pas quoi mettre dans la dernière partie.

Merci d'avance!
(Je dois la rendre mardi)
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/20923-la-connaissance-est-la-seule-morale-du-roman.html
J'ai déjà regardé cette page mais je ne comprends pas, on peut m'éclairer à partir de ce que j'ai fait ?
Il faudrait sans doute commencer par cerner mieux le propos de Kundera dans "L'Art du roman". Il me semble que ton approche est bien réductrice.
Faut-il que je fasse:
1/ roman edifie le lecteur…
2/…Mais il a aussi été très controversé car il a aussi porté atteinte aux bonnes moeurs
3/ finalement le roman sert de réflexion sur soi, il sert à nous poser des questions existentielles
Il faudrait revoir ce que Kundera entend par "morale" du roman.
Il est risqué de vouloir proposer un plan sur des bases fragiles.
Hâte-toi … lentement …