Maupassant, Le Voleur

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Je voudrais que quelqu'un me fait comprendre que veut dire un réçit réaliste . Car je doit faire un paragraphe sur le texte de Guy Maupassant ( Le Voleur ) Et je doit expliquer en quoi c'est un texte réaliste. Si quelqu'un pouvait m'aider ce serait très gentille .

Texte :
LE VOLEUR

"Puisque je vous dis qu'on ne la croira pas.
- Racontez tout de même.
- Je le veux bien. Mais j'éprouve d'abord le besoin de vous affirmer que mon histoire est vraie en tous points, quelque invraisemblable qu'elle paraisse. Les peintres seuls ne s'étonneront point, surtout les vieux qui ont connu cette époque où l'esprit farceur sévissait si bien qu'il nous hantait encore dans les circonstances les plus graves."
Et le vieil artiste se mit à cheval sur une chaise.
Ceci se passait dans la salle à manger d'un hôtel de Barbizon.
Il reprit : "Donc nous avions dîné ce soir-là chez le pauvre Sorieul, aujourd'hui mort, le plus enragé de nous. Nous étions trois seulement : Sorieul, moi et Le Poittevin, je crois ; mais je n'oserais affirmer que c'était lui. Je parle, bien entendu, du peintre de marine Eugène Le Poittevin, mort aussi, et non du paysagiste, bien vivant et plein de talent.
Dire que nous avions dîné chez Sorieul, cela signifie que nous étions gris. Le Poittevin seul avait gardé sa raison, un peu noyée il est vrai, mais claire encore. Nous étions jeunes, en ce temps-là. Etendus sur des tapis, nous discourions extravagamment dans la petite chambre qui touchait à l'atelier. Sorieul, le dos à terre, les jambes sur une chaise, parlait bataille, discourait sur les uniformes de l'Empire, et soudain se levant, il prit dans sa grande armoire aux accessoires une tunique complète de hussard, et s'en revêtit. Après quoi il contraignit Le Poittevin à se costumer en grenadier. Et comme celui-ci résistait, nous l'empoignâmes, et, après l'avoir déshabillé, nous l'introduisîmes dans un uniforme immense où il fut englouti.
Je me déguisai moi-même en cuirassier. Et Sorieul nous fit exécuter un mouvement compliqué. Puis il s'écria : "Puisque nous sommes ce soir des soudards, buvons comme des soudards."
Un punch fut allumé, avalé, puis une seconde fois la flamme s'éleva sur le bol rempli de rhum. Et nous chantions à pleine gueule des chansons anciennes, des chansons que braillaient jadis les vieux troupiers de la grande armée.
Tout à coup Le Poittevin, qui restait, malgré tout, presque maître de lui, nous fit taire, puis, après un silence de quelques secondes, il dit à mi-voix : "Je suis sûr qu'on a marché dans l'atelier." Sorieul se leva comme il put, et s'écria : "Un voleur ! quelle chance !" Puis, soudain, il entonna la Marseillaise :



Aux armes, citoyens !

Et, se précipitant sur une panoplie, il nous équipa, selon nos uniformes. J'eus une sorte de mousquet et un sabre ; Le Poittevin, un gigantesque fusil à baïonnette, et Sorieul, ne trouvant pas ce qu'il fallait, s'empara d'un pistolet d'arçon qu'il glissa dans sa ceinture, et d'une hache d'abordage qu'il brandit. Puis il ouvrit avec précaution la porte de l'atelier, et l'armée entra sur le territoire suspect.
Quand nous fûmes au milieu de la vaste pièce encombrée de toiles immenses, de meubles, d'objets singuliers et inattendus, Sorieul nous dit : "Je me nomme général. Tenons un conseil de guerre. Toi, les cuirassiers, tu vas couper la retraite à l'ennemi, c'est-à-dire donner un tour de clef à la porte. Toi, les grenadiers, tu seras mon escorte."
J'exécutai le mouvement commandé, puis je rejoignis le gros des troupes qui opérait une reconnaissance.
Au moment où j'allais le rattraper derrière un grand paravent, un bruit furieux éclata. Je m'élançai, portant toujours une bougie à la main. Le Poittevin venait de traverser d'un coup de baïonnette la poitrine d'un mannequin dont Sorieul fendait la tête à coups de hache. L'erreur reconnue, le général commanda : "Soyons prudents", et les opérations recommencèrent.
Depuis vingt minutes au moins on fouillait tous les coins et recoins de l'atelier, sans succès, quand Le Poittevin eut l'idée d'ouvrir un immense placard. Il était sombre et profond, j'avançai mon bras qui tenait la lumière, et je reculai stupéfait ; un homme était là, un homme vivant, qui m'avait regardé.
Immédiatement, je refermai le placard à deux tours de clef, et on tint de nouveau conseil.
Les avis étaient très partagés. Sorieul voulait enfumer le voleur. Le Poittevin parlait de le prendre par la famine. Je proposai de faire sauter le placard avec de la poudre.
L'avis de Le Poittevin prévalut ; et, pendant qu'il montait la garde avec son grand fusil, nous allâmes chercher le reste du punch et nos pipes ; puis on s'installa devant la porte fermée, et on but au prisonnier.
Au bout d'une demi-heure, Sorieul dit : "C'est égal, je voudrais bien le voir de près. Si nous nous emparions de lui par la force ?"
Je criai : "Bravo !" Chacun s'élança sur ses armes ; la porte du placard fut ouverte, et Sorieul, armant son pistolet qui n'était pas chargé, se précipita le premier.
Nous le suivîmes en hurlant. Ce fut une bousculade effroyable dans l'ombre ; et après cinq minutes d'une lutte invraisemblable, nous ramenâmes au jour une sorte de vieux bandit à cheveux blancs, sordide et déguenillé.
On lui lia les pieds et les mains, puis on l'assit dans un fauteuil. Il ne prononça pas une parole.
Alors Sorieul, pénétré d'une ivresse solennelle, se tourna vers nous :
"Maintenant nous allons juger ce misérable."
J'étais tellement gris que cette proposition me parut toute naturelle.
Le Poittevin fut chargé de présenter la défense et moi de soutenir l'accusation.
Il fut condamné à mort à l'unanimité moins une voix, celle de son défenseur.
"Nous allons l'exécuter", dit Sorieul. Mais un scrupule lui vint : "Cet homme ne doit pas mourir privé des secours de la religion. Si on allait chercher un prêtre ?" J'objectai qu'il était tard. Alors Sorieul me proposa de remplir cet office ; et il exhorta le criminel à se confesser dans mon sein.
L'homme, depuis cinq minutes, roulait des yeux épouvantés, se demandant à quel genre d'êtres il avait affaire. Alors il articula d'une voix creuse, brûlée par l'alcool "Vous voulez rire, sans doute." Mais Sorieul l'agenouilla de force, et, de crainte que ses parents eussent omis de le faire baptiser, il lui versa sur le crâne un verre de rhum.
Puis il dit :
"Confesse-toi à monsieur ; ta dernière heure a sonné."
Eperdu, le vieux gredin se mit à crier :
"Au secours !" avec une telle force qu'on fut contraint de le bâillonner pour ne pas réveiller tous les voisins. Alors il se roula par terre, ruant et se tordant, renversant les meubles, crevant les toiles. A la fin, Sorieul, impatienté, cria : "Finissons-en." Et visant le misérable étendu par terre, il pressa la détente de son pistolet. Le chien tomba avec un bruit sec. Emporté par l'exemple, je tirai à mon tour. Mon fusil, qui était à pierre, lança une étincelle dont je fus surpris.
Alors Le Poittevin prononça gravement ces paroles : "Avons-nous bien le droit de tuer cet homme ?"
Sorieul, stupéfait, répondit : "Puisque nous l'avons condamné à mort !"
Mais Le Poittevin reprit : "On ne fusille pas les civils, celui-ci doit être livré au bourreau. Il faut le conduire au poste."
L'argument nous parut concluant. On ramassa l'homme, et comme il ne pouvait marcher, il fut placé sur une planche de table à modèle, solidement attaché, et je l'emportai avec Le Poittevin, tandis que Sorieul, armé jusqu'aux dents, fermait la marche.
Devant le poste, la sentinelle nous arrêta. Le chef de poste, mandé, nous reconnut, et, comme chaque jour il était témoin de nos farces, de nos scies, de nos inventions invraisemblables, il se contenta de rire et refusa notre prisonnier.
Sorieul insista : alors le soldat nous invita sévèrement à retourner chez nous sans faire de bruit.
La troupe se remit en route et rentra dans l'atelier. Je demandai : "Qu'allons-nous faire du voleur ?"
Le Poittevin, attendri, affirma qu'il devait être bien fatigué, cet homme. En effet, il avait l'air agonisant, ainsi ficelé, bâillonné, ligaturé sur sa planche.
Je fus pris à mon tour d'une pitié violente, une pitié d'ivrogne, et, enlevant son bâillon, je lui demandai : "Eh bien, mon pauv'vieux, comment ça va-t-il ?"
Il gémit : "J'en ai assez, nom d'un chien !" Alors Sorieul devint paternel. Il le délivra de tous ses liens, le fit asseoir, le tutoya, et, pour le réconforter, nous nous mîmes tous trois à préparer bien vite un nouveau punch. Le voleur, tranquille dans son fauteuil, nous regardait. Quand la boisson fut prête, on lui tendit un verre- nous lui aurions volontiers soutenu la tête, et on trinqua.
Le prisonnier but autant qu'un régiment. Mais, comme le jour commençait à paraître, il se leva, et, d'un air fort calme : "Je vais être obligé de vous
quitter, parce qu'il faut que je rentre chez moi."
Nous fûmes désolés ; on voulut le retenir, mais il se refusa à rester plus longtemps.
Alors on se serra la main, et Sorieul, avec sa bougie, l'éclaira dans le vestibule. en criant : "Prenez garde à la marche sous la porte cochère."
On riait franchement autour du conteur. Il se leva, alluma sa pipe, et il ajouta, en se campant en face de nous .
"Mais le plus drôle de mon histoire c'est qu'elle est vraie."

21 juin 1882
Regarde l'étude de Pierre et Jean de Maupassant sur ce site, à partir de ce manifeste du réalisme tu pourras montrer que le voleur fait partie de ce courant.

Tu peux aussi regarder là:
Préface de Pierre et Jean de Maupassant
Merci beaucoup .
Mais je n'arrive pas car je doit faire un paragraphe pour dire en quoi ce récit est réaliste et un deuxième pour dire en quoi il est bref . Et je ne connait ni la définition de' l'un ni de l'autre ,alors je suis perdu et je voudrais bien que quelqu'un me donne de l'aide . Et essaie de me donner quelques démarche pour réussir .

Merci 1000 fois d'avance .
en quoi il est bref . Et je ne connais ni la définition de' l'un ni de l'autre
Réfléchis un minimum, tu ne sais pas ce qu'est un récit bref?
Tu peux baser ici ton paragraphe d'une part sur l'intrigue, d'autre part sur les personnages(leur psychologie, probablement peu développée et leur nombre, restreint).

Pour le réalisme, tu as largement de quoi faire un paragraphe à partir de la préface de Pierre et Jean, en fonction de la définition du réalise que celle-ci développe.
bonjour a tous j'ai vraiment besoin d'aide sur des questions qui portent sur le texte " le voleur " de Maupassant alors voila le texte pour ceux qui l'on jamais lu :

alors voila les questions sur lesquelles je bloque : :/ :/ :/

1) Quels éléments apportent un caractère théâtral à cette anecdote ?
Repérez et analyser le comique de situation, le comique de gestes, le comique de mots. Etudiez la place de la parodie dans la page . Alors pour cette question j'ai seulement trouvé les costumes pour les éléments et sinon le reste j'ai bo chercher dans chaque ligne mais je ne trouve pas !

2) Par quels groupes nominaux le voleur est-il successivement désigné? alors ici j'ai seulement trouvé "un homme"
Quel changement d'attitude à son égard cela traduit'il ? alors ici je n'ai pas compris
Analyser le comique de la dernière replique qui lui est adressée . Alors cette question euuu.. je n'y comprend rien du tout !

aidez moi s'il vous plait cela me serai d'une grande aide ! merci d'avance merci merci merci !! 😀 😀 😀
Il faudrait relire correctement cette histoire car visiblement tu ne l'as pas comprise. Déjà il y a environ 8 GN qui désignent le voleur, impossible de n'en trouver qu'un seul (même s'il est juste).
Ensuite toute l'histoire est comique : ils sont "gris", c'est à dire ivres, et du coup ils se déguisent, ils se prennent réellement pour des soldats ("J'exécutai le mouvement commandé, puis je rejoignis le gros des troupes qui opérait une reconnaissance"), leurs idées de punitions sont ridicules aussi, tout comme le fait de le juger, d'être plusieurs et de ne savoir comment attraper ce pauvre homme, etc;
Quant à la fin : ils le laissent tout naturellement rentrer chez lui (après avoir trinqué !) en lui donnant des conseils, alors qu'ils se sont donné tant de mal à l'arrêter…
Ce ne sont que quelques pistes, quand tu auras compris l'histoire tu verras tous les aspects ridicules de leur attitude (y compris leur langage car ils se prennent au sérieux…)
Merci beaucoup ammy tu m'a vraiment aidée mais maintenant j'au rai besoin d'aide pour strructurer mes reponses :

donc pour la question 1) : ici je doit dire que les elements sont que le fait que les personnages soit ivres donnent un aspect comique a l'histoire et que donc du coup ils se deguisent et ils font semblant de faire les soldats ?
et ensuite il disent : analyser les différents comiques et c'est la que je ne comprend pas il faut que je relève des mots ?
et puis "etudiez la place de la parodie dans la page " je n'ai toujours pas compris la question ?

donc ensuite pour la question 2) : les GN sont : un voleur ; l'ennemi, un homme; un homme vivant; le voleur; prisonnier; vieux bandit ; ce misérable; cet homme;vieux gredin; les civils ?; l'homme; voleur; cet homme; mon pauv'vieux ?; le voleur, le prisonnier voila pour les GN
le changement d'attitude sa non plus je n'ai pas toujours compris !
et pour l'analyse de la derniere replique merci j'ai très bien compris ce qu'il fallait dégager ici merci beaucoup vraiment

donc pour résumer c'est encore sur la question 1 que j'ai du mal et le changement d'attitude de la question 2 !

merci merci merci beaucoup de votre aide j'attend vos reponses avec impatiente merci merci merci d'avance 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀
J'ai trop peu de temps pour la question 1, renseigne-toi sur ce qu'est le comique de geste, de mot, etc. et trouve des passages du textes qui illustrent chacun (tu peux les résumer ou en recopier des passages brefs).

Pour le changement d'attitude : ne vois-tu pas une évolution entre le fait de nommer quelqu'un "le voleur", "l'ennemi" puis "mon pauv'vieux" ? Ne vois-tu pas la différence entre "l'ennemi" qu'ils s'imaginent et le pauvre vieil homme avec qui ils trinquent à la fin ?

Je persiste à dire que tu n'as pas compris cette histoire : l'homme raconte qu'un soir, avec des amis, il a trop bu. Alors qu'ils étaient ivres, ils ont entendu du bruit (un homme qui fouillait), et ils se sont pris pour des héros qui allaient capturer un terrible ennemi. Ils se prennent trop au sérieux, ils se mettent en tenue, font un plan d'attaque, utilisent du vocabulaire militaire, se prennent pour des justiciers. On dirait qu'ils vont arrêter un terrible criminel dangereux. Finalement ils tombent sur un pauvre homme, qui boit un coup avec eux, qui n'était pas du tout dangereux, et qui veut juste rentrer chez lui tranquillement. Après coup ils se sentent ridicules, c'est pour cela qu'au début il hésite à raconter ce souvenir.
merci beaucoup ammy pour ton aide ! et j'ai très bien compris l'histoire maintenant ! MERCI
Hayeme, si tu es étranger, il faut dire que tu ne comprends pas bien la langue et on pourra mieux t'aider.
Un texte bref, c'est un texte qui est court (petit).
Le mot réaliste vient de réel. La réalité c'est le contraire du rêve, c'est la vie de tous les jours.