Dans une langue châtiée on dit : "j'ai tout ce qu'il faut". Mais on dit au moins aussi souvent "j'ai tout ce qui faut". Tout se passe comme si en relative, le verbe à construction impersonnelle 'il faut quelque chose" retrouvait une construction hors d'âge "quelque chose faut", ou "faut quelque chose". Est-ce que cette altération de la construction usuelle en relative est considérée comme fautive?
Verbe impersonnel dans une relative
11 réponses
Selon le Robert des Difficultés, dans des expressions comme "l'homme qu'il faut "ou "ce qu'il faut", le verbe falloir ne peut être qu'impersonnel. Il considère donc "ce qui faut" comme erroné.
Car de nos jours, le verbe falloir est toujours impersonnel.
Mais quand un verbe n'est pas uniquement impersonnel, aucun problème pour les deux tournures :
Par exemple, "ce qui arrive" et "ce qu'il arrive" sont tous deux corrects.
On peut penser que "tout ce qui faut" devrait plutôt s'écrire "tout ce qu'i faut" ou "tout ce qu'y faut" : transcriptions de la prononciation populaire de "il".
Car de nos jours, le verbe falloir est toujours impersonnel.
Mais quand un verbe n'est pas uniquement impersonnel, aucun problème pour les deux tournures :
Par exemple, "ce qui arrive" et "ce qu'il arrive" sont tous deux corrects.
On peut penser que "tout ce qui faut" devrait plutôt s'écrire "tout ce qu'i faut" ou "tout ce qu'y faut" : transcriptions de la prononciation populaire de "il".
Qu'en est-il du verbe rester? Celui-ci est personnel et impersonnel, mais change de sens selon la construction.
Un film se nomme "Le temps qu'il reste", pouvait-on dire "le temps qui reste", et si oui, cela signifie-t-il la même chose?
Un film se nomme "Le temps qu'il reste", pouvait-on dire "le temps qui reste", et si oui, cela signifie-t-il la même chose?
Puisque tu dis que le verbe "rester" change de sens en passant de la forme personnelle à la forme impersonnelle, tu dois bien avoir déjà une petite idée…
Pour ma part, je n'ai pas l'impression que les nuances de sens de ce verbe soient liées à un tel changement de forme. Aurais-tu des exemples explicites ?
Pour ma part, je n'ai pas l'impression que les nuances de sens de ce verbe soient liées à un tel changement de forme. Aurais-tu des exemples explicites ?
Oui je me suis fait ma petite idée. D'après moi "rester" ne signifie pas la même chose selon la construction.
Il reste ta poupée barbie dans la boite
(on a enlevé tous les autres jouets, mais il y a encore cette poupée).
À vrai dire le possessif, ou l'article défini passent mal. On est presque contraint de dire il reste une poupée. Cette nécessité ne se fait pas du tout sentir pour l'exemple suivant.
Ta poupée barbie reste dans la boite
(elle est encore et toujours là!)
Dans le premier cas "il reste" signifie : "après soustraction il y a encore…"
Dans le deuxième cas "reste" signifie : "demeure".
C'est pourquoi "le temps qu'il reste" n'aurait pu s'intituler "le temps qui reste". Surtout, que si on prend "il reste du temps", cela concerne le temps qui n'est pas encore écoulé, donc au temps avenir. Or si on dit d'une chose qu'elle reste, cela se rapporte à une chose qui a commencé dans le passé et qui continue de durer.
Il reste ta poupée barbie dans la boite
(on a enlevé tous les autres jouets, mais il y a encore cette poupée).
À vrai dire le possessif, ou l'article défini passent mal. On est presque contraint de dire il reste une poupée. Cette nécessité ne se fait pas du tout sentir pour l'exemple suivant.
Ta poupée barbie reste dans la boite
(elle est encore et toujours là!)
Dans le premier cas "il reste" signifie : "après soustraction il y a encore…"
Dans le deuxième cas "reste" signifie : "demeure".
C'est pourquoi "le temps qu'il reste" n'aurait pu s'intituler "le temps qui reste". Surtout, que si on prend "il reste du temps", cela concerne le temps qui n'est pas encore écoulé, donc au temps avenir. Or si on dit d'une chose qu'elle reste, cela se rapporte à une chose qui a commencé dans le passé et qui continue de durer.
Je ne vois pas pourquoi "le temps qui reste" signifierait forcément "le temps qui perdure" et non "le temps restant". Comparons :
1) Il n'y a plus qu'une poupée dans la boîte. Et la poupée qui reste, c'est ta poupée Barbie. On a enlevé les autres.
2) Plus qu'une heure à attendre. Et le temps qui reste, c'est l'heure pas encore écoulée. Le temps déjà passé ne compte plus.
"Le temps qu'il reste" peut certes exprimer aussi ce temps restant…
Mais c'est de façon ambiguë.
Car ce n'est pas forcément une forme impersonnelle.
Le "il" peut remplacer un être, une personne…
Et le titre change alors complètement de sens :
Le temps qu'il reste = Le temps que cette personne reste.
1) Il n'y a plus qu'une poupée dans la boîte. Et la poupée qui reste, c'est ta poupée Barbie. On a enlevé les autres.
2) Plus qu'une heure à attendre. Et le temps qui reste, c'est l'heure pas encore écoulée. Le temps déjà passé ne compte plus.
"Le temps qu'il reste" peut certes exprimer aussi ce temps restant…
Mais c'est de façon ambiguë.
Car ce n'est pas forcément une forme impersonnelle.
Le "il" peut remplacer un être, une personne…
Et le titre change alors complètement de sens :
Le temps qu'il reste = Le temps que cette personne reste.
Bonsoir,
Je suis certaine qu'Edy avait expliqué les deux tournures, mais je ne parviens pas à mettre la main sur la discussion… :/
Muriel
Je suis certaine qu'Edy avait expliqué les deux tournures, mais je ne parviens pas à mettre la main sur la discussion… :/
Muriel
Je vais chercher moi aussi.
En commençant à fouiller dans le site, je suis déjà tombé sur cet extrait de dialogue dans un texte d'Olivier Py :
(Message édité) Dernière minute. J'ai eu l'idée d'ouvrir mon bon vieux Robert des Difficultés :
En commençant à fouiller dans le site, je suis déjà tombé sur cet extrait de dialogue dans un texte d'Olivier Py :
Qu'est-ce qu'il reste de cette France ? Qu'est-ce qui reste de cette semence paysanne et littéraire, ce défi né dans un champ de betteraves et cultivé dans les salons du faubourg Saint-Honoré ?Je doute que cet auteur, lui, fasse une distinction de sens entre la forme impersonnelle et l'autre…
(Message édité) Dernière minute. J'ai eu l'idée d'ouvrir mon bon vieux Robert des Difficultés :
ce qui reste et ce qu'il reste. Ces deux tournures s'emploient indifféremment, le verbe rester admettant fort bien la construction impersonnelle.
qui ou qu'il. Avec certains verbes qui admettent à la fois la construction impersonnelle et la construction personnelle, on emploiera à peu près indifféremment : Qu'est-ce qu'il se passe et Qu'est-ce qui se passe…[/i]
C'est ça que vous cherchez :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/2781-ce-qui-ou-ce-quil.html
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/2781-ce-qui-ou-ce-quil.html
Merveilleuse Anne ! Je vous nomme modératrice adjointe ! 😂
Et un grand merci ! =)
Et un grand merci ! =)
Oui, grand merci, Anne ! 🙂
Très éloquent !
Très éloquent !
d) RESTER accepte assez facilement les deux tours :
* Il sait CE QUI / CE QU’IL lui reste à faire.
* Toutes les démarches QUI me resteNT / QU’IL me reste à faire.
* CE QUI / QU’IL lui reste d’argent.
Citations de Grevisse :
* CE QU’IL restait de fromage. (A. Daudet)
* Tous les livres QU’IL me reste à lire. (Renard)
* Durant les trente années QU’IL lui restait à vivre. (Anatole France)
* CE QU’IL lui restait à faire. (Rolland)
* Tout CE QU’IL vous reste à découvrir. (Duhamel)
* C’est tout CE QU’IL restait de l’ancienne chapelle. (E. Henriot)
* Le peu d’argent QUI lui restait. (Stendhal)
* CE QUI me restait à tenter. (A. Daudet)
* Le peu n’énergie QUI lui reste. (R. Martin du Gard)
* Le peu d’heures QUI me resteNT à vivre. (Benda)
* CE QUI lui reste de sainteté. (Maurois)
* Le peu de courage QUI lui reste. (Romains)



