Edit… ou pas

Langue française

48 réponses · Page 2 / 3

Pour la soudure de la locution employée substantivement, voir cette page, paragraphe 8, mots empruntés, mots d'origine latine…
Tous ces accents qu'ils rajoutent, ça ne devrait pas être permis! Je ne saurais me faire au vadémécum… Mais peut-être suis-je en cela aussi coincé et réactionnaire que d'autres le sont à propos des jolis anglicismes couramment employés sur les forums : topic, thread, edit, flood… Ce dernier n'est pas le moins important.
Lucretius a écrit :
Tous ces accents qu'ils rajoutent, ça ne devrait pas être permis! Je ne saurais me faire au vadémécum
Bah si, c'est bien les accents ou les aides à la prononciation autochtone.
Ma mère, qui ne connaît rien à l'anglais, nous a quand même dit, quand nous étions jeunes (ses enfants) : « Ah ! c'est quoi ces « bé-a-tle » qui crient dans votre chambre ? (C'étaient les Beatles. =D)
Dans son enfance, ma mère a été frappée par les gens qui disaient qu'ils allaient voir au théâtre le roi léar.
Lucretius a écrit :aussi coincé et réactionnaire que d'autres le sont à propos des jolis anglicismes
Me voilà coincée et réactionnaire, maintenant ! Les "jolis anglicismes", mais je rêve… Alors, là, le "topic", il est sucré ! Et les autres "thread", "flood" ! C'est à pleurer de rire… Oui, allons au secours de l'anglais, cette langue menacée qui compte vaillamment sur nous pour porter ses couleurs ! Soyons divinement suaves et répétons "topic" au moins cinq fois par jour, huit le Mardi gras… Allongeons-nous sous le topic du cancer et relisons Miller… dans le texte.
Jehan a écrit :Pour la soudure de la locution employée substantivement, voir cette page, paragraphe 8, mots empruntés, mots d'origine latine…
Oui, mais je parlais de l'emploi comme adverbe.
Je ne prétends pas aller au secours de l'anglais, je prétends simplement que les emprunts à cette langue ne corrompent pas la nôtre, malgré les réactions urticantes que cela provoque parfois, comme à moi les accents dans les mots d'origine latine.
Ce singulier accent que je réprouve aussi, je vous le répète me fut inspiré par le TFL que l'on ne jettera peut-être pas, par ailleurs, tout à fait avec l'eau du bain… Et jamais je ne ferais l'apologie de ces "jolis" accents.

L'emprunt à l'anglais ou à toute autre langue étrangère n'est pas une tumeur cancéreuse aux pieds fourchus qui nous avalerait à minuit, un soir de brouillard et de match de foot. Les langues s'émaillent d'emprunts et c'est un loukoum que de savourer ces mots qui ont souvent navigué longtemps pour toucher les côtes hexagonales.

Mais il est un courant paresseux et simili chic qui se couche devant la douce supériorité googlienne des mots anglais dès qu'ils touchent l'informatique ou le saint business. Alors, à ces "jolis anglicismes", je préfère le génie français, même quand, une fois sur deux, il est québécois… "Courriel" me va mieux que "e-mail" ou "mail", par exemple et j'espère que "pourriel" recevra bientôt une plus grande allégeance pour désigner les horribles "spams" et autres courriels pourris et indésirables. Et encore, dans ces deux cas, ces néologismes s'adressent à des réalités nouvelles. Mais quand, comme pour "topic", on touche à une réalité déjà très bien nommée en français, je sors la pétoire et fais de la résistance… No pasaran !
La paresse est bonne conseillère. Quant au "simili chic", non ce n'est vraiment pas ce qui motive ces emprunts. De l'extérieur, des gens qui emploient un certain jargon ont souvent l'air de se la jouer, alors qu'ils ne font que suivre un usage commode et adapté à certaines réalités qu'ils ont en commun. Tous ces mots font partie du vocabulaire élémentaire des utilisateurs d'internet, même si ce forum-ci rassemble beaucoup de personnes qui les méconnaissent. Pour ma part je déteste les inventions verbeuses des québécois, et je refuse l'affreux "courriel", sans parler du ridicule "pourriel". Ces inventions me font penser au "mekha cola" qu'on boit dans les pays arabes, pour "résister" à la domination des produits américains en les recopiant maladroitement. Plutôt qu'accueillir simplement un mot, on le ressent comme une menace, et on s'ingénie à créer des barbarismes pour faire semblant de ne rien devoir aux vilains impérialistes. Ce n'est certes pas du simili-chic, mais plutôt du simili-français. C'est une conception très déplacée de la "résistance", et je l'assimilerais plutôt à un chauvinisme bébête.
Lucretius a écrit :
Tous ces accents qu'ils rajoutent, ça ne devrait pas être permis! Je ne saurais me faire au vadémécum
Je crois que cela fait déjà plusieurs siècles, ou au minimum pas mal de décennies, que l'on écrit mémento, bénédicité, réméré, sérum,géranium,décorum, détritus ou récépissé avec accents… Pas encore eu le temps de t'habituer ? 😉
Et pourquoi pas Lucrétius tant qu'on y est ? 😜
Il y a tout de même une différence entre un mot voyageur (voir les livres d'Henriette Walter) et les noms littéraires ou réels comme Lear. Un mot voyageur peut soit n'être connu que de peu de personnes et sombrer assez vite dans l'oubli soit être adopté par le plus grand nombre au prix de quelques accommodements avec sa prononciation ou son orthographe.

Je ne vois pas pourquoi l'anglais serait bien mieux traité que d'autres langues. Je ne vois pas pourquoi on devrait imposer London au lieu de Londres et je suis sure que les Beatles doivent une prononciation correcte de leur nom bien plus à l'énorme quantité de disques vendus qu'à des acheteurs bilingues. On écorche avec entrain bien d'autres mots dans tellement de langues ! Les anglo-saxons eux ont décidé depuis longtemps que le reste de la planète devait les comprendre.

Lorsque deux langues coexistent dans une famille, dans un pays, il faut bien établir des limites et le Québec a montré qu'il associait sa langue à sa survie. Je trouve leur efforts brillants et leur Office québécois de la langue française, une entreprise louable et efficace. Si l'Académie française était un peu plus dynamique …

Créer un nouveau mot à partir d'un mot étranger n'est pas être chauvin mais être créatif tout simplement. Il y a dans le mot courriel un charme qui n'existe pas dans un e-mail parfaitement surprenant par sa prononciation en français. D'ailleurs qui dicte un e-mail ou un courriel avec le "at" britannique ?

Tout cela ne m'empêche nullement d'apprécier à sa juste valeur une culture anglo-saxonne qui m'est familière .
Lorsqu’au début des années 70, on a proposé le mot logiciel pour remplacer software, les informaticiens n’y croyaient pas. Même ironie chez certains quand on a décidé qu’un walkman devrait être appelé un baladeur, cela en 85, alors que le grand public était concerné.
J’espère que le succès de ces mots nouveaux n’est pas réservé aux produits marchands et à l’obligation qu’ont les fabricants de les utiliser et que courriel a un bel avenir.
Logiciel est rentré dans l'usage et s'est imposé : on n'y peut plus rien. Mais reconnaissons que la formation de ce mot est plus qu'étrange. Je me souviens encore avec dégoût de l'invasion des "baladeurs" qui ont remplacé mes chers "walkman", par une traduction littérale et stupide. Aujourd'hui, Le terme anglais est tombé en désuétude, le terme français est toujours aussi tarte : et voilà deux mots proscrits de mon vocabulaire. Sinon je veux bien accepter les "détritus", mot totalement intégré, mais je refuse toujours les "bénédicité".
Ne te plains pas trop, pour "logiciel".
Le mot n'est pas si vilain, et sa formation n'est pas si étrange que ça.
Et puis, au moins, tu as échappé à la "traduction littérale et stupide" de
"software" par "articles doux". C'est déjà ça.
Oui, c'est déjà ça : mais à la place, on a une suffixation totalement irrégulière.
Je ne savais pas que tous les mots suffixés du français traditionnel avaient une suffixation totalement régulière.
Je n'ai pas d'exemples précis en tête, mais on devrait pouvoir trouver des mots français de vieille souche qui se sont formés ainsi par télescopage…
Eh bien, j'attends le fruit de tes recherches, mais je serais étonné que tu trouves des mots valises de ce genre, avec abrègement du deuxième mot collé au premier.
La formation s'est faite en même temps que le recours à matériel pour hardware.
Le suffixe -el est-il si inadapté ?
Logique → logicien (attesté dès le XII[sup]e[/sup] siècle.)
Logique → logiciel… Quoi d'incongru ?

Enfin, si on préfère l'élégant softouère ! 😜

Quant à "informatique"… On a greffé sur le mot "information" un suffixe emprunté à des noms de sciences comme "mathématique" ou cinématique". Et la greffe a très bien pris. Pourtant, cette suffixation est encore plus audacieuse, non ?

Cela dit, je me demande bien quel joli anglicisme on pourrait trouver pour remplacer ce mot d' "informatique", si mal formé pour les puristes.