Honnêtement, je crois que le "profil ENS" devient beaucoup moins clair que "la recherche"…
Je le déplore un peu, je dois dire. Cela dit, je trouve ça difficile de demander à quelqu'un de 18 ans ce qu'il veut faire… Or l'avantage de l'ENS, c'est que ça ouvre des portes… Moi je conseillerais à quelqu'un qui peut avoir l'ENS de l'avoir… Même si ça peut être agaçant de voir des accords ENS/ESSEC… 🙂
Mais c'est en marge de votre conversation.
… Ou ENSL/HEC
Faudrait effectivement ouvrir un nouveau sujet pour débattre là dessus… Je crois que tu as raison, mais ça fait un peu mal quand même.
C'est surtout que d'ici la terminale je voudrais avoir toutes les portes d'ouvertes pour pouvoir choisir entre une université, école de journalisme ou prepa… ^^ et on m'a dit qu'après ENS on pouvait être tout ce qu'on voulait. Enfin voilà! C'est déjà une bonne nouvelle que le latin ne me freine pas plus que ça 🙂
Artz a écrit :Cela dit, je trouve ça difficile de demander à quelqu'un de 18 ans ce qu'il veut faire…
On n'a pas tout à fait 18 ans quand on passe le concours, encore moins quand on le réussit, à moins d'être très en avance… Je ne dis pas que c'est beaucoup plus facile de le savoir à 20, 21, 22 ans, mais au moment où on accepte sa place à l'ENS, on peut déjà à peu près savoir si on aime l'abstraction et la théorie ou si on cherche quelque chose de plus concret (pour faire une opposition un peu simpliste !).
C'est vrai que j'ai toujours eu du mal à comprendre les gens qui préparaient l'ENS pour l'ENS… mais aussi pour HEC, et pour qui il était indifférent d'être dans l'une ou l'autre école, ou dans les deux. Ouvrir des perspectives, c'est bien, et c'est ce qu'on peut légitimement demander à une école, mais Sciences Po existe déjà et je ne suis pas sûre qu'on en veuille un doublon plus cher et moins reconnu sur le marché du travail (hors métiers de l'édition à la limite)…
En plus de cette restriction de principe à l'idée qu'on devrait pouvoir "faire ce que l'on veut" après l'ENS, je dirais que c'est tout de même un peu plus compliqué que ça, puisque si l'existence de l'école doit avoir encore un minimum de sens, il est tout de même préférable de faire sa carrière - en tout cas les six premières années de sa carrière - dans la fonction publique, ce qui exige de passer encore un ou plusieurs concours (ou plusieurs fois le même) après l'école ! Et le journalisme ne fait pas partie des métiers de la fonction publique. Mais la prépa te permet aussi de passer des concours d'écoles de journalisme via la BEL, ou simplement d'avoir une culture générale suffisante pour les préparer en L3 pendant une année à la fac.
C'est vrai que j'ai toujours eu du mal à comprendre les gens qui préparaient l'ENS pour l'ENS..
C'est pourtant la moindre des choses.
On prépare un concours pour l'obtenir, et ce concours était au départ destiné à former de futurs enseignants parmi des étudiants motivés et brillants. Poursuivre ses études en étant payé n'était pas un moindre avantage.
Maintenant, je me demande pourquoi les étudiants se jettent khâgne, "surtout dans le but de ne pas enseigner".
Cela me dépasse complètement.
Mais enfin, je devrais sortir plus souvent de ma caverne.
Quant à trouver difficile de demander à quelqu'un ce qu'il veut faire à 18 ans, faut pas pousser.
On lui donne bien la majorité et le droit de vote.
C'est quand qu'on sort de l'enfance aujourd'hui ?
Jen'ai pas été claire : j'ai du mal à comprendre qu'on prépare sérieusement l'ENS dans le but de l'avoir tout en voulant sérieusement aussi HEC ou toute autre école de commerce, parce que ça ne prépare pas du tout aux mêmes carrières en théorie. Je comprends mieux qu'on aille en prépa L pour passer des écoles de commerce, et qu'on bosse l'ENS juste parce que les notes du concours comptent pour un tiers à HEC. Cela dit je ne voudrais pas juger trop sévèrement les indécis !
Je crois effectivement que j'ai lu ton message trop vite.
Quant aux indécis…jusqu'à un âge avancé 😀 , s'ils peuvent s'en payer le luxe, tant mieux pour eux !
@ Laoshi : Qui a fait un stage professionnel à 18 ans ? Presque personne. Qui en fait durant la prépa ? Presque personne. Donc on se retrouve à signer un contrat qui engage sur 10 ans sans avoir une véritable expérience professionnelle. Par ailleurs, la prépa nous apprend à passer l'ENS comme on prépare la quête du graal, pas du coup comme un choix de carrière -ou du moins, c'est ainsi que je l'ai vécu-. Personnellement, je souhaite faire une carrière académique, donc tout cela me convient, mais je trouve tout de même que ce système est paralysant. De même que peut l'être l'agrégation qui peut par exemple empêcher de faire une thèse à l'étranger ou de tâter à d'autres formes professionnelles.
Ce sont des problèmes de luxe, je n'en disconviens pas. Je ne crois pas non plus, par ailleurs, que l'ENS devrait s'ouvrir à tout. Je n'ai pas vraiment de solutions à proposer, mais j'y vois tout de même un problème du système et pas de l'immaturité des gens.
Donc on se retrouve à signer un contrat sur dix ans sans avoir une véritable expérience professionnelle.
Certes, mais la profession d'enseignant est tout de même une de celles dont l'enfant, puis l'adolescent peut se faire le mieux une petite idée, tu en conviendras.
En s'engageant dans l'éducation, je ne crois pas, surtout à l'heure actuelle, que l'on soit dans l'ignorance totale de ce que cela représente.
On ne pourrait en dire autant du métier d'actuaire ou même d'ingénieur…