Origine de la superstition

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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L'étymologie de "superstition" m'a toujours paru problématique. Dans ce que j'ai pu lire on fait dériver "superstitio" du verbe "superstare", qui signifie "se tenir au dessus" : l'écart sémantique est trop grand. Ne serait-il pas plutôt possible de rattacher à "superstes", qui signifie "survivant"? Il est possible que cela ait déjà été proposé, mais d'après moi, c'est plus satisfaisant : une superstition est une survivance de vieilles croyances, un reliquat, qui n'a plus grand sens.
Et l'étymologie de superstes ?
Selon le Robert historique, ce serait un dérivé tardif de notre fameux verbe, qui n'avait pas à l'origine le sens de "survivre".
Un survivant, certes, c'est bien celui qui reste debout au-dessus des autres, désormais allongés…
Mais l'emploi du mot superstitio semble antérieur à cette acception.
Et le sens de "survivance" par toi attribué au terme de "superstition" me semble un point de vue après coup qui ne peut rendre compte des significations premières du mot : une idée de domination, ou de quelque chose de rajouté par-dessus, donc de superflu.
Mais je suis sûr que tu vas avoir des avis bien plus autorisés !
Je ne suis pas sûr de la signigication première de supersition, et si telle était bien celle que tu indiques, alors le rapport avec superstare ne me poserait pas de problème. Mais à mon sens cette "signification première" est un artifice pour expliquer le passage du verbe à son dérivé ; et la "superstition" ne désigne pas une domination, ou un objet de vénération qui serait placé au dessus (sauf par figure en poésie), mais l'attitude même de celui qui observe trop scrupuleusement et trop maniaquement certains rituels.
Je sais bien que mon hypothèse est peut être aussi bancale que celle que je lis dans les dictionnaires, et c'est bien pourquoi je soumets le problème.

Enfin si "superstare" + dat., peut signifier "se consacrer à quelque chose de manière excessive", on aurait peut être une explication, mais ce sens n'est pas attesté par le Gaffiot.

Quelle que soit l'hypothèse, un maillon est manquant.
Lucretius a écrit :L'étymologie de "superstition" m'a toujours paru problématique. Dans ce que j'ai pu lire on fait dériver "superstitio" du verbe "superstare", qui signifie "se tenir au dessus" : l'écart sémantique est trop grand. Ne serait-il pas plutôt possible de rattacher à "superstes", qui signifie "survivant"? Il est possible que cela ait déjà été proposé, mais d'après moi, c'est plus satisfaisant : une superstition est une survivance de vieilles croyances, un reliquat, qui n'a plus grand sens.
Hum , je crois que la définition de base est déjà bien assez compliquée en elle-même pourquoi vouloir en reformuler une autre différente? et tout aussi complexe? :/

Ceci dit , ta version est tout à fait véridique , et disons plus logique 😉
Mais ce n'est pas faute non plus que la supersitition signifie " se tenir au dessus " =) 😜
L'étymologie est une chose sérieuse qui ne s'invente pas, Deborah…
et la "superstition" ne désigne pas une domination, ou un objet de vénération qui serait placé au dessus (sauf par figure en poésie), mais l'attitude même de celui qui observe trop scrupuleusement et trop maniaquement certains rituels
Pas seulement, on parlerait plus spécifiquement de ritualisme dans ce cas (et il ne caractérise pas qu'une catégorie de personnes, mais bien plutôt la majorité des religions établies, malheureusement). Par superstition j'entends plutôt la croyance aux signes les plus divers (numérologies, le nombre 13, etc.), et la croyance oppressante que Dieu ou les dieux agi(ssen)t presque partout, presque toujours de manière visible ou violente (au mépris du fameux "principe d'économie" et de la discrétion divine, cf. la vocation d'Elie). D'où le fait que ces gens-là aient constamment en l'esprit la présence de quelqu'un au-dessus d'eux. Peut-être…

La lutte contre les superstitions, surtout à partir du XVIe (par les protestants) et du XVIIIe (par les Lumières) a fait des superstitieux une survivance, mais ceci est sans doute une toute autre histoire… =)
=D je sais , je faisais juste allusion à ce que disait Mon voisin du dessus, qui semble formuler une nouvelle etymologie :/
L'étymologie est une chose sérieuse qui ne s'invente pas, Deborah…
En partie vrai. Mais pour certains mots ou certaines expressions à l'étymologie rien moins qu'évidente, on est fortement tenté d' "inventer" des hypothèses… Quant à déterminer d'emblée leur degré de sérieux, c'est parfois délicat !
Je crois de moins en moins à mon hypothèse de survivance. Pour toute excuse, je dirais que Cicéron aussi rapproche "superstition" de "superstes", mais son hypothèse est, comme la plupart des hypothèses étymologiques de son cru, anecdotique et farfelue :
Ceux qui, des journées entières, adressaient des prières aux dieux et leur immolaient des victimes pour que leurs enfants leur survécussent ("superstites essent") on les a qualifiés de superstitieux ("superstitiosi"); ce mot a pris plus tard un sens plus étendu.
Ce qui est intéressant, c'est que la superstition est moins définie par le contenu des croyances que par l'attitude du superstitieux vis à vis de la divinité. Or la définition proposée par Arthur, excellente par ailleurs, se limite trop à l'objet de la croyance superstitieuse :
Par superstition j'entends plutôt la croyance aux signes les plus divers (numérologies, le nombre 13, etc.), et la croyance oppressante que Dieu ou les dieux agi(ssen)t presque partout, presque toujours de manière visible ou violente
Pour un chrétien éclairé, la différence entre une croyance religieuse et une croyance superstitieuse est sans doute très nette. Il n'en va pas de même pour un païen éclairé. Celui-ci croit aux dieux, et généralement il n'est pas aussi radical qu'Épicure, et croit aussi en leur intervention et en leurs signes. La question de la supersition est une affaire essentiellement de mesure. Cicéron se plait, comme d'autres sans doute, à opposer "religio" et "superstitio", et parfois j'ai vraiment l'impression qu'il les différencie comme d'autres tenteraient de distinguer le bon et le mauvais chasseur. Le bon "religiosus" est d'une grande piété, mais il n'a pas d'excès de ritualisme; il a une grande foi dans les dieux et leurs attributions premières, mais rejette les fables qui sont surajoutées. Le parallèle entre religio et superstitio, m'invite à penser que le sens premier du terme n'est pas dans un contenu de croyance (les forces obscures sont au dessus de nous), mais bien dans l'attitude de celui qui s'adonne à la superstition, et c'est pourquoi son étymologie reste pour moi une énigme.

Sinon :
Arthur a écrit :La lutte contre les superstitions, surtout à partir du XVIe (par les protestants) et du XVIIIe (par les Lumières) a fait des superstitieux une survivance, mais ceci est sans doute une toute autre histoire… =)
N'oublions pas les humanistes.