Une chambre de réservée

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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J'ai trouvé une expression "J’ai déjà une chambre de reservée" dans un livre de français au Japon.
Dites-moi quelle est la différence entre "une chambre de reservée" et " une chambre reservée" svp.
Autrement je comprends l'expression " quelque chose de + adjectif "
Rien ne justifie vraiment à mes yeux l'emploi de la préposition dans cette expression, assez courante cela dit (surtout au négatif : il ne reste plus une chambre [de] libre…). Je serais curieux aussi d'avoir une explication. En tout cas, vous pouvez tout à fait correctement vous passer du de.
Je vois une nuance assez pertinente introduite par "de". Pour la saisir, il faut passer par un exemple ou le "de" serait impossible.

Il ne reste plus un poivron vert.
On ne dirait pas
Il ne reste plus un poivron de vert.
La couleur verte fait partie de la définition de l'objet dont on parle, cela lui est inhérent. Tandis que pour la chambre, elle pourrait être réservée ou non. Donc ce n'est pas la même relation qui se noue entre le nom et l'adjectif. Pour prendre un jargon scolastique (la scolastique n'est jamais que de la grammaire érigée en métaphysique), d'un côté nous avons un attribut qui participe à la substance, de l'autre un mode qui l'affecte accidentellement. La préposition "de", qui n'en est pas vraiment une ici, permet de marquer cette séparation essentielle entre nom et adjectif.


Il ne reste plus une chambre de libre
(sous entendu, c'est occasionnel, car j'ai néanmoins plein de chambres, elles se libèreront!)
Nous n'avons pas de chambre jaune (et ce sera toujours comme ça!)
Arthur

Merci de votre réponse si rapide et je comprends assez clairement l'utilisation du "de" de cette phase.

Toshi Lucretius

Merci de votre explication sur ma question et j'ai bien compris cette expression comprenant "de" entre nom et adjectif.

Toshi
Lucretius a écrit :Je vois une nuance assez pertinente introduite par "de". Pour la saisir, il faut passer par un exemple ou le "de" serait impossible.
Il ne reste plus un poivron vert.
On ne dirait pas Il ne reste plus un poivron de vert.
La couleur verte fait partie de la définition de l'objet dont on parle, cela lui
Malgré le grand respect que j'ai pour Lucretius et malgré ma profonde conscience de mon ignorance (ou peut-être à cause de celle-ci), je trouve l'explication (ou en tout cas l'exemple choisi) peu convaincante.
Supposons que je cultive des salades. Elles viennent à maturité mais je ne les cueille pas et elles jaunissent. Quoique " rien ne justifie - aux yeux de certains (Arthur) - l'emploi de la préposition " de dans de telles expressions, le(s) même(s) admettant par ailleurs qu'elle est " assez courante " sans en connaître l'explication, ne puis-je dire, alors : " Il n'y a plus une seule salade de verte " ?
Hmm… avec le de, on pourrait comprendre qu'elles ont jauni, pourri, bref, qu'elles ne sont plus comestibles. Il faut que ce soit vraiment des adjectifs qui définissent la nature de l'objet. Par exemple, je n'irais pas dire, au sujet d'une brocante, qu'*il ne reste plus un livre de relié.
On appelle de inverseur un de servant à indiquer que le terme qui le suit n’a pas la fonction attendue :
•Un attribut là où on attend une épithète (§ 244, d) : Il y a un enfant de malade./i]


L’adjectif et surtout le participe passé qui accompagnent, comme attributs du « sujet réel », il y a, il est, il reste, il se trouve, peuvent être introduits par de, notamment quand le nom sujet réel est accompagné d’une indication de quantité …

(Grevisse)
Arthur a écrit :Hmm… avec le de, on pourrait comprendre qu'elles ont jauni, pourri, bref, qu'elles ne sont plus comestibles. Il faut que ce soit vraiment des adjectifs qui définissent la nature de l'objet. Par exemple, je n'irais pas dire, au sujet d'une brocante, qu'*il ne reste plus un livre de relié.
Sauf, peut-être, s'ils l'ont été mais qu'ils ne le sont plus tant ils sont, tous, en mauvais état. (C'est une brocante, n'est-ce pas =) ) Quant à mes salades, " on pourrait comprendre qu'elles ont jauni, pourri, bref, qu'elles ne sont plus comestibles ", mais c'est bien ce que, justement, je souhaite faire comprendre. Merci à Arthur pour ses remarques et ses précisions.
Mais merci surtout à Anne : j'ai manqué de réflexes en n'ouvrant pas Grevisse. Je me serai laissé influencer par ceux qui affirmaient que, quoique fréquente, la préposition n'était absolument pas utile, en sorte que je ne pensais pas qu'elle pût être conforme, au moins dans certains cas, à un certain bon usage. =)
L'analyse que je proposais est totalement de mon cru, donc on ne peut plus contestable.
Volapuk a écrit :Supposons que je cultive des salades. Elles viennent à maturité mais je ne les cueille pas et elles jaunissent. […] ne puis-je dire, alors : " Il n'y a plus une seule salade de verte " ?
Oui on peut le dire : mais ton contre exemple rejoint mon explication. "Verte" ne participe pas à la définition de ce dont on parle, comme par exemple dans le cas où on dirait : "j'aime mieux la salade verte que la salade rouge ". Dans mon exemple "la salade verte", le lien qui unit l'adjectif et le nom est essentiel, dans ton exemple de salades périmées, c'est un lien occasionnel.
Sinon je trouve que l'explication de Grévisse n'est pas foncièrement contradictoire avec la mienne, mais qu'elle a le mérite de la simplicité.
Bonjour, Volapük. =)

Tout à fait d'accord avec la nuance que tu entends exprimer avec ce de.
Voici comment on pourrait développer la chose :

Il ne reste plus une salade verte. = Il y avait des salades vertes, il n'y en a plus. On les a toutes vendues. (Ce sont les "salades vertes" qui sont parties, qui ne sont pas restées… Ce n'est pas leur attribut qui est parti. Leur verdeur, là où elles sont, est sans doute intacte.)

Il ne reste plus une salade de verte = Il ne reste plus une salade qui soit verte. Dur de les vendre, à présent ! (Ce ne sont pas les "salades vertes" qui sont parties. Ce qui est parti, ce qui n'est pas resté, c'est uniquement leur attribut, leur verdeur.)
Bonjour Jehan, heureux de te lire.
Tout à fait d'accord avec tous. J'étais justement en train d'approfondir ma réflexion et mes recherches sur le sujet en cause, et l'équivalence de / qui soit m'était venue à l'esprit. Toutefois, il n’y a plus une seule salade verte (donc, sans de) peut tout aussi bien signifier qu‘il n’ y en a plus une seule qui soit verte…
J'ai trouvé dans mon édition du Grand Robert :
- [de] devant un participe passé, un adjectif ou un adverbe
a) emploi facultatif : nous avons trois jours de libres (ou trois jours libres) ;
suivent plusieurs autres exemples dont, s'il vous plaît, cette citation de Molière : " [ …] il y a déjà deux mailles de rompues." (le Bourgeois gentilhomme).
Cela cautionne l’emploi de la préposition, mais ne prend pas en compte la distinction (souhaitable dans certains cas) entre la perte de l’attribut et la disparition de l’objet.
On est parti sur l'expression "J'ai déjàune chambre de réservée", où l'ambiguité vient de ce qu'on hésite entre "déjà une" ou "déjà réservée": j'ai 10 chambres à réserver (première alternative), ou bien: je suis déjà assuré d'avoir une chambre bien que je ne l'occupe pas encore (deuxième alternative).
Et je suis d'accord avec Arthur pour trancher, mais pas sur son explication qui écarte l'indication "déjà" et le fait bifurquer en faveur d'une distinction négatif/positif, qui ne convient pas, car on peut tout aussi bien passer au positif (est-ce qu'il vous reste une chambre de libre?).

La séparation espace/temps établissant l'aiguillage fondamental dans l'ordonnance et l'emballage des propos qui se communiquent, l'indication "déjà" a tranché, et quand on rencontre ce "de" qui évoque "une de" on est troublé parce qu'on passe d'un ordre temporel à un ordre spatial qui, ici, décompte en nombre.

Quand on passe de "déjà" à "il n'y a plus", on atténue considérablement l'emprise de l'ordre temporel. Avec "déjà", on y est complètement et on compte dans le temps. Avec "il n'y a plus", on a évacué l'ordre temporel et s'intéresse à ce qui reste; on compte dans l'espace. La transformation est ontologique et l'usage du verbe être vient naturellement rappeler ce qui est pris en considération.
Si la logique plaide en faveur de la posibilité de dire "il n'y a plus une salade de verte", je ne crois pas que l'usage l'autorise, mais qu'il impose de préférer l'autre tournure: "Il n'y a plus une salade qui soit verte", précisément parce que l'affirmation ontologique du changement de l'être_qui_est_pris_ en_considération est nécessaire, pour éviter l'effet "une de". Il suffit de l'articuler en entier pour le sentir: "Il n'y a plus une salade de la planche" (espace) "qui soit encore verte" (temps).

Le passage d'un système de mesure spatial à un système de mesure temporel doit être indiqué pour être compris, tout comme quand on explique la géométrie des triangles, il faut dessiner au tableau le cas de la hauteur extérieure, sous peine de larguer 70 à 80% des auditeurs. Ce n'est pas un problème grammatical, mais un problème sémantique, donc d'un rang supérieur. Le fait que "de" soit partitif n'indique pas si le temps ou l'espace sont partagés. La séparation entre l'objet et sa qualité ne suffit pas. Il faut indiquer dans quel ordre on se met pour distinguer l'objet de sa qualité. Dans la phrase initiale, c'est déjà qui l'indique.
Quelqu'un peut me traduire ?
Limpide !
C'est du grand Putakli !
De la haute métaphysique.
Du volapük, dans le sens le plus péjoratif du mot, et je sais de quoi je parle =)
veux-tu dire "mélioratif" ? =D
Bonjour,
la phrase suivante est-elle correcte:
"Il y a douze places de parking de disponibles."
ou faut-il dire:
"Il y a douze places de parking disponibles."
Merci.
Du point de vue grammatical je ne sais pas trop, mais du point de vue logique la première proposition me fait mal aux oreilles.
Je dirais donc la deuxième, sans être sûr.