Bonjour,
Y a-t-il une liaison à faire après un mot terminé par -ie, quand le mot suivant commence par une voyelle ? Prenons l'exemple de Une plie assez grande. Je sais bien que la tendance actuelle est de prononcer comme on veut, mais il existe quand même une prononciation standard, et c'est celle-ci que je voudrais connaître. Le TILF indique seulement que l'on prononce "pli" mais n'e parle pas de la liaison. Dit-on pli hassez ou quelque chose comme pliassez ?
Merci à l'avance de vos avis.
Noël
À l'oral on peut sans doute hésiter entre [pliase] et [plijase], la semi consonne [j] étant une liaison qui peut venir naturellement après un en hiatus. Le "e" de "plie", qui s'élide de toutes façons, ne change rien à l'affaire : il n'a ici aucune pertinence phonétique. Avec ou sans "e", j'aurais tendance (mais sans certitude) à considérer comme plus académique de prononcer sans [j].
Et ami et amie se prononcent-ils de la même façon ? Ou Marie et mari . Marie cherche son mari… Je n'ai pas en vue la prononciation de tous les jours, mais la prononciation "soutenue" ou "académique".
Noël a écrit :Et ami et amie se prononcent-ils de la même façon ? Ou Marie et mari . Marie cherche son mari… Je n'ai pas en vue la prononciation de tous les jours, mais la prononciation "soutenue" ou "académique".
Même en prononciation académique, il n'y a aucune différence phonétique. Il n'y a guère que dans une prononciation archaïsante des vers, et dans le chant, qu'on puisse faire entendre ce "e".
Oui, surtout dans le chant.
Il est arrivé à Brassens de faire rimer
filles et vie (scandés en deux syllabes "fi-ye" et "vi-ye").
Merci beaucoup à tous les deux. C'est bien ce que je pensais confusément !
En prime, une autre rime intéressante de Brassens, dans une de ses plus célèbres chansons : ménagerie (mé-na-ge-ri-ye) et gorille (go-ri-ye)…
Bonjour Noël,
Je crois qu'avant d'être un problème de liaison, il s'agit de la prononciation du son "i" mouillée ou pas, et qu'il s'agit moins d'une tendance "actuelle" (en distinguant une époque d'un autre) que d'une tendance régionale à mouiller les i dans le sud ouest. Elle est surtout marquée dans les noms propres parce que les gens acceptent plus facilement de prononcer les mots ordinaires comme on leur dit de faire, que de voir leur nom écorché par ceux qui le prononcent. Ex Dupouy.
Il n'est pas ici question d'un son yod [j] final
comme dans la prononciation régionale de Dupouy,
mais du son [j] qui apparaît normalement après un i
lorsqu'on scande séparément la voyelle suivante en faisant une diérèse.
Le Robert, que je sache, ne note pas la prononciation du Sud-Ouest,
mais bien la prononciation standard,
quand il transcrit phonétiquement : brio [bRijo] plier [plije] triage [tRija?]…
Mais quand la voyelle suivant le i est un e habituellement muet,
le son [j] n'apparaît que si l'on rend ce e audible,
ce qui arrive notamment dans le chant en fin de vers :
vie [vij?], Marie [maRij?],
comme déjà précisé par Lucretius et moi-même.