Bonjour,
Soit la phrase suivante:
- Selon la Cour, ce serait une grave erreur (que) "d'assimiler la légitimité à la seule volonté souveraine".
Je n'arrive pas à déterminer si le "que" est approprié ou non. La phrase semble se lire sans le "que", mais ce n'est pas vraiment une explication!
Si ce qui est entre guillemets est une subordonnée sujet ou une subordonnée en apposition à "ce", dois-je en déduire que le "que" est obligatoire? Remarquez que mon postulat de base est possiblement erroné!
Merci de m'aider!
Pompom
Je ne crois pas que ce "que" soit rigoureusement obligatoire, mais je trouve que la phrase coule mieux avec. Grammaticalement, le sujet est "ce", mais c'est un "ce" qui n'a de sens que par rapport au groupe infinitif qu'il annonce, et que j'analyserais donc comme terme complétif du sujet. C'est sans doute ce qui peut justifier la présence habituelle du "que".
Puisqu'on peut effectivement le supprimer, disons que c'est un que explétif.
Le d' lui-même, s'il n'est pas supprimable ici, est cependant une simple béquille rendue nécessaire par la postposition du groupe "assimiler la légitimité (…)". Il disparaît d'ailleurs dans l'antéposition :
Assimiler la légitimité (…), ce serait une grave erreur.
Le groupe infinitif ne semble donc pas être une subordonnée.
"Que" n'est pas ici un subordonnant, en effet, mais je ne sais pas si on peut l'appeler "explétif". Comme il disparait si on antépose le groupe infinitif, je vois en lui comme un rappel du démonstratif.
On pourrait trouver ce que dans un emploi similaire devant un simple substantif.
C'est une drôle de chose que l'amour.
On pourrait dire :
C'est une drôle de chose, l'amour.
Mais là, une pause est nécessaire, marquée par la virgule. Le "que" semble rétablir une continuité artificielle, là où l'ordre perturbé de la phrase imposerait normalement des heurts.
Lucretius a écrit : "Que" n'est pas ici un subordonnant, en effet, mais je ne sais pas si on peut l'appeler "explétif". Comme il disparait si on antépose le groupe infinitif, je vois en lui comme un rappel du démonstratif.
Je l'ai appelé "explétif" parce qu'il peut disparaître même si le groupe infinitif est postposé, sans modification du sens :
"Ce serait une grave erreur d'assumer la légitimité…"
Selon Grevisse cité par Anne,
que de serait simplement plus littéraire que la simple béquille
de.
Une pure coquetterie pas vraiment fonctionnelle, donc.
Vous m'êtes vraiment d'une grande aide. J'ai tellement cherché…
Merci infiniment à vous tous! C'est ma première question sur ce forum et je suis renversée par votre vitesse de réaction!
Bonne fin de journée!
PomPom
Jehan a écrit :
Je l'ai appelé "explétif" parce qu'il peut disparaître même si le groupe infinitif est postposé, sans modification du sens :
"Ce serait une grave erreur d'assumer la légitimité…"
Selon Grevisse cité par Anne, que de serait simplement plus littéraire que la simple béquille de.
Une pure coquetterie pas vraiment fonctionnelle, donc.
Jehan, bonjour,
A ton avis, dans "qu'est-ce que c'est
que cet individu" ,
est-ce que ce
que est un explétif ?
Merci d'avance.
Je dirais un que explétif :
Qu'est-ce que c'est que cet individu ?
Qu'est-ce que c'est, cet individu ?
Remplacer une conjonction par une parataxe reviendrait à prouver que la conjonction est explétive ?
Oui, en toute rigueur, c'est vrai qu'on ne peut l'enlever ici sans mettre une virgule…
Je n'étais pas sûr à cent pour cent d'avoir répondu avec justesse…
J'utilisais le conditionnel ! 🙂
Alors, dans le cas présent, pour votre part, comment qualifieriez-vous ou définiriez-vous que dans cette phrase ?
Euh… rien…
D'ailleurs ce ne serait pas une conjonction mais un relatif. Les avis sont toujours partagés sur les "ce que" et autres…