Maître de conférences

La filière littéraire

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour j'aimerais savoir à quoi correspond le poste de maître de conférence, et aussi de quelle façon on peut parvenir à cette position.
Bonjour,

Un maitre de conférence est un enseignant-chercheur affecté dans une université.

Son travail se décompose en trois facettes :
- l'enseignement devant des étudiants (ainsi que la préparation de ses cours, et la correction des copies, etc.)
- la recherche dans sa discipline et la publication de ses travaux (livres, articles, etc.)
- un important travail administratif (relations avec d'autres universités et établissements d'enseignement supérieur, relations avec l'étranger, inscriptions…)

Pour devenir maitre de conférence, officiellement, la seule condition est d'être titulaire d'un doctorat (bac+8) et d'être recruté par une université.
Officieusement, vu le nombre de dossiers, être titulaire de l'agrégation est un plus indéniable.

Un Maitre de Conférence peut évoluer en Professeur d'université (moins d'heures de cours, meilleur salaire, + de renommée…)

Cordialement.
Tenno a écrit :Pour devenir maitre de conférence, officiellement, la seule condition est d'être titulaire d'un doctorat (bac+8) et d'être recruté par une université.
Officieusement, vu le nombre de dossiers, être titulaire de l'agrégation est un plus indéniable.
Entre thèse et concours de recrutement, il faut obtenir l'inscription sur la liste nationale de qualification.
Le docteur doit être qualifié aux fonctions de maître de conférences, c’est-à-dire jugé apte, en fonction de ses titres et travaux, à l’exercice de ces fonctions.
Et il y a, au moins dans les textes, d'autres voies que le doctorat.
Le titre renvoie au doctorat, et les travaux renvoient, je pense, à la qualité de la thèse.
Titres renvoie effectivement au doctorat, y compris à la mention de la thèse, ou aux autres conditions pour postuler.
Quant à travaux, cela renvoie aux publications effectuées par le candidat, le volet recherche du poste, et à son expérience d'enseignant.
Effectivement, cf. le site du MESR.
Première étape : l'inscription sur la liste nationale de qualification.
Pour être candidat à cette inscription, l'une des conditions suivantes doit être remplie :

* être titulaire d'un doctorat ou d'un diplôme équivalent ;
* justifier de 3 années d'activité professionnelle effective au cours des six années précédentes à l'exclusion des activités d'enseignant ou de chercheur ;
* être enseignant associé à temps plein ;
* être détaché dans le corps des maîtres de conférences ;
* appartenir au corps de chargé de recherche ou à un corps de chercheur.
Merci beaucoup pour ces renseignements. Par contre je ne vois pas quelles différences il peut y avoir entre un enseignant-chercheur et un professeur d'université.
Il y a deux types d'enseignant-chercheur, le maître de conférence et le professeur d'université.
Le professeur est tout en haut de la hiérachie et a le salaire qui correspond à cette situation. Sur le Ministère de l'Education Nationale est décrit le trajet qui aboutit à la position de professeur d'université.
Est-ce que passer par l'ENS est un véritable plus pour accéder à ce poste ? ou est-ce que les autres voies ont les mêmes chances de réussite?
Non, l'ENS n'est pas un plus, puisque à la fac de Rouen, aucun professeur d'université n'est passé par l'ENS.
C'est plutôt un plus pour réussir l'agrégation en fait.
Mais on peut bien sûr l'obtenir sans y être passé à condition de ne pas se limiter aux cours parfois très spécialisés de la fac -les normaliens étant réputés pour avoir une culture pluridisciplinaire et une connaissance assez large de la littérature, ce qui paye dans les dissertations et les explications de texte.
Il est dit qu'à niveau égal - strictement égal j'entends - un normalien sera pris par rapport à un non-normalien.

Mais ce ne sont que des on-dit .

Après tout, les normaliens ont réussi un concours exigeant, celui d'une ENS. Et ils ont acquis de la pluridisciplinarité pendant deux années exigeantes, celles des CPGE. Donc bon…
76man a écrit :Non, l'ENS n'est pas un plus, puisque à la fac de Rouen, aucun professeur d'université n'est passé par l'ENS.
Désolé 76Man, mais c'est un très mauvais argument! Autant dire que sortir d'HEC n'aide pas à réussir une carrière commerciale sous prétexte que vous connaissez une entreprise dont aucun cadre ne sort d'HEC.

Le "poids" des Normaliens est plus ou moins grand selon les disciplines, mais globalement, OUI, EVIDEMMENT, être Normalien est un plus, un énorme plus.

Par ailleurs, j'insiste sur la quasi nécessité de l'agrégation, non officiellement requise, mais officieusement presque indispensable. En effet, avec le récent "encombrement par le haut" du système universitaire français, il faut bien trouver un moyen de départager des candidats ayant tous une thèse avec la mention très honorable. Et les critères fondamentaux pour les départager sont:

- L'agrégation.
- L'ENS.
- Les publications.
- Les relations au sein de la commission de spécialistes.

A bon entendeur.
Oui, enfin c'est à partir d'exemples précis que l'on tire des généralités. Donc j'ai devant mes yeux des professeurs d'université - très réputés en plus - qui n'ont pas fait l'ENS, et qui pourtant multiplient les éditions chez Gallimard, Champion… Alors j'accepte parfaitement vos remarques, mais en parlant personnellement avec certains profs, on se rend compte que l'ENS n'est absolument pas une nécessité. Je crois plus au dernier point que vous soulevez : les relations au sein de la commission de spécialistes; un de mes profs, éminent voltairien reconnu dans le monde - non passé par l'ENS 🙂 - nous a d'ailleurs dit de choisir un directeur de recherches assez jeune pour avoir de bonnes assises ensuite.
Nous serons d'accord sur le fait que ce n'est pas une nécessité. =)

En fait, comme je le disais, l'importance de la "normalitude" varie beaucoup d'une fac à l'autre et d'une matière à l'autre, et ce en raison du caractère cooptatif du recrutement: là où des Normaliens sont déjà installés, ils recruteront plus volontiers, toutes choses égales par ailleurs, d'autres Normaliens - en partie par esprit de corps, en partie parce que, l'ayant passé eux-mêmes, ils savent ce que représente la réussite à ce concours.

Et malheureusement, vous avez raison d'abonder sur la nécessité d'être connu au sein de la commission. J'ai moi-même "candidaté" à des postes de MdC avant de devenir prof en prépa, et j'ai moissonné d'amples renseignements de première main…
Il existe d'ailleurs un excellent court métrage d'Emmanuel Bourdieu, intitulé "Candidature", qui montre absolument telles quelles les coulisses du système. C'est très drôle, mais à déconseiller absolument aux thésards en manque de motivation.
Jean-Luc Picard a écrit :à déconseiller absolument aux thésards en manque de motivation.
À vrai dire, une thésarde très motivée est en train de se dire qu'elle aurait mieux fait de ne pas lire ces messages, qui lui rappellent la dure réalité : 99% de chances pour que ma thèse ne soit qu'un détour qui me fasse revenir aux remplacements en collège dans l'Académie de Créteil. :/

L'ENS est un plus, ne serait-ce que pour une chose : elle garantit une allocation de recherches et un poste de moniteur durant la thèse, et donne de fortes chances pour obtenir un poste d'ATER à la fin du monitorat —c'est la dure loi qui fait qu'on donne à ceux qui ont déjà eu, et qu'on n'a guère de remords à renvoyer dans le secondaire ceux qui y sont déjà passés. On peut obtenir une allocation de recherche sans être normalien, mais 1. ce n'est pas automatique ; 2. la concurrence est très rude.
Du reste, pour avoir des "relations", mieux vaut croiser les gens qu'on souhaite connaître, et donc avoir un poste de moniteur ou d'ATER… Et donc être normalien.
Pour avoir pendant trois ans essayé de créer et de gérer un groupe de travail afin de transformer une thèse couronnée en un livre lisible par le public, je dois dire que - dans le cadre de cette expérience - les handicaps que sont l'ENS, l'éducation nationale, et autres préjugés, tombaient assez vite quand on passait à la lecture à haute voix. Le sommeil, affecté et ostentatoire des autres membres du groupe attendant leur tour de dégoise, l'acidité des commentaires lancés à la volée, et quelques autres formes de fessées, faisaient riper les échanges de belle façon.
L'expérience qui avait réellement duré deux ans, la troisième année étant une survivance, a du profiter aux participants, je crois. Mais la formule a explosé.
76man a écrit :Non, l'ENS n'est pas un plus, puisque à la fac de Rouen, aucun professeur d'université n'est passé par l'ENS.
Florence Naugrette, PU à Rouen, est normalienne (cf. le Magazine littéraire de ce mois-ci par exemple).

Cordialement.