Ce que la lecture a changé dans votre vie

Littérature

27 réponses · Page 2 / 2

Je ne pense pas du tout que la dépréciation de la littérature vienne de milieux catholiques justement parce que les humanités étaient autrefois à leur apogée. La montée de la société de consommation dans les années 60 et les nécessités d'avoir beaucoup plus de cadres et donc d'attirer plus de monde vers les sciences en général ont joué un rôle décisif.

L'essor des bibliothèques ne date pas de hier non plus même si les "enfers" ont bien dû durer jusqu'aux années 60. Le livre de poche date de 1953 et dans les premiers titres il y avait L'Ingénue libertine de Colette.

De toute façon toujours avant 68 l'autorité des parents (catholiques ou non) était forte et s'exerçait globalement mais les excès décrits par Putakli comme "jeter les livres serait une bonne oeuvre" et autres attitudes délicieuses devaient sans doute être très limités et réservés à des hypertraditionnalistes.

Pour trouver vraiment la peur des livres dans des manifestations extrêmes et courantes pour toute une société, il faut aller voire les dictatures de tous bords et il a très certainement été plus difficile et risqué de trouver des ouvrages non autorisés dans l'Union soviétique de Staline par exemple que dans tous les pays démocratiques religieux ou non.

Exercer son jugement sur tout livre me semble de la même nature que le faire sur des programmes politiques ou sur le choix de ses amis. Ne pas tout avaler sans réfléchir au contexte, et ne pas tout admettre sans comprendre la thèse adverse (grâce à d'autres livres au moins) me semble du simple bon sens. Le style permettrait-il de tout faire passer et contrairement aux théoriciens politiques, économiques,philosophiques ( et je m'arrête là) les romanciers et les poètes seraient intouchables ?
La suspicion à l'égard des livres est plus ancienne. Elle ne remonte pas au dernier demi-siècle. Mais de toute façon, la méfiance ne vaut pas interdiction et les très catholiques lisent aussi, à commencer par les écrits saints. Seulement, même ces livres ont été problématiques, notamment à cause de leurs diverses traductions, suspectées d'être infidèles. C'est-à-dire que l'esprit et le mot doivent idéalement faire un, ou encore l'esprit/le mot/la vérité, ce qui réduit considérablement le champ de lecture, aussi à cause des interprétations qu'un esprit mal éclairé peut en faire. Qu'un clerc lise un livre, c'est l'évidence même. La lecture non dirigée est plus dangereuse.
Putakli a écrit :Dans une rémanence des conflits entre catholiques et protestants, dont on peut trouver l'origine à l'époque où l'on appelait protestants le gens qui savaient lire.
Des sources ?
Ce n'est pas tout à fait cela. On considérait les protestants comme des érudits car eux seuls recevaient l'enseignement du grec (en plus du latin). Au contraire, les jésuites ne pratiquaient que l'enseignement du latin.
Les considérations sur les écrits sont très anciennes en effet : Platon avait exclu d'office les poètes de sa République.

J'aurais mieux fait de parler de prudence ou de circonspection que de méfiance sans doute et en tous les cas il n'est pas question de prendre les livres avec des pincettes mais d'évaluer ce qu'ils apportent. La première démarche est d'ailleurs de savoir ce qu'il y a vraiment dans un livre et donc comprendre le texte. Pour ne donner qu'un exemple, la Modeste proposition de Swift avait déclenché des tollés de critiques.
Bof demande "des sources".

J'ai entendu dire quelques dizaines de fois qu'on appelait protestants les gens qui savaient lire, dans des propos tenus par des protestants, mais ce qui avait retenu mon attention était que Valéry Giscard d'Estaing, un jour qu'il voulait faire l'historien, comme il arrive parfois aux hommes politiques, avait fait une conférence dont le centre était cette idée-là, et il l'avait datée, je ne sais plus quelle année, pour développer sa conférence sur le mode : comment en est-on arrivé à cela, et comment en est-on sorti.

C'est évidemment une idée toute faite, mais on n'écrit jamais l'histoire avec d'autre denrée, y compris l'histoire de la littérature. Des dogmatismes aussi stupides les uns que les autres jouent aux autos-tamponneuses, et la réalité n'y a presque aucune place parce qu'elle est si diverse qu'on ne peut rien en dire. Et les auteurs s'en foutent.

Mais si on veut comprendre ce que disent les gens, il faut bien connaître les idées qu'on leur met dans la tête. Il y en a qui parlent du siècle des lumières, d'autres du romantisme ou du réalisme et c'est toujours par une simplification tellement abusive qu'ils n'en parlent de cette manière que par ouï-dire et pour autant qui'ls ignorent la réalité.

J'ai retrouvé plusieurs fois cette idée, qu'on appelait protestants (à un certain moment) les gens qui savaient lire, je ne me souviens plus où, mais probablement dans Michelet.

On peut appeler cela source si on veut, mais le terme convient mal pour une idée. Sa source est plutôt dans la controverse qui excite l'époque où l'auteur parle que dans l'époque dont il parle. Cependant, si plusieurs personnes disent la même chose, c'est qui'l y a une certaine vraisemblance, ou du moins qui'l est difficile de contredire l'idée de front.

Quant à ce que j'ai dit de la méfiance des livres et de la lecture, ce sont aussi des observations répétées, qui m'ont surpris, intrigué, étonné de les voir se répéter à l'identique, et affirmer avec autorité quand je ne m'y attendais pas.

Je ne voudrais pas en faire la matière d'une polémique comme le débat semble m'y pousser. Comme toujours en histoire, les thèses les plus contradictoires sont toutes vraies, mais c'est pure fumisterie de parler d'un siècle comme ceci ou comme cela. C'est seulement parce qu'on sélectionne les gens qu'on retient pour en faire les porte parole de leur siècle. Mais il faut bien entrer dans le jeu, ne serait-ce que pour avoir son bac.
La lecture fait partie de moi. Je n'ai que 13 ans mais depuis que je l'ai découverte je trouve ça passionnant. Un livre est un monde qui s'ouvre à nous!!! Il est toujours fidèle à nous, c'est plus qu'un ami. Il vient nous apporter du réconfort !!!