Le stendhal club est, il me semble une association qui publie une revue consacrée uniquement à Stendhal (où s'arrête l'admiration, où commence le fétichisme?)… Mais le nom de "Stendhal club" m'a toujours fait rire, j'imagine un petit comité se prenant pour des Happy few.
Auteurs mineurs du XIXe siècle
36 réponses · Page 2 / 2
Oui, il s'agit en fait de la société des études stendhaliennes, qui est l'équivalent stendhalien du Groupe Hugo. On peut aussi citer le groupe d'études nervaliennes créé par C.Pichois et J.Guillaume…
Lucretius a écrit :une revue consacrée uniquement à Stendhal (où s'arrête l'admiration, où commence le fétichisme?)…Ouh, si on commence à parler fétichisme à ce niveau-là, tous les chercheurs en littérature le sont : quasiment tous les grands auteurs ont leur propre revue…
Plutôt que de chercher un auteur "mineur", on peut s'intéresser à un auteur majeur systématiquement ignoré.
Tout simplement Octave Mirbeau, que je ne vois pas encore cité sur cette ligne.
J'ai fait lire "Les affaires sont les affaires" à mon petit fils qui entre en première en lui faisant remarquer qu'en comparant la pièce à Tartuffe que tout le monde épluche, on retrouve la même structure (un personnage insupportable en relations avec d'autres pour faire ressortir tous les traits de son caractère), mais que la pièce est bien mieux faite, le déroulement est tout naturel sans interventions artificielles, qu'elle est d'une pleine actualité.
Mais il en va de même dans le roman. C'est tout de même plus malin de renouveler le roman en faisant du héro un chien ou une automobile que d'imaginer une conversation dans un square entre deux quidams. C'est tout de même un peu plus triomphal d'être le mieux payé que de pleurer misère, un peu plus généreux de payer l'amende de Zola pour "J'accuse" que d'accaparer au détriment de Clémenceau la réputation de courage. Et puis l'écriture est vive. Et puis l'abondance est telle qu'on retrouve l'auteur sous toutes sortes de pseudonymes et sous la signature des autres. Et puis, il y a la peinture, et puis, et puis….
Tout simplement Octave Mirbeau, que je ne vois pas encore cité sur cette ligne.
J'ai fait lire "Les affaires sont les affaires" à mon petit fils qui entre en première en lui faisant remarquer qu'en comparant la pièce à Tartuffe que tout le monde épluche, on retrouve la même structure (un personnage insupportable en relations avec d'autres pour faire ressortir tous les traits de son caractère), mais que la pièce est bien mieux faite, le déroulement est tout naturel sans interventions artificielles, qu'elle est d'une pleine actualité.
Mais il en va de même dans le roman. C'est tout de même plus malin de renouveler le roman en faisant du héro un chien ou une automobile que d'imaginer une conversation dans un square entre deux quidams. C'est tout de même un peu plus triomphal d'être le mieux payé que de pleurer misère, un peu plus généreux de payer l'amende de Zola pour "J'accuse" que d'accaparer au détriment de Clémenceau la réputation de courage. Et puis l'écriture est vive. Et puis l'abondance est telle qu'on retrouve l'auteur sous toutes sortes de pseudonymes et sous la signature des autres. Et puis, il y a la peinture, et puis, et puis….
J'ai sur un marque-page une citation de Edouard Laboulaye (1811-1883), auteur notamment de Nouveaux contes bleus. Cependant, la plupart de ses ouvrages sont politiques, historiques, ou de droit.
Putakli a écrit :Plutôt que de chercher un auteur "mineur", on peut s'intéresser à un auteur majeur systématiquement ignoré.Il me semblait entendu que nous reprenions ici la hiérarchie adoptée par l'histoire littéraire, hiérarchie plus ou moins arbitraire, et déterminée par de multiples facteurs. On peut très bien préférer Petrus Borel à Lamartine et reconnaître la doxa qui veut que le premier soit mineur, et le second majeur.
Tout simplement Octave Mirbeau, que je ne vois pas encore cité sur cette ligne.
Octave Mirbeau n'est pas un majeur, et il est loin d'être systématiquement ignoré. Depuis 1994, la recherche sur Mirbeau bénéficie d'une revue qui lui est consacrée, les Cahiers Octave Mirbeau ; il est édité en poche (folio). Il n'y a pas à creuser bien loin pour tomber sur lui quand on s'intéresse un peu à la littérature.
…Et tant mieux, pour toutes les raisons que vous dites.
Joubert, cité par Nietzsche.
Auteur mineur du XIXe intéressant ? Je dirais Rimbaud, sans hésiter.
J'ignore si vos recherches dépassent les frontières hexagonales, mais si oui, en Russie, il y a l'oeuvre étonnante de Pavel Melnikov (1818-1883) qui, pour simplifier les recherches, écrivait sous le pseudonyme d'Andrej Pecerskij. Il a écrit des romans qui relatent la vie en forêt de vieux croyants retranchés du monde avec un grand réalisme.
J'ignore si vos recherches dépassent les frontières hexagonales, mais si oui, en Russie, il y a l'oeuvre étonnante de Pavel Melnikov (1818-1883) qui, pour simplifier les recherches, écrivait sous le pseudonyme d'Andrej Pecerskij. Il a écrit des romans qui relatent la vie en forêt de vieux croyants retranchés du monde avec un grand réalisme.
Vous considérez Rimbaud comme un auteur mineur ?
Bonjour Zadek,
Je crois qu'UrsaeMinoris a compris « mineur » dans le sens de l'âge, et non de l'importance… =D
Muriel
Je crois qu'UrsaeMinoris a compris « mineur » dans le sens de l'âge, et non de l'importance… =D
Muriel
Lucretius a écrit :une revue consacrée uniquement à Stendhal (où s'arrête l'admiration, où commence le fétichisme?)…Le fétiche top pour les amateurs c'est la lettre où le timbre apposé a forcément requis le léchage de son auteur. Propriétaire de la salive de son auteur fétiche (fétiche, ahah) quelle chance ! C'est encore mieux qu'un vulgaire autographe.
Trève de plaisanterie, pourquoi pas Paul Lacroix ? J'ai un jour acheté dans une brocante une vieille Etude en Littérature de 1883. Elle aborde les différents genres et tendances littéraires… Ne pourrais-tu pas consulter ce genre d'ouvrage qui a une vision à plus court terme que la notre et qui est donc forcément plus exhaustive ? C'est une piste alternative aux critiques et aux sièges de l'Académie… Ce genre d'ouvrage a l'avantage de "classer" les auteurs et d'offrir une vue générale sur leurs oeuvres, d'exposer le regard des littéraires de l'époque (en somme un peu comme la critique ) bah… c'est un essai quoi ! Mais le mien était destiné aux étudiants en lettres…
PS: Erckmann-Chatrian ? Paul Alexis ? Henri Céard ? Lamennais ? Lafagette ? Banville ? Catulle Mendès ? Sully Prudhomme ? Sue ? Anatole France ? Jules Vallès ? Les Goncourt ?
Le recueil d'études de Marc Fumaroli Exercices de lecture. De Rabelais à Paul Valéry (qui est à peu près tout sauf mon livre de chevet), met au jour beaucoup d'auteurs mineurs. Il est publié en collection blanche (NRF "Bibliothèque des idées") chez Gallimard. Pour ne parler que du XIXe, les sujets développés (sur 10 à 50 pages) sont les suivants :
- Un poète à l'école de René : Maurice de Guérin.
- Pamphlétaires et romanciers : la résistance littéraire à la Restauration et au régime de Juillet.
- Le "siècle" des Goncourt.
- Kulturkampf dans le romantisme : les Goncourt, romanciers anti-romains.
- Des carnets au roman. La "littérature absolue" des Goncourt.
- Rhétorique de la décadence : l'A Rebours de Joris-Karl Huysmans.
- Pouvoir temporel et pouvoir spirituel : Renan, Valéry et la politique de l'esprit.
Sinon, puisqu'on en parle, je cotise aussi à la petite Association des amis d'Agrippa d'Aubigné, mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'assister à l'un de ses colloques ou AG (ce sera bientôt réparé).
- Un poète à l'école de René : Maurice de Guérin.
- Pamphlétaires et romanciers : la résistance littéraire à la Restauration et au régime de Juillet.
- Le "siècle" des Goncourt.
- Kulturkampf dans le romantisme : les Goncourt, romanciers anti-romains.
- Des carnets au roman. La "littérature absolue" des Goncourt.
- Rhétorique de la décadence : l'A Rebours de Joris-Karl Huysmans.
- Pouvoir temporel et pouvoir spirituel : Renan, Valéry et la politique de l'esprit.
Sinon, puisqu'on en parle, je cotise aussi à la petite Association des amis d'Agrippa d'Aubigné, mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'assister à l'un de ses colloques ou AG (ce sera bientôt réparé).
Oh oh, ce livre peut m'intéresser. Il se trouve facilement ?
D'occasion sur Amazon (je l'avais trouvé à Gibert en septembre dernier personnellement) ; j'ignore s'il est toujours commercialisé. Il coûte 35 € neuf.
Au cours de mon M1, j'ai eu l'occasion de faire un petit dossier de recherche sur un auteur peu connu, à cheval entre le 18ème et le 19ème siècle: Népomucène Lemercier. Il a écrit de la poésie et du théâtre: mon travail portait sur une oeuvre en vers intitulée L'Atlantiade ou la théogonie newtonienne, dont la valeur littéraire n'est pas évidente, mais qui permettait de voir comment le mythe de l'Atlantide était repris à des fins didactiques et politiques au 19ème siècle.
Mais sinon je rejoins d'autres internautes sur ce point: il est peut-être plus intéressant d'étudier une oeuvre un peu plus marginale d'un grand auteur… et surtout qui soit susceptible de retenir ton attention pendant une année entière. Une enseignante m'avait proposé de travailler sur L'idiot de la famille de Sartre: beaucoup de choses ont bien sûr déjà été dite, mais moins que sur La Nausée par exemple…
Tiens-nous au courant de ton choix!
Mais sinon je rejoins d'autres internautes sur ce point: il est peut-être plus intéressant d'étudier une oeuvre un peu plus marginale d'un grand auteur… et surtout qui soit susceptible de retenir ton attention pendant une année entière. Une enseignante m'avait proposé de travailler sur L'idiot de la famille de Sartre: beaucoup de choses ont bien sûr déjà été dite, mais moins que sur La Nausée par exemple…
Tiens-nous au courant de ton choix!
leaSF a écrit :Bonjour,Je trouve la démarche telle que tu l'exposes décevante. S'il ne s'agit d'étudier un auteur que parce qu'il n'a pas fait l'objet d'étude, la critique est totalement inutile. Il faut parler d'un écrivain parce qu'on a quelque chose à dire dessus, ou parce qu'on a envie de le défendre, même si la démarche que tu exposes est chose courante à l'université y compris chez les enseignants. Il faut arrêter de se comporter comme des fonctionnaires de la littérature… Le nombre d'enseignants de littérature est considérable, le nombre de leurs publications aussi, mais étrangement, à part quelques excellentes publications (Genette, etc.) il n'y a pas proportionnellement autant de qualités qu'à des époques ou des lieux où la critique est plus libre.
Je suis étudiante en 5e année de lettres modernes. Je suis de nouveau à la recherche d'un sujet de M2. Je cherche des noms d'auteurs mineurs du XIXe siècle qu'il serait intéressant de travailler et qui n'ont pas encore fait l'objet de (grosses) études.
Bref, ce serait étrangement mieux de ne pas travailler sur un auteur que juste travailler pour la forme !