Auteurs mineurs du XIXe siècle

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Je suis étudiante en 5e année de lettres modernes. Je suis de nouveau à la recherche d'un sujet de M2. Je cherche des noms d'auteurs mineurs du XIXe siècle qu'il serait intéressant de travailler et qui n'ont pas encore fait l'objet de (grosses) études. Connaissez-vous quelques noms de ces auteurs que l'on dit "mineurs" ? ou alors savez-vous où je pourrais faire des recherches pour avoir des noms ? Sur quel(s) site(s) ? Quel(s) mot(s) taper pour trouver une réponse à mes recherches ? Merci d'avance pour votre aide !
Bonjour,

J'espère ne pas dire une bêtise, mais cela s'avèrerait peut-être intéressant de feuilleter des oeuvres d'auteurs plus connus de la même période: dans les présentations, préfaces et autres annotations se trouvent parfois des allusions à des amis de l'auteur en question qui ont publié sans accéder à une véritable notoriété, ou même à des écrivains "oubliés" (je pense notamment à des bibliophiles comme Nodier).
Voilà, je te souhaite bonne chance ( et étant moi-même passionnée par le XIXème siècle, je ne peux qu'applaudir un tel sujet de recherche )!
Ou peut-être, de façon encore plus évidente, des grands recueils de critique comme les Lundis de Sainte-Beuve.
(je pense notamment à des bibliophiles comme Nodier).
On reconnaît là les penchants bien chartistes 😉 (trève de plaisanterie, je me pique aussi un peu de bibliophilie, autant que mon temps et mon argent me le permettent :/).
Pour avoir travaillé en M1 sur le théâtre de jeunesse de Mérimée, je te dirais que c'est un mineur (vu la place qui lui est impartie dans les histoires littéraires, il est évident que Prosper est sacrifié par les historiens) dont on ne connaît en général que les nouvelles. Je déconseille fortement son théâtre mais un roman très oublié me paraît passionnant : La Chronique du règne Charles IX. Très intéressant pour étudier la naissance du roman historique, la représentation du XVIe siècle au XIXe, pourquoi ne pas faire une étude comparative Dumas/Mérimée ? Si j'avais découvert ce roman, j'aurais sans doute sacrifié Mademoiselle Gazul et toute sa clique.

Travailler sur des auteurs mineurs est passionnant, mais travailler sur les oeuvres inconnues des majeurs est génial aussi, on oublie souvent que les cénacles du XIXe siècle sont des lieux où l'on débat aussi de peinture, de musique, de littérature étrangère et j'en passe : Baudelaire a écrit des essais géniaux sur Wagner, Delacroix, etc…
Il y a Rémi de Gourmont, dont tu peux d'ailleurs consulter https://www.remydegourmont.org/de_rg/oeuvres/livredesmasques/notice.htm Le livre des masques, dans lequel il dresse les portraits des écrivains, souvent mineurs, de son temps. En plus, le lire est un plaisir.
Foedor a écrit :Baudelaire a écrit des essais géniaux sur Wagner, Delacroix, etc…
Je serais très étonné que ces essais n'aient pas abondamment été commentés par les critiques, qui ne savaient plus quoi se mettre sous la dent. L'oeuvre de Baudelaire est si mince en quantité, qu'il est même impossible que cela ait échappé aux spécialistes du poète. Ne pas essayer Stendhal, dont le moindre lambeau a été tourné et retourné par les maniaques qui s'occupent de lui. Je crains que même les lamentables romans de jeunesse de Balzac aient été sérieusement étudiés. Le XIX° siècle a été étudié, surétudié, nettoyé, asticoté… Si tu trouves vraiment quelque chose d'intéressant et qui n'ait pas été trop mis en lumière jusqu'ici, ce sera un miracle.
Bonsoir,

Il y a André Theuriet, élu à l'Académie, mais totalement oublié de nos jours.
D'ailleurs, en parcourant les noms des élus, vous en trouverez d'autres.

Muriel
Eplucher les archives de l'Institut (membres ET candidats) comme le suggère Muriel est aussi une bonne idée à mon avis.

Sinon, ma classe d'hypokhâgne a étudié un extrait de la critique de Baudelaire sur Delacroix, et on a aussi évoqué sa critique musicale (mais il est vrai que notre professeur avait la double casquette, puisqu'il était peintre, et auteur d'ouvrages sur littérature & peinture…). Donc ce n'est sûrement pas si confidentiel que ça.

Il me semble qu'il y a fort peu de publications sur Chénier. Mais on est plutôt à la fin du XVIIIe.

Sinon, quelques suggestions en vrac qui viennent de ma bibliothèque :
- La poésie de Sainte-Beuve… il y a quelques réussites.
- François Coppée. Même remarque.
Arthur a écrit :Ou peut-être, de façon encore plus évidente, des grands recueils de critique comme les Lundis de Sainte-Beuve.
(je pense notamment à des bibliophiles comme Nodier).
On reconnaît là les penchants bien chartistes 😉 (trève de plaisanterie, je me pique aussi un peu de bibliophilie, autant que mon temps et mon argent me le permettent :/).
=) Oui, la tentation est toujours forte de sacrifier toutes mes économies pour un vieux bouquin moisi… J'ai d'ailleurs été mise à rude épreuve cet été, chez un bouquiniste qui vendait une édition de 1867 d'un auteur dont je n'ai jamais entendu parler (je ne me rappelle même plus son nom, c'est dire!), avec une dédicace sur la première page… exactement le genre de détail qui me plaît (d'accord, 40 euros, ce n'est pas impossible à trouver, mais il fallait voir le triste état de mon portefeuille à ce moment =()!
Et puisque tu t'intéresses aussi aux livres anciens, Arthur, ne connais-tu pas un moyen d'ôter le moisi des pages? Je possède une histoire grecque qui était utilisée au XIXème siècle à l'académie royale de Belgique (… ou bien collège royal … désolée, je n'ose presque plus la prendre en mains dans l'état où elle est!), et que j'aimerais bien pouvoir enfin lire sans vider ensuite les réserves de savon de la maison.
Merci à tous pour vos conseils, je vais donc faire quelques recherches dans ces voies-là !
Foedor a écrit :Je déconseille fortement son théâtre mais un roman très oublié me paraît passionnant : La Chronique du règne Charles IX.
Je l'ai étudié en L1, et c'était en effet très intéressant. La question des "passions énergiques" y est fondamentale, et révèle bien le goût des romantiques pour le roman historique.

Pour les oubliés absolus, je sais qu'Émile Girardin et sa femme ont écrit des poèmes - pas de la grande littérature, mais on pourrait peut-être y jeter un coup d'œil. A l'autre bout du siècle, beaucoup de décadents - exceptés Huysmans et de Tinan - ont été oubliés.
Dans la veine d'un Mérimée, je crois que Vigny n'a pas été très étudié. Peut-être l'œuvre en prose de Lamartine…

Pour la critique baudelairienne, inutile d'y penser, elle a été retournée dans tous les sens et largement commentée. Les textes critiques de Gautier sont en train d'être publiés chez Champion, ceux de Nerval ont été publiés en Pléiade, Hugo en Bouquins… donc c'est assez connu.
Je dois avouer que rarement un sujet de discussion m'a autant plu : je fais une thèse d'histoire littéraire sur le XIXe et passe mes journées à fréquenter Baculard d'Arnaud, Loaisiel de Tréogate, Mme Cottin, Mme de Genlis, Jules Janin, Pétrus Borel, Xavier Forneret, Charles Lassailly, Frédéric Soulié, Champfleury… Et je me suis jadis intéressée à Rachilde, Maurice Rollinat, Richepin…

Plus sérieusement, la méthode la plus simple pour trouver un auteur "mineur" (ou une idée de sujet tout court d'ailleurs), est de consulter une solide histoire de la littérature du XIXe : le Précis de Littérature française du XIXe, éd. Madeleine Ambrière, PUF. Tous les auteurs mineurs que je vous ai cités y sont évoqués.

Et, si je puis me permettre un conseil, pour un M1, le premier critère de votre choix devrait être de trouver un auteur que vous aimez et que vous aurez plaisir à fréquenter. N'oubliez pas que pour rendre un sujet plus original, vous pouvez très bien étudier deux auteurs français.
Oh oui, Madame de Genlis c'est génial!! Je me demande pourquoi je ne l'ai pas dit avant. L'une des seules enseignantes-chercheuses de France à travailler sur cette femme-auteur était justement ma directrice de recherche cette année. Son oeuvre est presque absolument oubliée de nos jours et pourtant du temps d'Adèle et Théodore, Madame de Genlis n'était pas un auteur mineur dans le personnage littéraire français, il y a vraiment plein de choses à faire sur elle, les mémoires sont admirables (elle est un tantinet réac sur les bords, mais si ce n'est que ça…)

Sinon, je ne suis pas convaincu que ce soit un auteur intéressant mais une prof de licence a dit à un ami à moi qu'il n'y avait presque rien d'écrit sur Coppée et que l'on attendait une grande thèse sur l'oeuvre de Coppée.
Merci encore pour vos réponses ! En fait, pour répondre à Trialph, j'ai déjà écrit un M1 (je le soutiens fin août). Là je cherche un sujet de M2. Le problème pour les étudiants en recherches c'est que malheureusement, en cours, on ne nous fait étudier que (ou la plupart du temps) les auteurs dits "majeurs". Forcément, nous commençons à nous familiairiser avec eux, à avoir une certaine affinité avec certains, et quand nous arrivons en recherches on nous dit que ces auteurs sont travaillés et retravaillés, qu'il n'y a plus de place pour nous, pour innover, etc. J'avoue que c'est un peu frustrant et déconcertant. Et cela le devient d'autant plus que le directeur de recherches se refuse à donner la moindre orientation pour trouver un sujet qui pourrait nous plaire… Certes, la recherche commence par là, mais c'est un peu raide quand on commence à peine dans ce milieu…
leaSF a écrit :quand nous arrivons en recherches on nous dit que ces auteurs sont travaillés et retravaillés, qu'il n'y a plus de place pour nous, pour innover, etc. J'avoue que c'est un peu frustrant et déconcertant. Et cela le devient d'autant plus que le directeur de recherches se refuse à donner la moindre orientation pour trouver un sujet qui pourrait nous plaire…
Cela doit dépendre du directeur de recherches, je pense. Je viens de passer en L3, et je parlais avec mon prof du master. Je veux étudier Nerval, qui a été très critiqué, analysé, et pourtant mon prof m'a dit qu'il avait déjà réfléchi à un sujet innovant qui me plairait. Donc je le répète, ça doit quand même dépendre du maître de recherches.
leaSF a écrit :En fait, pour répondre à Trialph, j'ai déjà écrit un M1 (je le soutiens fin août). Là je cherche un sujet de M2.
Excusez-moi, j'ai lu trop vite votre premier message. C'est surtout pour la thèse (qui peut porter sur le même sujet que le M2 —si le M2 fonctionne comme le DEA) que le problème du choix du sujet se pose.
En gros, le choix peut présenter deux écueils (je reprends ici ce que mon propre directeur de thèse m'avait dit quand je cherchais un sujet) : travailler sur un auteur "majeur" —Hugo, Balzac, Baudelaire— impose de faire un travail d'excellence pour qu'il prétende à une quelconque valeur ; mais travailler sur un auteur "mineur" —Genlis, Borel, Champfleury, etc— risque de vous donner le statut peu intéressant de "spécialiste d'un auteur mineur". Cela peut ne pas empêcher de faire carrière (Foedor a bien une prof spécialiste de Genlis), mais ce n'est pas forcément très "vendeur". Le caractère mineur de l'auteur étudié peut toujours déteindre sur celui qui l'étudie.
Il y a ensuite évidemment plusieurs degrés dans la hiérarchie mineur/majeur —Nerval était considéré jusqu'à il y a peu comme un mineur— et on peut sans doute trouver des auteurs "intermédiaires" dont l'œuvre n'ait pas encore été décortiquée sous tous ses aspects.
Mais un sujet n'adopte pas forcément la forme "thème + auteur". Beaucoup de thèses mettent en relation plusieurs auteurs, dans une perspective intertextuelle (littérature, influence ; ou simplement comparaison). Vous pouvez aussi étudier un éditeur ou une revue.
Pour avoir une idée de la diversité des sujets possibles, vous pouvez vous promener sur le Fichier central des thèses (https://www.theses.fr/), qui répertorie les thèses en cours : vous pouvez notamment voir, en tapant un nom d'auteur, le nombre de thèses qui lui sont consacrées.
Petite modification, ma directrice de recherche était à l'origine spécialiste de Stendhal, peut-être l'un des plus décortiqués du marché littéraire du XIXe siècle, ce n'est qu'après qu'elle s'est intéressée à Madame de Genlis, je pense aussi qu'une thèse sur un "auteur relégué sur le banc de touche" donne un prof relégué sur ce même banc.
Elle ne devait pas être admise au Stendhal club.
Le Stendhal Club ?
Petite note… le FCT ne permet de recenser les thèses que depuis 61… alors que le XIXe, ça fait plus d'un siècle qu'il est décortiqué…

quant à Vigny, vu le nombre d'éditions au début du XXe, ça ne m'étonnerai guère qu'il ait été décortiqué à cette époque…

Peut-être faudrait-il se pencher sur Théophile Gautier? Décortiqué aussi, je pense…