Quel est l’intérêt d’intégrer une part de réalisme dans une nouvelle ?
27 réponses · Page 1 / 2
Bonjour,
Je dois réaliser une dissertation sur la nouvelle "J'l'ai rendu" d'Annie Saumont. C'est l'histoire d'une jeune SDF qui est entendue par le juge pour avoir volé un blouson de cuire noir.
Le sujet est: Selon-vous, quel est l'intérêt d'intégrer une part de réalisme( terme au sens de "conforme à la réalité" et non au sens de "mouvement littéraire") dans une nouvelle?
Je n'ai pas encore trouvé d'axes à suivre mais j'ai regroupé certaines idées.
L'utilisation d'une langue familière. L'utilisation d'un langage proche de celui du lecteur donne immédiatement une impression de réalité. Le registre réaliste est ici argotique.
La syntaxe relâchée: présence de constructions incomplètes.
Les images familières: comparaisons et métaphores empruntées à une réalité très concrète et familière qui ajoute à l'effet de vérité du texte.
Multiplication de petits détails empruntés à la réalité permet de situer l'époque.
Le héros réaliste: le personnage principal de ce texte est en quelque sorte exclu de la société. L'auteur a choisi ce personnage pour refléter une part importante de la réalité.
Les motivations du héros réaliste: elles sont immédiates, liées à des réalités concrètes, ici le personnage principal essaye de persuader, de convaincre le juge.
Ceux qui vivent en marginalité ont quand même de la sensibilité pour l'art de la poésie. L'héroïne fait référence à Apollinaire. Cette référence créée un contraste avec le langage utilisé et le statut social du protagoniste.
C'est tout ce que j'ai trouvé pour le moment, j'attends vos réponses avec impatience.
Je vous remercie d'avance.
Bonjour Tipa,
Tu as recherché surtout le comment plutôt que le pourquoi.
Le réalisme sert d'abord à créer la connivence avec le lecteur qui peut se sentir proche des personnages, de leurs difficultés. Le lecteur peut aussi retrouver un contexte, qui, s'il ne lui est pas familier, apparaît du moins conforme à l'image de la société contemporaine véhiculée par les medias…
De plus la nouvelle peut quitter le cadre de la fiction pour se rapprocher d'un reportage, ou d'un dossier dans un journal…
Tu pourrais montrer comment ces choix esthétiques renvoient à une écriture qui vise à informer, à faire réfléchir et peut-être à impliquer… une écriture engagée de journaliste.
Jean-Luc, merci de m'avoir répondu si vite, j'ai pensé à développer en deux parties:
Comment l'auteur intègre-t-elle une part de réalisme dans le texte?
L'intérêt d'intégrer une part de réalisme dans une nouvelle et je vais citer d'autres auteurs comme Zola avec l'Assommoir, le Père Goriot de Balzac…
Toutes vos explications sont les bienvenues et encore merci Jean-Luc de m'avoir répondu si vite.
Bonjour -soir !
Mais ne concentrez-vous pas l'ensemble du sujet dans votre second axe ? Ne risquez -vous par d'être par conséquent hors sujet en ce qui concerne la première partie ?
Cordialement,
Zadek.
Ce que je veux dire par "L'intérêt d'intégrer une part de réalisme dans une nouvelle" c'est pourquoi est ce qu'on intègre une part de réalisme dans une nouvelle. Je voudrais constituer deux parties avec en premier pourquoi et après comment.
Si je me trompe, n'hésitez pas à me corriger.
Amicalement
Votre sujet de dissertation débute par "Selon-vous, quel est l'intérêt". Il doit donc susciter une réflexion autour de l'intérêt porté par le réalisme dans la nouvelle. En d'autres termes, ils vous faut étudier l'utilité du réalisme, pourquoi l'auteur peut-il être tenté d'inscrire son écrit dans la réalité. Qu'apporte le réalisme ? En quoi peut-il garantir l'efficacité de la nouvelle ?
Dans cette optique, il faut - je crois - envisager tout l'apport de cette "conformité à la réalité" vis-à-vis du projet de l'auteur et de son application face au lecteur. Car pour le "comment", je crains deux choses : primo, le hors-sujet (en cela, il serait intéressant d'avoir d'autres avis), secondo, aurez-vous suffisamment de matière ?
Si je me trompe, n'hésitez pas à me corriger.
Qui pourrait oser prétendre telle chose ? Je n'émets que des hypothèses ! C'est à discuter.
Avant la dissertation, il y a des questions pour me guider.
1. En rassemblant les informations distillées au sein de cette nouvelle, faites, en un court paragraphe, le portrait de la personne qui parle. Relevez des citations pour justifier votre réponse.
2. Quel poète le personnage principal de cette nouvelle cite-t-il? Quel est l'intérêt de ces références par rapport au niveau de langage utilisé? Quel effet l'auteur cherche-t-il à produire sur le lecteur.
J'ai du mal à cerner les axes à suivre, je ne sais pas si ces deux questions nous guident pour trouver les axes.
La première question nous guide sur le portrait réaliste et la deuxième question nous permet de situer le statut social du personnage principal…
Bonsoir Tipa,
Quelques éléments trouvés sur internet :
La nouvelle de Annie SAUMONT J’l’ai rendu, dans le recueil Je suis pas un camion (Pocket) ou dans Embrassons-nous (Pocket). La nouvelle touche et émeut tous les ados et évoque en sous-thème, l’amour d’un adolescent pour Alcools d’Apollinaire, livre qu’il a "piqué", croyant y trouver des cocktails détonants.
Regarde aussi cette page ici [lien invalide].
Merci Jean-Luc pour ce lien, j'ai réussi à regrouper des informations supplémentaires mais j'ai toujours du mal à trouver les axes à suivre et les parties à développer, j'ai des idées mais je n'arrive pas à les structurer afin de constituer des parties.
Si quelqu'un pouvait m'éclaircir. Merci d'avance.
Bonjour Tipa,
Ce sujet t'invite à répondre par un plan thématique.
Consulte cette fiche de méthode
ici.
Par exemple :
1 - intérêt psychologique
a) vraisemblance
b) séduction en direction des adolescents
c) importance de l'affectivité
2 - intérêt sociologique
a) le monde des jeunes
b) …
3 - intérêt esthétique
a) le face à face
b) un langage nouveau
c) un éloge discret de la poésie
Merci Jean-Luc pour ce lien et cet exemple mais cette dissertation doit être basée sur la nouvelle d'Annie Saumont, Le Trou de Maupassant et sur d'autres nouvelles(voire romans). Je voudrais savoir si votre plan n'est pas un peu trop spécifié pour la nouvelle d'Annie Saumont et non sur une généralité parce que la nouvelle d'Annie Saumont est la seule à avoir un impact sur les adolescents. En tout cas c'est mon point de vue 😜.
Amicalement
Bonsoir Tipa,
Effectivement mon exemple était fondé sur la nouvelle d'Annie Saumont.
Je ne connaissais pas la consigne exacte.
Tu as un exemple de plan thématique.
A toi de l'adapter aux œuvres que tu dois analyser.
Pense bien à aller du moins important au plus important.
Bonsoir,
Merci a tous pour l'aide que vous m'avez apporté.
Bonsoir à tous j'ai réalisé un plan mais il me manque une sous-parite.
Selon-vous, quel est l'intérêt d'intégrer une part de réalisme (terme au sens de "conforme à la réalité" et non au sens de "mouvement littéraire") dans une nouvelle?
I. Un reflet de la société :
a) Identification avec le personnage principal (Mœurs des personnages, milieu social, références, lieux fréquentés, Le langage utilisé)
b) …
II. Une critique de la société
a) Dévoiler des faits sociaux banals
b) Rejet par société (hostilité des services qui sont censés protéger les individus)
Merci d'avance.
Bonsoir !
Vous avez bien mis en évidence le souci de crédibilité, qui amène à intensifier l'efficacité de la nouvelle, c'est un bon point à votre plan.
Finalement, non seulement l'auteur s'attache à favoriser le processus d'identification, mais encore il crée une contenance à cette histoire, contenance partagée par le lecteur. Je m'explique. Votre première idée vous contraindra à expliquer en quoi le processus d'identification est primordial, et en quoi il se soumet à un souci d'efficacité. Que le lecteur soit immergé dans un personnage va lui permettre d'entrer plus aisément dans l'histoire en elle-même, d'où l'importance de la figuration ! Néanmoins, il faut explorer cette utilité du partage qui s'effectue entre le monde du lecteur et celui dans lequel les différents actants évoluent. La vraisemblance vise, en un mot, à plonger le lecteur dans un monde qu'il connaît, et donc à favoriser son élan dans la nouvelle, qui repose finalement sur son expérience.
Pour clarifier un peu, voici comment je vois les choses : le fait qu'un récit soit fondé sur des bases préalablement connues du lecteur permet à ce dernier de pénétrer plus facilement dans ladite histoire - a fortiori du fait que le travail d'imagination exigé soit moins considérable. Et en pénétrant plus facilement dans cette histoire, il répond à cette identification, nécessaire pour garantir l'efficacité (c'est-à-dire la portée du texte sur les sens et l'esprit du lecteur) de la lecture.
C'est une opinion, et très certainement aussi incohérente qu'incompréhensible 😂 ! Attendez d'autres avis, certainement plus constructifs que le mien, c'est préférable.
Cordialement.
Zadek
Bonsoir, voilà j'ai fini ma version provisoire de la dissertation.
Selon-vous, quel est l'intérêt d'intégrer une part de réalisme (terme au sens de "conforme à la réalité" et non au sens de "mouvement littéraire") dans une nouvelle?
I. Un reflet de la société :
a) Identification avec le personnage principal
L’auteur a cherché à favoriser le processus d'identification en intégrant une part de réalisme dans le récit, mais encore il crée une contenance à cette histoire, contenance partagée par le lecteur. L’immersion du lecteur dans un personnage va lui permettre d'entrer plus aisément dans l'histoire en elle-même. Cette part de réalisme conduit à un partage qui s'effectue entre le monde du lecteur et celui dans lequel les différents actants évoluent. La vraisemblance vise à plonger le lecteur dans un monde qu'il connaît, et donc à favoriser son élan dans la nouvelle, qui repose finalement sur son expérience. Le récit est fondé sur des bases préalablement connues du lecteur et qui permet à ce dernier de pénétrer plus facilement dans la nouvelle. L’auteur explore les marges de la société en intégrant des personnages atypiques qui reflète une part importante de la réalité. Le milieu social des personnages est évoqué de façon indirecte par l’auteur. L’auteur expose fidèlement les comportements des personnages qui sont des représentations caractéristiques de certaines classes sociales. Grâce à son expérience, le lecteur peut alors immédiatement assimiler les mœurs de ces personnages à un groupe social. Nous pouvons notamment voir dans l’Assommoir de Zola les appétits du corps pour l’alcool, ou la pulsion de vie dans « le Trou » de Maupassant lors Léopold frappe « le petit coutil ». Pour pouvoir mieux représenter les lieux fréquentés par personnages, l’auteur inclut couramment des endroits réels, des petits détails, notamment les références utilisées par les protagonistes, qui contribuent à créer aux yeux des lecteurs l’illusion de la réalité.
b) Le langage utilisé :
L’utilisation d’un langage proche de celui du lecteur ou celle d’un niveau de langage correspondant aux personnages évoqués, donne immédiatement une impression de réalité. L’auteur a recours à un lexique spécialisé, c'est-à-dire qu’il se caractérise par l’emploi d’un langage argotique ou régionale. La syntaxe relâché, avec des constructions incomplètes comme dans « le trou » de Maupassant (« Ici, m’sieu l’Président, il faut que j’entre dans le détail »), et des images familières, qui sont empruntées à une réalité très concrète et familière (« J’l’ai rendu » d’Annie Saumont, « moi j’aurais horreur de me saper Benetton »), ajoutent à l’effet de vérité du texte. Dans la nouvelle d’Annie Saumont, l’utilisation du verlan et de l’argot est repérable tout au long de la nouvelle («En ville, à l’étalage des noiches qu’ouvrent tous les jours même le dimanche.) L’argot est tout ensemble un phénomène littéraire et un résultat social. L’argot est la langue de la misère, et dans la nouvelle d’Annie Saumont, elle joue avec cette « langue de la misère », d’en utiliser tous les codes métalinguistiques pour enrichir sa nouvelle. Annie Saumont utilise une langue littéraire non conventionnelle et expérimente un univers en marge, elle utilise la langue de cette marge, afin de construire « une œuvre de vérité ». Certains auteurs donnent à leurs personnages leurs langues accoutumées et décident de ne pas adopter un style uniforme ce qui crée de l’exotisme pour les lecteurs et parallèlement reproduit la réalité. La langue du peuple révèle une société humaine possédant sa propre nomination du monde.
II. Une critique de la société
a) Dévoiler des faits sociaux banals
Les auteurs révèlent des faits sociaux insignifiants ce qui constituent une part d’exotisme pour les lecteurs. Les auteurs décrivent les différentes manières d’agir, de penser et de sentir extérieur à l’individu et qui sont doués d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à lui. D’une part, le fait social est extérieur à l’homme, il est déterminé par la société, imposé comme une contrainte et le non respect des règles de la société entraîne une sanction (« J’l’ai rendu » d’Annie Saumont). Les structures sociales ont tendance à déterminer les individus (opinions, pensées…) D’autre part, les agissements des individus ne sont jamais gratuits. Il faut comprendre les sens que les individus donnent à leurs actions, quand l’individu il y a une certaine intention («J’l’ai rendu » d’Annie Saumont, l’accusé a volé à blouson pour survivre au froid.). L’édifice social est construit à partir des comportements individuels, le rapport est due au fait que les individus se règlent les uns par rapport aux autres. C’est par ses pratiques et ses comportements que les individus forment des groupes sociaux. Enfin le milieu social agit en tant que matrices des comportements sociaux. L’influence du milieu social fait en sorte que l’individu va réinterpréter (langage utilisé, comportements, coutumes…).
b) Rejet par société
La société est constituée de deux sortes de classes sociales, la classe dominante et la classe dominé. La domination d’une classe sociale est la capacité de cette classe à faire accepter ses conceptions, ses normes… La domination prend forme d’une lutte symbolique : la classe dominante cherche à imposer ses propres valeurs, sa culture, aux classes dominées. Mais ces rapports de domination sont inconscients car elles sont intériorisées par les individus. La société porte des préjugés sur des classes sociales défavorisées. Les membres de la classe dominante n’ont qu’une vision limitée de classes inférieures, les personnes issues de quartiers ou de milieux défavorisés sont directement soumises à des stéréotypes (« J’l’ai rendu »d’Annie Saumont ; « un agent de la force publique… a prétendu que j’avais des vues sur la Kawa parce qu’autrement ça coinçait, mon histoire, si on tire on s’en vient pas huit jours plus tard remettre l’objet à sa place »). Il y a une hostilité des services publics qui sont censés protéger les individus. Les gens portent très rapidement des préjugés sur des individus qui appartiennent à une certaine catégorie sociale. Ce que les auteurs critiquent, c’est la vision de la société d’autrui, les gens n’ont plus une vision complexe des personnes mais seulement des clichés qui sont alimentés par les médias. En intégrant du réalisme dans les récits, les lecteurs laissent à part leurs préjugés et découvrent une nouvelle vision des choses grâce à la reproduction fidèle de l’auteur des conditions humaines.
Les commentaires sont les bienvenues.
Tipa
Bonsoir.
Je ne suis pas convaincu qu'étudier le langage soit légitime - mais cela n'engage que moi.
L’utilisation d’un langage proche de celui du lecteur ou celle d’un niveau de langage correspondant aux personnages évoqués, donne immédiatement une impression de réalité.
En êtes-vous réellement certaine ? Croyez-vous qu'un langage doit être proche du lecteur pour être vecteur de réalisme ? Un lecteur du XXe lisant du Balzac pourra-t-il contester que le
Père Goriot, par exemple, est réaliste ? Et pour autant, je doute que beaucoup de lecteurs s'expriment dans un langage similaire à Balzac !
L’auteur a recours à un lexique spécialisé, c'est-à-dire qu’il se caractérise par l’emploi d’un langage argotique ou régionale. La syntaxe relâché, avec des constructions incomplètes […], et des images familières, qui sont empruntées à une réalité très concrète et familière […], ajoutent à l’effet de vérité du texte.
Vous avez tout à fait raison, mais vous n'expliquez plus l'intérêt du réalisme, mais comment l'auteur procède pour rendre cet effet de réel ! Idem pour la suite :
Certains auteurs donnent à leurs personnages leurs langues accoutumées et décident de ne pas adopter un style uniforme ce qui crée de l’exotisme pour les lecteurs et parallèlement reproduit la réalité. La langue du peuple révèle une société humaine possédant sa propre nomination du monde.
Quoique j'avoue ne pas bien comprendre la première phrase 😜. Peut-être qu'un exemple aurait éclairci les choses !
En ce qui concerne la première idée (A- Identification avec le personnage principal), vous avez repris trop textuellement mes propres propos - qui n'étaient pas très clairs. Je ne crois pas que cela prouve votre compréhension du sujet, et, d'ailleurs, j'essayais de dissocier deux idées qu'il me semblait pertinent de traiter séparément ! Je n'ai pas beaucoup regardé le second axe en revanche…
Bon courage et bonne continuation !
Cordialement.
Bonjour à tous !
J'ai comme devoir le même que Tipa, et j'ai un plan à proposer :
I - L'identification lecteur/personnage
1) Dans " Le Trou "
2) Dans " J'l'ai rendu "
II - L'effet psychologique
1) Comme leçon de morale
2) Comme réponse à un sujet sensible
J'explique : Nous avons pour but de répondre à la question : " Quel est l'intérêt d'intégrer une part de réalisme dans une nouvelle ? " En s'appuyant sur deux textes que nous possédons :
" Le trou " de Maupassant & " J'l'ai rendu " d'Annie Saumont .
Merci de bien vouloir me guider
(Message édité)
Dis donc tu serais pas inscrit au cours de français du CNED par hasard? =)
Je galère aussi sur la dissert'…
Bonsoir Dako,
Ce plan ne rend pas bien compte de l'intérêt du réalisme.
Essaie de réfléchir aux ressemblances entre les œuvres : deux accusés devant le juge, leur défense, leurs mobiles, leur langage…
Qu'apportent ces éléments ? Il y a un dénominateur commun qui est le pittoresque, la scène croquée sur le vif.
N'oublie pas que cette apparente photographie est en fait le fruit de choix esthétiques en vue d'un effet à produire…