Mère Nature ou mère-nature ou mère Nature ou…

Langue française

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Huit orthographes semblent possibles pour écrire "Mère Nature".

Mère Nature
Mère-Nature
Mère-nature
Mère nature
mère nature
mère-nature
mère Nature
mère-Nature

Hormis la dernière, les sept autres se défendent… Sur le modèle de mère-patrie, on resterait en minuscule avec trait d'union. Mais à mon sens, il se s'agit pas seulement d'une notion, mais d'un personnage, donc, il faudrait des majuscules ou au moins une à Nature.

Bref, qui a un avis éclairé sur la question ?
Le trait d'union est facultatif dans "mère(-)patrie" que quelques dictionnaires connaissent comme nom commun composé. Donc certainement pas pour "mère nature"qui n'est pas un mot composé, et encore moins de majuscule sauf effet stylistique voulu.
Maintenant, si on consulte le Trésor de la langue française qui ne donne pas mère, mais "dame" nature, on découvre deux orthographes selon que l'on cherche à "dame" ou à "nature" : dame nature et dame Nature.

Hummm… Pas simple… Car dans ce cas, la nature est vraiment un personnage et "dame Nature" est son nom, ne croyez-vous pas ?
Dans une personnification, l'usage de la majuscule me semble justifié.
Et une seule majuscule ou deux et trait d'union ?
Pourquoi chercher une règle ?
Pour en établir une, il faut une dispute. S'il n'y a pas de dispute, on peut proposer ce qu'on a envie d'écrire et demander si cela choque quelqu'un.
Je cherchais la règle pour éviter de commettre une faute.

Maintenant, je tranche : mère Nature. Sans trait d'union et avec une majuscule à "N", car elle personnifie toute la nature, ce qui fait pas mal de brins d'herbe et d'escargots; ça vaut bien la majuscule, quoi.
Tout à fait d'accord. On est au vocatif. Moi, lecteur, ne suis donc pas impliqué. Je suis informé.
Ceci me rappelle une histoire. Dans un séminaire, l'orateur déclare un jour qu'un vers de Racine lui trotte dans la tête. Il cite "Souveraine des mers qui la doivent porter". Je lui indique la source (Mithridate) et corrige la citation ("Souveraine des mers qui vous doivent porter". Racine a mis au vocatif. Mais, malgré la faute, l'intéressé n'était qu'à moitié d'accord pour la correction. Il aurait préféré que ce soit une vérité universelle servant de référence commune.
Je ne comprends pas. Quel rapport ? Quel vocatif ?
Dans la conversation, la communication s'établit avec son interlocuteur, et puis, tout d'un coup, cette communication s'interrompt. c'est une exclamation comme "Mon Dieu". L'interlocuteur profane est effacé et le propos est adressé à un personnage prestigieux: "O mon Dieu….", ou comme dans la prosopopée: "O Fabritius, qu'eût pensé votre grande âme, si, pour vote malheur rappelé à la vie, vous eussiez vu la face pompeuse de cette Rome, comblée par vos bienfaits, et…" (je cite à peu près, de mémoire). L'interlocuteur n'est plus présent dans le dialogue, mais un tiers qui n'est pas à la troisième personne. Cela correspond au vocatif latin.
Un grammairien expliquera cela grammaticalement bien mieux que moi. Je cherche plus la compréhension que la correction et veux savoir Qui dit Quoi à Qui. C'est pourquoi je suis attentif aux coupures de courant, à remarquer s'il récite sa leçon ou parle d'expérience, etc…
Dans le vers de Racine Monime est déifiée. Le transposer à la troisième personne casse l'effet de prosternation.
"Eh, gamin ! Tu m'écoutes ?"
"Psst, garçon… Un demi bien frais!"
Et là, qui dit quoi à qui ?

On peut utiliser l'apostrophe (équivalent du vocatif latin ) en-dehors des déclamations de Racine, et sans prestigieusement déifier la personne à laquelle on s'adresse, ni vouloir personnifier quelque entité. Et sans utiliser non plus la moindre majuscule. Je ne vois donc pas bien le rapport avec les interrogations de Sonia.
Et je cherche toujurs la déification dans Mithridate…

Amusant quand même :

Venise souveraine des mers qui la doivent porter. De quelque côté qu'on l'aborde, elle apparaît entourée d'une forêt de mâts, lourds vaisseaux entre …
Les bourgeois conquérants de Charles Morazé
Curieux, en effet. Morazé, qui était un collègue de l'auteur dont je parle, était probablement la vraie source de sa réminiscence.