Page 976 du "Bon usage", Grevisse cite de nombreux exemples de "y" compris comme prédicat d'une proposition absolue :
"Les personnes y nommées"
"Le seul moyen pour les gens y intéressés de s'introduire dans les petits papiers de Stanislas"
"Les pièces y afférentes"
J'ai du mal à comprendre cette tournure. Dans les trois cas ce "y" remplace "qui sont" ?
Cette tournure est-elle archaïque, vieillie, soutenue ? Grevisse dit qu'elle fait partie de la langue commune. Cela me paraît douteux. Evidemment il n'a pas écrit cela en 2009.
Pouvez-vous m'éclairer sur ce qu'est un prédicat et une proposition absolue ?
Oui je sais, j'en demande beaucoup… Vous pouvez ne répondre qu'à une seule demande à la fois… (Ici beaucoup mettraient une émoticône, mais quel dommage de douter ainsi du pouvoir émotif des mots.)
Bonjour.
En ce qui concerne ce fameux y, c'est un pronom adverbial qui peut être complément d'adjectifs ou de participes adjectivaux dans quelques tournures, telles celles que tu cites. Comme dans ses autres emplois, ce pronom équivaut à "dans cet endroit, ici" ou "à cela".
Les personnes y nommées = nommées ici.
Les personnes y intéressées = intéressées à cela ("intéressées" au sens d' "associées à un profit")
Les pièces y afférentes = les pièces afférentes à cela.
C'est plutôt une tournure archaïque, survivant dans quelques locutions figées,
souvent dans la langue administrative.
Citons aussi l'assez usuel y compris = compris là-dedans, compris ici.
Renseignements sur les "propositions absolues" de Grevisse trouvés ici :
[lien invalide]
§ 6.7 en bas de page. La notion, à vrai dire, me paraît assez confuse !
Grevisse est plus clair que ces Canadiens !
253 — Définition.
La proposition absolue se caractérise par le fait qu’elle est constituée d’un sujet et d’un prédicat, mais sans mot introducteur et sans verbe conjugué, et qu’elle a une fonction dans la phrase :
Dieu aidant, je vaincrai.
Cette dénomination s’inspire de la grammaire latine, dans laquelle on appelle ablatif absolu la formule équivalant à la formule française donnée ci-dessus : Deo iuuante, uincam. (En grec, il y a un génitif absolu.) — Absolu a ici le sens « qui n’a pas de liaison explicite avec le support du complément », mais cela ne rend pas bien compte de la spécificité de cette construction. Complément absolu, que nous employions dans la 12e éd., couvre mal l’étendue des fonctions (§ 256). — On parle souvent de participe absolu ou de proposition participe, mais cela convient seulement à un certain type : voir § 254.
Bonsoir, Anne.
Je ne saisis pas bien le rapport entre la définition grevissienne de la proposition absolue (la "prétendue" proposition absolue, comme dit Wilmet) et les "nombreux exemples de y compris comme prédicat d'une proposition absolue" qu'on trouverait à la p. 976 du Grevisse… Du moins si j'en juge par les trois exemples rapportés par Polaris.
Juste une question de ponctuation :
En revanche, l’emploi de y devant un participe passé ou un adjectif n’est pas propre à la Belgique. Y compris comme prédicat d’une proposition absolue (cf. § 259, b, 1°) fait même partie de la langue…
.
Ce sont les italiques d'origine.
Y compris = même dans le cas de
Je comprends mieux.
Tel que l'avait retranscrit Polaris, c'était beaucoup moins clair.
La remarque de Grevisse sur les propositions absolues, à propos de y,
concernait seulement l'expression usuelle "y compris".
C'est vrai qu'en français courant, l' expression "y compris"
est le prédicat d'une proposition absolue telle que la définit Grevisse.
Exemple avec la phrase : "Ils sont tous venus, y compris Paul."
La "proposition absolue" est soulignée.
Le sujet de la proposition est "Paul".
Le prédicat (ce qu'on dit du sujet), ici sans verbe conjugué,
est constitué du participe et de son pronom complément.
C'est "y compris".
Cette proposition absolue est l'équivalent de "Paul (sujet)
est compris là-dedans (prédicat, constitué du verbe conjugué et de son complément)."
J'aurais dû donner le contexte :
662 Formes disjointes après préposition.
(…)
4° Si le pronom est complément d’un nom, d’un participe passé, d’un adjectifR6, d’un adverbe :
(…)
Une tradition, surtout écrite, qui paraît propre à la Belgique emploie la forme conjointe du pronom (sans préposition) devant le participe passé : °C’est à propos de cette planche et d’une autre […] me commandée par Pincebourde (A. Rassenfosse, dans N. de Rassenfosse-Gilissen, Rassenfosse, peintre-graveur-dessinateur-affichiste, p. 47). — °Études […] (…)
En revanche, l’emploi de y devant un participe passé ou un adjectif n’est pas propre à la Belgique. Y compris comme prédicat d’une proposition absolue (cf. § 259, b, 1°) fait même partie de la langue commune. — Autres cas, moins courants, sauf chez les juristes : Dispositions y contenues (Code civil, art. 1036). — Les personnes y nommées (Littré, s. v. y, 7°). — Le seul moyen pour les gens y intéressés de s’introduire dans les petits papiers de Stanislas (Aragon, Mentir-vrai, p. 437). — Les pièces y afférentes (Littré, l.c.).
Merci, Anne. Cela confirme bien : seul y compris fait partie d'une proposition absolue. Pas les autres cas cités, qui ressortissent dans leur majorité à la langue juridique (j'avais dit "administrative"), riche réserve de tournures figées comme chacun sait.
=| la langue française est vraiment très compliquée et complexe !
je suis bien contente de l'avoir entant que langue maternelle
=| la langue française est vraiment très compliquée et complexe !
je suis bien contente de l'avoir en tant que langue maternelle
En tout cas, ton smiley n'a pas l'air de partager ton sentiment !
La confusion est plaisante. A mon avis, il doit illustrer la première phrase.
Merci pour ces éclaircissements.
C'est vrai. Un second smiley, joyeux celui-là, pour la deuxième phrase, ça aurait tout clarifié ! =)