Comment aborder Proust ?

Littérature

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D'accord merci beaucoup. Je n'ai malheureusement pas de bibliothèque universitaire, mais je verrai si cet ouvrage figurera dans celle de mon futur lycée.
Quand j'étais étudiant, j'appréhendais la lecture de Proust. J'en avais un peu peur. Une sorte de peur que peuvent nous inspirer les grands écrivains. Un amour de Swann était au programme de licence . J'ai décidé de lire le premier tome Du Côté de chez Swann et ma première réaction a été de beaucoup rire. Proust avait beaucoup d'humour. C'est un grand auteur, qui avait une réfléxion bien particulière sur la société , ainsi que sur l'amour. "J'appelle amour une torture réciproque."
Bonjour,

Que celui qui n'a pas redouté la lecture de Proust lève la main ! Je n'ai toujours pas lu l'oeuvre complète. J'aime son style pourtant et le fonctionnement si particulier de sa mémoire… Je viens de tomber sur ce - petit - ouvrage iconoclaste et intelligent : Comment Proust peut changer votre vie (Alain de Botton, Flammarion 2010 pour la traduction francaise et J'ai lu).

Quatrième de couverture : "En neuf chapitres savoureux, l'auteur nous entraîne dans la vie, la correspondance et l'oeuvre de l'écrivain pour en extraire de formidables leçons de vie. Une façon audacieuse et érudite de relire celui qui avait toujours froid, qui passa quatorze années au fond d'un lit à écrire A la recherche du temps perdu et qui avait peur des souris plus que des bombes."

La revue Lire écrit : "D'anecdotes en badinages, l'iconoclaste Alain de Botton ne recule devant aucune provocation pour offrir Marcel Proust au plus grand nombre. Et rappeler - presque par l'absurde - son génie."
J'ai terminé récemment Du côté de chez Swann. La 3e partie est la plus courte comme ceux qui connaissent un peu Proust doivent le savoir. Je pense qu'elle est capitale pour la suite car toute la relation entre le narrateur et Gilberte s'instaure. On croise évidemment à nouveau le père de celle-ci et Odette. Le point de vue du narrateur sur Odette lors de ses promenades est intéressant et la description du Bois de Boulogne est très belle. J'ai aimé également la manière dont le narrateur parle des villes en détaillant ce que lui évoque les noms, notamment dans leur matérialité. Je compte faire une pause avant de m'attaquer à la suite.
J'ai toujours préféré Combray à Un amour de Swann. Un de mes passages préférés est la description de la chambre de la Tante Léonie.
Avant que j’entrasse souhaiter le bonjour à ma tante on me faisait attendre un instant, dans la première pièce où le soleil, d’hiver encore, était venu se mettre au chaud devant le feu, déjà allumé entre les deux briques et qui badigeonnait toute la chambre d’une odeur de suie, en faisait comme un de ces grands « devants de four » de campagne, ou de ces manteaux de cheminée de châteaux, sous lesquels on souhaite que se déclarent dehors la pluie, la neige, même quelque catastrophe diluvienne pour ajouter au confort de la réclusion la poésie de l’hivernage ; je faisais quelques pas du prie-Dieu aux fauteuils en velours frappé, toujours revêtus d’un appui-tête au crochet ; et le feu cuisant comme une pâte les appétissantes odeurs dont l’air de la chambre était tout grumeleux et qu’avait déjà fait travailler et « lever » la fraîcheur humide et ensoleillée du matin, il les feuilletait, les dorait, les godait, les boursouflait, en faisant un invisible et palpable gâteau provincial, un immense « chausson » où, à peine goûtés les aromes plus croustillants, plus fins, plus réputés, mais plus secs aussi du placard, de la commode, du papier à ramages, je revenais toujours avec une convoitise inavouée m’engluer dans l’odeur médiane, poisseuse, fade, indigeste et fruitée du couvre-lit à fleurs.