Un amour de Swann est le 2ème tome de la Recherche, alors pourquoi ne pas commencer par le premier : Combray, les deux constituant Du côté de chez Swann ?
Comment aborder Proust ?
45 réponses · Page 2 / 3
Je rejoins Profitendieu ! J'ai trouvé Combray à mourir d'ennui, statique au possible, tout le contaire d'Un Amour, beaucoup plus énergique à mon avis. J'ai mis deux fois plus de temps à finir la première partie que la deuxième ! Sinon, pourquoi commencer par la Recherche pour découvrir Proust ? 😀 Il a fait de très belles nouvelles moins connues mais tout aussi intéressantes que ses pavés. Je te conseille L'Indiférrent ou Avant la nuit 😂
Mais Proust n'est pas un auteur facile à lire ça c'est clair 😜 . Accroche-toi pour le début, le plaisir viendra progressivement 🙂
Mais Proust n'est pas un auteur facile à lire ça c'est clair 😜 . Accroche-toi pour le début, le plaisir viendra progressivement 🙂
Anne345 a écrit :Un amour de Swann est le 2ème tome de la Recherche, alors pourquoi ne pas commencer par le premier : Combray, les deux constituant Du côté de chez Swann ?Sans oublier "Nom de pays : le nom" 😉
Sinon, je crois que si l'on compte lire la Recherche en entier, autant commencer par le début.
Bonjour.
Le seul avantage que je vois à lire Combray en premier, c'est que la lecture d' Un amour de Swann doit sembler moins soporifique ensuite.
La question que je me pose c'est : "Pourquoi lire Proust ?".
Le seul avantage que je vois à lire Combray en premier, c'est que la lecture d' Un amour de Swann doit sembler moins soporifique ensuite.
La question que je me pose c'est : "Pourquoi lire Proust ?".
En ce qui concerne le "cas" Proust, je pense qu'il en est généralement ainsi des auteurs dont les phrases s'enroulent les unes dans les autres et s'enchevêtrent dans de longues périodes. Il faut se laisser "porter" par le texte, déjà le lire à haute voix pour mieux en saisir le sens et la beauté et, progressivement, on s' "habitue" au style d'un auteur, il nous devient étrangement familier…
Pourquoi le lire? c'est une véritable expérience, celle d'un petit garçon vu à travers le regard a posteriori d'un auteur qui devient quasi "myope" en analysant le monde qui l'entoure, son snobisme, ses tourments ontologiques, tout cela mêlé à des descriptions magnifiques de paysages et de caractères qui s'emboîtent les unes dans les autres et sont perçues à travers un kaléidoscope de sensations….
Pourquoi le lire? c'est une véritable expérience, celle d'un petit garçon vu à travers le regard a posteriori d'un auteur qui devient quasi "myope" en analysant le monde qui l'entoure, son snobisme, ses tourments ontologiques, tout cela mêlé à des descriptions magnifiques de paysages et de caractères qui s'emboîtent les unes dans les autres et sont perçues à travers un kaléidoscope de sensations….
Thomas1604 a écrit :J'ai trouvé Combray à mourir d'ennui, statique au possible, tout le contaire d'Un Amour, beaucoup plus énergique à mon avis.Mêmes sentiments, la première fois en tout cas.
Je relirai Du Côté de chez Swann mais pas avant trois, quatre ans à mon avis, c'est un livre qui se laisse mûrir.
De toute façon, pour un étudiant en lettres ou même pour la culture littéraire, avoir lu un Proust me paraît indispensable 😀 .
PS : j'en suis à trente pages des Jeunes filles et j'ai encore eu du mal à rentrer dedans cette fois ci à cause du contexte politique . Heureusement le narrateur parle vite de la Berma et de sa représentation de Phèdre ce qui m'a permis de me ressaisir !
De toute façon, pour un étudiant en lettres ou même pour la culture littéraire, avoir lu un Proust me paraît indispensable 😀 .
PS : j'en suis à trente pages des Jeunes filles et j'ai encore eu du mal à rentrer dedans cette fois ci à cause du contexte politique . Heureusement le narrateur parle vite de la Berma et de sa représentation de Phèdre ce qui m'a permis de me ressaisir !
Pourquoi ne pas commencer par le début ? Je viens de lire Du côté de chez Swann. Contrairement à ce qui a été dit dans les précédents avis, j'ai trouvé Combray très intéressant : l'incipit est vraiment très particulier et l'épisode de la madeleine dont j'avais tellement entendu parler m'a fait sourire. Certes, Un amour de Swann est plus entraînant mais le rythme de la narration de Combray possède un certain charme: on a l'impression de se balader dans l'enfance du narrateur et on passe d'un épisode à un autre sans s'en rendre compte grâce à un ficelage d'une grande maîtrise entre les paragraphes. Pour terminer, Un amour de Swann comporte beaucoup de dialogues (ce qui lui donne cet air plus "vivant"): je trouve que Combray a le charme de n'en avoir que quelques-uns (la description permet de mieux entrer dans l'univers de l'auteur).
Voilà, pour conclure, je pense que tu apprécierais mieux ta lecture d'Un amour de Swann si tu lisais d'abord Combray 🙂
Voilà, pour conclure, je pense que tu apprécierais mieux ta lecture d'Un amour de Swann si tu lisais d'abord Combray 🙂
Oui je pense pour avoir lu les deux premiers tomes de La Recherche , la lecture de Jean Santeuil oeuvre de jeunesse donne pas mal de clés pour mieux comprendre
A La Recherche du Temps Perdu " tous les ingrédients s' y trouvent : figures de style
, analyses psychologiques , métaphores , mémoire involontaire..
Bonne lecture
freddovr nouveau sur le site
A La Recherche du Temps Perdu " tous les ingrédients s' y trouvent : figures de style
, analyses psychologiques , métaphores , mémoire involontaire..
Bonne lecture
freddovr nouveau sur le site
Malgré toutes les recommandations, je pense qu'il faut lire Proust quand on ressent le besoin de le lire, et non pas la contrainte de le lire parce que tout le monde en parle.
Un soir, flânant dans les rayons de la bibliothèque du CDI, dans l'attente d'un conseil de classe, j'ai vu apparaître PROUST sous mes yeux. J'ai senti que c'était ce livre qu'il me fallait lire, bien que je ne savais rien de l'auteur, de sa prose et de son style si particulier. (je me rappelle avoir hésité avec Les Frères Karamazov) Du coup, j'ai commencé Combray dans un couloir, en attendant que les professeurs arrivent. Et c'est comme ça que j'ai commencé Du côté de chez Swann. Certes, j'ai mis du temps à le lire, mais je me suis régalée, et j'attache une importante particulière a Combray. Ce chapitre est si étrange, un chapitre à l'incipit si différent des incipit ordinaires qu'il nous boulverse et nous pousse à "l'éffort littéraire" : un effort de concentration pour comprendre ce que l'auteur veut nous transmettre et ne pas décrocher à la première difficulté de lecture rencontrée. Ce fut une lecture que je qualifierais de merveilleuse, comme beaucoup, sans nul doute.
Un soir, flânant dans les rayons de la bibliothèque du CDI, dans l'attente d'un conseil de classe, j'ai vu apparaître PROUST sous mes yeux. J'ai senti que c'était ce livre qu'il me fallait lire, bien que je ne savais rien de l'auteur, de sa prose et de son style si particulier. (je me rappelle avoir hésité avec Les Frères Karamazov) Du coup, j'ai commencé Combray dans un couloir, en attendant que les professeurs arrivent. Et c'est comme ça que j'ai commencé Du côté de chez Swann. Certes, j'ai mis du temps à le lire, mais je me suis régalée, et j'attache une importante particulière a Combray. Ce chapitre est si étrange, un chapitre à l'incipit si différent des incipit ordinaires qu'il nous boulverse et nous pousse à "l'éffort littéraire" : un effort de concentration pour comprendre ce que l'auteur veut nous transmettre et ne pas décrocher à la première difficulté de lecture rencontrée. Ce fut une lecture que je qualifierais de merveilleuse, comme beaucoup, sans nul doute.
J'espère qu'ensuite tu as pu lire Les Frères Karamazov… 🙂
Bonsoir,
Mon professeur de lecture critique m'as conseillé de lire "un amour de Swan" et depuis je suis devenue fun.
Disant que j'ai a peut prés compris toute l'histoire, mon niveau en langue française s'est amélioré et depuis mes professeurs se plaignent de mes écrits a cause des phrase longues que je fait. 😜
Mon professeur de lecture critique m'as conseillé de lire "un amour de Swan" et depuis je suis devenue fun.
Disant que j'ai a peut prés compris toute l'histoire, mon niveau en langue française s'est amélioré et depuis mes professeurs se plaignent de mes écrits a cause des phrase longues que je fait. 😜
Vous avez tous trouvé Combray ennuyeux…. Etonnant, j'ai trouvé au contraire que l'auteur restait "statique" (pour reprendre les mots d'un intervenant) beaucoup plus dans un amour de Swann.
alors que Combray est si riche au niveau de l'écriture et de la réflexion…. enfin, ce n'est que mon humble avis. moi, en tout cas, je n'ai pas su finir un amour de Swann, mais ai dévoré (enfin, pas trop non plus, ca reste Proust quand même 😀 ) Combray.
alors que Combray est si riche au niveau de l'écriture et de la réflexion…. enfin, ce n'est que mon humble avis. moi, en tout cas, je n'ai pas su finir un amour de Swann, mais ai dévoré (enfin, pas trop non plus, ca reste Proust quand même 😀 ) Combray.
J'ai entamé Du côté de chez Swann en août 2011 me semble-t-il et la deuxième partie de Combray fin septembre et je l'ai seulement terminée fin janvier à cause de mes lectures prioritaires pour les cours et d'autres lectures en parallèle. J'ai entamé depuis Un amour de Swann mais je n'en suis qu'au début à cause de lectures en parallèle pour les cours ou non et il faudra que je lise Nom de pays : le nom pour finir ce premier volume mais je dois dire que je suis tombé dans la marmite Proust. Il va se placer au niveau de mes écrivains préférés français voire sans doute toute nationalité confondue. J'ai pris des notes sur mes passages préférés de Combray. L'écriture de Proust est d'une beauté suprême, d'une sensibilité incroyable. La peinture du souvenir est magistrale avec une intervention de tous les sens qui ont un impact sur le lecteur qui doit lui aussi essayer de faire appel à tous ses sens pour saisir la matière du souvenir proustien. Le paysage proustien est merveilleux, j'adore ses descriptions pleine de couleurs, de textures, valables pour d'autres éléments que les paysages (exemple des asperges d'un repas préparé par Françoise). Les descriptions proustiennes sont pleines de finesses, de nuances, notamment en terme de couleur. La description des églises que ce soit celle de Combray ou des clochers de Martinville, la description de Tansonville et du cours de la Vivonne me marqueront longtemps et ce sera un plaisir de les relire. Le rapport à la lecture est un autre aspect important développé dans cette première partie du roman et évidemment cela m'a intéressé. Il y a la figure de la grand-mère et celle de Bergotte qui sont capitales dans ce rapport pour le narrateur à la lecture débouchant sur une envie d'écrire lui-même. Il y a beaucoup de tendresse également dans l'évocation de certains personnages comme la grand-mère, la tante Leonie et la mère, trois femmes dont le narrateur est très proche. Le narrateur et les personnages sont attachants, notamment là encore Leonie, Françoise et la grand-mère. L'évocation des promenades du narrateur m'ont beaucoup plus avec là encore une grande richesse de détails, de nuances dans les descriptions. Les relations des personnages dans la société sont un autre aspect important qui sera présent je pense dans toute la Recherche et cela va être encore plus important dans la suite de ce roman avec la société des Verdurin, Swann qui va prendre de l'importance car je connais des extraits dont le début de Un amour de Swann vu en hypokhâgne. Le portrait de Madame de Guermantes est magistral, sublime. Proust, c'est tout simplement génial, cela se lit lentement et avec délectation, il y a un grand plaisir du texte, de l'écriture dont il faut goûter chaque mot, chaque phrase selon moi.
Longtemps je me suis couché de bonne heure.
C'est ce qui m'a permis de lire Proust en commençant par le début. 😜
C'est ce qui m'a permis de lire Proust en commençant par le début. 😜
J'ai fini il y a deux jours "Un amour de Swann", partie centrale de Du côté de chez Swann. Le clan des Verdurin est vraiment détestable mais permet d'introduire de nouveaux personnages assez intéressants dont Madame Verdurin évidemment. La relation de Swann avec Odette de Crécy, femme aux moeurs légères, cocotte, cruche est au centre de cette partie. Proust dépeind à merveille le sentiment amoureux et les affres de la jalousie. Le personnage de Swann, très cultivé permet d'introduire un rapport important à l'art, chose évidemment délectable. Swann est un personnage qui agace et touche en même temps. Lui-même ne comprend pas avec le recul ce qu'il a trouvé à Odette et le mal qu'il s'est infligé à cause de cet amour.
Je ne sais plus où j'avais lu cette question, peut être même était-ce sur ce forum. Cependant, je ne me souviens plus de la réponse, qui avait été (à l'époque) bien trop compliquée pour moi. C'est pour cela que je la réitère ici, en espérant que certains puissent me répondre. Voila, Proust entend refaire un monde dans son oeuvre. Cependant, il omet (peut être et même surement volontairement) la question de la religion. Savez-vous pourquoi il n'y a pas de Dieu dans son oeuvre?
Il faudrait le lui demander, mais il est mort !
Réponse en forme de Lapalissade : il n'en parle pas parce que cela ne l'intéresse pas.
Proust n'est ni Mauriac ni Bernanos. A chacun sa spiritualité.
Réponse en forme de Lapalissade : il n'en parle pas parce que cela ne l'intéresse pas.
Proust n'est ni Mauriac ni Bernanos. A chacun sa spiritualité.
J'ai beau y réfléchir, je ne vois pas vraiment de réponse…
Je n'ai pas de réponse, mais si tu as une BU à portée de main, ce titre pourrait t'éclairer : Stéphane Chaudier, Proust et le langage religieux : La cathédrale profane, Honoré Champion, 2004.
Le présent ouvrage se consacre à l'analyse du langage de la religion. Emprunts à la Bible, à la théologie catholique, clichés littéraires, fragments de discours historiques, sociologiques ou ethnologiques, tous ces matériaux ayant le religieux pour objet forment un ensemble discursif dont la cohérence déroutante demande à être appréhendée par une métaphore oxymorique : la cathédrale profane. Détournés de leur fonction première, ces discours religieux sont en effet assumés ou pervertis par l'énonciation profane de la cathédrale proustienne. D'inspiration stylistique, cet ouvrage propose une lecture de l'ensemble de l'œuvre de Proust. Ses thèmes principaux l'art, l'amour, l'inversion, la mondanité - tirent un nouvel éclairage de l'étude des discours paradoxalement religieux qui les commente.