Traiter sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Je suis en première S et j'ai une dissertation à faire.
Le sujet est :
« Pensez-vous que l'on puisse traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? Vous appuierez votre réponse sur des exemples empruntés à vos lectures et à d'autres formes d'art, y compris le cinéma. »
Je pense faire un plan thèse / antithèse / synthèse mais je ne trouve pas beaucoup d'arguments.
J'ai aussi des problèmes avec l'introduction, ne sachant pas si celle que j'ai rédigée est correcte.
La voici :
Déjà, au VIIe siècle avant notre ère, des sujets sérieux sont traités de façon plaisante dans les Fables d'Ésope. Plus tard, au IVe siècle avant J.-C., Platon relate aussi dans son Apologie de Socrate que celui-ci abordait l'humour lors de discours sérieux.
Cependant, c'est majoritairement au XVIIIe siècle que des sujets importants seront traités de manière risible voire ironiquement, et ce plus particulièrement par les philosophes des Lumières. De nos jours, de très nombreux auteurs mais aussi certains médias (Le canard enchainé) font de même. Mais peut-on traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ?
Voila, je suis un peu bloqué après. J'attends vos avis et conseils.
Merci d'avance.
As-tu pensé aux "Guignols", qui à notre époque relatent l'information de manière humoristique ?
Pense aussi à la Comedia dell'Arte, les masques avec une "mimique" faciale gaie pouvaient très bien dire des choses bouleversantes.

Voila pour l'instant ce que j'ai trouvé. 😉
Bonjour,

Je passe sur quelques fautes d'orthographe comme "seront traiter" sur lesquelles ton professeur ne passera pas pour en venir au fond.

D'abord l'introduction et son affirmation contestable : pourquoi dater du XVIIIe siècle l'utilisation majoritaire de la littérature plaisante ou humoristique ? Ensuite ce mini résumé de littérature ne peut être que décevant. Pour l'ouverture donc, je te proposerai de retenir un exemple et un seul d'œuvre qui a fait scandale pour enchaîner sur le sujet : Tartuffe de Molière ? Ubu roi de Jarry ?

Ton sujet est typique puisqu'il t'est demandé de réfléchir sur une expression paradoxale : un débat sérieux peut-il s'accommoder du rire ? Le siècle classique (hormis Molière) a condamné Rabelais pour mauvais goût. Dans le Nom de la rose d'Umberto Eco, le rire est jugé satanique… En contrepartie, si Voltaire est encore lu, il le doit plus à l'irrévérence et à la fantaisie de ses contes et romans qu'à ses traités (alors qu'il aurait voulu la gloire par ces derniers).
En fait il s'agit moins de répondre par oui ou par non que d'imaginer les limites du traitement.

Reformulons la problématique.
La littérature d'idées, a priori sérieuse, peut-elle se compromettre avec des formes prétendument dégradées ou avilies ou secondaires ou indignes.
Pourquoi de grandes œuvres de la littérature d'idées recourent à un mode plaisant et humoristique ?

Le rire n'est pas indigne Vois Rabelais : "le rire est le propre de l'homme" qui considère après Aristote (dans un tome perdu de la poétique ?) que seul l'homme, à la différence de l'animal, est capable de rire.
Rabelais nous invite à déguster "la substantifique moelle" : derrière les "joyeusetés", il y a matière à réflexion.
Le rire selon Figaro dans le Barbier de Séville : "je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer" (Beaumarchais)
C'est le rire de protection : Je ris pour ne pas me laisser émouvoir. Je ris pour ne pas me laisser aller à la tristesse. Je ris pour ne pas me laisser impressionner. Je ris car je fais le choix de considérer que la vie n'est pas sérieuse. Par contraste, la situation n'en ressort pas moins grave, et le personnage dans son réflexe d'auto-défense peut s'attirer un peu plus notre sympathie et rallier notre indignation à son combat.
Byron a écrit la même chose : " Si je ris de toutes choses ici-bas, c'est afin de ne pas en pleurer."
Le risque, c'est de tomber dans l'indifférence au malheur, et même dans le cynisme.
Respecte-t-on les personnes ?
C'est aussi la question de savoir si l'on peut rire de tout. Ce à quoi Desproges avait répondu :" Oui, mais pas avec n'importe qui." Cette affirmation nous amène à réfléchir au destinataire : à sa capacité de comprendre, d'admettre.
- Échapper à la censure, c'est une obligation pour Voltaire dans certains de ces récits très critiques pour le pouvoir en place.
- Toucher de nouveaux lecteurs qui ne lisent pas les traités sérieux. C'est alors un choix d'efficacité pour ce même Voltaire.
- Rendre plus accessibles les idées abordées en les illustrant par des apologues amusants :
la comédie du grand siècle qui prétend châtier les mœurs en faisant rire. C'est le rire de dérision : celui qu'a pratiqué Molière et la comédie classique. Castigat ridendo mores. Elle châtie les mœurs en les ridiculisant. Un vice n'est jamais innocent, pourtant le ridiculiser peut conduire à une prise de conscience salvatrice.
- Le rire et la légèreté ne signifient pas pour autant éloignement de la réalité : les comédies de Molière nous en disent long sur la société du Grand siècle. Les portraits de La Bruyère aussi.
- Donner libre cours à ses qualités foncières pour mieux convaincre : Voltaire utilise alors la caricature, l'ironie pour mettre les rieurs de son côté. Il répond à son esprit primesautier, souvent superficiel, rapide, réducteur. Par ex. "Candide" où ses personnages sont réduits à des marionnettes portant leur étiquette fonctionnelle.

Finalement nous devrions renoncer à ces préjugés, ces classifications étriquées, ces prétendues oppositions qui sclérosent notre appréciation et brident notre plaisir. Nous pouvons revendiquer la légitimité du plaisir à apprendre et à réfléchir.
Je pense aussi au film "la vie est belle", film drôle et grave sur les camps de concentration. Il fallait oser cette alliance.
Voilà quelques pistes à approfondir, à ordonner et à illustrer pour bâtir ta propre argumentation !
Merci beaucoup beaucoup à vous deux.
P.S. : Jean luc = prof de français ou webmaster de wikipédia?lol
Jean-Luc, tu es vraiment impressionnant !!!
Je viens de m'inscrire, et mes propos (RomainD) sont dérisoires à côté 😀
J'ai réussi à trouver quelques arguments :

Thèse : on peut rire de tout :
argument 1 : cela permet de mieux faire passer un message
argument 2 : ce n'est pas synonyme d'éloignement de la réalité
argument 3 : ?

Antithèse : on ne doit pas rire des sujets graves
argument 1 : ?
argument 2 : ?
argument 3 : ?

Synthèse : cela dépend :
argument 1 : du destinataire
argument 2 : du contexte
argument 3 : ?

Élargissement : Qu'est ce qu'un sujet sérieux, puisque, selon Chesterton, "la vie est une chose trop importante pour être prise au sérieux."
Qu'en pensez-vous ?
A chaud !

La première partie est trop antithétique avec la seconde.
Je ne dirais pas "on peut rire de tout" mais "on peut rire de beaucoup de réalités".

Je reformulerais également la seconde: "pourtant certains sujets sensibles se prêtent mal à la dérision".

D'accord pour la suite, à cela près que je préfère le terme "dépassement" à celui de synthèse, mais ce n'est qu'un avis.
Attention également aux élargissements en forme de pirouette, certains professeurs n'apprécient pas.

Pour finir sur une note plus gaie cette intervention, une citation de Charles Morellet : "Rabelais a dit que le rire était le propre de l'homme, c'est pour cela qu'il y a tant de gens sales".
Pensez-vous qu'une introduction de ce type conviendrait à mon sujet ?
En septembre 2005, un journal danois publie des caricatures représentant le prophète musulman Mahomet. 4 mois plus tard, certains pays musulmans sont en proie à des manifestations anti-danoises qui débouchent sur des ambassades brûlées et une dizaine de morts. Au vu de ces événements, on peut donc considérer la religion comme un sujet sérieux et s'interroger : peut-on traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? Nous répondrons à cette question en analysant les arguments favorables à une réponse négative, puis ceux défavorables et enfin nous trouverons un compromis entre les deux réponses.
Merci d'avance.
Attention également aux élargissements en forme de pirouette, certains professeurs n'apprécient pas.
En forme de pirouette ? C'est-à-dire faits par une citation ?
Salut,
Moi aussi j'ai ce sujet de dissertation !
Comme exemple, jai choisi Le Mariage de Figaro de Beaumarchais où celui-ci critique sa société à travers la comédie pour être mieux entendu. Donc on peut conclure que la comédie peut dédramatiser.
Prendre la comédie, en mettant des sujets graves, cela permet en quelque sorte de montrer le ridicule, et de dénoncer un problème. Le rire permet de se défouler et donc de dénoncer !
Bon je ne sais pas trop si je t'ai aidé mais bon…
En tout cas bonne chance pour ta dissert' !!
Ciao
Il me manque un argument pour ma synthèse.
J'en ai trouvé 2 : traiter des sujets sérieux avec humour dépend du destinataire
traiter des sujets sérieux avec humour dépend du contexte
Quelqu'un aurait-il une idée ?
Merci d'avance.
Bonjour,

Ce que j'entends par pirouette, c'est de plaquer un paradoxe sans l'expliquer ou le justifier. Tu prétends poser une question "qu'est-ce qu'un sujet sérieux ?" en y répondant par une boutade. De plus cette question aurait dû figurer au début de ton devoir, en aucun cas à la fin. Par convention c'est dans l'introduction (si cette définition est courte) ou la première partie (dans le cas contraire) qu'on définit les notions que l'on va manipuler.

Ton introduction convient bien avec sa mise en situation journalistique (certains professeurs préfèreront des situations plus classiques en référence avec la littérature).
En revanche tu n'as pas reformulé la problématique.
L'annonce du plan est assez maladroite.
Préfère une succession de phrases avec « tout d'abord… », « ensuite… », « enfin… ». On peut aussi utiliser une seule phrase avec des propositions introduites par
« S'il est vrai que » (…), « il est aussi vrai que » (…), « et bien plus » (…).
« Certes » (…), « mais » ou « néanmoins… » ou « cependant… » (…), « et qui plus est » (…).
Tu éviteras l'usage du nous littéraire qui n'est qu'un camouflage du moi ou du on à bannir.
Surtout remplace les formulations fonctionnelles et banales par des expressions plus riches de sens.
Ex. : ""Nous répondrons à cette question en analysant les arguments favorables à une réponse négative" deviendrait "S'il est vrai que la dérision ou l'emploi de genres mineurs à l'encontre des idées graves ou sérieuses sont souvent mal reçus par ceux qui les défendent…"

Quant au troisième argument pour ta synthèse, tu pourrais prendre le troisième angle de la communication : après le destinataire, le contexte, tu pourrais retenir l'émetteur (subtilité, délicatesse, respect…)
Merci beaucoup à vous
Vos réponses m'ont beaucoup aidé (surtout Jean Luc, lol)
A bientôt je suppose.
Si quelqu'un d'autre s'y connaît, ou Jean-Luc par exemple, je veux bien votre aide.
Bonjour Lethymiss,

Quelle aide recherches-tu ?
J’essaie d’établir un plan et j'ai un peu du mal !!!
Bonsoir Lethymiss,

Avant de définir un plan, il te faut envisager le mouvement général de ta dissertation. En particulier te demander si tu es plutôt d'accord ou pas d'accord avec la position formulée.
Si c'est oui, tu auras alors un plan oui, mais et dépassement de l'opposition.
Si c'est non, tu obtiendras un mouvement non, mais et dépassement de l'opposition.

Personnellement, il me semble difficile sur un tel sujet de choisir la deuxième voie au risque de passer pour un cuistre ou un pisse-vinaigre. Il faut dire qu'avec toutes les œuvres d'esprit qui abondent dans notre littérature, il te sera difficile de te dresser contre Voltaire, Beaumarchais, Molière…

Reformulons la problématique.
La littérature d'idées, a priori sérieuse, peut-elle se compromettre avec des formes prétendument dégradées ou avilies ou secondaires ou indignes.
Pourquoi de grandes œuvres de la littérature d'idées recourent-elles à un mode plaisant et humoristique ?

Ce qui donne le plan : Oui il est possible de traiter des sujets graves sur un mode plaisant et humoristique. Tu cherches alors les causes principales : parce que le rire ou le plaisir sont légitimes en eux-mêmes et qu'ils ont donné naissance à d'authentiques chefs-d'œuvre.
Mais le rire ou le plaisir n'ont pas donné que de grandes œuvres parce que le rire et la légèreté ont leurs limites.
Le plus difficile à réaliser est le dépassement : Que faut-il au traitement léger pour produire des chefs-d'œuvre ? Ou reformulé, qu'est-ce que le mode plaisant peut apporter aux sujets graves ?
Tu débouches sur une esthétique de la légèreté, de la finesse d'esprit. Tu arrives à faire la part entre le vulgaire vin mousseux et le pétillant champagne. Ils ne produisent ni les mêmes bulles ni les mêmes arômes…
Bonsoir Jean-Luc,
Et merci de m'aider !

Déjà, avant tout, je suis plus du côté du oui que du non.
Donc pour mon plan, je pense faire un plan dialectique, le plus facile !!!
Avec dans un grand I Pour, et montrer que l'humour est plus facile pour faire passer un message (Candide, Tartuffe…)
II CONTRE : en montrant qu'il est préferable de traiter certains sujets sur le ton qu'il mérite, c'est-à-dire tragique, car ça permet de montrer le côté grave du sujet
III Synthèse des deux premières parties et montrer également qu'il ya une limite et qu'on ne peut pas traiter tout sur un ton humoristique (le prophète…)

Et pour l'intro, il est préferable que je le fasse sur un fait d'actualité (les caricatures représentant le prophète) ou qqch de plus ancien et littéraire (Tartuffe) ?

Merci d'avance.
Bonsoir Lethymiss,

Ton plan convient.
Dans ta première partie, bannis l'affreux "message". Les écrivains ne sont pas des standardistes. Utilise critique, thèse, opinion…
Dans ta troisième partie que recouvre exactement la "synthèse des deux premières parties" ? Ne te contente pas d'un porte-manteau, et indique le vêtement que tu comptes y accrocher.

Pour l'introduction, tout dépend de ton professeur. Tu peux te montrer classique et t'appuyer sur le scandale de Tartuffe. Tu peux retenir les récents événements qui ont défrayé la chronique. Tu peux aussi allier les deux sur l'air journalistique cultivé du "12 mai 1664 : dès sa première représentation, le Tartuffe de Molière est interdit. Février 2006, des caricatures du prophète Mahomet déclenchent des troubles et une vague de protestation sans précédent. Ironiser sur le fait religieux conduit toujours à des réactions indignées"…
OK !!!

Pour la 3e partie, j'ai pas encore élaboré un réel plan mais j'ai juste quelques idées : je pense dire à la fin du II que les sujets sont très graves afin d'enchaîner avec la 3e partie dans laquelle je dirai qu'il faut quand même faire attention au sujet, mais égalemnt au récepteur, à qui le message est destiné (c'est important, non ?)
C'est pas trop organisé ! Dis-moi ce que t'en penses et surtout n'hésite pas à me donner qq idées si t'en as.
Je sais pas trop comment rédiger cette dernière partie. En fait c'est le plus difficile.
Et ça te dirait que je t'écrive mes intros (j'en ai 2) pour que tu puisses me donner ton avis ?
Thanks.
P.S. : Sans être indiscrète, tu peux me dire ce que tu fais dans la vie !
Bonjour Jean-luc, je voudrais savoir si tu avais des arguments pour l'antithèse de ce même sujet ?

Merci d'avance