Votre "coup de foudre" pour la littérature

Littérature

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Um, pas vraiment de déclic chez moi, je m'y suis intéressée très tôt…

A l'adolescence, je lisais des nuits entières, des piles de bouquins m'arrivant à la taille parsemaient les abords de mon lit. 😀

Jusqu'à la prépa je lisais n'importe quoi. Vraiment tout ce qui me tombait sous la main, n'importe quel style, n'importe quel thème, n'importe quelle époque, n'importe quelle région, y compris les BD & romans graphiques - une boulimie !
Après la prépa, j'ai connu cette nouveauté : l'ennui devant un livre. Toutefois, la richesse des auteurs est telle que mon appétit de verbe ne trouve aucun mal à s'exercer, même avec une once de sélection désormais. 🙂
Hé bien moi j'ai toujours aimé écrire, lire ect.
Quand j'étais toute petite déjà j'écrivais des histoires au débur je voulais devenir écrivain puis éditeur et "raconteuse d'histoires"
Maintenant ce que j'aimerais faire, c'est enseigner le français.
Cette idée me tourne dans la tête depuis cette année, parceque mon professeur était géniale !
Alors il n'y a pas eu dévénement spéciale qui m'a fait aimer la litérature mais je l'aime chaque jour un peu plus 😉
Attention malgré tout que se ne soit pas juste le fait et que tu aies aimé l'enseignement de ta prof de français , sois sur qu'il s'agit de TA voie
Non non, mais ce que je veux dire c'est qu'elle m'a fait encore plus apprécier cette matière !! Oui, c'est vraiment LA voix que je veux suivre.
Bonjour à tous !
Je fais une recherche sur l'apprentissage de la lecture littéraire.
À partir de celle-ci, mais pas seulement, il y a deux questions qui m'intéressent particulièrement, en partant du principe que je m'adresse à des amateurs de littérature 😜 (mais ceux qui veulent faire entendre un avis divergent sont les bienvenus).

1/ Comment avez-vous découvert et apprécié la littérature ?

Est-ce via une expérience scolaire ? Une lecture pour l'école, un enseignant ? Est-ce via des proches ? Ou autrement encore ? Comment cela s'est passé pour vous ?

Il existe un sujet proche dans les forums (ici) qui m'a beaucoup intéressé.
Si j'ai voulu le reprendre et le relancer ici, c'est parce qu'il datait déjà d'un an et demi, ne contenait pas un grand nombre de réponses ni de réponses récentes et, surtout, il avait été uniquement posté dans la filière littéraire, or la question mérite d'être posée plus largement. En outre, dans la mesure du possible et si ça vous convient, j'aimerais beaucoup poser éventuellement quelques questions de précisions à ceux qui voudront bien répondre, sans que l'on doive nécessairement s'arrêter à la première déclaration. Les témoignages sont précieux et, souvent, ça vaut la peine de creuser.

2/ Quel rapport y a-t-il entre votre passion pour la littérature et votre passion pour la lecture ?

Avez-vous d'emblée aimé la lecture en général et la lecture littéraire ou l'un s'est fait avant l'autre ou votre amour pour la littérature ne se confond pas avec votre goût pour d'autres lectures ?

J'espère que mes questions sont claires et qu'elles vous sembleront aussi passionnantes qu'à moi. J'y répondrais volontiers moi-même, mais comme j'ai peur d'avoir déjà été un peu long et que je suis nouveau sur ce forum, j'attends un peu de voir les réactions. Si vous voulez également ma réponse, n'hésitez pas à me le faire savoir.

Sébastien (de Bruxelles).
Bonjour 🙂,
Déjà, je souhaitais te dire que je trouve ton sujet très sympa et utile finalement ! en effet, c'est enrichissant de prendre le temps d'y réfléchir, chose difficile habituellement.
Pour ma part, j'ai commencé à aimer le Français et la littérature en seconde (l'année dernière)
J'avais un prof vraiment Génial ! On voyait, quand il parlait, qu'il aimait son métier mais pas dans l'exagération non plus.
Bref, il avait une manière d'expliquer, de nous parler du plaisir d'écrire, de bien faire, d'aller au fond des choses etc, et bien, qui m'a totalement convaincue.
Depuis, j'ai vraiment changée, je me destinais à la S et me voila aujourd'hui en L dans le but d'enseigner le Français.
J'aime lire de tout, du Gargantua de Rabelais au XVIème siècle jusqu'au Thérèse Raquin de Zola quelques siècles plus tard. Bon, c'est surtout tourné vers du "classique" et J'aime aussi en parler par la suite, écouter le points de vue des autres mais c'est difficile -je trouve- de rencontrer des personnes réellement interessées par la littérature.

Voila, je pense avoir fais le tour ou, en tout cas, une grande partie. 😉
Et toi, j'aimerai que tu réponde aussi à ce post s'il te plait ! 😀
Merci beaucoup Noikao77 🙂
Je me demandais : avant la seconde, quand tu lisais de la littérature, tu n'aimais pas ? comment ça se passait ? Et par ailleurs, maintenant, tu lis beaucoup de littérature, mais aussi d'autres choses ? Tu es un grand lecteur en général ?

Moi, enfant, j'étais semble-t-il toujours un peu dans mon monde, à me raconter des histoires et, vers 9-10 ans, j'ai commencé à lire énormément de BD. Les deux phénomènes semblaient liés puisque je pouvais, grâce aux BD, c'est-à-dire grâce à la lecture, me plonger dans des histoires, et rester enfermé dans ma petite bulle. Du coup, une légende familiale a vite déclaré que je lisais beaucoup, dans un milieu où ce n'était pas spécialement fréquent, alors même que je lisais surtout des BD (même en classe, en cachette, pendant le cours). Après, je sais que vers 11-12 ans, j'étais très intéressé par les encyclopédies pour jeunes (genre "Visa Junior" de Nathan). Donc on peut dire, je pense, que j'ai d'abord lu des histoires en BD, puis que j'ai lu avec le désir d'apprendre. Et c'est là que juste avant le Collège et peut-être presque en même temps que celui-ci, j'ai découvert, dans les encyclopédies, que l'art était une partie importante de la culture, et que la littérature était une partie importante de l'art. Je voulais tout le temps savoir, je m'en souviens, qui était "les plus grands". Dans mes encyclopédies, les deux qui ressortaient le plus étaient Molière pour le théâtre et Hugo pour le reste 🙂. À l'époque, je ne me souviens pas avoir eu conscience qu'il y avait la "littérature française" et la littérature en général, toutes nationalités confondues.

Alors, vers 12-13 ans, j'ai commencé à lire Hugo. Je me suis en même temps réjoui d'apprendre la littérature au Collège, mais on ne nous donnait pas tellement de grands auteurs à lire. Donc je continuais un peu par moi-même, souvent obsédé par le fait de savoir qui étaient les grands (aujourd'hui, je dirais sans doute, les classiques). C'est avec cette idée que j'en suis venu à lire Baudelaire, puis Rimbaud quelques années plus tard. Mais vers 12-13 ans, ça a été la lecture partielle, environ la moitié (soit près de 1000 pages), des Misérables, puis après, je me suis dirigé vers Jules Verne dont les histoires m'attiraient sans doute particulièrement. Je crois que j'ai dû lire 9 Jules Verne pendant les deux premières années du Collège, parfois dans des versions "allégées", mais j'ai vite fait attention à avoir "le texte intégral", tout en sautant souvent des pages (comme les descriptions de poissons dans Vingt mille lieues sous les mers).

Après, il a fallu que j'attende le lycée, en seconde aussi (bien que le système belge soit différent et qu'il n'y ait pas, notamment, de choix de filière forte en fin du secondaire), pour que l'école joue vraiment un rôle de relais littéraire. En sachant que je n'ai à peu près jamais aimé les lectures obligatoires. Mais, avant ça, en troisième, j'ai fait du théâtre comme activité extra-scolaire, et là j'ai vraiment rencontré un milieu très littéraire, avec des personnes qui m'ont marqué de ce point de vue.

Du coup, dans mon cas, il me semble que ce qui est frappant, c'est que l'école ne semble pas avoir été le facteur dominant de mon accès à la littérature (et le milieu familial ne l'était assurément pas non plus), mais ce rôle a plutôt été joué par une vulgarisation de la littérature (encyclopédies), par les institutions médiatrices et commerciales (classiques pour les jeunes, etc.) et par un milieu extra-scolaire (le théâtre et la déclamation). En réalité, la famille a tout de même joué un rôle de renforcement par l'étiquette "grand lecteur" qui m'a été assez vite donnée, peut-être abusivement 🙂 Et enfin, je suis apparemment passé des BD et des encyclopédies à la littérature, donc à la fois avec un passage BD>littérature sur le plan des histoires, et lectures de connaissances à lecture littéraire.

Qu'en pensez-vous ? Et qu'en est-il pour vous ?
Bonjour,
Personnellement, j'ai toujours été une grande dévoreuse de livres. A deux ans je feuilletais les revues chez le médecin : je ne savais pas lire bien sûr mais de ce qu'on m'a dit, j'étais déjà très attirée par les livres. Dès que j'ai été en âge de savoir lire j'ai dévoré tout ce qui me passait sous la main et je peux dire que des livres pour enfants, j'en ai avalé un bon paquet.
De plus, j'ai vite éprouvé le besoin de me réfugier dans mon monde pour me faire hermétique aux disputes dans la famille.
Bref, au collège je me suis pas mal calmée mais j'ai commencé à découvrir certains 'grands textes' de la littérature. Je me souviens tout particulièrement d'avoir aimer lire Le Cid. Je n'avais pas tout comprit mais les rimes me berçaient, comme une chanson.
Ensuite, au lycée, j'aimais toujours autant lire mais les classiques, ce n'est pas trop mon truc. Du coup, je lisais ce qu'on me demandait et c'était bien suffisant à mon goût. Par contre, des livres contemporains j'en ai avalé pas mal pendant mes années lycée.
L'année dernière, après avoir passé le bac, j'ai fait une année de préparation dans le but de rentrer en école d'infirmière. J'ai passé un bac L et c'est en me rendant compte qu'on ne me parlait plus vraiment des grands classiques que je me suis rendue compte à quel point j'aimais ça. Du coup, pendant que je préparais le concours, j'ai dévoré plusieurs 'grands romans' : La princesse de Clèves, Germinal
Je n'ai pas réussit l'oral du concours alors je me suis inscrite en Lettres Modernes et maintenant, je dois dire que j'apprécie chaque livre qu'on me donne à lire.
Paradoxalement, c'est donc le fait d'être privée de grande littérature qui m'a fait comprendre à quel point je pouvais aimer ça.
Bonjour, 😀

J'ai découvert la littérature il y a 1 an et demi maintenant, par un pur hasard. Au milieu des vacances d'été, je passais une semaine chez ma grand-mère et m'enuyais à mourrir (pas d'internet et je deteste tout ce qui est "jeu vidéo"…), et c'est là que je suis tombé sur Notre Dame de Paris, de Victor Hugo. J'avais toujours aimé lire mais avant, j'étais plus du genre "Twilight"…
Je l'ai dévoré en deux jours. De retour chez moi, j'empreintais à la bibliothèque tous (!) les molières.
Je rentrais alors en 5ème. Le programme de l'année était "Le Moyen-Âge" en français, en histoire, en musique…
Nous avions étudiés "Yvain ou le Chevalier au lion" et je me souviens avoir adoré 🙂

Du coup, j'achetais tous les Chretiens de Troyes. Je m'intéressais également aux fabliaux, le Roman de Renart, et toutes la littérature du Moyen-âge. Après avoir finis la Cité des Dames (Christine de Pisan), je décidais de "collectionner " les livres de littératures.
Maintenant, je suis en quatrième, et j'ai lus plus de livre "classiques" que mes deux parents réunis ! En revanche je ne lis plus que cela car après tous ces grands auteurs, les livres "jeunesses" me semblent fade, sans profondeur…

Ma passion pour tout ce qui touche à la littérature me vient assurement du fait que, depuis l'âge de 7 ans, je sois obligée de lire ! C'est vitale, si je ne lis pas un jour, c'est comme une drogue, comme si j'étais en manque !
Bien sûr je passe pas non plus ma vie dans les bouquins, mais c'est un moyen de m'évader.
Franchement, avant la seconde, les cours de Français ne m'interessaient pas du tout !
Donc, on me demandais de lire un livre, je le lisais mais sans réel plaisir…
Maintenant, oui je lis beaucoup mais que des classiques. Le seul livre que j'ai du lire dont l'auteur est encore en vie, c'est la série des Harry Potter…
Voila, voila 🙂
Merci, Ségolène.
Cette phrase m'a tout particulièrement impressionné :
Paradoxalement, c'est donc le fait d'être privée de grande littérature qui m'a fait comprendre à quel point je pouvais aimer ça.
*

Merci également cher Artanis pour ton précieux témoignage.
Une question cependant : quel lien fais-tu entre le fait que tu sois obligée de lire depuis tes 7 ans, le fait que tu as "découvert" la littérature seulement il y a un an et demi, et les lectures que tu pouvais faire pour toi-même (comme Twilight) ?

Ou, pour être peut-être plus précis, avant ta découverte de la littérature : comment vivais-tu les lectures obligatoires ? Que lisais-tu d'autres que de la littérature ? Et que lisais-tu en dehors de l'école ?

Je suis également impressionné par le fait que tu aies pu te passionner autant pour Chrétien de Troyes que pour Hugo et Molière (comme quoi, ces deux repères existent toujours 🙂 ).

*

Merci beaucoup pour tes précisions Noikao77.

Ces témoignages sont passionnants. J'espère que beaucoup d'autres nous rejoindront 🙂
Ravie de pouvoir t'aider =)

Et bien, je pense que mes lectures ont tout simplement évolué avec moi, et peut-être le fait que je sois asses mure pour mon âge, y est pour quelque chose.
"Avant" j'étais assez fan de tous ce qui étaient fantasy alors que maintenant j'ai plus de mal à lire un livre "fantasyste" qu'un Zola ! J'ai moins d'imagination qu'avant je pense…
J'aimais beaucoup Harry Potter, le seigneur des anneaux…

Quand aux lectures obligatoires, je n'ai jamais trop aimé… Mais je me rappelle qu'en primaire, j'ai quand même gagné les deux rallyes lectures (sorte de concours ou le but est de lire le plus de livre). En sixième ca s'est compliquée. Je n'ai pas (mais du pas du tout) aimé le viel homme et la mer, d'Hemingway qu'on devait lire. Alors que, si aujourd'hui je le relisais j'aimerai certainement beaucoup ! Comme quoi… L'année dernière, je venais de découvrir la littérature, et j'apprend qu'on va étudier un texte " de littérature". Et là, j'ai adoré ! Ce n'est pas tout à fait la même lecture obligatoire, Le viel homme et la mer, c'était chez nous, avec un contrôle à la clé. Chrétiens de Troyes, c'était une étude de l'oeuvre et c'est cela que j'ai aimé. Depuis, dès que je peux, j'essaie d'acheter mes livres dans une collection avec une approche de l'oeuvre (petits classiques larousses, bibliocollège, etc..).
Merci pour ta belle et éclairante réponse, Artanis ! J'espère que tu pourras effectivement relire Le vieil homme et la mer 😉 (qui est encore plus beau en anglais, mais bon )

D'autres expériences que les nôtres ?
Pour ce qui me concerne j'ai toujours apprécier lire ! 🙂 Cela me permet comme il a déjà été fait allusion, de s'évader d'avoir un monde a soi.

Quand j'étais en primaire je lisais pas mal de livre jeunesse.
Au collège je lisais assez rapidement les livres donnés et contrairement à certains ceux ci me plaisaient assez ! Mais je reproche au professeurs de ne pas nous avoir fait lire beaucoup plus,et en donnant plus de grand auteurs ce qui m'a fait un peu oublié ma lecture personnelle. 😞
Maintenant je suis en seconde et ma professeure de Lettres me donne envie de lire grâce à ses explication et toutes les analyses que l'on peut en tirer, et depuis la rentrée je ne fait que lire des classiques ( que j'adore ) ainsi que quelque lecture personnelle du genre Bernard Werber

J'espère que je ne suis pas trop dans le flou car je n'ai pas relu le sujet d'origine !
J'ai vraiment commencé à apprécier la lecture à l'âge de huit ans, avant j'avais tendance à rejeter la lecture même s'il m'arrivait tout de même de feuilleter des livres pour enfant. Je lisais un peu tout ce qui me passait sous la main (comme beaucoup) et c'est à 14 ans que je me suis vraiment mise à la Littérature en la redécouvrant en classe de seconde, avec notamment Pierre et Jean de Maupassant ou On ne badine pas avec l'amour de Musset. Depuis je lis presque exclusivement des "classiques" et m'intéresse peu aux auteurs contemporains. 🙂
Merci pour ta réponse, Audrey ! Que veux-tu dire par :
ce qui m'a fait un peu oublier ma lecture personnelle. 😞
Ça m'intrigue, et je n'ai pas bien compris le lien avec les lectures qu'on vous donnait au Collège.
J'ai aussi une question plus importante : tu as toujours apprécié lire, mais quelle distinction fais-tu entre tes lectures de toujours et la "découverte de la littérature" ? Si tu en fais une ?
Par ailleurs, est-ce que tu aimes aussi faire des lectures qui n'ont rien de littéraire ?
Encore merci, en tout cas 🙂

*

Merci également, chère Catblack. Ton commentaire m'intéresse beaucoup et je serais très curieux d'en savoir plus, si ça te convient. Pourquoi avais-tu "tendance à rejeter la lecture" avant tes huit ans ? Tu dis :
Je lisais un peu tout ce qui me passait sous la main (comme beaucoup)
Tu peux un peu préciser ? Notamment, je me demande si ça inclut des lectures qui ne sont pas des "histoires", de la fiction. Enfin, tu dis :
Depuis je lis presque exclusivement des "classiques" et m'intéresse peu aux auteurs contemporains. 🙂
Tu pourrais expliquer pourquoi ?

*

En tout cas, ce sujet dépasse déjà mes attentes 🙂 Merci à tous D'autres témoignages ? 🙄
J’ai toujours beaucoup lu. Cela est lié avant tout à des problèmes de santé qui, petite, m’interdisaient de sortir m’amuser avec mes amis en récréation. Les livres étaient donc mes seuls compagnons pendant que les autres partaient se défouler à l’extérieur. Cependant, je ne lisais alors pas de littérature, mais plutôt les Tom Tom et Nana à la fin des J’aime lire ! 😉
Puis, lorsque j’en ai eu marre de ce type de lectures (aux alentours de la sixième), je me suis mise à piquer des livres dans la bibliothèque de mes parents. J’ai alors découvert Le Grand Meaulnes, mais aussi et surtout les Agatha Christie et Marry Higgins Clark.
Au début les grands classiques ne m’attiraient pas vraiment, parce que je les associais à la contrainte scolaire…Et oui, j’avais détesté Au Bonheur des dames qu’on m’avait fait lire en cinquième, et je n’étais pas trop partante pour renouveler l’expérience ! Cela a duré jusqu’à la 4ème. On m’a alors demandé de lire Les Misérables. LA découverte de ma vie. J’en ai dévoré les trois tomes, j’en ai redemandé. Cela m’a ouvert un autre univers, et cela ne m’a plus quittée. A partir de là j’ai commencé à parcourir toutes les œuvres de Hugo que je pouvais trouver. Et de Hugo, j’en suis venue bizarrement à Zola, puis à Balzac, puis à tous les autres « classiques ». Je dirais donc que j’ai commencé à vraiment apprécier la littérature en 4ème, parce que c’est là que je suis sortie de l’obligation pour connaître le plaisir du plongeon dans un autre monde. A partir de ce moment, et comme cela a déjà été dit, la littérature a été pour moi MON univers, celui où je ne laissais pas entrer ma famille et leurs querelles. C’était le seul moyen que j’avais d’oublier, même pour une heure ou deux, les disputes violentes qui avaient lieu à la maison. Et aujourd’hui je fais tout mon possible pour faire de ma passion pour la littérature mon métier. 😉
N’hésite pas à demander des précisions si besoin, je répondrai avec plaisir.
Merci beaucoup, Nathalie. Quel plaisir de lire ton témoignage ! Ton avant-dernière phrase m'a spécialement intrigué :
Et aujourd’hui je fais tout mon possible pour faire de ma passion pour la littérature mon métier. 😉
Tu peux préciser ?

C'est passionnant de voir que le Zola de cinquième n'a rien donné, et que Les Misérables en quatrième ont tout changé… Est-ce dû à ton âge ? Est-ce dû à l'auteur/à l'œuvre ? Comment tu t'expliques cela ?

Sébastien.
Et bien comme cette passion pour la littérature ne m'a jamais quittée, j'ai décidé de suivre des études de lettres, pour devenir professeur de français/littérature…Et essayer à mon tour de donner goût à la lecture!
Pour ce qui est de Zola/Hugo, je ne pense pas que ce soit uniquement dû à l'âge. Certes, j'ai relu Au Bonheur des dames plus tard, en seconde je crois, et j'ai beaucoup aimé, donc je pense que j'étais à l'époque trop jeune pour apprécier. Mais seulement quelques mois se sont écoulés entre mes deux lectures. Donc j'expliquerais plus cela par le fait que j'ai été très touchée par l'histoire de Jean Valjean, là où je n'avais su voir dans Zola qu'une suite de descriptions fastidieuses. Je pense qu'à cet âge-là j'avais particulièrement besoin d'être émotionnellement proche d'un personnage, ou du moins de pouvoir investir son rôle, pour apprécier "l'histoire" qui m'était "racontée".
Je me souviens également avoir été particulièrement saisie par le style très vif de Hugo. C'est avec lui que j'ai compris le pouvoir d'action potentiel de la plume, et je crois que ça a participé de mon enthousiasme.
Merci pour cette belle réponse 🙂