Votre "coup de foudre" pour la littérature
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Bonjour à tous, je ne savais pas trop où poster ce sujet mais je vais considérer ça comme un "partage d'expérience".
J'aimerais savoir comment vous êtes "tombés dans le chaudron", et quels points positifs vous pouvez en tirer aujourd'hui, quels ont été les conséquences de cette découverte.
J'étais cette année en première L, je suis une élève plutôt moyenne et jusqu'à l'an dernier je n'étais pas intéressée plus que ça par la littérature.
J'ai eu je pense la chance d'avoir en seconde une prof passionnée (et passionnante) qui m'a donnée un "pré" goût pour la littérature et l'art en général… Cette année a été riche en découverte, je me suis épanouie et surtout, j'ai eu un véritable coup de foudre pour la littérature en lisant "Un roi sans divertissement" de Giono. D'un coup je me suis dit "bon sang, comment j'ai pu passer à coté de ça, c'est formidable, réussir à dire des choses, à faire passer un message à travers l'écriture, à travers l'art". Ce coup de foudre a débouché sur une véritable histoire d'amour et je n'arrête pas de me remettre en question a me demander constamment pourquoi quelques années plus tôt, je trouvais ça "chiant" de lire et d'analyser une œuvre, d'aller au théâtre ou de regarder des tableaux. Est-ce la maturité? Sans doute, ça joue. Comment le vivez-vous? Est-ce un bouleversement?
Je ne pense pas être excessive en disant que ça va certainement changer ma vie. Ce goût pour la littérature me donne un goût pour les études, un goût pour la culture et je pense pouvoir m'en réjouir!
J'aimerais que vous me fassiez partager vos expériences, j'attends vos réponses…
PS: le seul point négatif est que j'ai encore du mal à commenter des œuvres, je n'arrive pas toujours à bien cerner le message, à votre avis la culture joue-t-elle?
justine44000 a écrit :PS: le seul point négatif est que j'ai encore du mal à commenter des œuvres, je n'arrive pas toujours à bien cerner le message, à votre avis la culture joue-t-elle?
La culture, je ne sais pas, mais l'
expérience… Mais, j'y pense, ce n'est peut-être pas un "
point négatif" 😉 !
A méditer…
Moi c'est mon prof de français de cinquième qui a déclenché une passion tornade inattendue : jusque-là, les maths me passionnaient ! Mais les maths, c'était un jeu, des super-énigmes à résoudre le plus élégamment possible. La littérature, c'était l'essentiel : tout ce qui nous touche au plus intime… Je lisais depuis toute petite ; en cinquième, je suis sortie de la littérature enfantine.
La révélation, ça a été la poésie : ce que ce prof arrivait à dire sur un poème me fascinait ! Avant le cours, c'était des lignes sur une page, que je comprenais souvent de travers, ensuite, c'était un texte que je m'empressais d'apprendre par cœur pour l'avoir toujours avec moi : La Fontaine, Baudelaire, Guillevic, Eluard, Aragon, Péguy, Max Jacob, Apollinaire, Valéry, et d'autres… C'est cette année-là que j'ai découvert la poésie du XXe. J'ai appris "Le Cimetière Marin" tout entier par coeur, en cinquième !
Avis aux professeurs de collège : osez la poésie en abondance et souvenez-vous que ce qu'on apprend par cœur à cet âge-là, on s'en souvient toute la vie. Je ne suis pas une "fan" de Valéry, mais je me récite encore à moi-même des strophes entières du "Cimetière Marin", quand il est midi, que je vois le soleil sur la mer, et qu'on peut penser sans terreur à la mort, et j'aime toujours le souffle de ce texte…
Moi, c'est un peu comme vous.
Mon année de troisième est l'année de ma révélation.
J'avais une prof de français passionée, tellement que cela ma poussé à voir ce qui dans les livres pouvaient lui donner autant de plaisir : j'ai vite compris !
Depuis j'ai moi aussi la soif d'apprendre, envie de connaître tout pleins de choses, de lire pleins de livres pour qu'ils me donnent de quoi réfléchir, en vain nourrir mon esprit !
Ce que je trouve merveilleux dans la lecture, c'est de voir qu'à chaque foi q'on en tourne la dernière page, on est changé, on nait un peu plus !
Pour ma part, honnêtement, ça date de très, très longtemps. Petite, je ne pensais déjà qu'aux livres.
Je suis tombée dans les classiques grâce à Voltaire, en fin de 3ème. J'avais trouvé une vieille édition de Candide, je l'ai lu plusieurs fois d'affilée.
En ce qui me concerne , j'ai toujours beaucoup lu . Par contre , c'est " Au bonheur des Dames " , de Zola , lu en troisième , qui m'a donné envie de me lancer dans les classiques ..
Moi je m'en souviens encore comme si c'était hier, c'était il y a 26 ans, ma mère accouchait de moi. Elle avait posé son livre sur sa table de nuit de la maternité (Belle du seigneur de Cohen). Avant même mes premiers cris, je me suis levé, j'ai pris ce livre et je l'ai lu d'une traîte, en à peu près une demi heure. J'ai trouvé cela passionnant ! Le lendemain je m'attaquai à l'Encyclopédie, le surlendemain au Dictionnaire philosophique, le sursurlendemain à Cromwell et en ce moment je suis en train d'attaquer Elle m'appelait Miette de Loana… passionnant !
moi très franchement je ne pourrais pas donner une date précise…
en fait l'an dernier (en seconde dans une classe de futur pcl) j'ai eu un super prof de français qui aimait vraiment ce qu'il faisait, mais malheureusement pour lui, la classe n'était réellement pas agréable (la pire à vrai dire) et moi la première, j'étais beaucoup plus intéressée par les mathématiques…
et au milieu de l'année, juste après avoir lu L'Etranger d'Albert Camus, sans trop savoir pourquoi, je me suis mise à lire de mon côté tout ce qui me tombait sous la main (sauf les livres qu'on nous oblige à lire mais bon, j'ai en quelques sortes fait ma rebelle niveau choix de lecture)…
j'ai continué à lire en me posant la même question que la plupart du monde : Comment ai-je fait pour ne pas apprédier et aimer une telle chose plutôt?
Et là réponse flagrante, je me suis rendue compte que j'avais commencé à lire toute petite et que j'adorais ça (je m'amusais à lire les livres de 500 pages…), mais pour je ne sais quelle raison au collège le fait qu'on nous obligeait à lire certaines oeuvres m'a déplue et j'ai complètement arrêté jusqu'à il y a un peu plus d'un an maintenant…
(Pour le coup je suis rentrée en littéraire spécialité histoire des arts, option latin et non en scientifique, ce qui est par ailleurs le meilleur choix que j'ai pu faire jusqu'ici)
Bonjour!
Mon "coup de foudre" pour la littérature date d'il y a maintenant 5 belles années.
Jusque là, je ne m'intéressais que peu à la véritable littérature. Je lisais, biensûr, mais point de grands classiques.
Au collège, je n'ai aucun souvenir de lectures passionnantes données par mes professeurs de français. Je ne me souviens que de grammaire, de dictées et autres choses…
En classe de seconde, j'ai eu la grande chance d'avoir un professeur de français exceptionnel. Très exigeant, très passionné également. Mon premier souvenir de lecture en seconde? L'Etranger de Camus.
Les professeurs ont un pouvoir très grand, celui de donner leur passion. Par la suite, il m'a encouragé à aller en section littéraire, choix que je ne regrette absolument pas!
C'est encore ce cher professeur qui m'a incité à aller en classe prépa, là où le goût pour la littérature ne fait qu'accroître.
Désormais, je ne peux imaginer une journée sans avoir quelque chose à lire, à découvrir.
En 1ère littéraire, j'ai développé mon goût pour la lecture, notamment grâce à une prof remarquable.
Mais je suis vraiment tombé dedans en 1ère année de fac de lettres, grâce à un prof de XIXe, qui pour le coup m'a propulsé dans le monde de la littérature… dont je ne sors plus.
C'est assez drôle de voir l'expèrience de chacun dans ce domaie, et surtout de constater à quel point cela peut être essentiel dans nos vies. pour ma part, c'est ma soeur, plus âgée, qui était déjà en TL lors de ma naissance, et qui dès lors m'a bercée sur Rimbaud, Sartre ou Verleine. Je pense que toutes ces lectures qu'elle m'a faite si petit m'ont plongée dans ce monde dès le berceau. Et dès que j'ai su lire j'y ai passé des heures et des heures. Aujourd'hui en TL à mon tour, je n'ai jamais cessé de me passionner, et de lire, encore et encore…
Pendant mes années de primaire, j'aimais lire et surtout écrire. Les cours de grammaire me gonflaient mais les rédactions c'étaient des jeux pour moi. Cependant, j'ai longtemps été réfractaire aux livres "sans images".
Je crois que c'est vers le CM2 que j'ai commencé à m'y mettre avec de vieux bibliothèque verte hérités de mon père et de mon oncle.
Mais le premier classique à m'avoir fait plonger dans la grande littérature, c'est Les Trois Mousquetaires que j'ai gagné en CM2 comme prix à l'école. Un coup de foudre immédiat ! J'ai enchaîné plus tard sur Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne, j'ai dû lire la trilogie une dizaine de fois et même aujourd'hui, Alexandre Dumas reste l'un des mes auteurs préférés.
A travers ces trois-là, je me suis habituée aux gros livres et j'ai enchaîné sur tout le reste ! Au collège je savais déjà que je voulais faire des études de lettres !
Moi, ce sont trois livres…
"Les nourritures terrestres" d'André Gide
"La nausée" de Jean-Paul Sartre
Et pour finir "Le Horla" de Guy de Maupassant.
Je ne saurais expliqué la magie des mots alors je m'en tiens à désigner ces trois objets qui sont pour moi mes trois monuments.
Avant eux, rien. Je dégueulais tous les livres qu'on me mettait sous le nez. Rien à faire. Peut-être que ce n'était pas encore le moment et que je n'étais pas encore tombée sur "ma" littérature.
J'apporte ma modeste contribution car elle a une petite particularité, je dirais même deux: la honte et l'éveil tardif. D'une part, je suis un garçon, de l'autre j'étais dans un collège très correct mais quand même pas au point de voir des jeunes ados avouer qu'ils ont lu un livre. Je n'étais pas moi-même très intéressé par la lecture, en dehors des bandes-dessinées. Je me forçais pendant les vacances, car il y avait une liste d'œuvres à lire obligatoirement. Parmi celles-ci je me souviens de l'Autel de la peur (A.France), de Tom Sawyer, de A l'Ouest rien de nouveau (Remarque) et de Black Boy (R.Wright). Dans l'ensemble, je ne trouvais pas que lire fût déplaisant; le récit de guerre, surtout, m'interpelait. Tom Sawyer, par contre, m'irritait, comme tous les livres dont le héros avait approximativement mon âge, en particulier quand ils étaient intrépides et insolents. Je n'ai pas fini Black Boy, pour la raison que je vais dire. J'étais en salle d'étude et j'arrivais peu à peu à la conclusion du livre. Il n'y avait plus, alors, aucune raison de le faire, car c'était la fin de l'année et les contrôles étaient finis. Un camarade m'a fait la remarque, un peu sidéré de me voir un livre en main. J'ai répondu que le bouquin était pas mal, mais je me suis trouvé assez bête, en effet. J'ai posé le livre et ne l'ai plus ouvert, honteux. Voilà l'état d'esprit où je me trouvais alors. Le déclic est venu un an plus tard alors que la prof nous avait laissé le choix de notre lecture. Je me suis tourné vers la SF et précisément Farenheit 451, de Bradbury. Ce fut, si l'on utilise la terminologie adoptée ici, le "coup de foudre". Pour autant, les choses en restèrent là assez longtemps, bien que ma décision d'entrer en première L fût dès lors parfaitement arrêtée. Pour donner une exemple, l'année de ma première, je lisais le Seigneur des Anneaux plutôt que Zola et Maupassant. En me remémorant ces choses, je dois convenir que mon impression sur la vie est à réviser: on peut changer avec le temps…
Une indifférence polie jusqu'à vingt ans, puis, au détour d'une conversation avec un non lecteur, ami algérien à Londres, le nom d'un auteur tchèque qui écrit en français. L'insoutenable légèreté de l'être, puis L'art du roman, puis tous les autres, et l'univers qui s'ouvre sous mes pieds, une nouvelle sensation extatique, après la musique qui occupait alors toutes mes journées.
Grâce à papa (Kundera), aujourd'hui je dis Proust, Camus, Stendhal, Tolstoï, Flaubert, Bataille, Kafka…
Mon premier livre c'était: Impératrice de Chine, de Pearl Buck. Je ne l'avais pas choisi, il était venu à moi, et par là avait commencé ma passion pour la lecture.
J'étais en train de ranger les dictionnaires sur l'étagère, et j'ai trouvé ce livre qui n'était pas à sa place. J'avais douze ans, et à l'époque je ne savais même pas qu'on appelait ça un roman. Sa couverture m'avait impressionnée, le titre semblait évocateur. Alors j'ai lu quelques pages au hasard. J'avais deviné qu'il s'agissait d'une histoire, malheureusement il n'y avait pas d'images, comme celles qu'on retrouvait dans les contes. Mais ça valait la peine de la découvrir…
Mon expérience est bien simple
Mon papa était instituteur, passionné de beaux livres dorés à la feuille d'or enfermés à clef dans une bibliothèque aux vitres transparentes.
Je lorgnais ces jolis livres qui brillaient de milles feux au soleil.
Un jour papa oublie de fermer à clef sa bibliothèque. Je saute sur l'occasion en or pour feuilleter ses beaux livres qui sentaient magnifiquement bon.
Je me suis mise à lire Zola. J'ai été prise dans ma lecture et je n'ai pas vu mon papa arriver. Il n'a rien dit et j'ai enfilé quatre heures de lectures passionnantes assise sur mon petit derrière de gamine de onze ans.
Et, j'ai dévoré toute la série de Zola, de Flaubert et de maupassant. Toutes dans des beaux livres dorés à la feuille d'or et au papier parfmé…..
Voilà mon expérience
Aujourd'hui, je me contente de tourner les pages et de sentir la bonne odeur car ils sont écrits trop petits pour que ma vue me permette de lire.
Depuis, je lis…. Un peu moins de littérature, un peu plus de sociologie, de psychologie, théologie, d'économie etc…
Bonne soirée.
Flo
@ justine 44000 ► Tu es nantaise?
J'ai toujours aimé lire, que ce soit en français ou en russe? J'ai dévoré ces beaux livres de prix, ou ces première séditions de Jules Verne par Hetzel, lorsque j'avais 10 ans… encore avant je lisai sans relâche l'Encyclopédie de la Médecine, en 588 pages et en russe… je rêvai alors de devenir médecin, et je bossai sans relâche mes maths jusqu'en 3ème…
C'était alors une époque où je m'ennuyais en Français… nostalgique des dictées de ma petite école primaire rurale, je m'embêtais comme un rat mort au milieu des rares exercices de grammaire du colègue et surtout du poids pesant des schémas narratifs, actentiels, et autres connecteurs logiques actifs… Bref, j'entrai en Résistance, et commençai à lire Les Misérables et les quelques livres de Zola du collège… Thérèse Raquin, puis la Curée et le Ventre de Paris… j'achetais ensuite Germinal et l'Assommoir… et je fus pris de passion pour Zola. D'autres suivirent, Bel-Ami, Les Contes de la Bécasse, des journaux russes, Maiakovski, Coelho… alimentaient le feu vorace de mes lectures. Nageant avec joie dans les divers mondes des livres, je remontais à la surface pour prendre mes cours et faire les exercices, un oeil fixé constamment sur la prof qui guettait mes lectures et leur faisait la guerre…
Soulagé, je passais en 3ème puisque je changeais de prof… et je ressentis il est vrai, un ENORME changement… un prof relativement jeune, dynamique, avec de l'humour et décalé… un programme vraiment à la hauteur… et je découvris, avec Orwell, le conditionnement par la pub et Robert Merle, le sentiment d'une passion inextinguible pour la littérature. Les heures de français étaient mes heures de fêtes, alors que les maths, avec leur professeur je-m'en-foutiste, et les pesants cours de SVT, avec notre prof ennuyeuse et soporifique, étaient pour moi comme pour l'ensemble de la classe des temps de guerre entendue et tacite contre ces tortionnaires, que nous ébranlions sans cesse et sans pitié.
Ainsi, je traversais ma seconde avec une seule idée : entrer en 1ère L! Je me souviens encore du début d'année, où notre prof de maths, Mme Marie(grâce lui soit rendue!), avait demandé à la classe, qui voulait aller en 1ère S, Es, ou L… pour la dernière option, j'étais le seul à lever la main. Elle déclara que j'étais irrécupérable, et s'attacha à faire la propagande de la S auprès des autres… grâce à ses bons cours et à sa nature sympathique, elle y réussit… 9/10emes de mes camarades y ont été, en S…
Voilà, c'est ainsi que je suis tombé dans la marmite… et ma foi, je ne l'ai pas regretté une seconde, même quand je passais le bac en version latine un (frais) mardi matin… 😉
Oui je suis nantaise (je suis au lycée Camus à Bellevue je ne sais pas si tu vois)!
Wahou , comment expliquer ce qui m'a poussé à la littérature ! Très bonne idée de topic en tout cas 🙂
Alors
1-j'aime écrire
2-j'aime les langues , onc forcément dirigée vers des études littéraires
3-A appris à aimer à creuver des textes depuis la 1ere L
4- le déclic s'est fait en seconde , mon goût pour la littérauture a commencé à se prononcer à ce moment , j'étais très fi_ère d'être acceptée en L et je ne regrete pas du tout mon parcours , si c'était à refaire , je referais le même ! Je sais qu'au plus profond de moi je ne me suis pas trompée de chemin ..